Rapport Etxerat 2007 _ Nous les voulons en vie et à la maison _ Il faut faire plus

16 04 2008

 

etxera.jpg etxerat.gif

Nous les voulons en vie et à la maison – Les queremos vivos y en casa _ Il faut faire plus
etxeratconf.jpg

Nos proches, les prisonniers politiques basques, ne reviendront à la maison que pour mourir. C’est ce qu’ont dit les États espagnol et français : tant qu’ils ne se repentiront pas de leurs idées et de leurs vies, ils resteront en prison. Les deux États utilisent la souffrance des familes comme moyen de pression, ils refusent d’accorder la liberté conditionnelle aux prisonniers gravement malades ou à ceux qui ont accompli intégralement leur peine. Nos proches, les prisonniers politiques basques, ont des conditions de vie très dures, dispersion et isolement continuent à leur être appliqués, provoquant de graves maladies physiques et psychiques et faisant empirer l’état des prisonniers déjà malades. Ces mesures d’incarcération d’exception poussent des membres de nos familles au suicide.

Nos proches, exilés politiques basques sont également dans le collimateur. La mort, en 2007, de Sabino Euba, après 27 ans d’exil, a clairement montré la souffrance de centaines d’exilés politiques basques. Mais cela montre aussi la détermination et la sincérité de leurs idées, de leurs vies. C’est pour cela qu’on veut les enfermer en prison. L’État espagnol veut qu’ils soient extradés vers l’État espagnol, indépendamment du pays où ils se trouvent, de façon à aggraver la souffrance des familles. Il veut que la répression contre les militants basques se généralise dans le monde. Cela signifie que le nombre de militants basques en prison et qui subissent la politique pénitentiaire des deux États a augmenté. Comme conséquence de cette politique, à la fin de 2007, on peut comptabiliser plus de 700 prisonniers politiques basques dans les deux États.

Cela implique que le nombre des familles qui doivent supporter la politique pénitentiaire des États français et espagnol a augmenté. En réalité, les États espagnol et français ont mis un prix à l’amour que nous portons à ceux de nos proches qui se trouvent dans les prisons espagnoles et françaises. Enfants, jeunes, vieux, hommes, femmes, nous tous, nous sommes obligés de parcourir des centaines et des centaines de kilomètres toutes les semaines pour rendre visite à ceux de nos proches qui sont en prison. Les États, en nous obligeant à faire tous ces longs voyages, nous poussent à avoir des accidents de la route, à mourir sur les routes. À souffrir de graves lésions et à devoir faire face à d’énormes dépenses. Si nous ne pouvons pas faire face, on nous oblige à mourir sans pouvoir revoir nos êtres chéris qui se trouvent dans les prisons espagnoles et françaises, c’est ce qui arrive à ceux ou celle d’entre nous qui ne peuvent pas voyager, pour, ou bien des motifs de santé, ou bien à cause de leur grand âge…

Nous avons beaucoup fait jusqu’à maintenant, mais il faut que nous réfléchissions pour faire encore plus. Parce que, par notre travail constant, nous pouvons influer sur les agissements des deux États. Prenons l’exemple de ce qui est arrivé en 2007 dans les cas d’Iñaki de Juana et Filipe Bidart. Nous lançons donc un appel à tous les acteurs sociaux et politiques, aux responsables politiques et institutionnels, à tous les citoyens et citoyennes qui n’ont pas encore pris un engagement en faveur des prisonniers politiques basques pour qu’ils le fassent. Il le faut, ces engagements sont nécessaires pour faire face à cette situation. Tout le monde peut apporter quelque chose pour mettre fin à la cruauté des États.

Aux personnes qui ont déjà pris un engagement, nous leur demandons de le renforcer encore… Village après village, il faut renforcer tout le travail fait en faveur des prisonniers politiques basques, des droits de leurs familles et contre l’impunité des deux États. Il faut libérer les prisonniers politiques atteints de maladies graves. Il faut libérer les prisonniers politiques qui ont déjà accompli leur peine. Il faut en finir avec le régime d’isolement. Il faut, enfin, que les prisonniers politiques basques et les personnes exilées puissent retourner au Pays basque et que leurs droits fondamentaux leur soient reconnus. Pour cela il faut travailler pour arracher l’amnistie. Il faut travailler dur dans chaque village du Pays basque pour obtenir le retour des prisonniers politiques et des exilés à la maison et pour toujours. Nous, les proches des prisonniers et exilés politiques basques, travaillerons de toutes nos forces pour que cela soit une réalité. Nous vous présentons le rapport 2007 pour vous donner des éléments de réflexion sur ce que nous venons de vous expliquer.

Les États espagnol et français, dans leur rage de maintenir en prison les prisonniers politiques basques le plus longtemps possible, sont en train d’imposer des peines de prison sans date de sortie.

Ils inventent de nouvelles lois, changent les modalités d’accomplissement de la peine, inventent de nouveaux types de peines sur la base de toute une ingénierie juridico-politique… Ils utilisent tous les subterfuges pour que les prisonniers politiques basques ne puissent plus jamais sortir de prison, pour qu’ils ne retrouvent plus jamais la liberté.

Une conséquence de cette politique est la situation du prisonnier politique basque José Mari Sagardui Moja qui en est, en 2007, à 27 ans de prison. Il a passé la moitié de sa vie sans avoir pu faire un seul pas en dehors de ses quatre murs.

C’est un cas exceptionnel en Europe. C’est le prisonnier politique qui est resté le plus longtemps en prison. En Europe, c’est un cas exceptionnel, mais pas dans les prisons espagnoles, parce que, conséquence des nouvelles mesures d’exception prises contre les prisonniers basques, il y a aujourd’hui, en 2007, 41 prisonniers politiques qui sont en prison depuis plus de 20 ans (26, 25, 23, 21, 20 ans).

Ce n’est pas dû à un problème du fonctionnement de la justice. La raison de l’existence d’un nombre si important de prisonniers politiques basques ayant fait tant d’années de prison n’est autre que la volonté des États espagnol et français. Il faudrait se demander pourquoi ces deux États veulent que les Basques restent tant d’ années en prison.

Les États espagnol et français cherchent comment parvenir à avoir le plus grand nombre de prisonniers Basques en prison, et qu’ils y restent le plus longtemps possible.

Systématiquement, les deux États empêchent que les prisonniers politiques basques puissent sortir de prison après qu’ils ont accompli les trois quarts ou les deux tiers de la peine pour ce qui concerne l’État espagnol ou la moitié ou les deux tiers pour ce qui concerne l’État espagnol. Les prisonniers basques devraient avoir le droit à la liberté conditionnelle comme tous les autres prisonniers. Si, en 2007, ce droit avait été appliqué, 170 prisonniers politiques basques auraient retrouvé la liberté.

Ils n’ont pas non plus la possibilité d’obtenir des réductions de peine, comme tous les autres détenus, pour travail, études…

L’État espagnol a fait passer le temps maximal d’accomplissement de la peine de 30 à 40 ans pour les prisonniers politiques basques.

L’État français a légalisé la prison à vie. Les prisonniers condamnés à la prison à perpétuité pouvaient jusqu’alors demander la liberté conditionnelle après une période de sûreté de 15 ans. Maintenant, ils ne peuvent plus le faire avant d’avoir fait 18 ans de prison. Et encore dans ces cas-là, on ne les libère que s’il n’y a une forte pression populaire, comme dans le cas de Filipe Bidart.

Les prisonniers basques, une fois leur peine accomplie dans l’État français, ne retrouvent pas la liberté, ils sont expulsés ou bien livrés à l’État espagnol, avec le danger que cela implique d’être à nouveau arrêtés et incarcérés, comme cela est arrivé dans de nombreux cas.

En 2007, une nouvelle doctrine inventée par l’État espagnol a été appliquée à 5 prisonniers politiques basques qui avaient complètement purgé leur peine de 23, 21, 20 et 19 ans. Ils doivent rester en prison respectivement 7, 9, 10 et 11 ans de plus jusqu’à ce qu’ils aient accompli 30 ans de prison. En 2006, l’État espagnol a appliqué cette doctrine à 13 prisonniers politiques basques.

C’est leur droit, ils devraient déjà être chez eux.

Liste des prisonniers politiques basques que l’État espagnol ne libère pas bien qu’ils aient accompli la totalité de leur peine. Voici les dates auxquelles ils auraient dû être libérés :

- Fernando de Luis Astarloa : le 24 mars 2007, après 20 de prison,

- Jon Ander Urkizu : le 22 juillet 2007, après 21 ans de prison,

- Luis Mari Azkagorta : le 8 octobre 2007, après 19 ans de prison,

- Juan Mari Gabirondo : le 1 décembre 2007, après 21 ans de prison,

- Pakito Lujanbio : le 21 décembre 2007, après 23 ans de prison.

Liste des 13 prisonniers politiques basques avec les dates qui auraient dû être celles de leur sortie et le nombre d’années de prison faites jusqu’en 2007 :

- Jose Ignacio Gaztañaga : le 29 mars 2006, 19 ans de prison,

- Txomin Troitino : le 5 mai 2006, 20 ans de prison,

- Joseba Artola : le 18 mai 2006, 21 ans de prison,

- Jesús Bollada : le 20 mai 2006, 20 ans de prison,

- Patxi Gomez : le 14 juin 2006, 18 ans de prison,

- Antxon Lopez Ruiz : le 24 juillet 2006, 20 ans de prison,

- Txerra Martinez : le 24 août 2006, 16 ans de prison,

- Koldo Hermosa : 8 septembre 2006, 21 ans de prison,

- Peio Etxeberria : le 10 septembre 2006, 18 ans de prison,

- Candido Zubikarai : le 26 octobre 2006, 18 ans de prison,

- Jon Agirre : 28 octobre 2006, 26 ans de prison,

- Andoni Alza : le 9 novembre 2006, 16 ans de prison,

- Kepa Rezabal : le 30 décembre 2006, 20 ans de prison.

96 ans de prison pour deux articles d’opinion !

C’est cette peine que l’État espagnol a essayé d’imposer à Iñaki de Juana. Finalement, il a été condamné en 2007 à 3 ans de prison.

Prison à vie

L’État français a imposé la prison à vie à Jon Parot, Jakes Esnak et Frédéric Haranburu. Jon Parot, après 17 ans de prison, avait demandé la liberté conditionnelle qui lui a été refusée, alors que c’est un droit pour les prisonniers ayant fait plus de 15 ans de prison. Depuis, l’État français a élevé cette période à 18 ans. Se trouvent dans ce cas Jakes Esnal et Frederic Haranburu qui, en 2008, auront accompli 18 ans de prison. Grâce à la pression populaire, Filipe Bidart a retrouvé la liberté le 14 février 2007, après 19 ans de prison.

170 prisonniers politiques basques devraient avoir retrouvé la liberté

Si l’État espagnol respectait le droit à la liberté conditionnelle après l’accomplissement des trois quarts de la peine, 140 prisonniers politiques basques retrouveraient la liberté. Si l’État français respectait leur droit, 30 prisonniers basques retrouveraient la liberté, puisqu’ils ont accompli la moitié, les deux tiers ou les trois quarts de leur peine.

706 prisonniers politiques basques dispersés dans 89 prisons de 3 États. Dans l’État espagnol 541 prisonniers politiques basques dispersés dans 53 prisons, se retrouvant à 608 kilomètres en moyenne du Pays basque. 29 prisonniers politiques basques seulement sont dans des prisons du Pays basque. Dans l’État français, 163 prisonniers politiques basques dispersés dans 34 prisons se retrouvant à 801 kilomètres en moyenne du Pays basque. Il n’y a aucun prisonnier basque dans les prisons du Nord du Pays basque. Au Canada, il y a deux prisonniers politiques basques dans deux prisons différentes.

Des conditions de vie pour les faire renoncer à leur objectifs politiques

Les chefs des deux États se sentent fiers de maintenir les prisonniers politiques basques le plus longtemps possible en prison. Les représentants du gouvernement, les procureurs et les juges ne cessent de faire des déclarations publiques dans lesquelles ils disent qu’ils feront tout leur possible pour garder les prisonniers politiques basques enfermés le plus longtemps possible.

Par contre, ils ne parlent pas des conditions de vie dans lesquelles les prisonniers se retrouvent durant toutes ces années de prison. Ils ne font aucune conférence de presse pour expliquer que les prisonniers basques restent enfermés dans leurs cellules pendant 18, 20, 22 heures… cellules qui ne mesurent pas plus de 3 mètres de large sur 4 de long. Ils ne font aucune conférence de presse pour expliquer que dans beaucoup de prisons, il y a des plaques métalliques aux fenêtres pour que la lumière naturelle n’entre pas dans les cellules, ni pour expliquer les contrôles, les provocations, les fouilles humiliantes pendant lesquelles ils mettent tout sens dessus dessous, en obligeant les prisonniers à se déshabiller complètement.

Ils occultent ces conditions de vie pour que personne ne puisse les accuser de traitement cruel et inhumain. Ils cachent tout cela pour ne pas dire quel est le véritable objectif de leur politique pénitentiaire.

L’objectif des États espagnol et français, en plus de la vengeance, est d’obliger les prisonniers politiques basques à renoncer à leur projet politique. C’est pour cela que les prisonniers subissent un traitement cruel et inhumain et qu’ils sont obligés de vivre dans de terribles conditions.

Pour faire pression sur les prisonniers politiques, les deux États les gardent éloignés de leur cercle affectif, social et politique. Les prisonniers basques ne peuvent pas non plus faire d’ études dans leur langue maternelle, le basque.

La solitude accroît l’absence de défense. Pour cela, à la fin de l’année 2007, il y avait plus de 40 prisonniers politiques basques dans des quartiers d’isolement, sans aucun autre prisonnier politique basque. Cette politique d’isolement a aussi pour but de les maintenir dispersés et de pouvoir ainsi faire pression sur eux d’une façon plus efficace. Les conversations téléphoniques et les visites sont sur écoute. Les lettres qu’ils reçoivent et qu’ils écrivent sont photocopiées. On cherche le point faible de chaque prisonnier. Pour l’utiliser, pour les attaquer. Les prisonniers sont changés continuellement de cellule et même de prison. De cette façon, ils essayent de casser leur train de vie. La prison fait des analyses de personnalité de chaque prisonnier et en fonction de ces analyses, ils sont envoyés dans une autre prison, pour essayer d’obtenir dans cette nouvelle prison ce qu’on n’a pas pu obtenir dans l’ancienne. Les transferts se font dans des conditions inhumaines : les prisonniers sont introduits dans des autobus ou des fourgons où il y a des cages métalliques d’un mètre sur 50 cm, faites de plaques métalliques percées de petits trous. Ils ne peuvent pas bouger, ils ont les mains attachées avec des menottes. Tout est fait pour que les prisonniers ne puissent rien voir de l’extérieur.

Pour affaiblir, détruire, anéantir les prisonniers politiques basques ; pour les affaiblir en tant que personnes, les deux États maintiennent loin du Pays basque les prisonnières qui sont mères et qui se retrouvent avec leurs enfants en prison (jusqu’à l’âge de 3 ans). Ainsi, les enfants sont éloignés de leur père, et les mères séparées de leur compagnon.

Face à tout cela, les prisonniers se sont organisés en Collectif. Bien qu’ils restent des heures et des heures isolés dans leurs cellules, ils pensent et réfléchissent ensemble, pour pouvoir répondre collectivement à la situation qu’ils subissent.

Les prisonniers politiques basques arrivent à organiser des réponses collectives, avec des revendications communes, pour faire front à la politique pénitentiaire. Ce qu’ils n’arriveraient pas à obtenir individuellement, ils l’obtiennent en tant que Collectif.

Les autorités politiques et pénitentiaires cachent les conditions de vie qu’ils imposent aux prisonniers politiques basques

Mort. Maladies physiques et psychiques graves. Ces maladies s’ajoutent à l’énorme coût personnel que représente la prison. Ces maladies sont les conséquences subies par les prisonniers politiques basques à cause de l’application du régime spécial qu’ils doivent endurer. 30% des prisonniers politiques basques sont atteints de maladies provoquées par leur vie en prison, des maladies telles que la perte graduelle de la vision, des problèmes des os…

En 2007, quatre prisonniers politiques basques ont essayé de se suicider à cause de cette cruelle politique pénitentiaire. Heureusement, ils se sont complètement rétablis de leurs blessures physiques, mais… ces actes montrent la gravité de la situation.

C’est la cruelle réalité des prisonniers qui, en raison de leur vie en prison, sont atteints de maladies et qui voient que leur santé physique et psychique se détériore. Il y a des prisonniers qui sont très gravement malades, mais qui ne peuvent obtenir leur mise en liberté parce qu’ils ne renoncent pas à leurs objectifs politiques. Mais, pire encore, non seulement ils ne sont pas libérés mais ils ne peuvent pas avoir de consultations avec leurs médecins de confiance.

Il y a eu des cas où le prisonnier, dans l’enceinte de la prison, a pu être soigné par un médecin ayant sa confiance, surtout par des psychologues ou psychiatres, mais pas dans des conditions suffisantes pour soigner ces maladies ; les consultations doivent se faire en présence des fonctionnaires de prison et en espagnol, alors que la langue du malade et du médecin est normalement le basque. Comment est-il possible qu’on n’accepte pas l’indispensable intimité que ces maladies nécessitent ? Est-ce fait pour savoir comment faire mieux pression sur le prisonnier ? Inutile de dire que l’effet de ces consultations dans ces conditions est non seulement nulle, mais contre-productive.

Quand les prisonniers politiques basques doivent être conduits à l’hôpital, ils doivent subir la haine des policiers : traitements agressifs, menottes dans le dos… malgré les avertissements des médecins sur la possibilité que ces traitements provoquent de nouvelles lésions.

Lors des consultations, même s’il s’agit de gynécologie, urologie, etc. la police essaie d’être toujours présente. Ce qui implique que les consultations se déroulent dans de pénibles conditions. Il peut arriver, que face à cette situation, le prisonnier ou la prisonnière n’accepte pas la consultation, ce qui est arrivé, comme de nombreuses fois avant, pendant l’année 2007. Parfois, la police ne se présente pas pour accompagner le prisonnier à l’hôpital, ce qui annule la sortie.

En été 2007, la garde civile est allée à la prison de Mansilla, à Léon, pour conduire le prisonnier Juan José Rego Vidal, gravement malade, au Pays basque, mais le transfert n’a pas eu lieu parce qu’au dernier moment, quelqu’un de Madrid a téléphoné pour l’annuler. Cela veut dire qu’en plus de tout ce qu’on vient d’expliquer, on ne laisse pas les prisonniers politiques basques malades se faire soigner dans des hôpitaux du Pays basque.

Domingo Auzpurua avait été libéré à cause d’un cancer, mais bien qu’il en soit toujours atteint, l’État français, cette année, a pris la décision de l’arrêter et de l’incarcérer. Ces décisions sont des décisions politiques. Il faut dire que nous n’avons pas la possibilité de savoir de façon certaine quel est l’état de santé de nos proches incarcérés, nous ne pouvons pas savoir si leur santé physique ou leur santé psychique est bonne ou non, il y a trop de restrictions, de contrôles, d’interdits… dans les communications avec eux, en plus il y a une non-assistance médicale généralisée (il arrive parfois qu’un diagnostic prenne des mois et même des années), ce qui veut dire qu’il peut y avoir beaucoup plus de prisonniers atteints de maladies graves que ce que nous comptabilisons.

En 2007, quatre prisonniers politiques basques ont essayé de se suicider, cela montre la gravité de la situation dans laquelle se trouvent nos proches incarcérés.

Dégradation de l’état de santé des prisonniers politiques basques

Durant l’année 2007, des maladies physiques ou psychiques graves ont été diagnostiquées à douze prisonniers politiques basques. Leur remise en liberté a été demandée pour stopper l’avancée de la maladie. Non seulement ils sont toujours sous les verrous, mais seulement quatre d’entre eux se trouvent au Pays basque.

Voyons sommairement l’état de ces douze prisonniers.

Jon Agirre : né en 1942 et arrêté en 1981. Il est atteint d’arthrose généralisée, d’une hernie discale, il est myope des deux yeux, il souffre d’hypercholestérolémie, hyperglycéridémie, du syndrome de Dupuytre à la main gauche. Risque élevé d’infarctus.

Bautista Barandalla : né en 1964 et arrêté en 1990. Colite ulcéreuse, spondylite ankylosante et sacrocoxyte bilatérale.

Angel Figeroa : né en 1971 et arrêté en 1994. Il est atteint d’épilepsie temporale et d’une sclérose de type hémiplégique droite, provoquant des convulsions, des troubles du comportement et des délires.

José Ramon Foruria : né en 1949 et arrêté en 2003. Cancer de la vessie.

Marilo Gorostiaga : née en 1956, arrêtée en 1997. Cancer au sein droit, oedème lymphatique, diabète, dyslipidémie mixte et hypertension artérielle. Depuis 2007, la prison de Logroño fait obstacle au traitement de l’oedème lymphatique. La détenue a subi des provocations et des mauvais traitements de la part de la police lors des transferts à l’hôpital.

Gotzona Lopez de Luzuriaga : née en 1959, arrêtée en 1989. Elle a un cancer du sein. Elle a de graves problèmes avec la police chaque fois qu’elle doit être transférée à l’hôpital pour les séances de radiothérapie, au point d’avoir raté quelques séances pour éviter le voyage jusqu’à l’hôpital. Les médecins qui la traitent disent que cela peut provoquer de nouveaux problèmes.

Juan Jose Rego : né en 1939 et arrêté en 1995. Il est atteint d’une maladie vasculaire cérébrale depuis 1989, en souffre en outre de diabète, d’hypertension, d’une rétinopathie diabétique, de cataracte avec perte graduelle de la vision des deux yeux, d’hypoacousie neurosensorielle bilatérale, d’hypertrophie prostatique et présente une carence en vitamines B12. De plus, il souffre de vertiges et d’hémorragies nasales. En 2005, il a eu une thrombose. En 2007, nouveau refus de mise en liberté conditionnelle. La Pénitentiaire n’accepte pas son transfert dans une prison du Pays basque pour y être traité.

Josu Uribetxeberria : né en 1956 et arrêté en 1997. Souffre d’un carcinome au rein gauche. Cette maladie a 51% de possibilités de se reproduire dans les deux premières années. Le risque est plus si le malade se trouve en prison.

En outre, quatre prisonniers politiques basques, dont l’identité n’a pas été révélée, souffrent de maladies psychiques telles que pathologie dépressive, anxiété et déséquilibres de la personnalité, troubles obsessionnels et compulsifs, dépression et troubles schizophréniques.

Les politiques pénitentiaires, tant espagnole que française, punissent les familles et les amis des prisonniers politiques basques : enfants, adultes, personnes âgées.

Enfants qui n’ont pas leur père ou leur mère pour les accompagner à l’école. Parents qui, dans de nombreux cas, devraient déjà être en liberté. Compagnons et compagnes qui manquent au lit, à votre côté. Parents, grands-parents qui manquent à table.

Les familles toujours préoccupées par les proches incarcérés. Préoccupées par les conséquences des conditions de vie en prison. Préoccupées par le non-respect du droit à la santé.

Elles attendent tous les jours de la semaine et toutes les semaines l’appel de la prison, afin de pouvoir écouter la voix de la personne aimée. Elles attendent que le week-end arrive pour aller les voir. Le temps passe si lentement, les minutes ressemblent à des heures, les jours à des mois et les mois à des années. Si l’appel téléphonique n’arrive pas alors qu’on l’attend, l’alarme s’allume, que se passe-t-il ?

Si finalement, il arrive, on oublie tout ce qu’on voulait dire. Cinq minutes c’est si peu de temps ! Pendant le voyage vers la prison, pour le parloir, les pensées n’arrêtent pas de tourner : est-ce qu’il ou elle sera bien ? y aura-t-il des problèmes pour entrer ? le fonctionnaire ne sera-t-il pas trop mauvais ?

Le parloir, 40 minutes avec la personne qu’on est allés visiter. Si à la sortie on voit qu’un sourire se dessine sur la figure de la personne qu’on a vue au parloir, c’est que tout a bien marché. Silencieux, de nouveau la voiture, le bus, le train, l’avion… Dans la tête passe et repasse tout ce qui s’est passé pendant le parloir, les gestes, les regards… après on en parle avec les autres familles, avec les amis. Mais, parfois, le parloir n’a pas eu lieu, la personne qui a fait le voyage n’a pas pu voir le prisonnier, dans ce cas, c’est la rage, le sentiment d’impuissance qui dominent lors du retour au Pays Basque.

Ces expériences n’ont pas de prix. Ce sont des expériences du domaine de l’amour, de l’affection. Pour cela, les États espagnol et français punissent spécialement la tendresse de la famille et des amis. Ils les obligent à parcourir, toutes les semaines, des milliers de kilomètres pour être avec les êtres chéris le temps que la loi les y autorise. Si on ajoutait tous les kilomètres que toutes les familles et amis font en un seul week-end, cela donnerait vingt fois le tour du monde. Et cela sans compter la terrible saignée économique que tous ces voyages représentent pour les proches et amis des prisonniers politiques basques : l’essence, les péages, les repas, le logement…

Plus terribles encore ce sont les conséquences de tous ces kilomètres qu’on doit parcourir pour exercer son droit au parloir.

Les accidents de la route sont les conséquences les plus évidentes. Il y a du soleil, il pleut, il neige, il gèle… quelles que soient les circonstances, les familles et amis font le voyage pour rendre visite aux prisonniers politiques basques. Le fait d’obliger des centaines d’enfants, de jeunes, d’adultes, de personnes âgées à parcourir des milliers de kilomètres provoque des accidents de la route. Nous soulignons que nous sommes obligés, forcés de faire ces voyages puisque tel est le désir des États espagnol et français ; ils emmènent les prisonniers politiques basques le plus loin possible du Pays basque.

Depuis l’application de la politique de dispersion, 16 personnes sont mortes dans des accidents de la route. En 2007, il y a eu 17 accidents de la route faisant 40 personnes blessées et une personne décédée (la belle-mère d’Unai González). Ces accidents sont le prix imposé par les États espagnol et français pour l’amour et la tendresse de la famille et des amis. Parce que ceux qui ont mis en route la dispersion savent que cette politique appliquée année après année obligera les proches des prisonniers politiques basques à payer un prix fort, sous forme de graves lésions et même de mort.

Une punition supplémentaire est celle dont souffrent les membres des familles des prisonniers politiques basques, qui, ou bien à cause de leur santé, ou bien à cause de leur grand âge, ne peuvent pas voyager, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas voir leurs proches chéris. Ils voient que le temps passe et qu’ils vont mourir sans jamais plus pouvoir les revoir. C’est le cas de beaucoup de parents de prisonniers politiques basques.

Accidents de la route provoqués par la politique de dispersion

Voici un rapport sur les accidents de la route que les proches des prisonniers politiques basques ont eus pendant leurs voyages vers les prisons ou vers les Palais de justice de Madrid ou de Paris en 2007.

18 février 2007. La compagne de Txomin Lesende a eu un accident de la route durant le retour de visite de la prison de Zuera. Elle a eu des contusions sur tout le corps. Les vitres de la voiture se sont cassées et elle a eu de multiples coupures au visage et sur les mains. La voiture a été complètement détruite.

31 mars 2007. La mère et la sœur de Txomin Lesende ont eu un accident de la route alors qu’elles se rendaient à la prison de Zuera. La sœur a dû porter une minerve pendant un certain temps et elle a eu aussi des douleurs lombaires. La voiture a été complètement détruite.

27 avril 2007. Le compagnon d’Aiora Epelde a eu un accident de la route en se rendant à la prison de Curtis-Teixeiro. La voiture n’a eu que quelques bosses.

28 avril 2007. Les frères et les neveux de Joseba Agirre ont eu un accident de la route alors qu’ils se rendaient à la prison de Jaén. La voiture a été complètement détruite.

18 mai 2007. Cinq amis de Argi Perurena ont eu un accident de la route durant le retour de visite de la prison de Rennes.

24 mai 2007. Deux amis d’Asier Arzalluz ont eu un accident de la route durant le retour de l’Audience Nationale à Madrid. La voiture a eu le côté gauche et la direction endommagés.

31 mai 2007. Un ami de Peio Sanchez a eu un accident de la route en se rendant à la prison de La Santé (Paris). Il a eu des problèmes au dos et la voiture a subi d’importants dégâts.

2 juin 2007. La sœur de J.A. Lerin et deux amis de German Rubenach ont eu un accident de la route en se rendant à la prison d’Herrera de la Mancha. La voiture n’a eu que quelques petits dégâts.

2 juillet 2007. Deux amis de Santi Arrospide ont eu un accident de la route lors du retour de visite de la prison de Puerto I. La voiture a subi d’importants dégâts.

7 juillet 2007. Trois amis d’Aitor Bores et Joseba Segurola ont eu un accident de la route durant le retour de visite de la prison de Murcia. La voiture a subi des dommages matériels.

18 août 2007. Un ami du prisonnier Iker Frade a eu un accident de la route alors qu’il se rendait à la prison de Soto del Real (Madrid). La voiture a subi d’importants dégâts.

18 octobre 2007. La sœur, le frère et deux amis de Lander Labajo ont eu un accident de la route en se rendant à l’Audience Nationale (Madrid). Les quatre ont eu des contusions surtout au cou et au dos. La partie arrière de la voiture a été complètement détruite.

16 décembre 2007. Le frère de Juan Karlos Herrador a eu un accident de la route lors du retour de visite d’Ocaña I. La voiture a subi d’importants dégâts.

19 décembre 2007. La compagne d’Oier González Bilbatua a eu un accident de la route durant le retour de visite de la prison de Muret Seysses. Conséquence : un traumatisme crânien, et trois points de suture à la tête et deux au nez. Elle a aussi dû porter une minerve à cause d’une entorse cervicale. La voiture a été complètement détruite.

22 décembre 2007. Des membres de la famille d’Unai Gonzalez ont eu un accident de la route alors qu’ils se rendaient à la prison de Teruel. La belle-mère d’Unai est morte le 25 décembre à l’hôpital de Txagorritxu. Les parents et l’épouse d’Unai Gonzalez ont dû être hospitalisés. Ils avaient de multiples contusions sur le corps.

28 décembre 2007. Les parents et les oncles d’Arkaitz Bellon ont eu un accident de la route en se rendant à la prison d’Herrera de la Mancha. La mère d’Arkaitz a eu une entorse cervicale. Les autres membres de la famille ont eu des contusions sur tout le corps. La voiture a subi d’importants dégâts.

Des centaines de Basques ont dû quitter le Pays basque, obligés de fuir la répression. Chacun d’eux est dans une situation différente de celle des autres, chaque cas est particulier. Il y a des familles qui ne savent pas où se trouvent les proches chéris qui ont dû partir. Ces familles expliquent leur situation : « C’est très dur ne pas savoir où se trouve ton fils, ton père, tes cousins ou tes amis. De ne rien savoir d’eux, de n’avoir aucune nouvelle. Nous les avons dans notre cœur et dans notre esprit tout le temps, mais il faut vivre comme si ces personnes n’existaient plus ». Souvent, les familles n’ont de nouvelles de la personne exilée que quand il se passe quelque chose.

Chaque fois qu’il y a une arrestation, chaque fois qu’un militant meurt, le cœur des familles s’arrête. Ce qui est encore plus inquiétant, si cela est possible, c’est quand la police commence à avancer plusieurs noms. A ces moments-là, une question plane dans beaucoup de maisons du Pays basque : « Est-ce que ce sera le nôtre ? ». Les heures passent, les jours passent et tout le monde est dans l’attente de nouvelles jusqu’à ce qu’on donne le nom qui correspond vraiment à la personne arrêtée, à la personne morte.

Il y a des exilés qui vivent à des milliers de kilomètres du Pays basque. En Belgique, en Uruguay, au Venezuela, à Panama, à Cuba, au Mexique, au Cap Vert, à Sao Tomé, au Portugal et dans beaucoup d’autres pays. Les conditions de vie de ces personnes exilées politiques sont très dures. Presque aucune de ces personnes n’a de papiers.

Ces exilés vivent dans des peuples et dans des cultures très différentes de la leur. Bien que leur cœur soit au Pays basque, ils vivent une culture différente, des valeurs différentes, celles du peuple qui leur donne refuge. Ils vivent au jour le jour, sans savoir ce qui va arriver le lendemain. Ils peuvent être arrêtés à tout moment avec le risque d’être livrés aux autorités espagnoles. Les exilés basques, bien que vivant dans des conditions pénibles s’intègrent à la culture d’accueil, travaillant ainsi à la solidarité des peuples. C’est grâce à ce travail qu’aux moments les plus durs, les exilés reçoivent le soutien des peuples parmi lesquels ils vivent.

Si les familles de ces exilés veulent voir ces proches elles doivent entrependre de très longs et très coûteux voyages et elles doivent s’intégrer aussi à une nouvelle culture. Évidemment, ces familles ne peuvent pas visiter leurs proches autant qu’elles le voudraient.

Il ne faut pas oublier les Basques exilés à Lapurdi, Behe Nafarroa et Zuberoa (nord du Pays basque). Ils vivent hors de leurs villages natals, mais quand même au Pays basque. La situation de ces Basques n’est pas facile. Bien qu’ils mènent une vie normale et publique, ils ne sont pas chez eux et sont poursuivis par les polices espagnoles et françaises. Ce qui veut dire qu’ils vivent en danger constant d’être arrêtés et incarcérés. Cela est même arrivé à pas mal de Basques durant l’année 2007.

Les familles des prisonniers politiques basques dans le collimateur de la répression

Les familles des exilés politiques basques, en plus des difficultés qu’elles rencontrent pour exprimer leur tendresse et leur solidarité à leurs proches, subissent la répression des deux États. Il y a beaucoup de membres de ces familles qui ont leur compte bancaire bloqué sous prétexte qu’elles ont aidé financièrement leur proche exilé. Parfois, des membres de la familles ou des amis des exilés politiques basques sont arrêtés pour avoir montré leur solidarité à leur proches qui fuient la répression.

La vie des exilés politiques basques et de leurs familles est telle qu’on vient de la décrire. Ils sont conscients qu’ils peuvent être arrêtés n’importe quand, même s’ils ont commencé une nouvelle vie, même s’ils ont vécu beaucoup d’années en dehors du Pays basque, pour certains cela fait 30 ans qu’ils sont partis.

Tous les exilés basques sont conscients que les États espagnol et français, au lieu de reconnaître et respecter les droits du Pays basque, ne misent que sur la voie policière pour résoudre le conflit, et qu’ils peuvent à tout moment être arrêtés et incarcérés. C’est ce qui est arrivé, une nouvelle fois, durant l’année 2007.

Cela signifie que les exilés politiques basques et leurs familles doivent faire face tous les jours à une énorme tension.

Militants basques arrêtés et livrés à l’Espagne

2007 a été l’année où l’État français a livré le plus grand nombre de militants basques, en utilisant les extraditions ou les mandats d’arrêt européens.

En 2007, l’État français a livré les Basques suivants :

- Jon Gartzia : en liberté dans l’État espagnol.

- Txuma Puy : il a été incarcéré dans l’État espagnol, après deux mois en prison, il est en liberté en attente du procès.

- Alberto Rey : en liberté dans l’État espagnol.

- Jesus Mari Zabala : en liberté dans l’État espagnol.

- Joana Nuñez : en liberté dans l’État espagnol.

- Idoia Garmendia : en liberté dans l’État espagnol.

- Jose Luis Turrillas : en liberté dans l’État espagnol.

En 2007, l’État français a appliqué le mandat d’arrêt européen ou a extradé les militants basques suivants qui ont été livrés à l’État espagnol :

- Garikoitz Etxeberria : incarcéré,

- Asier Larrinafa : incarcéré,

- Joseba Imanol Kortazar : incarcéré,

- Agurtzane Delgado : incarcérée,

- Lola López: incarcérée,

- Anartz Oiartzabal: incarcéré,

- Iñaki Telletxea: incarcéré et ensuite en liberté provisoire,

- Xabier Irastorza : Incarcéré et ensuite en liberté provisoire,

- Markos Sagarzazu : incarcéré et ensuite en liberté provisoire,

- Pablo Aperribai : incarcéré,

- Lexuri Gallastegi : incarcérée,

- Ainhoa Mujika : incarcérée,

- Urtzi Murueta : incarcéré,

- Gorka Betolaza : incarcéré,

- Asier Tapia : incarcéré,

- Jose Mari Zurutuza : incarcéré,

- Xabier Gartzia : incarcéré.

Militants basques incarcérés dans l’État français en attendant la fin du procès d’application du mandat d’arrêt européen ou d’extradition :

- Peio Alvarez : arrêté le 2 février. Il est en liberté provisoire.

- Mikel Ibañez : arrêté le 8 mars. En prison jusqu’à la fin du procès d’application du mandat d’arrêt européen.

- Juan Karlos Iriarte : arrêté le 10 octobre. En prison jusqu’à la fin du procès d’application du mandat d’arrêt européen.

- Pedro Mari Goikoetxea : arrêté le 22 novembre. Il attend la décision sur l’application du mandat d’arrêt européen. Il est en liberté provisoire.

- Josune Arriaga : arrêtée le 26 novembre. Le 18 novembre elle a été remise en liberté, dans l’attente du procès sur le mandat d’arrêt européen.

En 2007, d’autres militants basques ont été arrêtés dans l’État français :

- Lourdes Garai : arrêtée le 8 août. Actuellement en liberté.

- Aitziber Otegi : le 24 septembre. En liberté.

- Oskar Bizkai : le 24 septembre. En liberté.

- Xabier Perez Susperregi : arrêté le 24 septembre. Actuellement, il se trouve dans une prison de Paris. Si nous soulignons cette arrestation c’est en raison du rôle que Xabier a joué en tant que porte-parole du Collectif d’exilés politiques basques.

La police du Canada a arrêté et incarcéré, en 2007, les exilés politiques basques Bittor Tejedor et Iban Apaolaza.

La police anglaise a arrêté et incarcéré, en 2007, les exilés politiques basques Ana Lopez, Iñigo Albisu et Zigor Ruiz. Il y a un mandat d’arrêt européen contre ces trois personnes pour les livrer à l’État espagnol.

L’impunité comme objectif

Les différentes actions que la société basque réalise pour la défense des droits des prisonniers politiques basques sont très souvent interdites et attaquées par la police. Souvent les familles et les personnes qui prennent part à ces actions sont frappées, arrêtées, doivent payer des amendes, elles sont convoquées par les juges et même incarcérées.

Les associations ou les personnes qui travaillent pour la défense des droits des prisonniers, des exilés et de leurs familles sont criminalisées, poursuivies, arrêtées, incarcérées et les associations même interdites.

Durant l’année 2007, les mobilisations organisées pour la défense des droits des prisonniers et exilés politiques basques ont été, premièrement, interdites et ensuite les personnes ayant pris part à ces mobilisations ont été attaquées par la police. Elles ont été frappées, arrêtées et celles qui avaient appelé aux mobilisations ont été arrêtées et incarcérées.

Juan Mari Olano et Ohiana Agirre, par exemple, ont été arrêtés et incarcérés pour avoir appelé à manifester pour la liberté des prisonniers malades et de ceux qui ont déjà accompli leur peine.

Après la mort, due à un cancer, de l’exilé Sabino Euba, les actions programmées à Zornotza pour la défense des exilés politiques basques ont été interdites.

Criminaliser et frapper la défense des droits a un objectif : l’isolement et l’impunité pour continuer les représailles et à bafouer les droits des Basques et de leurs familles.

Nous en avons l’exemple dans les déclarations du ministre de l’Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba à propos des photos d’Iñaki de Juana Chaos en grève de la faim que The Times avait publiées. Il avait déclaré que la personne qui avait fait ces photos serait punie.

Ces photos avaient montré au monde la cruauté de l’État espagnol envers Iñaki de Juana Chaos et avait mis fin à l’impunité avec laquelle agissait l’État espagnol.

Augmenter la douleur et la souffrance des familles

L’État espagnol interdit aux médias la possibilité d’interviewer les prisonniers basques, d’entrer avec leurs caméras dans les prisons et d’enregistrer la vie quotidienne des prisonniers politiques basques. Les militants basques sont mis au secret quand ils sont arrêtés. De cette façon, ils peuvent être torturés impunément, sans que personne voie ce qu’on leur fait.

L’État espagnol criminalise les actes, les mobilisations et les associations qui luttent en faveur des droits des prisonniers et exilés politiques basques et de leurs familles, pour ainsi avoir la voie libre et continuer à bafouer en totale impunité tous les droits.

Ce que l’État espagnol cherche c’est l’isolement des prisonniers politiques basques et de leurs familles du reste du peuple basque. Il veut que la solidarité du peuple basque envers les prisonniers et leurs familles ne puisse plus s’exprimer.

L’État espagnol augmente la douleur et la souffrance des familles quand il attaque sauvagement tous les actes de solidarité organisés quand un prisonnier, un exilé ou un proche meurt à cause de la violation des droits fondamentaux.

C’est ce qui est arrivé, en 2007, quand on a voulu dire adieu à l’exilé politique basque Sabin Euba (mort en exil) et à Igor Angulo et Roberto Sainz (morts en prison).

Les décisions de criminaliser les actions et le mouvement associatif en faveur de la défense des droits des prisonniers et des exilés politiques basques et de leurs familles ne se prennent pas seulement à Madrid ou à Paris, elles se prennent aussi à Gasteiz (gouvernement basque), à Pampelune (gouvernement navarrais) et à Bayonne. Un exemple, entre autres, c’est l’action de la police basque contre les actes organisés après la mort des prisonniers politiques basques Igor Angulo et Roberto Sainz.

L’impunité comme objectif

Les différentes actions que la société basque réalise pour la défense des droits des prisonniers politiques basques sont très souvent interdites et attaquées par la police. Souvent les familles et les personnes qui prennent part à ces actions sont frappées, arrêtées, doivent payer des amendes, elles sont convoquées par les juges et même incarcérées.

Les associations ou les personnes qui travaillent pour la défense des droits des prisonniers, des exilés et de leurs familles sont criminalisées, poursuivies, arrêtées, incarcérées et les associations même interdites.

Durant l’année 2007, les mobilisations organisées pour la défense des droits des prisonniers et exilés politiques basques ont été, premièrement, interdites et ensuite les personnes ayant pris part à ces mobilisations ont été attaquées par la police. Elles ont été frappées, arrêtées et celles qui avaient appelé aux mobilisations ont été arrêtées et incarcérées.

Juan Mari Olano et Ohiana Agirre, par exemple, ont été arrêtés et incarcérés pour avoir appelé à manifester pour la liberté des prisonniers malades et de ceux qui ont déjà accompli leur peine.

Après la mort, due à un cancer, de l’exilé Sabino Euba, les actions programmées à Zornotza pour la défense des exilés politiques basques ont été interdites.

Criminaliser et frapper la défense des droits a un objectif : l’isolement et l’impunité pour continuerà bafouer les droits des Basques qui subissent les représailles et de leurs familles.

Nous en avons l’exemple dans les déclarations du ministre de l’Intérieur Alfredo Pérez Rubalcaba à propos des photos d’Iñaki de Juana Chaos en grève de la faim que The Times avait publiées. Il avait déclaré que la personne qui avait fait ces photos serait punie.

Ces photos avaient montré au monde la cruauté de l’État espagnol envers Iñaki de Juana Chaos et avait mis fin à l’impunité avec laquelle agissait l’État espagnol.

Augmenter la douleur et la souffrance des familles

L’État espagnol interdit aux médias la possibilité d’interviewer les prisonniers basques, d’entrer avec leurs caméras dans les prisons et d’enregistrer la vie quotidienne des prisonniers politiques basques. Les militants basques sont mis au secret quand ils sont arrêtés. De cette façon, ils peuvent être torturés impunément, sans que personne voie ce qu’on leur fait.

L’État espagnol criminalise les actes, les mobilisations et les associations qui luttent en faveur des droits des prisonniers et exilés politiques basques et de leurs familles, pour ainsi avoir la voie libre et continuer à bafouer en totale impunité tous les droits.

Ce que l’État espagnol cherche c’est l’isolement des prisonniers politiques basques et de leurs familles du reste du peuple basque. Il veut que la solidarité du peuple basque envers les prisonniers et leurs familles ne puisse plus s’exprimer.

L’État espagnol augmente la douleur et la souffrance des familles quand il attaque sauvagement tous les actes de solidarité organisés quand un prisonnier, un exilé ou un proche meurt à cause de la violation des droits fondamentaux.

C’est ce qui est arrivé, en 2007, quand on a voulu dire adieu à l’exilé politique basque Sabin Euba (mort en exil) et à Igor Angulo et Roberto Sainz (morts en prison).

Les décisions de criminaliser les actions et le mouvement associatif en faveur de la défense des droits des prisonniers et des exilés politiques basques et de leurs familles ne se prennent pas seulement à Madrid ou à Paris, elles se prennent aussi à Gasteiz (gouvernement basque), à Pampelune (gouvernement navarrais) et à Bayonne. Un exemple, entre autres, c’est l’action de la police basque contre les actes organisés après la mort des prisonniers politiques basques Igor Angulo et Roberto Sainz.

La solidarité frappée

Voici une liste d’actions de solidarité et de défense des droits des prisonniers et exilés politiques basques réprimées par les forces de police :

4 février 2007 : La Garde Civile, à Altsasu, a attaqué une « tournée des bars en musique » organisée pour la défense des droits des prisonniers politiques basques. Plusieurs personne ont été blessées.

13 février 2007 : La Garde Civile, à Elizondo, a empêché la réalisation d’une réunion publique organisée pour traiter de la situation des prisonniers politiques basques.

14 février 2007 : La Ertzaintza (police basque), à Derio, a attaqué un rassemblement organisé pour dénoncer la peine imposée à Iñaki de Juana. Une personne au moins a été blessée et a dû être hospitalisée.

24 février 2007 : L’Ertzaintza a attaqué brutalement les personnes qui manifestaient pacifiquement à Bilbo à l’appel du Collectif des prisonniers politiques basques. Des dizaines de personnes ont été blessées.

1 mars 2007 : L’Ertzaintza a attaqué les personnes rassemblées devant l’hôpital de Saint Sébastien pour recevoir Iñaki de Juana. Au moins deux personnes ont été blessées.

4 août 2007 : La Garde Civile, à Etxarri Aranatz, a empêché la tenue d’une action pour la défense des droits des prisonniers et exilés politiques basques. Il y a eu des dizaines des personnes blessées.

10 août 2007 : L’Ertzaintza, à Zornotza, a empêché la tenue d’un hommage à Sabino Euba, exilé politique mort en exil.

17 août 2007 : L’Ertzaintza a empêché la tenue d’un acte d’hommage à Iñaki Ormaetxea, Patxi Itziar et Jokin Leunda assassinés en 1991 par la Garde Civile à Morlans (quartier de Saint-Sébastien).

9 septembre 2007 : L’Ertzaintza, à Saint-Sébastien, a attaqué sauvagement la manifestation pour la défense des droits des prisonniers gravement malades et de ceux qui ont déjà accompli leur peine. Il y a eu des dizaines de personnes blessées. 9 personnes ont été arrêtées, dont Juan Mari Olano qui a été incarcéré par la suite. Quelques jours après, la police espagnole a arrêté Oihana Agirre.

27 octobre 2007 : L’Ertzaintza, à Hernani, a empêché la tenue d’un acte en faveur des droits des prisonniers politiques basques. L’Ertzaintza a arrêté une personne.

7 novembre 2007 : L’Ertzaintza a attaqué brutalement le quartier de Santutxu (Bilbao) lors de la réception du prisonnier politique Iñigo Muerza. Plusieurs personnes ont été blessées.

9 novembre 2007 : L’Ertzaintza, à Gasteiz, a attaqué brutalement les personnes qui recevaient le prisonnier politique basque, Ion Imanol Kortazar. Plusieurs personnes ont été blessées.

15 décembre 2007 : L’Ertzaintza, à Hernani, a empêché la tenue d’une action culturelle en faveur des prisonniers politiques basques.


Actions

Informations



Laisser un commentaire




Jeunesse et Développement |
RELATOS DE EDGAR |
Politique buzz en Eure-et-Loir |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Luisant Pour Tous
| Collectif antilibéral de Ch...
| Blog de Michel Issindou