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17 avril 2009 _ Journée Internationale de soutien aux Prisonniers Politiques

18 03 2008

Munduko borrokalariak askatu!

 

Liberté pour tous les militants et militantes du monde entier !!!

 

À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE

DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIERS POLITIQUES

RÉUNION PUBLIQUE

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vendredi 17 avril 2009, à partir de 19 h

à la Bourse du travail de Saint-Denis (93) - rue Bobby Sands

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http://www.askapena.org/?q=fr/node/343 MESSAGE DE KALERA SUR LA JOURNEE DU 17 AVRIL 2009

 

http://www.unita- naziunale. org/portail/ 2009Actu/ Avril09/210409- SULIDARITA- journeeInternati onale_prisonnier s_PARIS.htm

 

http://media. radio-libertaire .org/php/ grille.php
(ça booste sous les pavés, vendredi 25/04 22h30)

Hamaika herri, bakarra borroka! (de nombreux peuples, une seule lutte!)

 

Askatasuna! (Liberté!)

 

17 AVRIL 2009 JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOUTIEN AUX PRISONNIERS POLITIQUES

 

Nous sommes en 2009 et il y a encore beaucoup de prisonniers politiques dans le monde. Palestine, Pérou, Corse, Pays Basque, Colombie, Tamouls, la Forteresse européenne, États-Unis, les prisonniers maintenus illégalement à Guantánamo-Cuba, partie de Cuba non restituée, etc… Les prisonniers politiques continuent de montrer depuis leurs prisons le chemin de la lutte et de l’engagement, pris auparavant pour combattre l’oppression, l’injustice…

 

Des conflits sociaux, politiques, des nations opprimées, la logique dominante de l’argent et de l’accumulation, la spéculation, l’asservissement, la destruction, se trouvent à l’origine du combat de millions d’êtres humains à travers le monde. Combattre pour un monde où la logique du capitalisme ne soit pas celle qui dirige la société. Combattre pour un monde où la diversité de milliers de peuples qui le forment puisse subsister.

 

En Europe, spécialement en France et en Espagne, des centaines de prisonniers et prisonnières politiques basques se trouvent dispersés sur tous les territoires de ces deux États. Il y a aussi des camarades communistes, des corses, des galiciens, des catalans, des bretons et des anarchistes. En Italie la persécution des mouvements d’opposition augmente et les mouvements indépendantistes en Sardaigne sont réprimés. En Allemagne des débats sont intervenus sur la possibilité d’élargir encore plus les peines des prisonniers politiques… et dans tous les pays de l’Europe de l’Ouest, des syndicalistes, des travailleurs qui luttent contre l’Europe du capital, vont en prison.

 

Les prisons d’isolement en France, en Espagne, en Belgique et en Allemagne, nous montrent le prix si élevé que les États veulent faire payer à ceux et celles qui les combattent.

 

Nous devons parler aussi des cinq prisonniers de l’Empire, qui se trouvent en prison pour combattre le terrorisme que les États-Unis exercent contre Cuba, des prisonniers portoricains, des prisonniers colombiens aux Etats-Unis, des prisonniers politiques péruviens, certains mêmes incarcérés dans des prisons militaires, des mapuches, des sahraouis, des Kurdes, des colombiens emprisonnés par le gouvernement génocidaire d’Alvaro Uribe, des prisonniers politiques palestiniens qui se trouvent en première ligne dans la lutte contre le pillage sioniste et impérialiste dans les pays du Moyen-Orient, du courageux peuple iraquien qui continue à combattre contre la brutale agression impérialiste. Des prisonniers turcs qui luttent contre les modules d’isolement.

 

Mais il en a toujours été ainsi. La lutte a eu, toujours, son prix à payer, prix que tous les camarades qui combattent pour changer ce monde capitaliste pour un autre meilleur, sont disposés à payer.

 

Pour tout cela, nous voulons que ce 17 avril 2009 soit une journée pour revendiquer le statut de prisonnier politique pour, les militants qui aujourd’hui se trouvent en prison en train d’accomplir une peine imposée par les juges serviteurs du capital, par les juges médaillés… Et pour réclamer, également, des conditions démocratiques pour les peuples en lutte.

 

Nous vous invitons à participer à la journée internationale de solidarité avec les prisonniers/ères politiques Vendredi 17 Avril 2009 à la Bourse du Travail de Saint Denis-Porte de Paris-2, rue Bobby Sands 93200 Saint Denis à partir de 19H. Métro ligne 13-Porte de Paris.

Liberté pour les prisonnières et prisonniers politiques dans le monde!

Halte à la Répression! Résistance!
Prisonniers Politiques Liberté

la situation des prisonniers politiques

en Europe

(Basques, Corses, militants anti-impérialistes en France,

Italie, Espagne, Allemagne, Turquie…)

La lutte des prisonniers politiques

dans le monde

(Palestine, Pérou, peuple Mapuche, Colombie, Tamoul…)

Entrée libre – tables de presse et d’information, animation musicale avec la k-Bine

À l’initiative de : A.G.E.N., Mouvement de soutien a la resistance du peuple palestinien, Suldarita _ Paris (Corse), Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Comité Pérou, Comité de solidarité avec le peuple basque – Paris, Comité Tayad (Turc), Ka Kiñe (Mapuche), Ne Laissons Pas Faire, Secours Rouge France, Comité de Coordination Tamoul – France, Association bolivarienne de Colombie, Rwanda

17 avril 2009 _ Journée Internationale de soutien aux Prisonniers Politiques  dans Askapena pdf 17042009affichea3.pdf

pdf dans Askatasuna 17042009communiqu.pdf

pdf dans Cspb 17042009a4.pdf

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Edito EUSKAL Herria Info n°6 _ Csbb

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Le week-end prochain, 18 et 19 avril, les 764 prisonniers politiques basques ne se rendront pas au parloir. Par cette grève de la communication, ils dénonceront la politique de dispersion initiée il y a tout juste 20 ans sous le régime de Felipe González, lorsque les prisonniers politiques basques, réunis jusqu’alors dans la prison de Herrera de la Mancha, furent éparpillés aux quatre coins du royaume d’Espagne. Cette nouvelle action montre également l’échec de la politique de dispersion (qui s’étend aujourd’hui à 89 prisons, de l’extrême sud de l’État espagnol au nord de la France) : malgré les distances et toutes les barrières dressées entre eux, la détermination et la capacité de lutte collective des militants basques emprisonnés n’a jamais faibli.


Pourquoi alors un tel acharnement ? Pour la même raison qu’il y a aujourd’hui un nombre quasi inégalé de prisonniers politiques basques en prison, que depuis un an 14 Basques parvenus au terme d’une longue peine ont vu celle-ci prolongée de 20 à 30 ans par simple décision du Tribunal Suprême espagnol, que le comité de soutien au prisonniers « Askatuna » a été interdit par ce même tribunal, ses dirigeants incarcérés et ses biens confisqués : il s’agit de faire plier le mouvement de libération nationale basque, d’épuiser matériellement et moralement les familles, les proches et l’ensemble des militants, de rendre la solidarité toujours plus coûteuse et difficile. Ce que la terreur franquiste en son temps, les assassinats des G.A.L. quelques années plus tard ou la torture aujourd’hui comme hier (62 cas recensées l’année dernière) n’ont pas réussi à atteindre, les dirigeants espagnols et français espèrent encore – sans doute sans trop y croire – l’obtenir par cette prise d’otages d’une partie croissante des forces vives du Peuple Basque.


Car – est-ce la peine de le rappeler ? – l’État français est aujourd’hui un acteur essentiel de cette politique : plus d’un militant basque incarcéré sur cinq l’est dans une prison française, dans une situation d’éloignement et de déracinement qui s’ajoute aux conditions de détention dégradantes et déshumanisantes propres au système pénitentiaire français ; la Justice française, qui refuse de reconnaître le caractère politique de leur lutte, agit à l’encontre de ces militants comme courroie de transmission des lois antidémocratiques espagnoles ; la police française n’hésite pas à les livrer à la torture en les remettant aux autorités de Madrid.


Par cette politique, ces États montrent qu’ils ne se placent nullement dans une perspective de paix pour le pays basque, mais au contraire dans l’optique d’une guerre indéfinie, pour laquelle ils devront constamment fournir de nouvelles armes, de nouvelles lois liberticides, de nouvelles mesures répressives. Cette option, lourde de conséquences pour les sociétés espagnole et française autant que pour le Peuple Basque, résulte d’un refus initial, celui de reconnaître l’existence de ce peuple et son droit à l’autodétermination. À l’opposé, le mouvement indépendantiste, dans ses multiples composantes, fait chaque jour la preuve de sa volonté de préserver et construire l’avenir, de proposer des solutions politiques acceptables par l’ensemble des forces en présence et susceptibles d’apporter une réelle solution à ce conflit.


Cette voie de la paix, notre comité s’attache à la relayer auprès de la société française. Avec la certitude que, malgré la désinformation et l’aveuglement actuels, elle finira nécessairement par s’imposer à tous.


C.S.P.B.

 

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Rendez-vous à Paris pour divulguer « Espoir et lutte »

A l’occasion de la Journée Internationale du prisonnier politique ont eu lieu des actes et manifestations en plus d’Euskal Herria, en Catalogne, New York, Grèce, Buenos Aires et Paris. Le Comité de solidarité avec le peuple basque a organisé un acte en soirée à Paris le 17 avril, avec la collaboration d’autres groupes qui luttent en défense des droits des prisonniers et personnes victimes de la répression, entre autres avec des groupes de Corse, Pérou, Palestine, Turquie, Tunisie et du peuple Mapuche, aussi avec Secours Rouge France, Ne Laissons Pas Faire, Collectif de soutien à Georges Ibrahim Abdallah, Collectif pour la libération de Mumia Abu Jamal.

Pendant l’acte et avec différents moyens de communication, ont été dénoncés « la répression et harcèlement » auquels sont soumis les prisonniers politiques en Europe -qu’ils soient d’Euskal Herria, de Corse, d’Italie, d’Allemagne, de Turquie ou de l’Etat français, et a été indiquée « leur résistance ». A également été évoquée la lutte que maintiennent des prisonniers politiques partout dans le monde, comme en Colombie, Guantanamo, Palestine, Sahara…Les organisateurs ont confirmé « que les Etats de nombreux peuples du monde entier ont intensifié les mesures de répression, en même temps qu’ils ont réduit les droits et les libertés ».

Par ailleurs furent évoquées les conditions de vie dans les prisons qui sont « de plus en plus dramatiques », fût dénoncé l’état carcéral et condamnées également les tentatives de « criminalisation » des mouvements qui travaillent pour faire parvenir leur solidarité aux prisonniers.

En même temps qu’ils soulignèrent l’urgence de dénoncer toutes ces mesures si inquiétantes et la nécessité de leur faire face avec de nouveaux moyens, la journée d’hier (17/04) a servi « pour faire connaître les demandes qu’ils réclament ». Par ailleurs, fût suggérée l’idée de créer des espaces communs de lutte et la construction d’un bloc contre la répression »: « Eux ils globalisent la répression; nous, nous faisons un appel international pour étendre la lutte et l’espoir ».

«Itxaropena eta borroka» hedatzeko deialdia Parisetik

Euskal Herrian ez ezik, Katalunian, New Yorken, Grezian, Buenos Airesen eta Parisen ere ekitaldiak eta mobilizazioak egin ziren Nazioarteko Preso Politikoen Egunaren karietara. Parisen, esaterako, gaualdia antolatu zuen Euskal Herriarekin Elkartasun Batzordeak, preso eta errepresaliatuen eskubideen defentsan ari diren beste hainbat talderekin batera, besteak beste, Kortsikako, Peruko, Palestinako eta Maputxe herrikoekin -hala nola Secours Rouge France, `Ne Laissons Pas Faire’ delakoekin, eta Ibrahim Abdallah askatzearen aldeko Tayad Batzordearekin-.

Bertan, hainbat euskarriren bitartez, Europan preso politikoek -izan Euskal Herriko, Kortsikako, Italiako, Alemaniako, Turkiako edo Estatu frantseseko- pairatzen duten «errepresioa, jazarpena» ezagutarazi zituzten, baita ere «haien erresistentzia». Beste horrenbeste egin zuten munduan zehar -Kolonbia, Guantanamo, Palestina, Sahara…- preso politikoek daramaten borroka hedatzeko. Antolatzaileek egiaztatu zuten «mundu osoko hainbat herrialdetan estatuek errepresio neurriak areagotu» egin dituztela, «eskubideak eta askatasunak murrizten ari diren bitartean». Preso dauden pertsonen bizi-baldintzak «gero eta larriagoak» direla gaineratuta, haien egoera salatu eta elkartasuna helarazteko lanean jarduten duten mugimenduak «kriminalizatzeko» saiakerak salatu zituzten. «Neurri kezkagarri horiek guztiak salatzeko eta tresna berriekin aurre egiteko» borroka premiazkoa dela nabarmentzearekin batera, atzoko eguna bereziki baliatu zuten «eskakizunak ezagutarazteko». Bestetik, «borroka eremu komunak lantzeko eta errepresioaren kontrako blokea eraikitzeko» deia egin zuten: «Haiek errepresioa globalizatzen dute; guk borroka eta itxaropena nazioartean hedatzeko deia egiten dugu». Arantxa MANTEROLA »

http://www.gara.net/paperezkoa/20080418/73452/es/Reclaman-amnistia-libertad-para-los-luchadores-mundo

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La Conférence de Solidarité Internationale avec les Prisonniers Politiques a eu lieu il y a déjà quatre ans, à Donostia. C’est là que des organisations et des personnes engagées dans la solidarité avec les prisonniers politiques et contre la répression se sont impliquées pour impulser les mécanismes susceptibles d’améliorer la communication et la mise en place d’initiatives communes de dénonciation et de lutte. Une des décisions prises lors de cette Conférence fut la désignation du 17 avril comme Journée Internationale de Solidarité avec les Prisonniers politiques, laquelle, actuellement, garde toute son importance et toute son actualité.

Nous sommes confrontés aujourd’hui dans différents pays de la Planète à un renforcement des mesures répressives de la part des États qui limitent, chaque fois plus, les droits et libertés, et à une extension et une justification de la torture, de l’isolement et même de l’élimination physique des personnes dissidentes politiques. Il est clair que l’on assiste à une aggravation des conditions de vie des personnes incarcérées en différents régimes d’arrestation ou de détention. Ce qui suppose une criminalisation plus aiguë des mouvements qui travaillent pour dénoncer la répression et pour élargir la solidarité avec les personnes arrêtées et incarcérées.

Ainsi, les conditions de vie des prisonniers politiques en Turquie ; les mesures de criminalisation des protestations émises par les Mapuches ; l’utilisation des mécanismes de guerre contre des pays tiers mis en oeuvre par le narco gouvernement de la Colombie ; l’extension des méthodes de la lutte « antiterroriste » contre les mouvements associatifs et la dissidence politique en Catalogne, à Madrid et en Italie ; la mise en place de mesures qui vont à l’encontre de la législation internationale et du respect de la souveraineté des États tiers par les États-Unis d’Amérique et la création d’espaces sans loi, tels que Guantanamo, ou les vols secrets avec les personnes arrêtées en violant tous les droits ; la mise en oeuvre de nouvelles mesures de prison et l’élargissement de la peine sine die dans les États espagnol et français ; la répression déchaînée au Sahara ou l’agression militaire contre les mouvements politiques et la population civile en Palestine ; la criminalisation de la solidarité envers les prisonniers politiques au Pays basque… toutes ces mesures nous préoccupent et nous obligent à élever la voix pour les dénoncer et à lutter pour y faire face avec de nouveaux outils.

Le 17 avril de cette année doit être un jour pour faire connaître ces revendications, ce jour doit servir à créer un espace commun de lutte, il doit constituer un véritable bloc contre ces mesures qui limitent les droits et les libertés, un espace de rencontre de la résistance contre la répression. Nous appelons par ce tract à travailler pour nous retrouver une nouvelle fois dans la rue, en brandissant le drapeau de la solidarité avec les prisonniers et prisonnières politiques.

Eux, ils globalisent la répression, nous, nous appelons à internationaliser la lutte et l’espoir.

KALERA

Mars 2008

 

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Chers amis et amies,

Une année de plus, nous lançons un appel pour la célébration de la journée des prisonniers politiques le prochain 17 avril 2008, comme il a été décidé à la première Conférence sur les Prisonniers Politiques l’année 2004 à Donostia.

À cet effet, nous appelons à tous les groupes de support avec les prisonnières et les prisonniers politiques pour réaliser des mobilisations et des rassemblements pour que la solidarité avec eux soit écoutée dans le monde entier.

Nous avons préparé le texte que nous vous envoyons en annexe, afin d’être approuvé pour nous tous de façon à être lu dans toutes les mobilisations du 17 avril.

Nous voulons profiter de cette occasion pour vous rappeler que le site www.kalera.org est à votre disposition et que vous pouvez nous envoyer toutes les convocations, appels et nouvelles pour les mettre sur ce site.

Salutations solidaires,

Mouvement pour l’amnistie du Pays basque


 

Intervention commune pour le 17 avril 2008 _ Paris

Il y a 4 ans, à Donostia (Saint Sébastien), au Pays basque, les représentants de différents mouvements de libération et des membres d’associations de lutte contre la répression se sont réunis pour parler ensemble de la question des prisons, et pour initier des actions communes destinées à favoriser l’information et la solidarité avec les prisonniers politiques. Parmi ces actions, l’institution d’une Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques, le 17 avril de chaque année. Si cette date a été choisie, c’est parce qu’elle est depuis 1975 celle de la Journée du prisonnier politique palestinien, et que la lutte palestinienne est particulièrement emblématique. Mais, bien sûr, d’autres dates auraient pu être choisies, comme le 18 juin, en hommage aux grèves de prisonniers politiques péruviens réprimées de façon particulièrement horrible en 1986, ou d’autres commémorations de luttes de prisonniers ailleurs dans le monde.

Par delà les distances géographiques, les situations historiques diverses, les conditions de lutte et les objectifs différents, les mouvements de libération constatent en effet qu’ils font face à des ennemis communs, partageant les mêmes méthodes de répression contre l’expression des aspirations populaires. Parmi ces méthodes, et au cœur de la violence exercée par les États impérialistes et leurs représentants régionaux, se trouve l’usage massif de l’emprisonnement à l’encontre non seulement de combattants, mais de toutes les formes de lutte et de résistance. Cet usage de la répression et de la prison, on le retrouve également au sein les nations impérialistes, vis-à-vis de toute dissidence réelle contre le capitalisme et l’individualisme, et vis-à-vis des actions de solidarité avec les pays en lutte pour leur liberté.

Loin d’être un outil de régulation sociale, un mal nécessaire, comme elle est communément présentée, la prison est avant tout, d’une manière générale, un instrument politique de contrôle et d’asservissement d’une société. L’évolution récente du nombre de personnes incarcérées en France en est une illustration : de 2001 à 2007, on est passé de 47 800 à plus de 61 000, soit plus de 20 % d’augmentation, et ceci sans compter les milliers de prisonniers dans les « centres de rétention » créés ou agrandis ces derniers temps dans le cadre des politiques d’expulsions à l’encontre des immigrés. Cette augmentation, qui ne suit aucunement celle de la délinquance ou de la criminalité, résulte directement de l’évolution des politiques pénales, avec l’application de peines de prison beaucoup plus fréquentes et de plus longue durée.

Derrière cette évolution, un message destiné à l’ensemble de la société : toute difficulté, tout conflit, tout problème social doit se résoudre par la contrainte, la menace, la violence et la privation de liberté. Aussi, plus qu’un instrument politique parmi d’autres, la prison est l’outil principal à la disposition des classes dirigeantes pour façonner les sociétés modernes, et faire qu’elles soient fondées sur la peur, l’individualisme et l’isolement plutôt que sur la solidarité, les projets collectifs et la recherche du bien commun.

Dirigée contre l’ensemble de la société, et particulièrement contre les plus pauvres, la prison l’est donc tout naturellement en priorité contre ceux qui, au sein de cette société, résistent et s’opposent à l’injustice. L’emprisonnement politique, partout dans le monde, progresse lorsque progressent la lutte populaire et la remise en cause des dominations. Il s’accompagne de diverses formes de persécution : la torture, l’éloignement, la répression physique, psychique ou économique à l’encontre des familles ou des proches, jusqu’à la simple élimination des prisonniers. Lorsqu’il s’intègre à une politique de colonisation et d’occupation, il constitue le moyen d’asphyxier un peuple, de détruire ses forces vives pour tenter d’obtenir sa soumission. L’exemple de la Palestine, où le nombre de personnes passées depuis 40 ans dans les prisons israéliennes représente plus de 25 % de la population sous occupation, est particulièrement significatif. Les situations au Pérou, en Argentine et au Chili à l’encontre du peuple mapuche, au Kurdistan, mais également tout près de nous au Pays basque ou en Corse, sont là pour le confirmer.

Aujourd’hui, quatre ans après la Conférence de Donostia, force est de constater que, particulièrement en Europe, la situation des prisonniers politiques a encore fortement empiré. Les États européens, si prompts à donner des leçons de démocratie aux pays du monde avec lesquels ils entretiennent des relations de domination et d’exploitation, prêts même parfois à prendre du bout des lèvres leurs distances avec le « grand frère » états-unien lorsque celui-ci foule ouvertement aux pieds les droits humains les plus élémentaires et l’habeas corpus en Irak ou à Guantanamo, sont pourtant engagés clairement dans un même mouvement policier, judiciaire et législatif de réduction des libertés et de renforcement de l’arbitraire.

L’extension juridique de la notion d’ « association de malfaiteurs » permettant l’arrestation et la condamnation de militants sur la seule base de leur participation à des réunions ou de l’expression de leurs opinions, l’institution de nouvelles lois permettant de décider rétroactivement l’augmentation de la durée de la peine d’un prisonnier déjà condamné ou la prolongation indéterminée d’une détention, l’interdiction de mouvements politiques sur la seule base de leurs objectifs et l’emprisonnement de leurs dirigeants et militants… : autant d’exemples qui, en Espagne, en Italie, en France, montrent une évolution identique. A cela s’ajoute un acharnement judiciaire renforcé à l’encontre des militants anti-impérialistes : ex-militants de la Faction armée rouge ou militants turques en Allemagne, militants d’Action directe, Georges Ibrahim Abdallah ou réfugiés italiens en France, etc.

Face à cette situation, que faire ?

D’abord, ce pour quoi nous sommes là ce soir : nous informer, et diffuser ensuite largement l’information autour de nous, afin de briser le mur de silence, d’indifférence ou de peur sur lequel comptent les dominants pour poursuivre et amplifier leur politique de répression et de criminalisation.

Ensuite, le faire ensemble, dans notre diversité. Affirmer ensemble notre fraternité avec les luttes des prisonniers dans le monde. Affirmer ensemble que la répression n’est jamais une solution et ne pourra jamais annihiler la lutte d’un peuple ni les aspirations internationales à plus de justice. Affirmer ensemble que la prison, au même titre que l’esclavage ou la torture, fait partie des atteintes à la dignité de la personne dont l’humanité doit se libérer pour construire son avenir. La réunion de ce soir est un modeste pas dans ce sens. Elle peut constituer le point de départ d’autres initiatives, rassemblant d’autres associations et mouvements de lutte, afin de faire mieux entendre notre voix à tous.

Enfin, chacun à notre niveau et selon nos possibilités, apporter concrètement notre solidarité et notre aide aux prisonniers et à leurs familles, et lutter ainsi contre l’isolement dans lequel ils sont maintenus.

Vive la lutte des prisonniers politiques, en Europe et dans le monde !

 

 

 

2008/III/28
Appel international du mouvement pro-amnistie icogestoras.gif
askatasuna face au «procès» de la Cour nationale espagnole.

Chers amis et amies,

Ces derniers temps, la répression contre le peuple basque exercée par l’État espagnol et, dans une moindre mesure, par l’État français est une constante. Il est facile de tracer, au fil des dernières décennies, une ligne montrant la persistance de la torture, des arrestations massives et arbitraires, d’une politique pénitentiaire cruelle, de la suspension d’associations, d’organismes, de la fermeture de journaux, de la proscription de partis et de la totale discrimination d’un secteur entier de la population quant à sa participation à la vie publique, de l’arbitraire judiciaire, du terrorisme d’État et de la brutalité policière. En définitive, il s’agit d’une situation d’exception débouchant sur un panorama de négation des droits civils et politiques fondamentaux, panorama visible aujourd’hui dans toute son ampleur et dans toute sa dureté.

Ces circonstances ont obligé des centaines de citoyens et citoyennes à créer un mur de contention, à faire face à la répression et à créer différentes plateformes civiques, associations de protection des droits humains, organismes activistes, formant le Mouvement Pro-Amnistie. À défaut, la non-activité dans ce secteur et l’absence de réponse sociale à la répression aurait constitué une acceptation voilée de l’impunité des appareils d’État. C’est la raison pour laquelle des milliers d’activités – conférences, manifestations, interpellations publiques, contacts de toutes sortes avec des acteurs politiques et sociaux…- ont été organisées par ce mouvement pour réclamer des conditions de respect des conditions démocratiques fondamentales, et d’exercice des droits civils et politiques élémentaires. À l’occasion de ces activités, nous avons eu l’occasion de nous rencontrer, de partager et de discuter.

Toutefois, les États, obsédés par le maintien de leur stratégie de répression contre des secteurs de plus en plus larges du peuple basque, nécessitent des niveaux toujours plus élevés d’impunité. Le Mouvement Pro-Amnistie constitue, dans un tel contexte, un obstacle gênant et intolérable. C’est pourquoi onze de ses membres – porte-parole, responsables de provinces… – ont été incarcérés en prison préventive pendant 4 ans, durée maximale permise par la législation espagnole. C’est pourquoi les mobilisations et les manifestations ont été interdites par la justice, suspendues par l’administration, et ont fait l’objet de violentes attaques de la part des Forces de Sécurité de l’État. C’est pourquoi également, l’un après l’autre, des dossiers judiciaires sont ouverts à l’encontre des personnes qui pointent la responsabilité de l’État dans la répression et dans la violation des droits humains et des libertés fondamentales. C’est pour cela en définitive que, à partir du 21 avril, 27 membres de ce mouvement vont être jugés par le tribunal spécial antiterroriste appelé Tribunal National espagnol, sous l’accusation d’appartenance à une organisation armée, pour avoir mené des activités solidaires vis-à-vis des prisonniers et prisonnières politiques, en tant que militants de l’Amnistie, pour s’être opposés à la répression, pour être des défenseurs des droits humains.

Nous n’espérons aucune justice de ce tribunal. Mais nous y voyons une opportunité d’expliquer à la société basque et internationale ce que nous sommes et les raisons de notre lutte.

C’est pourquoi je veux ici lancer un appel d’alarme et de préoccupation, mais par-dessus tout un appel à la solidarité. Un appel à redoubler nos efforts, chacun dans son domaine et dans son cadre de travail, afin que l’impunité ne puisse briser ce mur de contention dressé contre la répression.

Ce n’est qu’un au revoir…
Julen Arzuaga

TUNISIE

Mesdemoiselles, mesdames, messieurs

Bonjour;

Cette Journée se déroule dans un contexte particulier, d’autant que la Tunisie connaît depuis quelques semaines un climat de tension suite aux confrontations qu’a connu le pays. Hélas, plusieurs arrestations en ont été enregistrées ces dernières semaines à Rdeyef dans le bassin minier de Gafsa, les prisons tunisiennes se remplissent de nouveau.

Le caractère répétitif de ces repressions, tout au long de ces années, reflète la gravité de la situation des prisonniers politiques et d’opinion en Tunisie et la multiplication des procès à caractère politique. Ces procès, intentés à l’encontre de diverses sensibilités politiques, syndicales et associatives, toutes tendances confondues, n’ont jamais cessé.

En Tunisie, les prisons et autres lieux de détention ne désemplissent pas et ce surtout depuis le début des années quatre-vingt-dix. Tous les détenus ont été incarcérés suite à des procès politiques iniques allant d’accusations de délits de droit commun aux atteintes à la sûreté de l’Etat. Des parodies de procès unanimement condamnées par les ONG internationales les plus reconnues.

Certains y croupissent depuis plus de quinze ans maintenant. C’est le cas des prisonniers du mouvement En-nahdha.

Tortures physiques et psychiques, isolements prolongés, transferts répétitifs et abusifs de prison en prison, privations de soin, humiliations et autres traitements dégradants, châtiments collectifs et viols sont le lot quotidien des prisonniers. Ces derniers, lorsqu’ils ne meurent pas en prison (plusieurs cas de décès suspects ont été recensés), gardent après leur sortie des séquelles irréversibles, conduisant dans certains cas à des morts lentes et inéluctables. A leur sortie de prison, ils subissent le triste sort réservé aux « anciens prisonniers politiques » : assignation à résidence (le cas du journaliste Abdallah Zouari, éloigné 500km de sa femme et ses enfants) contrôle administratif, privation des droits à l’expression, au travail, à la libre circulation, à la poursuite des études, etc.

Souffre-douleur et otages en prison, évincés et marginalisés après leur sortie, le calvaire des milliers de victimes de la répression ainsi que leurs familles n’en finit pas !

Aujourd’hui, des dizaines de ces prisonniers croupissent injustement, pour certains depuis 18 ans, dans des conditions de détention inhumaines…. Leur souffrance a trop duré.

D’autre part, Certains prisonniers seraient en mauvaise santé ; torturés avant leur procès puis soumis pendant des années à des conditions carcérales extrêmement pénibles entrecoupées de longues périodes à l’isolement, ils auraient besoin de soins médicaux de toute urgence. Parmi eux se trouvent Ridha BOUKADI. »

Les conditions d’incarcération inhumaines amènent souvent ces prisonniers politiques à faire entendre leur voix par le biais de la gréve de la faim. Parmi les conditions dont souffrent les prisonniers nous citons : l’encombrement des cellules : 157 detenus dans 90m2, le mélange des fumeurs avec les non fumeurs, etc. Certains prisonniers ont contracté des maladies graves telles que l’asthme, le cancer des poumons et de la gorge, la migraine, etc. D’autres maladies sont dues aux mauvaises conditions d’hygiène, d’alimentation et de traitement, à savoir : le rhumatisme, les maladies cardiaques, rénales et oculaires, les cancers, le diabète, les fractures, etc.

De même, le droit des prisonniers à recevoir les visites de leurs avocats et de leurs familles est bafoué par divers procédés dilatoires (transferts successifs d’une prison à une autre pour rendre difficile leur localisation, communication de fausses informations aux familles sur le refus de la visite par le prisonnier lui-même, etc.).

Sur un autre plan, la pratique de l’isolement, un traitement cruel, inhumain et dégradant, est toujours monnaie courante.

L’isolement est un crime non déclaré, une mort lente, une violation extrême des Droits de l’Homme. Le prétexte sécuritaire des autorités est inacceptable, car rien ne légitime une telle pratique. Rien ne peut expliquer que l’on interdit à un condamné de communiquer avec les autres, de lire les journaux, d’écouter la radio ou regarder la télévision, bref de passer de longues années dans un petit tombeau sombre, inadapté et coupé presque totalement de la vie ordinaire des gens.

L’isolement dans les prisons tunisiennes prend l’allure d’une peine aggravée. C’est une mesure arbitraire que les autorités administratives et pénitentiaires utilisent selon des considérations d’ordre politique et qui échappe au contrôle de l’autorité judiciaire à laquelle on a soustrait cette compétence.

le cas de : Dr Sadok CHOUROU, ex-professeur de chimie à la faculté de médecine à Monastir, croupit en prison depuis 1991, dont 16 ans en isolement. Il a été soumis à une torture féroce qui a entraîné diverses pathologies. En avril 2004, le directeur de la prison civile 9 Avril Fayçal Rommana, et quatre de ses auxiliaires ont agressé le Dr Sadok Chourou dans son cachot individuel : ils l’ont jeté à terre et l’ont passé à tabac pour l’obliger à cesser sa grève de la faim.

Les ex- prisonniers politiques et les punitions collectives

C’est un drame national qui dure depuis près de vingt ans et qui a touché en Tunisie des milliers de prisonniers politiques et d’opinion appartenant aux différentes sensibilités politiques et associatives. Leur calvaire se poursuit en dehors des prisons sous différentes formes. Les punitions collectives frappent non seulement les victimes mais également, leurs familles, leurs proches et parfois même leurs voisins.

La plupart des libérations sont en majorité conditionnelles. Ce qui signifie que les anciens détenus sont condamnés à se présenter quotidiennement aux postes de police (procédure de pointage). Dans ces conditions, ils ne peuvent ni exercer leur métier ni même chercher ou trouver un travail.

Plusieurs anciens détenus politiques sont soumis, ainsi que leurs familles, à des brimades et à des contrôles quotidiens auxquels ils ne peuvent échapper. Pour la plupart d’entre eux, ils sont victimes d’harcèlements et d’intimidation de tout genre et privés de leurs droits les plus fondamentaux. Par ces termes, il faut entendre une série de mesures répressives, de la simple filature à la torture. Ces pratiques sont perpétrées sur la voie publique, au domicile des familles ou au poste de police, assorties, d’insultes, de menaces, d’appels téléphoniques anonymes, de « convocations » au poste de police, de descentes de police avec perquisition sans mandat, de vol de documents et d’argent, d’interception du courrier, d’écoutes téléphoniques, d’agressions, de chantage, etc.…

Plusieurs ONG nationales et internationales ont fait état dans différentes publications de ces situations pénibles de non droit que vivent les anciens prisonniers politiques et leurs familles. Des mesures qui entravent tout effort de réinsertion familiale et sociale, contraignant les victimes de ce harcèlement au chômage, à l’exclusion et à l’isolement. La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT) et l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP) connaissent bien le calvaire de ceux-ci et ont à plusieurs reprises soulevé avec détails ces graves atteintes.

La mesure de contrôle administratif, auquel sont soumis des centaines d’anciens prisonniers politiques, fait partie d’un dispositif destiné à les empêcher de se reconstruire socialement et humainement. Dans de très nombreux cas, ces citoyens sont obligés de se présenter quotidiennement au poste de police. Ils sont privés de circuler en dehors de leurs villes ou villages sous peine de se voir de nouveau sous les verrous.

Depuis les premières arrestations de décembre 1990, les familles des prisonniers politiques se sont retrouvées dans la ligne de mire des autorités tunisiennes qui se sont livrées à une sorte de punition collective infligée aux détenus politiques ainsi qu’aux membres de leurs familles. Pensant qu’il fallait frapper fort et large, la police du régime tunisien s’est livrée à un harcèlement sans précédents contre des individus dont le seul « crime » est d’être parent d’un opposant politique. Parents âgés, enfants de bas age ou les conjointes des prisonniers sont des victimes de pressions de tout genre.

Parmi les abus enregistrés rapportés par les familles et mentionnés dans les rapports d’associations humanitaires :

  • Le harcèlement policier continu et le contrôle des relations des familles pour empêcher toute aide ou soutient moral ou financier de la part de quiconque.

  • Imposer des procédures compliquées avant de permettre ou non la visite du détenu par sa famille.

  • Transfert répété et abusif des détenus dans des prisons éloignées des lieux de résidence. Souvent, les familles ne sont pas informées de ces transferts. La condition de la visite n’assure aucun respect de l’intimité des concernés surtout lorsqu’il s’agit d’enfants qui viennent à la rencontre d’un père qui n’ont jamais touché ou qu’ils ont vécu très peu avec lui.

En plus de ce calvaire lié à la relation avec le détenu, les familles subissent d’autres difficultés dues à la politique inhumaines à leur égard par les autorités.

  • Empêcher les membres de familles proche du détenu d’exercer certaines fonctions les soumettre à toute sorte de pression pour entraver leurs activités professionnelles.

  • Privation des membres de la famille de couverture sociale leur permettant de se soigner.

  • Privation du droit à une bourse pour les étudiants enfants de détenus.

  • Privation du droit à un passeport sans aucun motif légal…

Pour que les suplices des prisonniers politiques tunisiens et de leurs familles prennent fin, je saisie cette occasion pour revendiquer :

  • la libération de toutes les victimes de la répression en Tunisie

  • une loi d’amnistie générale qui doit bénéficier à toutes les victimes, qu’ils soient encore prisonniers, qu’ils aient déjà purgé leur peine, ou qu’ils aient été amenés à s’exiler ; ceux encore qui sont sous le coup de poursuites judiciaires, dans des affaires à caractère politique ou assimilé.

  • une loi d’amnistie générale qui devrait annuler définitivement les peines prononcées, principales et complémentaires, et les effacer du registre des antécédents judiciaires. Ceux qui en bénéficient pourraient recouvrer tous leurs droits civiques, sociaux et politiques. Nous réclamons une loi d’amnistie générale qui devrait garantir à toutes les victimes le droit de participer à la vie publique.

Cette loi est indisponsable pour qu’un enfant retrouve le sourire dans les bras de son pére sans être séparé par les barreaux d’un parloire.

Merci.

Libération des huit détenus du bassin minier de Gafsa

Nous venons d’apprendre ce jeudi soir 10 avril 2008 la libération des trois derniers syndicalistes Adnane haji, Taeïb Ben Othmane, et Bechir Labidi et des cinq jeunes militants qui restaient encore emprisonnés depuis dimanche à Rdeyef dans le bassin minier de Gafsa en Tunisie.

Nous nous réjouissons de leur libération et nous remercions tous ceux qui ont contribué à ce vaste élan de solidarité: leurs pressions ont contribué à faire fléchir le pouvoir tunisien qui n’a pas hésité jusqu’ici à répondre par la répression et l’emprisonnement aux populations de toute une région déshéritée revendiquant le droit au travail, à la vie dans la dignité.

Nous, membres du comité de soutien, nous félicitons toutes celles et ceux du bassin minier de Gafsa qui ont résisté, et particulièrement les femmes, qui se sont illustrées par leur combattivité et leurs initiatives depuis le début du mouvement en janvier. Cette libération est le fruit de leur lutte et de celle de toute la population de la région, appuyée par un élan de solidarité nationale et internationale. Nous restons vigilants et continuons la pression sur le pouvoir tunisien afin qu’il réponde positivement aux revendications de la population du bassin minier.

Nous exigeons la fin des harcèlements contre les militants syndicalistes et les jeunes chômeurs et l’ouverture de négociations sérieuses avec les syndicats et les représentants légitimes de la population. Nous assurons la population du bassin minier de Gafsa de notre soutien à leur juste lutte.

Le Comité de Soutien du Bassin Minier appelle à un rassemblement de solidarité le dimanche 13 avril 2008 à 14H au Métro Couronnes à Paris 11e.

Comité de Soutien aux Habitants du Bassin Minier de Gafsa

La répression en Europe contre le mouvement révolutionnaire de Turquie

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Lorsque l’on parle de répression politique en Europe, on commence par distinguer l’avant et l’après-11 septembre. Certes, dans les pays d’Europe occidentale, la répression à l’encontre des milieux d’opposition a toujours existé, avant tout contre les forces dissidentes « locales » (gauche radicale française, allemande, italienne, indépendantistes basques, républicains irlandais…) mais aussi contre les patriotes kurdes et les révolutionnaires en provenance de Turquie et ce, dès leur arrivée en Europe suite aux coups d’état militaires de 1971 et 1980. Par exemple, durant les années 1990, plusieurs dizaines de sympathisants du DHKP-C sont incarcérés, principalement en Allemagne où ce mouvement est interdit.

Mais dans la foulée des attentats du 11 septembre, les législations répressives européennes connaissent un durcissement spectaculaire sous les pressions américaines. L’Europe copie la « liste noire » des organisations dites « terroristes » du département d’état américain dans laquelle figure entre autres le PKK et le DHKP-C.

Les pays qui n’en disposaient pas, se dotent de lois antiterroristes. Ceux qui en disposaient déjà en élargissent son champ d’action. En Allemagne, cinq sympathisants du DHKP-C comparaissent actuellement à Stuttgart et sont poursuivis en vertu de l’article 129 b du Code pénal allemand relatif aux organisations étrangères. Des tribunaux d’exception voient le jour dans lesquels siègent des procureurs ou des juges antiterroristes omnipotents. La surveillance des milieux d’opposition s’intensifie, notamment à travers la légalisation des écoutes téléphoniques et de la rétention du courrier électronique. La violation des règles de base du droit pénal devient la norme. Les inculpés accusés de terrorisme subissent des régimes carcéraux exceptionnellement sévères basés sur l’isolement et la privation de leurs droits fondamentaux. On en vient à comparer à juste titre les prisons françaises, espagnoles, allemandes ou belges, à des « Guantanamo ». A la prison de Bruges en Belgique par exemple, trois inculpés du DHKP-C ont dû subir la torture de l’insomnie avec une lumière aveuglante allumée la nuit juste au-dessus de leur tête.

En outre, les services de police européens sont de plus en plus téléguidés par la CIA, le FBI et dans les cas des révolutionnaires de Turquie, par les services secrets turcs de la MIT également. Les avions de la CIA transportant de présumés « ennemis combattants » de l’Empire américain transitent par l’Europe sans que cela ne choque.

La collaboration sans cesse accrue des services de police intra et extra-européens laisse présager le pire et n’est pas sans rappeler l’opération Condor menée par les dictatures fascistes latino-américaines durant les années ‘70. Les milieux proches du DHKP-C en ont eu un avant-goût le 1er avril 2004, lorsqu’ils furent confrontés à une opération policière synchrone menée dans cinq pays, nommément l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et la Turquie. Alors que près d’une centaine de militants et sympathisants de ce mouvement ont été inculpés puis acquittés, en Italie, deux militants, Avni Er et Zeynep Kiliç demeurent toujours en prison et ce, alors qu’ils n’ont jamais posé le moindre acte violent ou illicite.

Par ailleurs, la liberté de mouvement et même la vie de militants politiques turcs et kurdes sont menacées via les mandats d’arrêt Interpol émis par le régime d’Ankara. En effet, les autorités européennes collaborent de plus en plus à la traque de ces militants confrontés à des procédures d’extradition vers la Turquie. C’est une situation paradoxale car ces mêmes autorités européennes ont dans la plupart des cas accordé leur protection à ces ressortissants turcs en leur octroyant un droit d’asile précisément en raison de leurs persécutions dans leur pays d’origine.

Cet acharnement contre les militants politiques en général et les militants révolutionnaires de Turquie en particulier n’est évidemment pas fortuit. D’une part, il témoigne du dynamisme de la lutte sociale en Turquie et de la vigueur de son écho en Europe.

D’autre part, il révèle la faiblesse des organisations démocratiques européennes dans leur combat pour la liberté d’expression et d’association et pour le respect du droit de résistance à l’oppression.

Dans le climat actuel de psychose antiterroriste ambiant, c’est un combat certes difficile que celui de défendre les militants qui subissent la répression mais tellement indispensable si l’on veut encore assurer un avenir à la lutte pour un monde meilleur.

17 avril 2008

COMITE TAYAD ( Comité des Proches des Prisonniers Politiques en Turquie)

Association Culturelle et de Solidarité Anatolie – Paris

14, rue du Faubourg Saint Denis 75010 PARİS

Tel : 09 50 98 34 95

 

 

 

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Palestine

Le système de détention et de torture en Palestine fait partie de la guerre coloniale menée par les sionistes contre le peuple palestinien en vue de l’expulser de sa terre pour faire place aux colons et à l’Etat exclusivement juif. Cette politique est illustrée par les arrestations arbitraires, les conditions d’arrestation de détention et de jugement, et la détention de femmes et d’enfants. La prison et la torture font partie de la stratégie militaire au même titre que les bombardements, les assassinats ciblés, les expropriations, les destructions d’habitations et de plantations, l’accroissement des implantations coloniales, de la construction du mur d’annexation, des centaines de check-points, en vue de détruire la société palestinienne en rendant la vie impossible aux Palestiniens, pour les soumettre, les pousser à renoncer à la résistance et les expulser une fois de plus hors de chez eux.

Depuis 1967, les sionistes ont arrêté plus de 700 000 Palestiniens, soit l’équivalent de 25% de la population globale palestinienne des territoires occupés, ou l’équivalent en France de 12 millions d’arrestations en 40 ans.

Situation aujourd’hui :

11 500 prisonniers palestiniens (issus de toutes les régions de la Palestine historique, du Golan occupé) sans oublier les prisonniers arabes (parmi lesquels des Libanais, des Syriens, des Jordaniens, des Saoudiens, des Egyptiens et des Libyens) sont détenus dans 30 prisons, centres de détention et d’interrogation israeliens situés sur le territoire de l’occupant.

Parmi ces prisonniers :

360 enfants âgés de 3 mois à 18 ans (depuis le début de la 2ème intifada en 2000 plus de 2 500 enfants ont été arrêtés), rappelons que 463 enfants ont atteint la majorité en prison

99 femmes dont plusieurs mères, dont 4 ont accouché en prison pieds et poings liés à la table d’accouchement (mais ce traitement est courant aussi en Europe)

Plus de 1 000 blessés ou malades qui n’ont pas accès aux soins

Parmi les 352 plus anciens détenus : 81 ont plus de 20 ans, 13 plus de 25 ans et 2 plus de 30 ans de détention.

1 200 prisonniers sont en « détention administrative » : ce régime remonte aux législations d’exception installées en septembre 1945 par les Britanniques pendant leur mandat sur la Palestine et est utilisé par les sionistes depuis l’occupation de 1967, il correspond à des arrestations sans charges et l’absence de procès, le dossier du prisonnier reste secret et n’est communiqué ni à lui ni à ses avocats, ce type de détention est renouvelable sur simple demande des services de renseignement israeliens pour des périodes de 6 mois à 6 ans, jusqu’à 15 fois de suite.

Motifs détention :

Participation à un acte de résistance armée ou non armée

Faire partie de la famille d’un résistant

Faire partie d’une « liste de personnes recherchées »

Régime de la détention administrative

Conditions de détention :

Torture : dès les premières minutes de l’arrestation, lors des interrogatoires et tout au long de la détention : tortures psychologiques (menaces de mort, de viol, de représailles sur la famille, les enfants, menaces et brutalisation de membres de la famille en présence du prisonnier (mère père âgés, femme, enfants), tortures physiques (coups, brutalités, privation de sommeil, positions corps insupportables, couverture tête avec sac souillé, étouffement, étranglement, fouille à nu, fouille nocturne, insultes, jets de gaz lacrymo, etc), déshabillage public, punitions : isolement, enfermement au cachot parfois sous terre (jusqu’à 18 ans de suite), interdiction visites, etc.

Insalubrité, saleté, manque d’éclairage, surpeuplement (25 à 30 hommes par pièce de 4 à 5 m²), cafards, vermines, humidité ou chaleur insupportable (Negev), alimentation insuffisante et mauvaise, absence de soins médicaux (195 prisonniers sont décédés depuis 1967 par négligence ou manque de soins médicaux)

Visite des familles :

La moitié des prisonniers sont interdits de visites et ceux de Ghaza n’ont pas reçu leurs familles depuis un an en raison du bouclage. Conditions difficiles puisque les prisons sont situées en territoire israelien dont l’accès est interdit aux Palestiniens.

Exemple d’une mère habitant Qalqilyia qui veut visiter son fils à la prison de Ashkelon distante de 60 kms : 18 heures de route, réveil à 5h retour à 23h30, pour une visite de 15 minutes qui peut être annulée à la dernière minute

Accès aide juridique :

Il n’existe pas de système public palestinien d’avocats rémunérés par la collectivité, et trop peu d’avocats disponibles par rapport au nombre de prisonniers. Même si un Palestinien est parvenu à obtenir l’aide d’un avocat, si l’avocat est palestinien des territoires occupés (pas de nationalité israélienne) il ne peut plaider devant les juridictions militaires israéliennes devant lesquelles les prisonniers sont présentés, en outre les avocats palestiniens sont soumis aux restrictions habituelles d’obstacles à la circulation et d’empêchement de se déplacer de sorte qu’ils peuvent ne pas accéder à leur client.

Organisation des prisonniers à l’intérieur des prisons :

Les Palestiniens parviennent à s’organiser pour mener des actions communes dont des grèves de la faim, rappelons l’insurrection dans la prison du Neguev en octobre 2007 et faire des études et apprendre l’hébreu dans les prisons dans certains cas, car les mineurs sont interdits d’études.

Objectifs de l’occupant :

Créer un réseau d’indicateurs

Ecraser la résistance.

Destruction du tissu social en arrêtant les leaders, personnalités associatives et enseignants

Destruction de la structure familiale en arrêtant les pères, les pourvoyeurs de revenus, les femmes laissant des familles d’enfants à la charge des oncles et tantes

Destruction du monde agricole en arrêtant les fermiers qui ne pourront plus cultiver leurs terres ce qui permettra à l’occupant de s’en emparer

Destruction de la vie politique : 60 députés élus du Hamas sont en prison parmi lesquels le (vice)-président du conseil législatif palestinien Abdel Aziz Dweik

Tentative de mettre un frein à la « menace démographique » en maintenant des milliers de jeunes gens en prison

Droit international :

Non reconnaissance du statut de prisonnier de guerre : violation des conventions de Genève (4ème et 5ème) sur les prisonniers de grève

Non reconnaissance du caractère de territoires occupés aux territoires annexés en 1967 : violation des lois internationales sur la protection des civils par l’occupant dans les zones occupées (article 28 de la 4ème convention de Genève)

Détention et torture d’enfants : violation de la convention relative aux droits de l’enfants et de la convention contre la pratique de la torture

On peut se poser la question de l’utilité de ce droit qui ne s’appliquer jamais aux situations-mêmes pour lesquelles il a été inventé : l’occupation, les prisonniers de guerre, la torture et les enfants.

Prisonniers libanais : outre les prisonniers du Hezbollah capturés pendant l’agression de juillet-aout 2006

Samir al Qantar, considéré comme le doyen des prisonniers libanais, détenu depuis près de trente ans à la suite de l’opération de résistance (intitulée mission Abdel Nasser) qu’il a menée à Naharia, il a fait l’objet de tortures et n’a jamais baissé les bras, il participe aux grèves de la faim et poursuit son action politique en publiant des communiqués relatifs à toute l’actualité politique. Les sionistes le gardent comme monnaie d’échange.

Yahia Skaff (né en 1959) détenu depuis 1978 à la suite d’une opération commando entre Haifa et Tel Aviv par le groupe Deir Yassine de fedayins du Fatah sous la direction de Dalal Moghrabi : prise en otage d’un bus avec 63 usagers pour faire libérer des prisonniers il s’en est ensuit une bataille, 37 tués israéliens et plus de 82 blessés, pour le commando : 9 martyrs et deux blessés parmi lesquels Yahia Skaff dont le sort reste à ce jour inconnu car les sionistes refusent de reconnaître son existence.

Nassim Nisr est en prison depuis 1982.

Echanges de prisonniers :

Rappelons que pour faire libérer entre autres les trois plus anciens prisonniers libanais, le Hezbollah avait enlevé deux soldats de l’armée d’occupation en juillet 2006. La pratique d’échanges de prisonniers existe depuis plus de 20 ans entre la résistance et l’Etat sioniste, ainsi en 1985 Israel a libéré 1 150 prisonniers, en 1996 Israel a rendu les corps de 123 martyrs et l’armée du Liban sud (ALS) a libéré 45 prisonniers de Khiam, en 2004 Israel a libéré près de 450 prisonniers dont 400 Palestiniens. Les prisonniers sont une clé pour toute négociation et Israel en fait des « réserves » et pour cela garde toujours un nombre croissant de prisonniers pour compenser les éventuelles « libérations » et préparer les prochaines.

Enfin n’oublions pas les prisonniers de Guantanamo, Abou Ghraïb, Bagram et toutes les prisons secrètes de la CIA en Europe et dans les pays arabes.

Campagne « Palestine 60 ans de résistance » 16 avril 2008

 

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Jean Marc Rouillan

Message pour la journée du prisonnier politique
17 avril 2008

Camarades,

Le voile noir de la réaction flotte sur l’Europe. Pas une année sans qu’un pays ne tombe sous la coupe de la droite extrême. Quant à leurs soit disant adversaires, ils ne valent guère mieux si ce n’est qu’ils sont pire en alliant la bonne conscience à la dictature libérale. L’Otan et le militarisme sécuritaire gagnent du terrain dans les têtes et sur les champs de bataille.
Nous devons partir de ce constat : le mouvement révolutionnaire a quasiment disparu de l’horizon continental.

Bien sûr, ici et là des poches de résistance dressent encore nos drapeaux. Ailleurs les militants anti-capitalistes s’engagent tant bien que mal dans des processus de recomposition. Ces processus sont fragiles et souvent contradictoires mais ils ont l’infini mérite de dépasser l’aveuglement des ghettos et les alibis sectaires de la décomposition.
Depuis des années, seule une infime minorité de militants se préoccupe de la détention politique. Les autres demeurent sourds et absents. Et beaucoup la nient tout bonnement à coup de postulats dogmatiques. Pour quelques uns « il n’y aurait pas de prisonniers politiques » et pour d’autres « il ne s’agirait que de terroristes ayant le sort qu’ils méritent ». Cette arrogance de la fausse radicalité et ce conformisme frileux découlent tous deux de nos défaites collectives et du recul des positions révolutionnaires.
Ainsi les justifications se tricotent à la veillée pour ne jamais participer aux mobilisations solidaires chargées de trop de poudre et de sang.
Et quand ils y participent, par exemple, lors d’une campagne contre l’extradition menaçant un militant, ils sont d’autant plus confortés lorsque le détenu, pour se sauver, renie son engagement passé, critique les actions commises ou claironne ad nauseam le refrain de l’innocence.
Ainsi, au fil des années sur le terrain de la solidarité, la dépolitisation s’est aggravée.
Aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre dans la bouche de nombreux militants le discours du pouvoir bourgeois à propos de la loi, du droit et de la justice, et avant tout dans la condamnation de la violence révolutionnaire.

Lors des tentatives actuelles de recomposition de la gauche révolutionnaire, nous, prisonniers politiques et avec nous les membres des plus anciens groupes de soutien, avons le devoir d’introduire et de débattre de la question de la détention politique et ainsi de la replacer au cœur des préoccupations militantes.
Ainsi nous enrichirons de nos expériences le camp anticapitaliste et participerons à la conscientisation et aux actions de la solidarité de classe.
Sur le terrain de la détention politique, cette solidarité ne peut être un positionnement éthéré, elle réclame des mobilisations conséquentes, une convergence de larges secteurs et une pratique de longue durée.
Et sur la base des combats passés et présents, elle doit se développer autour de deux revendications permanentes :

- Dissolution des tribunaux d’exception et abrogation des lois spéciales.
- Amnistie des prisonniers politiques.

Cependant nous sommes d’accord, la détention politique n’épuise pas la question de la prison ni bien évidemment celle de la répression de classe, mais plus que jamais à notre époque, elle se situe au cœur du système répressif et matérialise la menace permanente contre tous ceux qui osent s’organiser, lutter et résister. Et en premier lieu contre ceux qui entrent en rupture avec la collaboration et le régime autoritaire libéral.
La détention politique est le nœud gordien du système répressif. Là où s’inscrit jour après jour en béton et en fil barbelé la violence de l’Etat réactionnaire.
La détention politique constitue un des baromètres du rapport de force et de l’antagonisme des classes.

Aujourd’hui près de 300 prisonniers politiques sont enfermés dans ce pays, ils subissent un arbitraire quotidien ; censure, dispersion, brimades, interdits… Et certains camarades sont isolés, quelques-uns depuis des années et des années.
Le seul but de ce traitement est de les briser et de les retourner contre leur propre engagement. Les tribunaux spéciaux espèrent ainsi les utiliser dans les campagnes de contre-propagande pour la pacification sociale et politique.
Pour l’Etat, un détenu qui agit en prisonnier politique et revendique son action passée est à éliminer.
Depuis des années, la multiplication des lois sécuritaires et des instances spéciales (en particulier la perpette réelle et la création de l’application des peines anti-terroriste) œuvrent à cadenasser le système du « nouvel anti-terrorisme ». Si de nos jours, cette menace n’atteint pas encore l’ensemble de la gauche anti-capitaliste, cela ne tardera pas dès les premiers signes d’une reprise de pratiques contestataires de masses.
Quand nous en serons à cette étape, notre conscience et notre expérience se révèleront décisives.
Voilà pourquoi la question de la détention politique doit être inscrite comme un des points cruciaux de la recomposition de la gauche révolutionnaire.

La répression des résistances de notre classe mondiale et des peuples opprimés est l’axe fondamental de la guerre en cours frauduleusement dénommée « guerre contre le terrorisme et pour la sécurité ». C’est la nouvelle forme de la lutte de la classe bourgeoise impérialiste où elle inscrit à chaque étape la criminalisation jusqu’à la négation totale des questions politiques posées par l’opposition à ses planifications les plus sordides.
Comme le procès de travail, la répression, la guerre impérialiste et la guerre civile sont mondiales. Aucun sujet d’actualité ne peut être abordé séparément de ses implications transnationales. Et à chaque instant, notre solidarité de classe est un combat brisant les murs et les frontières.

La semaine passée, la bourgeoisie et les bobos défilaient dans les rues en brandissant les photos de militaires et de policiers colombiens dont beaucoup sont des tortionnaires du régime narco-libéral et les complices des escadrons de la mort. Aujourd’hui, je veux adresser un message de solidarité aux détenus et guérilleros des FARC et de l’ELN. Auquel j’y ajouterai un salut pour les camarades chiliens du FPMR détenus dans les prisons brésiliennes de Lula. Et également pour les prisonniers du PCP et du MRTA, enterrés vivants dans les geôles du gouvernement social-démocrate péruvien.

Alors que les forces impérialistes et colonialistes sont engagées dans l’agression « anti-terroriste » contre les peuples du Moyen-Orient, je terminerais par un message de solidarité destiné aux résistances palestiniennes, libanaises et irakiennes, fer de lance des peuples de la région et à leurs prisonniers politiques :

- A tous ceux qui subissent les agressions de l’OTAN, des sionistes et de l’armée US !
- Aux habitants des villes et des camps bombardés.
- Aux populations livrées aux mercenaires et autres supplétifs et menacées par les escadrons de la mort et les « assassinats ciblés ».
- Aux résistants arrêtés, torturés, enlevés, déportés à Guantanamo ou disparus dans les prisons secrètes de la CIA.
- Aux milices ouvrières des quartiers populaires de Bagdad, aux grévistes et aux émeutiers du Caire.
- Aux prisonniers communistes libanais, Samir Kuntar détenu dans les geôles de l’Etat sioniste depuis 1979 et au camarade Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis octobre 1984.

A tous ceux qui résistent !
Votre combat est notre combat !

J. Marc ROUILLAN
Prisonnier Politique d’Action Directe
Prison des Baumettes
Marseille avril 2008

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Journée du prisonnier politique – 17 avril 2008
Contribution du collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah

Bonsoir
Pour commencer cette intervention je voudrais avoir une pensée particulière pour notre camarade Joëlle Aubron, ancienne prisonnière politique, militante d’Action directe.
Joëlle est sortie de prison, en suspension de peine, le 16 juin 2004 après 17 ans d’enfermement, pour soigner un cancer qui s’est développé durantles années d’incarcération. A sa sortie, Joëlle a mené de front 3 combats ; le combat contre lamaladie bien sur mais aussi le combat pour la libération de ses camarades, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon, Jann-Marc Rouillan, Régis Schleicher, et le combat pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah.
Joëlle est décédée le 1er mars 2006 sans avoir vu aucun de ces camarades libres. Je voudrais également avoir une pensée pour AGURTZANE DELGADO, prisonnière politique Basque, avec qui Joëlle s’était liée d’amitiés à la prison de Bapaume. Agurtzane après plus de 7 années d’emprisonnement en France a été le 2 juillet 2007 extradée directement de Bapaume vers une prison espagnole pour purger une autre condamnation de 18 ans de prison. Les quelques noms qui viennent d’être mentionnés montrent la réalité de la prison politique en France. Joëlle, Nathalie, Georges, Jann-Marc, Régis, Georges Abdallah, Agurtzane représentent à eux seuls plus de 150 ans de prison effectués, et leurs peines ne sont pas terminées. Georges Ibrahim Abdallah, militant révolutionnaire arabe, combattant de la cause palestinienne est, en tant que prisonnier politique, un cas exemplaire. Tout d’abord, exemplaire est son engagement, avant et pendant son incarcération.

Georges Ibrahim Abdallah est emprisonné en France depuis 1984. Il purge une peine de prison à perpétuité pour des actions revendiquées par son organisation, les FARL (Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises).

Dans les années 1980, le Liban subit une guerre d’agression de l’Etat illégitime d’Israël et la Palestine est victime, comme aujourd’hui, de la violence des occupants sionistes. Les agresseurs israéliens bénéficient du soutien et de l’aide des Etats-Unis.

Les FARL ont décidé à l’époque de mener des actions de résistance armée sur le territoire français contre des cibles sionistes et états-uniennes. C’est ainsi qu’auront lieu le 18 janvier 1982 l’exécution du colonel Charles Ray attaché militaire à l’ambassade américaine et, le 3 avril1982, l’exécution de Yakov Barsimantov responsable du Mossad, les services secrets israéliens.

En prison, Georges Abdallah continue à défendre la cause des peuples opprimés. Il adhère à la Plate-forme du 19 juin 1999 qui réunit dans une communauté de lutte une centaine de prisonniers révolutionnaires. En août 2002, en solidarité avec des prisonnières palestiniennes, Georges Abdallah et plusieurs dizaines de prisonniers détenus à Moulins refusent le repas de l’administration pénitentiaire. Encore dernièrement, en décembre 2006, il a été, avec Jean Marc Rouillan, en grève de la faim en solidarité avec la résistance dans les prisons turques. C’est parce qu’il y a eu et qu’il y a toujours cet engagement que nous soutenons Georges Ibrahim Abdallah. A travers ce soutien c’est la lutte armée du peuple palestinien et la résistance anti-impérialiste et antisioniste que nous soutenons. Exemplaire également les moyens déployés par l’Etat à travers l’alliance des pouvoirs politiques, policiers et judiciaires pour condamnerlourdement et garder ad aeternam en prison un combattant révolutionnaire. Difficile de faire court quand on parle du traitement du dossier de Georges Abdallah, mais quelques faits sont significatifs.Par exemple, un des avocats d’Abdallah, Jean-Paul Mazurier, reconnait
après la condamnation de son client qu’il avait été recruté par les services secrets français. Malgré cet aveu, le jugement n’a pas été remis en cause.
Autre exemple, en 86 une série d’actes meurtriers a lieu à Paris, comme l’attentat de la rue de Rennes devant le magasin « Tati ». Le gouvernement français a besoin de coupables. Très vite il décide de désigner la famille Abdallah. Des affiches à appel à délation avec récompense d’un million de francs font leur apparition. C’est une première en France. Elles désignent deux frères Abdallah. Pourtant les services français savent que les Abdallah se sont pour rien dans cette affaire. Il s’agit des conséquences d’une guerre larvée entre la France et L’Iran. Pandraud, ministre de la sécurité de l’époque, l’a encore reconnu dernièrement. Mais rien n’y fait.
Georges Abdallah continue à être accusé de terrorisme. Ce qui est faut. Plus récemment, en 2005, Georges Abdallah dépose une nième demande de libération, qui est acceptée par le tribunal de Pau. Scandale politique ! Immédiatement une question est posée à l’assemblée nationale, Perben, le ministre de la justice, annonce qu’il fera appel et que la loi sera modifiée. Aujourd’hui Georges est toujours en prison et la loi a été effectivement changée. Maintenant toutes les décisions concernant les prisonniers politiques sont prises à Paris.Enfin est exemplaire le traitement politique du dossier de Georges Abdallah. Aujourd’hui il est clair que les juges ne savent plus comment justifier le maintien en prison de Georges. Mais il y a la pression des sionistes, des Etats-Unis et des services secrets français.Toujours à titre d’exemple on peut citer un extrait d’un rapport rédigé par la DST à destination des juges, qui dit notamment « Enfin, il est certain que la libération de Georges Ibrahim ABDALLAH, responsable de la mort de plusieurs personnes en France, dont des diplomates américains et israéliens, soulèvera de vives protestations de la part des parties civiles et des autorités de ces pays ». Comme le souligne M° Vergés dans sa plaidoirie du 17 septembre 1987, « Là où est demandé un acte de justice, le directeur de la DST demande un geste politique en faveur des autorités américaines. »

Aujourd’hui 17 avril, le dossier de Georges Abdallah a été examinée une f ois encore par des juges pour une éventuelle libération. Septième demande effectuée par Georges. Il est libérable depuis 1999. En 1987 le procureur n’avait requis que 10 ans d’emprisonnement. La peine de sureté assortie à sa condamnation est de 15 ans. 24 ans après son arrestation, Georges Abdallah est toujours en prison. Le 25 mars, il a été entendu devant une juridiction d’exception. Ce 17 avril les juges ont décidé en application de la nouvelle loi Dati, que le dossier de Georges Abdallah, comme ceux de tous les prisonniers lourdement condamnés et susceptibles d’un aménagement de peine, devrait être examiné par une commission spéciale pour évaluer son potentiel de dangerosité. De quelle dangerosité ose t-on parler quand des dizaines de palestiniens sont chaque jour tués par les sionistes avec la complicité des maîtres à penser de Washington et leurs alliés ici et ailleurs ? Le délibéré sera rendu le 4 septembre. Un quart de siècle après son incarcération ! Et dix-huit mois se seront écoulés depuis le dépôt de sa septième demande de libération conditionnelle, dix-huit mois faits de lutte, d’espoir et de solidarité de ses camarades, famille et amis. Sa libération sera une décision politique. A nous d’œuvrer pour arracher
cette décision.
Pour terminer, un mot pour parler également des milliers de prisonniers qui, s’ils ne sont pas des « politiques » en tant que tels, sont le résultat d’une politique sécuritaire servant à protéger les intérêts d’une classe dominante de plus en plus offensive. Eux aussi subissent la violence de la prison ainsi que leurs familles.

Solidarité !
Libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah !
Libération des tous les prisonniers politiques en France, en Europe, et
dans le monde.
Et en ce jour de la journée du prisonnier palestinien, vive la résistance
du peuple palestinien.
Paris le 17 avril 2008

Incarcéré en France depuis 1984, libérable depuis 1999, Georges Ibrahim Abdallah n’a rien renié de son combat solidaire des peuples en lutte,contre l’impérialisme, le sionisme et pour la libération totale de la Palestine.
Ce combat, il le poursuit aujourd’hui par les idées, par l’écrit, par une résistance quotidienne et résolue face cette pseudo justice qui entend en faire une des multiples victimes de la loi sur la rétention de sûreté, et ce alors qu’il aurait déjà dû retrouver la liberté depuis 10 ans !

Le 31 janvier une décision devait être rendue sur l’examen en appel de sa demande de libération, mais une fois encore, la « justice » a différé sa réponse, jouant la montre pour entre autre ne pas déplaire aux « intérêts supérieurs » des U.S.A.. Georges Abdallah est un prisonnier politique et la décision de sa libération est une décision politique.

Le 25 mars, il a été entendu devant une juridiction d’exception. Ce 17 avril les juges ont décidé en application de la nouvelle loi Dati, que le dossier de Georges Abdallah, comme ceux de tous les prisonniers lourdement condamnés et susceptibles d’un aménagement de peine, devrait être examiné par une commission spéciale pour évaluer son potentiel de dangerosité. De quelle dangerosité ose t-on parler quand des dizaines de palestiniens sont chaque jour tués par les sionistes dans l’indifférence des maîtres à penser de Washington et leurs alliés ici bas ?

Militant communiste, Georges Abdallah a toujours été clair : son combat, il l’a mené et il le mène contre les oppresseurs, ceux-là uniquement.
Le délibéré sera rendu le 4 septembre. Un quart de siècle après son incarcération ! Et dix-huit mois se seront écoulés depuis le dépôt de sa septième demande de libération conditionnelle, dix-huit mois faits de lutte, d’espoir et de solidarité de ses camarades, famille et amis.
Aujourd’hui comme hier : LIBERTE POUR GEORGES IBRAHIM ABDALLAH !

Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah
Paris le 18 avril 2008

http://liberonsgeorges.over-blog.com/

PÉROU _ LÉGISLATION RÉPRESSIVE POUR CONTENIR LES MOBILISATIONS POPULAIRES

Les masses sont les forces principales qui font l’histoire de l’humanité. Cette affirmation établie par le marxisme est bien en vigueur. Les peuples continuent à combattre contre la pauvreté, la faim, le chômage et en défense de leurs droits fondamentaux comme le droit à la vie, l’alimentation, la santé, l’éducation, le travail, etc. Les dernières avancées de la lutte sociale en juin et juillet 2007 au Pérou nous le montrent en face.

Mais, comment agit l’état du Pérou face à cette situation ? Quelle est sa réponse ? Veut-il résoudre les problèmes sociaux ?

Bien au contraire, il réagit en criminalisant les mobilisations populaires avec une législation chaque fois plus répressive pour prétendre la contenir et empêcher de nouvelles vagues de lutte. Au mois de juillet, au Pérou, différents analystes indiquaient déjà l’existence d’une base commune des causes des protestations, la situation économique, sociale.

M. Aspur, de «propositions citoyennes» disait : « Il y a des régions où la situation est dramatique. La croissance ne se traduit pas dans la vie des gens… voilà la base qui produit cette dynamique d’exigence, de conflit, des mobilisations, les gens ne perçoivent du gouvernement qu’il y ait une attitude préventive, prévoyante, de dialogue ».

M. Huaroc, président de la région Junín et représentant de l’assemblée nationale de présidents régionaux signale: « cela a surtout à voir avec la situation économique et sociale, qui a été laissée pour compte regrettablement… » et M. Tanaka d’Études péruviennes a indiqué : « Il y a un sujet de fond et par conséquent la réponse ne doit pas être de confronter, de réprimer… »

Face au mouvement social la réponse d’Etat, ne c’est pas fait attendre et le Gouvernement, oubliant rapidement ses engagements électorales, est passé à réprimer toute réclamation en aggravant la pénalisation des protestations sociales, particulièrement contre les occupations, les blocages de routes et bien d’autres élémentaires moyens que la population a pour se défendre.

Ils ont procédé à des dizaines d’arrestations, et à la criminalisation des mobilisations populaires. Particulièrement avec la promulgation des différents décrets législatifs le 21 juillet 2007, exprimant comme excuse la « lutte contre le crime organisé » et de celui tellement utilisé du « combat au terrorisme « .

Ils procéderont à une violation élargie de droits fondamentaux, comme la sanction aux employés de l’Etat et même aux fonctionnaires (présidents régionaux, maires, etc.) qui prendraient part aux grèves.

En ce qui concerne les conditions des prisonniers.

Nous voulons remarquer et dénoncer, ce qui à été omis par ailleurs, qu’avec ces décrets ils ont réintroduit inconstitutionnellement la peine à la perpétuité. Peine qui avait été abolie fin 2001.

Avec le but d’essayer d’enterrer, en terminer (exterminer) à vie avec les prisonniers révolutionnaires, principalement ses dirigeants et ‘terrorisant’ le peuple pour qu’il ne songe jamais changer le système.

Ces décrets ne respectent pas le droit élémentaire à la vie, et concernant les prisonniers ils nient le principe du régime pénitentiaire à la réintégration et la ressocialisation. Au nom de leurs arbitraires objectifs, ils exigent désormais le règlement intégral de la ‘réparation civile’ avec des sommes pharaoniques, empêchant ainsi toute libération conditionnelle. Droit qui été octroyé auparavant quand aient été accomplis les trois quarts de la condamnation.

Ils réintroduiront, ce que le gouvernement de Fujimori imposa, de punir des « nouveaux » délits artificiellement créés de « narco terrorisme » ou « terrorisme international » et qui avait été, par la suite, abrogé.

Suite aux exigences du règlement intégral de réparation civile ils détermineront l’impossibilité de tout accès aux droits et acquis des prisonniers, après incarcération, pour maintenir ainsi pour toujours les prisonniers politiques privés de libertés.

Ces décrets législatifs sont un pas de plus dans l’extension du droit pénal de l’ennemi à d’autres secteurs de la population; en limitant les garanties juridiques, avec la restriction au droit de défense, d’accès à un procès équitable, appliquant l’isolement carcéral, interceptant les courriers, appliquant des incarcérations préventivse prolongées (jusqu’à 14 années dans des cas de ‘terrorisme’), à la suppression de la présomption d’innocence, à ‘légalisé’ des témoignages ‘extraordinaires’ ‘transférés’, témoignages cagoulés ‘codifiés’, des magistrats et accusateurs anonymes, des ‘repentis’, des témoignages des services politico-policiers, dénonciations anonymes, punitions des actes préparatoires et de flagrant délit, avec des incarcérations politiques prolongées de 20 a 35 années à la peine à la perpétuité, etc., avec des condamnations non proportionnées avec un objectif vindicatif évident.

Ils ont décidé d’aggraver le régime de répression carcéral, incarcérant et maintenant des prisonniers politiques civils dans des prisons militaires. Ils appliqueront le critère rétrograde de la ‘dangerosité’ et ces mesures de sécurité, en introduisant des «niveaux discriminatoires » pour un certain type de prisonnier politique, en violant le principe d’égalité devant la loi. Ainsi a été modifié l’Art. 11 du code d’exécution pénale (dl. 984 21 juillet 2007).

Ils ont réintroduit la persécution et punition pour les idées. Ils puniront arbitrairement et sans procédure préalable, ceux que la direction de classification pénitentiaire considère « en liaison », les incarcérant en régime de sécurité maximale.

Il s’agit bien d’un système de barbarie carcérale.

Nous dénonçons, que dernièrement dans la prison de ‘Piedras gordas’, le directeur César Orozco, mercenaire d’Iraq, agissant en marge de la loi, à modifie le droit de visite et en toute atteinte contre la dignité humaine harcelle les proches des prisonniers, même les femmes enceintes, à des révisions vexatoires et des humiliations collectives.

Il a aggravé, arbitrairement et brutalement les conditions d’emprisonnement, revenant au régime rétrograde qu’avait imposé la dictature de Fujimori. Régime d’ailleurs qui avait été aboli par le Tribunal Constitutionnel le 3 janvier 2003. Date à laquelle il déclara, en 2003, l’inconstitutionnalité de la plus grande partie de la législation antiterroriste.

La Constitution Politique en vigueur établit dans son art. 139 les principes du régime pénitentiaire au Pérou de : rééducation, réadaptation et réincorporation sociale de celui qui à été condamné.

Mais depuis la dernière décennie passée, ils mettent en œuvre un système pénitentiaire d’ouverte violation de droits fondamentaux du prisonnier qui ne respecte pas le moins moindrement, la règlementation des prisonniers établie par l’ONU en 1955.

Amnistie Internationale constate, dans son rapport de 2006, que dans les prisons du Pérou on applique des traitements cruels, humiliants et inhumains. Le droit pénal péruvien ne respecte pas désormais, les garanties constitutionnelles, pénales et les procédures d’incarcération.

Ils appliquent bien au Pérou un droit autoritaire pénal aujourd’hui connue comme le droit pénal de l’ennemi et pas un droit respectueux des normes de respect aux droits des personnes.

Dans les derniers mois ils s’en servent du soi disant combat au terrorisme. Il monte des campagnes en terrorisant et apeurant la population. Ils essayent de mettre en place des nouvelles « mesures légales » comme la publication de listes des noms des prisonniers politiques qui ont été libérés. Appelant à continuer leur persécution, de leurs proches, ainsi que de tout ‘suspect’.d’une arbitraire législation d’exception comme instrument politique contre la lutte sociale, nuisant aux droits fondamentaux et en minant l’indispensable processus de démocratisation de la société.

Les prisonnières politiques, femmes luttant pour les droits fondamentaux et du peuple, avec plus de 14 années d’incarcération, exigeons que l’on respecte nos droits établis par les normes péruviennes et internationales.

Nous exigeons que cesse la persécution d’ex-prisonniers et de leurs proches et le respect du droit constitutionnel de pouvoir agir politiquement comme tout membre de la société.

Nous faisons appel à ne pas rester indifférents et impassibles, devant les attaques et la répression de l’Etat, qui impose chaque fois plus le droit pénal de l’ennemi.

Nous persistons dans notre combat pour une solution politique, une amnistie générale et une réconciliation nationale.

Nous appelons spécialement aux femmes du peuple, de la société civile et des organisations de femmes, qu’elles lèvent leur voix et de nous unir en défense des nos droits fondamentaux et pour la démocratisation de la société péruvienne.

Chorrillos, décembre 2007 PRISONNIERES POLITIQUES au Pérou

Traduit et reproduit par le Comité Pérou, cdlp@netcourrier.com

 

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Déclaration du Secours Rouge France à l’occasion de la Journée Internationale de soutien aux Prisonniers Politiques du 17 avril 2008


Le Secours Rouge France souhaite apporter sa contribution en évoquant les cas des prisonniers politiques espagnols, basques, catalans, galiciens , sardes et italiens.

Depuis 1975 la prétendue démocratie espagnol poursuit avec une abnégation jamais démentie la politique répressive et contre révolutionnaire du franquisme. Les forces policières et militaires n’ont jamais été épurées de tous ses éléments d’extrême droite, il suffit de constater la tentative de coup d’état de 1981 et surtout au débat des années 80 la création par le pouvoir prétendument socialiste d’escadrons de la mort les fameux GAL qui sema la terreur en assassinant des militants et infiltra les organisations révolutionnaires pour mieux les anéantir. De même que les partis politiques de droite revendiquent l’héritage de Franco comme la fait Aznar durant des années.

Les gouvernements successifs ont toujours agit dans un même sens, celle d’une stratégie de répression totale sous couvert d’un processus de paix :

Des centaines de détenus, torturés, emprisonnés, condamnés de manière exemplaire dans le cadre d’une politique d’anéantissement des prisonniers révolutionnaires.

Près de 1000 prisonniers politiques sont dispersées dans la majorité des prisons espagnoles, éloignés du lieu où vivent leurs familles. Par ailleurs, ils sont isolés entre eux, enfermés dans des cellules pratiquement tous les jours et privés de leurs droits. Leurs courriers sont systématiquement contrôlés et censurés, les mauvais traitements sont fréquents. En même temps, les prisonniers malades sont abandonnés à leur sort.

Le gouvernement de Zapatero a renforcé le pouvoir des forces de répression, y compris l’armée qui intervient directement contre les forces révolutionnaires. Les lois sur la répression politique ont été augmentées en nombre; tandis que l’Audience Nationale et la Guardia Civil se sont convertis en un véritable Etat dans l’Etat. Adopté en 2002, la loi sur les partis politiques souligne également une volonté de réprimer toute expression partisane d’organisations révolutionnaires et de lutte de libération nationale. Pareillement le Parti Communiste d’Espagne (reconstitué) est constamment réprimé pour ses activités politiques.

Ainsi, le régime espagnol a renforcé sa caractéristique fondamentale: être un état d’exception où la violence institutionnelle est appliquée sur toutes ses formes et à tous les travailleurs. Des organisations légales de soutien aux prisonniers sont réprimées comme les Comités d’Espagne du Secours Rouge International.

Ce pouvoir a établi de nombreux « traités anti-terroristes » (de façon privilégiée avec la France) et se transforme ainsi en un des principaux acteurs de la contre révolution en Europe.

La complicité de l’état français doit donc être dénoncée dans la mesure où les militants emprisonnes en France sont extradés ou expulsés vers l’Espagne. Dans la plupart des cas, ils sont à nouveaux jugés illégalement pour les mêmes faits et lourdement condamnés. En janvier 2006 douze militants subissent un procès politique à Paris en étant condamné en appel de 4 à 8 ans d’emprisonnement puis à la fin de leur peine ils sont systématiquement extradés vers l’Espagne. L’exemple de Chomon est emblématique : 8 ans de détention en France avant d’être brutalisé et expulsé par la police française vers Madrid ou il a été finalement relâché en février dernier. Autre exemple est le cas d’Antonio Lago Iglesias qui après 20 ans de prison en Espagne et 2 ans en France a de nouveau été arrêté en Italie en août dernier pour ensuite être relâché en novembre. La justice italienne a ainsi respecté une jurisprudence européenne interdisant l’extradition vers un pays de l’espace Schengen après qu’un autre pays du même espace est auparavant refusé.

En Italie, l’opération « Tramonto » a été déclenché le 12 février 2007 contre des militants politiques, syndicalistes, étudiants mais aussi contre des structures militantes comme des centres sociaux, le Centre Populaire Occupé de la Gramigna ou le bulletin des partisans communistes « Aurora ».

Des centaines de camarades mis sous enquête et surtout 15 arrêtés en Italie même et une à Zurich (relâchée depuis, cette militante ne peut plus déplacer en Europe). Parmi eux, quatre se sont déclarés pour la constitution du Parti Communiste Politico Militaire (PCpm). C’est une organisation partisane ayant pour but de porter le degré d’affrontement avec les forces capitalistes et impérialistes à un niveau dépassant le cadre des vaines luttes démocratiques et réformistes.

Une grande mobilisation de solidarité se déroule régulièrement à travers des rassemblements, meetings et concerts de soutien.

Certains ont été placés en résidence surveillée, d’autres subissent l’isolement total. Placés sous le régime de haute sécurité de niveau « Indice Elevé de Vigilance », l’article 41bis (le régime le plus dure) ne s’appliquant pas à eux. Néanmoins cela n’empêche pas que l’isolement de se superpose à ce régime.

Apres l’audience préliminaire du 12 décembre, le procès proprement dit a commencé à partir du 27 mars à Milan et s’étale en raison d’une audience par semaine jusqu’à fin juillet.

Une délégation de la Commission pour un Secours Rouge International a participé à la mobilisation pour cette première audience. Composés de suisses, belge, français, elle a pu apporter son soutien aux camarades enfermés dans une immense cage.

Malgré les multiples attaques de la contre révolution préventive, la solidarité internationaliste ne doit pas cesser contre l’impérialisme et le capitalisme.

Pour nous, cette solidarité est et doit être toujours dirigé vers les Prisonniers Politiques révolutionnaires, communistes, anarchistes et d’une lutte de libération nationale.

Seul un soutien persévérant peut faire progresser l’unité des révolutionnaires dans le soutien aux combattants.

mumiaabujamal.jpg Mumia Abu-Jamal

Chers camarades,
Vous trouverez ci-joint notre déclaration sur le cas de Mumia Abu-Jamal à votre réunion du
17 avril en défense des prisonniers politiques, revue pour publication. Une fois encore nous vous
remercions de nous avoir donné la possibilité d’intervenir pour mobiliser, notamment sur la base
des actions de front unique, dans votre meeting, pour avoir des manifestations les plus larges
possibles au niveau international pour libérer « la voix des sans-voix ».
* * *
Intervention de Myriam Benoît sur le cas de Mumia Abu-Jamal pour le Comité de défense
sociale dans le meeting du 17 avril à Paris, « Journée internationale de solidarité avec les
prisonniers politiques ».
Bonsoir et merci de nous avoir donné la possibilité d’intervenir dans votre réunion. Mumia
Abu-Jamal, journaliste noir américain, ex-militant des Black Panthers, partisan de MOVE, la « voix
des sans-voix », est dans le couloir de la mort depuis 26 ans suite à une machination politique
raciste. La récente décision du tribunal montre une nouvelle fois que les flics, l’accusation et les
tribunaux – avec le soutien des politiciens capitalistes, Démocrates comme Républicains – sont
déterminés à lyncher Mumia en toute légalité ou à l’enterrer en prison pour la vie. Nous ne devons
pas laisser cela arriver ! Libérez Mumia, maintenant ! Abolition de la peine de mort raciste !
Une montagne de preuves démontre l’innocence de Mumia. Cela inclut les aveux sous
serment d’Arnold Beverly que c’est lui, et non Mumia, qui a tiré sur l’agent Faulkner – aveux que
les tribunaux refusent de prendre en compte.
La lutte pour Mumia est aussi une lutte en défense de tous les travailleurs et les opprimés.
Nous appelons à des actions de front unique basées sur les mots d’ordre suivants : « Mumia Abu-
Jamal est innocent ! Libération immédiate de Mumia ! Abolition de la peine de mort raciste ! ». Le
front unique était la politique de l’Internationale communiste avant la dégénérescence stalinienne :
marcher séparément, frapper ensemble, c’est-à-dire lutter ensemble pour la libération de Mumia
tout en conservant la pleine liberté de critiquer les autres. C’est ainsi qu’on peut mobiliser les forces
les plus larges malgré les divergences et revitaliser le mouvement pour la libération de Mumia.
C’est sur cette base que nous sommes à l’initiative de mobilisations après-demain à Londres,
Oakland et Toronto, avec le soutien de nombreuses organisations syndicales et de défense, et des
personnalités, comme J.M. Rouillan, pour ne donner qu’un seul exemple.

Il n’y a pas de justice pour Mumia dans les tribunaux capitalistes aux USA, de même qu’il
n’y a pas de justice en France pour les opprimés tels que le prisonnier politique corse Yvan
Colonna, condamné sans preuves, les militants nationalistes basques, les jeunes des banlieues
condamnés à la chaîne en 2005, et suite à la méga rafle raciste de Villiers-le-Bel. Les tribunaux et la
police sont des composantes essentielles de l’appareil répressif de l’Etat capitaliste.
Le mouvement pour Mumia a été démobilisé par la propagande des réformistes du PCF, LO
et la LCR, disant qu’il vient d’avoir un succès dans les tribunaux bourgeois. Ce qu’il faut, ce n’est
pas attendre qu’il y ait un nouveau procès plus favorable comme le prônent ces réformistes, mais il
faut une mobilisation de masse centrée sur la classe ouvrière.

Il faut des actions ouvrières de lutte pour sa libération. Nous soutenons l’utilisation de toutes
les voies de recours juridique, mais nous n’avons aucune illusion dans le système des tribunaux
capitalistes. Ce sont des manifestations internationales, comprenant de manière centrale des
militants syndicaux, qui ont stoppé la main du bourreau en août 1995. Le mouvement ouvrier
multiracial doit être mobilisé indépendamment des forces de l’Etat capitaliste. C’est la classe
ouvrière qui a la puissance de stopper la production.
Les réformistes gèrent le capitalisme dans des coalitions avec des partis capitalistes dits de
« gauche », mais le racisme aux USA comme en France est inhérent au système capitaliste. Pour
l’éradiquer une fois pour toutes, il faut le renverser par une révolution socialiste.
Mumia est innocent ! Libérez-le maintenant ! A bas la peine de mort raciste ! Il n’y a pas
de justice dans les tribunaux capitalistes ! Mobilisez la puissance de la classe ouvrière – Pour des
mobilisations de masse !
Myriam Benoît,
Pour le CDDS (Comité de Défense sociale)

pdf dans Culture, Histoire, Ecologie, Société, Economie mumiaabujamaltract080419.pdf
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Déclaration de la Commission pour un Secours Rouge International

Nous voulons apporter notre contribution à la Journée Internationale de Solidarité aux Prisonniers Politiques du 17 avril 2008.

Nous souhaitons tout d’abord saluer l’ensemble des groupes présents à cette manifestation. Cela démontre qu’il est possible de s’entendre, ne serait-ce que le temps d’une initiative, lorsque les circonstances l’exigent et ce malgré nos différences.

Notre démarche de défendre et soutenir concrètement tous les prisonniers révolutionnaires communistes, anarchistes et d’une lutte de libération nationale à caractère progressiste.

Participants à un processus de construction d’un Secours Rouge International, des organisations de plusieurs pays européens ont tous en commun une volonté de s’unifier. C’est par une pratique commune que cette réalité d’intégration sera possible. Elle est indispensable dans le contexte actuel d’une offensive des forces contre révolutionnaires.

Prenant la forme de rencontres bisannuelles, nous pouvons ainsi connaître les pratiques militantes spécifiques, échanger des informations sur les luttes en cours et décrire les moyens répressifs utilisés par la contre révolution préventive. C’est une façon de travailler à la résolution de divers problèmes afin de renforcer le travail de solidarité.

C’est par des échanges constants et constructifs que nous parviendrons à une cohérence dans des actions internationales afin de montrer à l’ennemi de classe notre résolution à le combattre en soutenant des militants qui ont choisis d’affronter le capitalisme et l’impérialisme.

L’essentiel est de continuer et d’achever ce processus d’unification organisationnelle.

Les axes d’intervention de la Commission sont multiples :

  • En apportant des éclaircissements sur les buts et les moyens de la contre révolution préventive dans les centres impérialistes.
  • En détaillant les conditions d’emprisonnement et d’isolement des militants à des travers des textes et des témoignages.
  • En organisant ou participant à des Journées Internationales de solidarité comme le 21 octobre 2006 pour Georges Ibrahim Abdallah et les 9 mars et 12 décembre 2007 pour les arrêtés du 12 février 2007 en Italie.

Cette dernière campagne est particulièrement importante pour nous. Outre la spécificité transnationale de cette répression, la bourgeoisie s’est attaquée à des militants communistes engagés dans la construction d’un Parti Communiste politico-militaire.

Une délégation de la Commission a participé au rassemblement du 27 mars 2008 à Milan à l’occasion de l’ouverture de leur procès.

Des initiatives ont été organisées dans d’autres pays et notamment un rassemblement à Lille. Une réunion d’information est prévue à Bruxelles ce 19 avril afin d’évoquer la Résistance et la Répression en Italie.

La signification de cette attaque contre le mouvement révolutionnaire est doublement emblématique puisqu’il s’agit pour les agents de l’impérialisme d’anéantir toute tentative d’offensive contre les institutions des centres impérialistes et aussi empêcher par tous les moyens le renouvellement militant dans des organisations de lutte.

Depuis le 11 septembre 2001, la coordination répressive européenne s’est considérablement renforcée à travers à un arsenal juridique adapté tels que des lois spéciales facilitant par exemple l’extradition, la mise en place d’un mandat d’arrêt européen ou de rencontre judicaire transfrontalière sous forme de conférence dite d’« Eurojustice ».

Sous couvert d’anti terrorisme, aucun militant ne doit échapper à la répression et la collaboration entre Etats de l’espace Schengen. Nous pouvons ainsi donner quelques exemples :

En Allemagne l’article 129 a été développé afin d’être plus performant dans la persécution politique :

Cette disposions législative avait pour origine la lutte contre les organisations criminelle, mais en 1976, l’alinéa A s’est pour le combat contre les groupes armées alors que le nouvel aliéna B se concentre sur les militants d’organisations interdites en Union Européenne et dans le pays du ressortissant visé, comme c’est les cas des camarades turcs.

En Italie, l’arsenal sécuritaire est couronné par l’article 41bis qui impose des conditions très dures aux révolutionnaires emprisonnés.

Ce rapide survol souligne la volonté sans limite de renforcer, d’attaquer et de détruire des mouvements de lutte révolutionnaire et des structures apportant un soutien aux prisonniers politiques.

Cette criminalisation rampante de l’activité révolutionnaire ne doit nullement impliquer une posture défensive dans l’expression d’une solidarité mais une offensive réfléchie et concertée en faveur des prisonniers de guerre de classe.

Le projet de construction d’un Secours Rouge International atteste d’une résolution irrémédiable de bâtir une organisation servant à impulser et qualifier des mobilisations et centraliser des informations sur les prisonniers politiques.

Camarades, par ce message, la Commission pour un Secours Rouge International s’inscrit pleinement dans ces rassemblements unitaires indispensables face aux agressions capitalistes et impérialistes.

 

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PALESTINE

1948-2008 – 60 ans de résistance contre Israël

Jusqu’au retour de tous les réfugiés

Le 29 novembre 1947, l’ONU partage la terre de Palestine sans consulter ses habitants pour la livrer aux colons sionistes installés massivement avec le soutien actif de l’occupation britannique à partir de 1917.

Le 14 mai 1948, ces mêmes colons déclarent la création de l’Etat colonial – Israël. Entre le plan de partage (novembre 1947) et le 14 mai 1948, plus de 900.000 Palestiniens (chiffre UNWRA) qui vivaient sur et de leur terre depuis des millénaires sont déplacés, expulsés et dispersés à travers le monde. Une société entière est ainsi déracinée. 531 villages et 300 hameaux sont détruits pour empêcher tout retour.

L’entité sioniste a poursuivi son projet colonial en occupant le 5 juin 1967 les autres parties de la Palestine (Cisjordanie, Gaza) ainsi que le Golan syrien et le Sinaï égyptien. Depuis, Israël continue son plan de colonisation de la Palestine historique par l’expulsion des Palestiniens, à travers la construction du mur et de nouvelles colonies sur les terres occupées en 1948 et en 1967.

Face à cette occupation et à cette colonisation, le peuple palestinien a développé une résistance opiniâtre depuis les années 1920, 1930 jusque dans les années 1960, 1970, 1990 et 2000. Aujourd’hui, les 10 millions de Palestiniens (Palestine historique, Liban, Jordanie, Syrie, et ailleurs dans le monde), dont 6,5 millions de réfugiés, continuent de résister, de revendiquer leurs droits nationaux et historiques sur leur terre, la Palestine, en se dotant d’organisations et de moyens de lutte multiples.

Hier comme aujourd’hui les impérialistes américains, britanniques, français et les régimes réactionnaires de la région dont l’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Jordanie et la Turquie, s’emploient à la destruction de la cause palestinienne et de sa résistance en attisant des conflits internes avec l’aide de collaborateurs palestiniens. Si aujourd’hui la résistance palestinienne est affaiblie, elle se renforcera comme elle l’a fait après septembre noir (1970), après l’invasion du Liban (1982) et les deux Intifadas (1987 et 2000) puisque les raisons de son combat demeurent.

Pour notre part, nous continuerons à soutenir la résistance palestinienne, comme nous soutenons la résistance libanaise, contre tous les pseudo « plans de paix » à l’œuvre depuis les années 60 en passant par Oslo et Annapolis.

  • Nous refusons la criminalisation de la résistance légitime au projet colonial sioniste.

  • Nous exigeons en conséquence la libération immédiate des 11.000 prisonniers palestiniens et arabes.

  • Nous refusons la criminalisation du mouvement de solidarité et de ses militants.

  • Nous dénonçons l’acharnement judiciaire exercé contre George Ibrahim Abdallah, combattant libanais antisioniste incarcéré en France depuis 1984, libérable depuis 1999 mais toujours en prison, dont nous exigeons la libération immédiate.

  • Nous dénonçons la multiplication des collaborations économiques, scientifiques, militaires, culturelles entre les impérialistes américains, français, britanniques et l’Etat d’Israël.

  • Nous dénonçons le mouvement de « normalisation » des relations avec un Etat terroriste, édifié sur le principe de la pureté ethnique (Etat à caractère juif exclusif) ; normalisation justifiée au nom de la soi-disant « sécurité » de la région et du progrès de la démocratie.

Hier comme aujourd’hui, nous soutenons la cause palestinienne symbole de la lutte des peuples pour leur souveraineté et leur autodétermination contre l’impérialisme et ses alliés. Cette cause participe à la lutte contre toutes les occupations en Irak, en Afghanistan et ailleurs ainsi qu’à l’émancipation des peuples opprimés en Amérique, en Afrique, en Asie, et pour l’égalité des droits fondamentaux sans discrimination entre Français et émigrés.

Nous avons donc décidé de lancer une campagne de soutien à la résistance du peuple palestinien jusqu’au retour de tous les réfugiés expulsés depuis 1948 dans leurs foyers et leurs terres d’origine (la Palestine historique). Nous avons décidé de lutter contre la propagande israélienne relayée par les médias et le monde politique qui entretiennent l’image fallacieuse d’Israël : petit Etat pacifique « victime du terrorisme palestinien, islamiste et arabe ».

Cette campagne se déroulera tout au long de l’année 2008 et comportera divers évènements politiques et culturels (meetings, expositions, rencontres, etc.). Nous nous joignons également à la campagne internationale pour le boycott, le désinvestissement et l’application de sanctions au niveau mondial contre Israël.

L’année 2008 doit par conséquent constituer un moment de mobilisation massive pour :

  1. Soutenir la résistance du peuple palestinien jusqu’à la libération de l’ensemble de la Palestine, le droit au retour dans leurs foyers d’origine de tous les expulsés depuis 1948 et l’abolition du système colonial et raciste qu’est Israël.

  2. S’opposer à la collaboration du gouvernement français avec l’Etat colonial d’Israël à tous les niveaux.

9 décembre 2007

Campagne60palestine@yahoo.fr

Signataires de l’appel de la Campagne Palestine, 1948 – 2008, 60 ans de résistance : Association des Palestiniens en France, Comité palestinien pour le droit au retour section France, Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, Nanterre Palestine, ISM France, Mouvement justice pour la Palestine, Joie des Enfants des Camps, Niort-pour-la-Palestine, Abnah Philistine, Contre-Informations, Groupe CRI, Ijtihad, Comité Saint-ouen Solidarité Palestine

the International Solidarity Movement

ADDAMEER – Prisoners’ Support and Human Rights Association

17 avril la journée du prisonnier palestinien
Ziad Medoukh

- Cet article est un hommage à tous nos détenus et prisonniers Palestiniens toujours en prisons israéliennes malgré tous les accords de paix.

Alors que tout le monde réclame la libération du soldat israélien Shalit enlevé et détenu par des groupes militaires palestiniens depuis 10 mois,personne s’intéresse au sort de milliers de prisonniers palestiniens détenus depuis plus de 25 ans dans les prisons et centres de détentions israéliennes.

Nous, les Palestiniens, nous souffrons de l’injustice, car nous sommes un peuple qui lutte pour sa liberté et pour son indépendance;malgré toutes les mesures de l’occupation contre notre peuple et en particulier contre nos prisonniers qui continuent leur résistance dans leurs prisons.

Aujourd’hui, nous rendons un grand hommage à nos prisonniers à l’occasion de la journée du prisonnier célébrée le 17 avril de chaque année.

Depuis 1975, les Palestiniens célèbrent la journée du prisonnier palestinien qui correspond au 17 avril de chaque année à travers des manifestations et des regroupements partout en Palestine et à l’extérieur en solidarité avec tous les prisonniers qui sont arrêtés par l’armée israélienne car ils ont dit non à l’occupation israélienne de nos Territoires palestiniens, car ils refusent la domination militaire sur notre peuple, car ils veulent vivre libres sur leur terre palestinienne. Et surtout parce qu’ils ont choisi de résister contre toutes les formes de l’occupation israélienne.

Cette année 2007, nous célébrons cette occasion triste et heureuse en même temps dans une conjoncture particulière triste car nous rendons hommage à plus de 10.000 prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes dans des conditions inhumaines, et heureuse parce que tout le peuple palestinien est fier de ses prisonniers qui représentent une période honorable de la lutte palestinienne contre l’occupation israélienne.

Cette année 2007 est marquée par le nombre imaginaire de Palestiniens prisonniers, détenus et arrêtés par la force de l’occupation israélienne, plus de 15.000 personnes de tous les âges et de tous les partis politiques, parmi eux plus de 10.000 sont toujours dans des prisons et de centres de détenus israéliens.

Cette année 2007est marquée par le refus israélien de libérer nos prisonniers détenus dans les prisons israéliennes malgré la période d’accalmie et malgré les promesses israéliennes dans les conférences et rencontres internationales de libérer des prisonniers palestiniens en échange du soldat israélien.

Et en cette année, nos prisonniers vont célébrer leur journée par une grève de la faim comme un signe de protestation contre les conditions inhumaines dont lesquelles se trouvent ces détenus.

Les Palestiniens prisonniers ont été arrêtés illégalement et cela selon les conventions internationales qui appellent à une protection des civils pendant les périodes de guerre, or la majorité des arrêtés palestiniens ont rien à voir avec les partis politiques et les fractions militaires, ils se sont arrêtés dans le cadre de la politique de punition collective prise contre notre peuple par un gouvernement et une armée qui ne veulent pas la paix.

Dans cette journée de solidarité avec les prisonniers palestiniens, il faut rappeler les constats suivants :

- Que le nombre de prisonniers palestiniens actuellement dans des prisons israéliennes dépasse 10.000 personnes.

- Que depuis le début de la deuxième Intifada palestinienne en septembre 2000,plus de 18000 palestiniens ont été arrêtés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza par les occupants israéliens.

- Parmi les prisonniers palestiniens, il y a 28 femmes, 320 enfants moins de 18 ans, et 75 personnes qui ont plus de 55 ans.

- Depuis septembre 2000 ,37 prisonniers palestiniens ont trouvé la mort dans les prisons israéliennes.

- Depuis septembre 2000, l’armée israélienne a ouvert plus de 34 centres de détentions illégales en Cisjordanie pour faire face au nombre très important de prisonniers et de détenus palestiniens, la plupart de ces centres de détention de trouvent souvent dans des colonies.

-Que la politique israélienne d’arrestation des Palestiniens surtout en Cisjordanie se poursuit malgré tous les accords signés et malgré la trêve respectée par les fractions palestiniennes.

- Parmi les prisonniers, il y a plus de 25 membres du Conseil législatif palestinien et ministres dont le président du Conseil Dr.Aziz Dwik , et les chefs Marwan Barghouti et Ahmad Saadate et les députés Hussam Khader, Mohamed Jaabri;et des autres , sans oublier des dizaines de responsables de plusieurs partis politiques palestiniens.

- Que les conditions de détentions pour tous les prisonniers palestiniens y compris les personnages politiques sont inhumaines (cellules individuelles, pas de visites, pas de soins médical, regroupement de plus de 30 personnes dans une seule tente, frappes, coups, pression psychologique, interdiction d’avoir un avocat).

En général, nos prisonniers sont en train de vivre une situation humanitaire catastrophique, et ces chiffres font parti de toute une situation vécue par des prisonniers résistants.

A cette occasion, nous rendons un grand hommage à tous les prisonniers palestiniens dans tous les centres de détention, les prisons et les centres d’arrestation israéliens, et nous leur adressons un message de soutien et de solidarité pas seulement de notre peuple mais de tous les peuples qui luttent pour la paix et le respect de la vie humaine, nous leur disons que l’aube de la liberté s’approche, et malgré les longues nuits de l’occupation et de l’obscurité, le soleil de leur liberté viendra un jour.

Et un dernier appel à toutes les organisations internationales, surtout les humanitaires:il faut dénoncer cette politique agressive israélienne contre nos prisonniers, mais il faut réagir rapidement pour sauver la vie de milliers de prisonniers palestiniens.Et réclamer leur libération immédiate.

Jose Mari Sagardui / Prisonnier politique (26 ans en détention)

Nous sommes en 2007, et des prisonniers politiques continuent d’exister dans le monde. Palestine, Pays basque, Colombie, la Forteresse européenne, États-Unis, les prisonniers maintenus illégalement à Guantánamo-Cuba, partie de Cuba non restituée, etc. Les prisonniers politiques continuent de nous montrer depuis leurs prisons le chemin de la lutte et de l’engagement, chemin qu’ils avaient pris auparavant pour combattre l’oppression, l’injustice…

Des conflits sociaux, politiques, des nations opprimées, la logique dominante de l’argent et de l’accumulation, la spéculation, l’asservissement, la destruction, se trouvent à l’origine du combat de millions d’êtres humains à travers tout le monde. Combattre pour un monde où la logique du capitalisme ne soit pas celle qui dirige la société. Combattre pour un monde où la diversité de milliers de peuples qui le forment puisse subsister.

Ce 17 avril 2007, nous voulons surtout parler de l’Europe. Une Europe qui continue à avoir des prisonniers politiques, spécialement la France et l’Espagne, où des centaines de prisonniers et prisonnières politiques basques sont dispersés sur tous les territoires de ces deux États. Mais il y a aussi des camarades communistes, des corses, des galiciens, des catalans et des bretons. En Italie la persécution des mouvements d’opposition augmente et les mouvements indépendantistes en Sardaigne sont réprimés. En Allemagne des débats sont intervenus sur la possibilité d’élargir encore plus les peines des prisonniers politiques. Et dans tous les pays de l’Europe de l’Ouest, des syndicalistes, des travailleurs qui luttent contre l’Europe du capital, vont en prison.

La prison de Bermash, les prisons d’isolement en France, en Espagne, en Belgique et en Allemagne, nous montrent le prix si élevé que les États veulent faire payer à ceux et celles qui les combattent.

Nous voulons parler aussi des cinq prisonniers de l’Empire, qui se trouvent en prison pour combattre le terrorisme que les États-Unis exercent contre Cuba ; des prisonniers portoricains, de Leonard Peltier et Mummia Abbu Jamal ; de Simón Trinité et Sonia, prisonniers colombiens aux États-Unis ; des prisonniers politiques péruviens, des mapuches, des colombiens prisonniers par le gouvernement génocidaire d’Alvaro Uribe ; des prisonniers politiques palestiniens qui se trouvent en première ligne dans la lutte contre le pillage sioniste et impérialiste dans les pays du Moyen-Orient ; du courageux peuple iraquien qui continue à combattre contre la brutale agression impérialiste. Des prisonniers turcs qui continuent à combattre contre les modules d’isolement.

Mais il en a toujours été ainsi. La lutte a eu, toujours, son prix à payer, prix que tous les camarades qui luttent et combattent partout dans le monde pour changer ce monde capitaliste et le détruire pour un autre meilleur, sont disposés à payer.

Pour tout cela, nous voulons que ce 17 avril 2007 soit une journée pour revendiquer le statut de prisonnier politique pour tous ces camarades qui aujourd’hui se trouvent en prison en train d’accomplir une peine imposée par les juges serviteurs du capital, par les juges médaillés… Et pour réclamer, également, des conditions démocratiques pour les peuples en lutte, des conditions pour que ceux qui n’ont rien, pour que les opprimés puissent avoir des instruments de lutte similaires à ceux dont disposent les oppresseurs.

Nous vous encourageons à lancer des appels pour des rassemblements, des manifestations et pour tout autre acte revendicatif autour de cette journée, qui doit être une journée de lutte, une lutte qui a ses bases dans la lutte locale, mais qui pour cette journée-là, devrait faire référence à la lutte des autres peuples, parce que nous ne combattons pas tous seuls : d’autres peuples nous accompagnent dans leur lutte.

Une forte accolade à tous ces hommes et à toutes ces femmes, qui vivent entre quatre murs, entre des murs faits de barbelés. Une forte accolade solidaire et tout notre engagement pour continuer notre lutte et pour vous soutenir dans la votre.

VIVE LES PRISONNIERS ET PRISONNIÈRES POLITIQUES DU MONDE !

GORA MUNDUKO PRESO POLITIKOAK !

15 mars 2007

MOUVEMENT POUR L’AMNISTIE DU PAYS BASQUE

 

 

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DONOSTIA 2004

 

 

La Conférence Internationale de Solidarité organisée par le Mouvement Pro Amnistie d’Euskal Herria, et célébrée quatre jours durant à Donostia, a adopté les résolutions suivantes:

Préambule

Les prisonniers et prisonnières politiques s’adaptent en permanence, et du fait d’une dynamique propre, aux aléas de la répression qu’ils subissent depuis qu’ils sont tombés aux mains de l’ennemi.

Avant l’exposé des résolutions, il nous semble important d’analyser le contexte, la situation sociopolitique actuelle étant plus que jamais liée à la “globalisation”. C’est en son nom que se déploie actuellement une violente offensive des forces politico-économiques de la répression, offensive qui détermine totalement la nature, la situation et les perspectives des prisonniers et prisonnières politiques du monde.


Contexte

La décision que prend un militant de combattre est le produit de la violence subie par sa personne, son entourage et son peuple. L’affrontement n’est pas provoqué par des initiatives individuelles de militants, mais survient du fait des déséquilibres qu’une force violente a créé dans leur personne.


En dernier ressort, le projet des Etats-Nations à l’égard du peuple est son assimilation, voire dans certains cas sa destruction physique. Pour y parvenir, l’aliénation du citoyen est une condition sine qua non. En ce XXIe siècle, le sens et la fonctionnalité de la guerre sont dictés par la “globalisation”. Ainsi, le système de “pensée unique” est essentiel à l’aliénation des sujets dans une perspective de globalisation/assimilation. Cependant, quand il ne suffit pas à assurer l’assimilation, recours est fait à l’imposition et à la violence.


En reconnaissant la légitimité de telle ou telle lutte et en niant celle de telle ou telle autre, les Etats-Nations se conduisent en gendarmes planétaires. Les événements du 11 septembre à New York et du 11 mars à Madrid constituent cependant un point d’inflexion, à partir duquel la stratégie des Etats-Nations dite “de lutte contre le terrorisme”, qui était déjà en place auparavant, est devenue plus violente que jamais, du fait d’une vaste poussée répressive.


A l’origine de la situation des prisonniers et prisonnières, réfugiés et autres persécutés politiques, on trouve un choix, une décision politique, l’échec des mécanismes d’assimilation idéologique et l’activation des mécanismes punitifs du système.


Il indispensable de prendre connaissance du témoignage direct des persécuté(e)s politiques, car la leçon qu’on peut tirer de leurs propres expériences nous en dit long sur la raison d’être des conflits. Car en fin de comptes, ce sont eux les narrateurs primordiaux de la chronique de la répression.

Ce ne sont pas des symptomes renvoyant à des pathologies sociales. Bien au contraire, ce sont les mécanismes répressifs du système qui nient, par la force ou plus subtilement, le libre-arbitre des opprimés. Concrètement, ils violent le droit à la pluralité culturelle, mettant en oeuvre un arsenal de violences graduées, banalisant même l’emploi de la violence dans certains cas.


C’est donc le droit à la résistance qui légitime la réaction des opprimés, même quand cette réaction prend une forme violente. On ne peut pas comprendre la violence défensive du point de vue des limites juridiques imposées par les Etats-Nations eux-mêmes. Par conséquent, l’emploi de la violence au service de la libération ne porte pas atteinte aux droits de l’homme. La matrice des souffrances, ce sont les injustices qui restent au centre des conflits, et c’est le système qui assure leur perpétuation.


Faire respecter tous les droits, y compris le droit à la vie, ce sera la tâche de ceux et celles qui luttent pour la liberté. En fin de compte, la défense du droit à la vie, et de tous les droits de l’homme, si elle revendique un caractère démocratique, devra prendre en compte les nécessités des personnes et des communautés.

Par conséquent, nous déclarons que:

-1. La condition des prisonniers et prisonnières politiques est intimement liée au conflit et au processus de lutte dont ils et elles sont issus. Leur existence est la conséquence d’un engagement dans les processus de lutte et de la répression organisée par les systèmes qu’ils combattent. Leur caractère politique est donc indéniable, quel que soit le point de vue adopté.

-2. La prison est un espace de lutte. Les prisonniers et prisonnières politiques s’y organisent sous la forme d’un collectif doté d’une identité propre. La constitution d’un collectif est indispensable à la survie des prisonniers et prisonnières politiques. Ce collectif est aussi un outil de participation aux processus sociaux et politiques dont sont issus les prisonniers et prisonnières politiques, c’est à dire un canal d’action politique.

-3. La participation des prisonniers et prisonnières politiques aux transformations sociales et politiques, aux processus de lutte et de dépassement des conflits est indispensable. Elle garantit le succès durable desdits processus.

-4. Dans la mesure où les prisonniers et prisonnières politiques sont issus de conflits engendrés par les Etats-Nations, ces derniers ne reconnaissent pas leur existence. Ils font même tout leur possible pour la nier. La législation “antiterroriste” et la politique pénitentière sont des instruments au service de cette dénégation.

-5. Cependant, tout en niant le caractère politique des prisonniers et prisonnières, on leur applique un traitement spécial qui ne fait que souligner leur origine politique. Quoi qu’il en soit, l’objectif de la politique pénitentière est bien d’annihiler le potentiel symbolique des prisonniers et prisonnières politiques.

-6. L’alliance des Etats-Nations impérialistes nie violemment la nature des prisonniers et prisonnières politiques et leur droit à participer au processus politique, au nom de la “lutte contre le terrorisme”, tout en cherchant à se donner une image de fervents défenseurs des droits de l’homme.

-7. Les états-nations imposent aux prisonniers et prisonnières politiques une condition d’otages, appelée à se perpétuer tant que le conflit existe dans de paramètres d’affrontement violent. Son objectif est le suivant: que le prisonnier et son entourage souffre et à travers cela conditionner et si c’est possible neutraliser la lutte que le peuple est en train de mener à terme.

-8. La libération des prisonniers et prisonnières et le retour des réfugiés politiques peut contribuer à une évolution des conflit vers des formes de lutte sans violence, à condition qu’on prenne en compte les racines du problème pour esquisser de réelles solutions. Le dépassement des problèmes générateurs du conflit impliquerait la possibilité d’une amnistie totale. De même, les citoyennes et citoyens persécutés dans le cadre du conflit n’auraient plus de raison de s’exposer à nouveau aux mêmes déboires.

-9. La solidarité à l’égard des prisonniers et prisonnières politiques ne doit pas ignorer leur caractère politique. Elle doit se structurer en termes politiques. Sans renoncer à l’humanitaire, la solidarité doit rester centrée sur l’action politique.

-10. Nous tous, participantes et participants à cette Conférence, nous nous engageons à diffuser cette déclaration auprès de nos peuples respectifs. De plus, nous promettons de poursuivre le travail entrepris et de nous joindre à la dynamique qu’il a fait apparaître.

Euskal Herria, 23 mai 2004

 

ATTAQUES CONTRE LES DROITS POLITIQUES AU PAYS BASQUE

Face aux interdictions et à la mise hors la loi d’organisations et de mouvements sociaux et politiques depuis 1998, nous décidons ce qui suit :

- Nous dénonçons fermement les coups de filet et les incarcérations de citoyens basques réalisés par l’Espagne, avec l’aide de la France, dans le macro dossier connu sous le nom de « dossier 18/98″. Sous le prétexte de la lutte contre le « terrorisme », des organisations et associations ont été mises hors la loi et leurs militants poursuivis et criminalisés. Nous dénonçons fermement cette attaque inadmissible contre les droits politiques, et exprimons notre totale solidarité avec ces organisations et avec leurs militants.

- Nous voulons dénoncer, spécialement, la persécution menée contre le mouvement de lutte contre la répression, le but étant de garantir l’impunité des États, en faisant taire les dénonciations et les témoignages sur la répression.

 

    1. Pays Basque, Herritarren Zerrenda déclarée illégale

Devant la mise hors la loi de la Plate-forme électorale Herritarren Zerrenda, plate-forme populaire présentée aux élections européennes du 13 juin 2004

nous prenons les RÉSOLUTIONS SUIVANTES :

1. – Réaffirmer le droit de tous les secteurs sociaux à prendre part à la vie politique et à pouvoir défendre leur option politique avec égalité de conditions et sans aucune ingérence exterieure, comme expression maximale du droit à la liberté d’expression, d’association et de participation politique exprimé dans la législation internationale.

2. – Condamner toute tentative de limiter ces droits en exposant une partie de la population à l’apartheid politique, minant ainsi les piliers de la démocratie.

3. – Montrer notre préoccupation que de telles activités antidémocratiques puissent se produire dans le cadre des élections européennes.

4. – Manifester notre totale solidarité avec ceux qui peuvent voir leur droit à la participation politique attaqué.

5. – Réclamer aux instances européennes la prise de mesures pour éviter une telle restriction de droits et pour garantir la participation de la plate-forme électorale Herritarren Zerrenda aux élections du 13 juin.

SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIÈRES ET LES PRISONNIERS POLITIQUES : PRISONNIERS BASQUES AU PAYS BASQUE !

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700 prisonnières et prisonniers politiques basques se trouvent éloignés et dispersés en Espagne et en France. Non seulement nous dénonçons la dispersion et l’isolement des prisonniers basques, mais de plus nous exigeons qu’ils soient transférés au Pays Basque MAINTENANT, TOUT DE SUITE.

 

      1. RESOLUTION SUR LA PALESTINE
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Face à la situation extrêmement grave que vit le peuple palestinien dans la Palestine occupée, caractérisée par une agression sans précédent de l’armée d’occupation israélienne,

Nous, représentants de dizaines d’associations de défense des prisonnières et prisonniers politiques réunis au Pays Basque déclarons :

- Notre totale condamnation des actions illégales commises par des troupes israéliennes contre le peuple palestinien, aussi bien les bombardements non-discriminés qui entraînent la mort de dizaines de civils palestiniens, que la destruction de centaines de maisons appartenant aux familles palestiniennes ou que la détention de milliers de palestiniens.

- Notre totale solidarité avec la légitime résistance du peuple palestinien face à l’occupation militaire israélienne.

- Notre totale solidarité avec les milliers de prisonnières et prisonniers palestiniens qui mènent une lutte légitime face à un système pénitentiaire caractérisé par le non-respect des législations internationales relatives aux prisonniers politiques et aux peuples occupés.

Non « à la Liste noire d’organisations terroristes »

Pour la liberté d’expression

Suivant l’offensive militariste et colonialiste des États-Unis, l’Union européenne a approuvé une liste noire d’organisations de libération – parmi elles, toutes les forces palestiniennes de l’Intifada, celles de la révolte colombienne et les organisations politiques et populaires de libération nationale basque – à poursuivre et exterminer.

Sur la base de cette Liste, le 1er avril s’est déroulée une opération policière au niveau européen. Plusieurs militants de l’organisation turque « Front/Parti Révolutionnaire de Libération Populaire (Dhkp-c) » et trois dirigeants du Campo Antiimperialista ont été arrêtés, accusés d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Ce coup répressif était une claire vengeance contre les actions de soutien à la résistance irakienne que ces organisations ont menées contre l’occupation illégale anglo-américaine

C’est une escalade préoccupante de la politique antidémocratique en Europe qui tend à limiter les espaces de libre expression et de solidarité internationaliste avec les peuples et les organisations qui combattent pour leur liberté, contre l’occupation et contre la misère imposée par la globalisation impérialiste.

Par conséquent, toutes les organisations et tous les mouvements démocratiques et anti-impérialistes doivent se coordonner dans la lutte pour les droits démocratiques tels que le droit à l’autodétermination, le droit à se défendre contre une occupation étrangère avec toutes les formes de lutte nécessaires et le droit à la liberté d’expression et d’organisation. En ce sens, nous lançons une invitation à une conférence européenne qui aura lieu le samedi 12 juin à Florence, en Italie, pour protester et pour montrer notre opposition aux tendances croissantes dans l’Union européenne à une politique totalitaire qui viole les droits démocratiques fondamentaux des peuples et des citoyens.

Campo Antiimperialista

Donostia, 22 mai 2004
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Solidarité avec la dirigeante paysanne arrêtée Luz Perlz Córdoba

Nous exprimons notre solidarité avec la dirigeante paysanne Luz Perlz Córdoba, responsable des droits humains de la Fédération Nationale Syndicale Unitaire d’Agriculteurs (FENSUAGRO) et secrétaire de l’Association Paysanne d’Arauca (ACA) arrêtée, le 18 février 2004, dans une opération policière, et accusée de rébellion et de subversion.

Nous exigeons la libération immédiate de cette camarade et de tous les prisonniers et de toutes les prisonnières politiques, victimes de cette attaque répressive contre les organisations populaires colombiennes, répression à l’origine de la nouvelle loi antiterroriste et de la politique dictatoriale de la « sécurité démocratique » du gouvernement d’Uribe Vélez.

GALICE

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Soutien aux prisonnières et prisonniers indépendantistes galiciens qui se trouvent dans différentes prisons et sous des régimes pénitentiaires différents.

Nous revendiquons leur liberté immédiate.

KURDISTAN

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Le peuple kurde, tout au long de son histoire, a été confronté à une politique de génocide, de répression et de négation de son identité en tant que peuple, mise au point par les différents pays dans lesquels il a été partagé.

La lutte pour ses droits, a donné lieu à une forte répression, spécialement en Turquie, pays qui mène contre le peuple kurde une guerre ouverte qui a provoqué des milliers de morts, de disparus et de prisonniers politiques.

En Turquie il y a plus de 10.000 prisonniers politiques, dont Leyla Zane et Abdullah Ochalan.

 

Nous attirons l’attention sur la lutte du peuple kurde et nous exprimons notre solidarité avec leurs prisonniers politiques.

Résolution sur le Peuple de Puerto Rico

Nous demandons que le gouvernement des États-Unis d’Amérique donne la liberté immédiate et inconditionnelle à tous les prisonnières et prisonniers politiques portoricains.

    1. ITALIE

Nous voulons attirer l’attention sur la situation en Italie, qui comme d’autres pays en Europe a vécu et vit un conflit politique de lutte de classes.

Il y a, actuellement, environ 60 prisonniers politiques, mais officiellement on leur refuse ce caractère de prisonniers politiques. Tous ces prisonniers politiques se trouvent isolés dans des prisons spéciales et leur situation s’aggrave puisqu’un article récemment appliqué aux prisonniers politiques génère un régime d’isolement beaucoup plus restrictif. Son but est de maintenir ces prisonniers hors du contexte des luttes sociales, en leur interdisant la possibilité de se voir reconnus et impliqués dans ces luttes.

En ce sens, il est indispensable que la lutte sociale, la solidarité internationale contre la guerre assument la tâche de construire et fortifier la solidarité avec les prisonniers, en les intégrant dans ces luttes.

De plus, l’organisation d’une opposition aux lois antiterroristes est fondamentale. Ces lois, avec la création d’un nouveau paragraphe qui pénalise le fait d’être « militant dans une association subversive aux fins de terrorisme », ont été récemment mises en oeuvre pour affronter et prévoir ces luttes sociales. Tout ceci est la concrétisation , dans les lois italiennes, de l’esprit qu’entraînent « les listes noires du terrorisme ».

GUERRE

CONTRE LES AGRESSIONS ET L’OCCUPATION IMPÉRIALISTES,

POUR l’AUTODÉTERMINATION ET LA SOUVERAINETÉ DES PEUPLES

Nous dénonçons les agressions impérialistes contre les peuples, et notamment, par leur actualité et leur brutalité celles dont souffrent les peuples de l’Iraq, de la Palestine et de la Tchétchénie

Nous voulons signaler plus spécialement :

  • Que les réalités que nous dénonçons ici démontrent que la torture, la prison, la violation de droits individuels et collectifs… sont inhérentes à la logique impérialiste et à sa pratique.

  • Que c’est la défense du droit à l’autodétermination et à la souveraineté des peuples qui constitue le contenu du mot d’ordre « NON à la GUERRE », que nous revendiquons ici

Donostia, le 23 mai 2004

CÉLEBRATION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DES PRISONNIERS POLITIQUES DU MONDE

PROMOUVOIR LA JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS HUMAINS ET EN DETERMINER LE CONTENU

DONNER SUITE À CETTE CONFÉRENCE. PROMOUVOIR LA COORDINATION ET LE TRAVAIL COLLECTIF POUR FAIRE CONNAÎTRE LA SITUATION ET LES REVENDICATIONS DES PRISONNIERS POLITIQUES VERS LEUR LIBERTÉ. POUR CELA EST DÉCIDEE LA MISE EN ROUTE D’UNE PAGE WEB.

IL A ETE DÉCIDE QUE CETTE CONFÉRENCE AURAIT UNE SUITE.

 

 

 

 

 

 

 

 


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