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Procès contre la solidarité anti répressive et pro Amnistie _ Gestoras et Askatasuna

21 04 2008

 

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17/09/2008 _ L’ Audiencia Nacional espagnole a condamné à des peines de entre 8 et 10 ans de prison 21 citoyens basques inculpés dans le procès contre le mouvement pro amnistie, et en a relaxé trois autres. Onze d’entre eux ont été envoyés en prison, alors que huit ont été remis en liberté, avec des mesures restrictives. Sur la photo, les inculpés lors de la lecture publique de la sentence par le tribunal.

 

La prison pour 21 militants pro-amnistie

Dans GARA, le 17 septembre 2008. logoa.gif

Le Tribunal National espagnol a condamné aujourd’hui, 17 septembre, 21 militants du mouvement pro-amnistie basque à des peines de 8 et 10 ans de prison ferme, et a acquitté trois des prévenus. Onze des condamnés ont été immédiatement incarcérés, tandis que huit autres ont été laissés en liberté sous contrôle judiciaire. La sentence décrète en outre le « caractère illicite et la dissolution » de Gestoras pro-Amnistia et d’Askatasuna.

 

MADRID-. Josu Beaumont, Julen Larrinaga, Jagoba Terrones, Gorka Zulaika, Ainhoa Irastorza, Aratz Estonba, Jon Imanol Beaskoa et Iker Zubia restent en liberté avec obligation de se présenter toutes les semaines au tribunal, tandis que Juan Mari Olano, Julen Zelarain, Aitor Jugo, Alex Belasko, Txema Olabarrieta, Gotzon Amaro, Jorge Txokarro, Gari Arriaga, Iñaki Loizaga, Asier Birunbrales et Xabin Juaristi ont été incarcérés sur le champ.

La même mesure d’incarcération a été prescrite contre Maite Díaz de Heredia, déjà sous les verrous, et contre Iñaki Reta, qui ne s’est pas présenté à l’audience et contre lequel le tribunal a émis un mandat d’amener.

« Une organisation terroriste »

Le tribunal spécial affirme que Gestoras pro-Amnistía est une « organisation terroriste » pour laquelle « l’ETA n’est pas seulement une faction armée mais un front politique » fixant « les objectifs stratégiques ».

La sentence affirme que l’ETA utilise l’association Gestoras « pour transmettre aux prisonniers les instructions que ceux-ci doivent suivre et que, s’ils ne les respectent pas, et se déclarent opposés à la lutte armée, ils sont expulsés, après avoir opté pour des solutions personnelles dictées par le refus de la lutte armée ».

Le travail de Gestoras, selon le tribunal spécial, est de « désigner publiquement, même en termes fondamentalement politiques, toute personne, groupe, organisation et parti politique, rendus responsables des échecs essuyés ».

La sentence affirme encore que « l’identification publique d’une personne » ou institution « rend le bras armé capable de concrétiser l’objectif d’un éventuel attentat ».

À propos d’Askatasuna, le tribunal d’exception espagnol soutient que « l’association n’a pas été formée spontanément ni par hasard », mais qu’elle « fait partie du projet politique » de l’ETA, motif pour lequel elle décrète également sa mise hors-la-loi.

Le procès

27 citoyens ont été jugés après avoir été accusés d’appartenir ou de collaborer avec l’ETA. Le Parquet et la partie civile exercée par l’Association des Victimes du Terrorisme ont réclamé des peines allant de 13 années de prison pour Olano, Zelarain et Jugo, à 10 ans pour chacun des 21 autres accusés. Au cours du procès, le procureur a retiré les charges pesant sur trois des prévenus (Maitane Méndez, Jorge Luis Arredondo et Mitxel Sarasketa) pour faute de preuve.

Ayant débuté le 21 avril, le procès a été mis en délibéré le 18 juin. Tous les prévenus ont renoncé à leur droit à la défense, considérant que la condamnation était décidée par avance, et que le Tribunal National espagnol n’était pas légitimé pour les juger.

 

18/06/2008 _ Vient de se conclure, l’audience orale du procès contre le mouvement Pro-Amnistie dans lequel sont poursuivis pour présomption de délits d’appartenance à organisation armée 27 citoyens et citoyennes basques,

Reconnaissant le tribunal qui prétend nous juger, dans sa trajectoire historique d’héritier direct du Tribunal d’ Ordre Public franquiste et aujourd’hui, dans son action contre les activités sociales, politiques, culturelles dans notre pays, Euskal Herria, et concrètement dans les procès précédents contre les organisations de jeunesse Haika-segi et plus récemment avec le macro-procès 18/98,
Considérant que dans notre activité de dénonciation de la répression, l’action de ce tribunal spécial a toujours trouvé une place prioritaire par son manque d’indépendance et impartialité, par son détachement des garanties et principes de droit, par l’application non pas de la justice, mais par l’habillage juridique de la vengeance politique, Nous réaffirmant en ce que l’exercice des droits politiques –liberté d’expression, d’association, de manifestation…- ne sont pas négociables, contrôlables, soumis à condition, étant conscients que la sentence à notre encontre est écrite, que celle-ci est condamnatoire et qu’elle ne dépendra pas de notre attitude devant dit tribunal,
Dans ces conditions, nous avions décidé de renoncer à l’exercice de la défense judiciaire.
Ainsi, pendant deux mois ont été reproduites, face à notre attitude passive mais respectueuse, les preuves des accusations; les interprétations de policiers et gardes civils, qui ont participé à l’élaboration du dossier, et acceptés par le tribunal comme experts scientifiques, objectifs, indépendants; la lecture d’articles apparus dans la presse, de documents sur notre activité, d´’écoutes téléphoniques relatives à notre activité journalière.
Nous avons observé comme des convives de pierre, comment lors de ces 29 sessions les faits ont été retordus, ont été présentés comme des actes délictuels la dénonciation de la répression et la solidarité avec ses victimes. Nous avons appris que nous étions membres d’une organisation armée, alors que notre activité est reconnue de manière publique et pacifique. Nous avons pris connaissance que quand nous menions l’activité de n’importe quel organisme populaire –organisation de loteries ou tombolas, distribution d’affiches, convocation de conférences de presse et mobilisations…-nous suivions en réalité des consignes et ordres de ETA.
Mais avec la présentation des accusations, nous nous sommes également aperçus, avec le propre tribunal, d’une réalité incontournable: l’existence de la torture, la politique pénitentiaire de dispersion et la souffrance que cela génère chez les prisonniers et leurs familles, la pratique du terrorisme d’ Etat, la violation de droits politiques tels que la liberté d’expression et d’association, l’inexistence de justice et réparation pour de larges secteurs de la société basque. Réalité qui va toujours de paire quand on parle de l’activité du mouvement Pro-amnistie.
Et certes, nous avons pu vérifier que l’Audience Nationale et les accusations ne peuvent comprendre notre libre décision, notre choix vital de dénoncer la violence de l’Etat et soutenir des propositions pour son erradication définitive. Ils ne parviennent pas à comprendre que c’est précisément la persistente de la répression qui génère la réponse massive pour l’amnistie. Ils ne comprennent pas ce concept, qui se réfère ineluctablemente au dépassement de toutes les causes qui génèrent les violences. Et pour cela, ils préfèrent nous écarter, augmentant le niveau de douleur et souffrance. Générant plus de prisonniers et prisonnières. Et ainsi, des niveaux plus élevés d’indignation sociale et de réponse. Mais ces derniers temps nous avons pu aussi entendre beaucoup de voix amies qui se sont solidarisées avec nous et qui ont voulu reprendre le témoin pour accompagner ceux qui souffrent la répression. Des organismes de droits de l’homme nationaux ou internationaux ont élevé le drapeau de la nécessité de la dénonciation de la violence de l’état, face au mur de l’impunité. On a écouté clairement, ceux qui depuis des secteurs académiques, juridiques, clament pour la disparition de l’Audiance Nationale artifice de l’interprétation abusive du terme de terrorisme et peut-être de l’application de la plus évidente version pratique dans le monde du droit pénal de l’ennemi. Et une fois terminé le procès pour sentence, nous demandons à ceux qui n’ont pas pu nous juger mais nous imposerons, sans doute, une forte condamnation: Qu’avez-vous obtenu? Et maintenant quoi?

http://www.mundurat.net/ezdadelitu/

Manifeste en faveur des personnes poursuivies dans le procès contre Askatasuna

 

Manifeste

Euskal Herriak Askatasuna behar du!

Euskal Herria a besoin de Liberté!

Face au procès 33/01,contre le mouvement pro-amnistie, nous voulons exprimer ce qui suit :

Dénoncer la dispersion n’est pas un délit. C’est la situation d’exception créée en conséquence de la dispersion et les mesures extrêmes qui depuis des décennies sont la règle contre le collectif de prisonniers et prisonnières politiques, qui constituent le délit.

Dénoncer la torture n’est pas un délit. La torture elle-même et la machinerie qui la protège sont un délit: les tribunaux d’exception, la loi de mise au secret, et en définitive l’espace d’impunité qui rend possible la torture sont les éléments qui configurent le délit.

Dénoncer la répression et protéger les personnes qui en souffrent n’est pas un délit. La violence et violation des droits par les Etats sont un délit.

La solidarité n’est pas un délit. La criminalisation et les attaques contre le mouvement qui protège les prisonniers et prisonnières et des milliers de personnes qui souffrent la répression en Euskal Herria sont un délit.

Aider et protéger les personnes prisonnières, exilées et leurs familles n’est pas un délit; la persécution et violation des droits réalisées avec le but d’en finir avec ces collectifs sont un délit.

Ce qu’ils ont judiciarisé et qu’ils prétendent juger, ce sont la dénonciation de la violence et répression de l’Etat, tout comme la solidarité envers les personnes emprisonnées et exilées. Ils veulent écarter le témoin qui signale le caractère non démocratique des Etats espagnol et français, en les démasquant devant la société basque et du monde. Le mouvement pro-amnistie a offert et continue à offrir à ce peuple, un espace pour dénoncer la répression et la solidarité. Un espace dans lequel, avec des milliers de personnes et agents sociaux, nous sommes participants.

A cette occasion où à l’Audiencia Nacional de Madrid on prétend juger le mouvement pro-amnistie, nous nous sentons aussi jugés, vu que nous avons participé à une infinité d’initiatives de solidarité et dénonciation de la répression, et dans le futur, nous voulons continuer à y participer.

Par conséquent;

  • Nous nous réaffirmons dans l’engagement que nous avons dans l’espace que le mouvement pro-amnistie nous offre pour la dénonciation de la répression et la solidarité avec les victimes de la répression.

  • Nous offrons toute notre solidarité et soutien au mouvement pro-amnistie et les 27 personnes qui sont en train d’être jugées, pour qu’elles continuent à faire leur travail, que nous estimons nécessaire en Euskal Herria.

  • Nous revendiquons l’amnistie. Nous estimons nécessaire la disparition des tribunaux , lois et mesures d’exception, comme ce procès, par lesquels les Etats, violent les droits basiques en Euskal Herria. Nous revendiquons la reconnaissance des prisonniers et prisonnières politiques, et tous leurs droits. Nous revendiquons l’amnistie pour Euskal Herria. Nous estimons que la liberté des prisonniers et le retour des exilés, sont nécessaires, dans le chemin vers un futur dans lequel Euskal Herria décide son futur en liberté.

 

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Le mouvement pro-amnistie est le constat que ces 30 dernières années l’Etat espagnol a utilisé en Euskal Herria toutes et chacune des méthodes de violence à sa portée, tant dans la répression directe du conflit basque que dans la répression sur des centaines de luttes populaires.

Il a négligé toutes considérations éthiques mais n’a pas négligé à la dépense. Il a appliqué la violence d’Etat de manière brutale. Fusillés, prisons d’extermination, guerre sale, tribunaux d’exception, torture, répression brutale de mobilisations populaires, dispersion des prisonniers, restriction des libertés publiques, prolongement arbitraire de condamnations, illégalisations, amendes, raclées, montages policiers.

Cette pratique répressive a été dirigée contre des travailleurs, étudiants, prisonniers, familles des prisonniers, élus, sans emplois et militants abertzales. La conséquence directe en est l’existence de milliers de personnes victimes de la répression dans notre peuple. Des hommes et des femmes qui ont vécu elles-mêmes la répression ou dans leur entourage familial ou cercle d’amis.

C’est cela le mouvement pro-amnistie et pas autre chose. C’est cela et pas autre chose qu’ils veulent juger, condamner, interdire et incarcérer dans le procès qui aujourd’hui 21 avril commence à L’Audiencia Nacional.

Le Gouvernement espagnol sait qu’il a un grave problème avec l’ensemble des victimes de la répression dont il est à l’origine par des décennies de répression. Le Gouvernement espagnol (et de la même manière le français) a un grave problème, car reconnaître politiquement l’existence de ce collectif c’est reconnaître l’usage de la répression et c’est reconnaître donc la nécessité d’une issue démocratique à cette situation. C’est pour cela qu’il est vital de nier l’existence des victimes de la répression, c’est pour cela qu’il essaye même d’effacer toute trace de mémoire ou réalité à ce sujet, retirant des plaques commémoratives comme à Zizurkil ou interdisant des actes en souvenir ou hommage aux victimes de la répression.

Le Gouvernement espagnol sait qu’en Euskal Herria il ne s’affronte pas seulement à une demande majoritaire pour l’autodétermination et la territorialité, mais aussi pour l’amnistie, le départ des forces d’occupation et la restitution des droits.

Et précisément pour dénaturer le premier volet il est nécessaire de cacher et en terminer avec le second.

Dans cette lutte pour l’amnistie et la restitution démocratique, cela fait trois décennies que nous dénonçons l’action répressive d’un tribunal d’exception comme l’Audiencia Nacional, héritier ce ce tribunal franquiste appelé TOP (tribunal d’ordre public/ndtr).

Aujourd’hui la demande en Euskal Herria de fermeture et fin de ce tribunal est aussi majoritaire dans la société basque. C’est pour cela qu’il n’est nullement surprenant que maintenant le dit tribunal tente de nous enlever de la scène. Il s’agit d’une très ancienne tactique des nantis consistant à ce que le dénoncé agisse contre le plaignant. Aussi ancienne que cette version disait dit que c’était les rouges qui avaient brûlé Gernika en 36.

Car mettons nous à réfléchir comment est monté ce procès contre le mouvement pro-amnistie: Ce sont les forces de police (Garde Civile, Police Espagnole, Ertzaintza) qui de toute l’Europe reçoivent le plus de plaintes pour violation des droits (torture, charges policières, persécutions, agressions) , qui se chargent de réaliser les rapports accusateurs qui ensuite sont validés par un tribunal qui, précisément, est le tribunal qui de toute l’Europe reçoit le le plus de plaintes politiques exigeant sa fermeture.

Face à cette situation et comme méthode de dénonciation de la nature non démocratique de ce tribunal, nous voulons donner à connaître que nous renonçons à y exercer tout type de défense juridique.

C’est à dire, que nous renonçons à nous défendre dans les termes d’un procès classique. Nous nous refusons d’apporter des preuves, à discuter des rapports, à réaliser des expertises et en somme, à participer à une farce judiciaire qui concède un quelconque type de crédibilité démocratique à ce tribunal. Nous ne sommes pas non plus disposés à opter pour une défense collective des 27 poursuivis, ni défense des organismes politiques auquels nous appartenons, ni défense des droits civils et politiques qui nous assistent, parce que précisément ces droits ne peuvent être négociables ni judiciarisés. Nous ne reconnaissons à ce tribunal d’exception aucune légitimité pour cela. Mais ce à quoi nous n’allons jamais renoncer c’est notre propre dénonciation de la répression, ni en Euskal Herria dans la rue ni quand nous serons comme maintenant, face à un tribunal d’exception comme l’est l’Audiencia Nacional. Nous avons la responsabilité politique de rappeler à Euskal Herria et de montrer à l’Etat ce qu’on été 30 années de répression, imposition et impunité de la part des pouvoirs politiques et judiciaire espagnols envers notre peuple. La bataille idéologique et politique dans ce procès n’est pas la légalité du mouvement pro-amnistie mais l’illégalité de la répression. Ils veulent rendre invisible la répressions, ils veulent la totale impunité pour continuer à réprimer 30 années de plus.

Les milliers de personnes victimes de la répression de ce peuple nous serons les premiers à ne pas pas le permettre.

Madrid

Madrilen, 2008ko Apirilaren 21ean.

27 auziperatuak

(traduction cspb)

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CHRONIQUES DU PROCES

 

28/05/08

Session 21

La partie documentaire est reportée et commencent les écoutes téléphoniques

La phase de procédure du traitement de la lecture de documents ne peut être conclue, compte tenu du nombre important d’écrits en euskera propres au Mouvement pro Amnistie ou de notes apparues dans la presse, ce qui fit décider la présidente à passer -décision douteusement orthodoxe, juridiquement parlant- à la phase suivante du traitement des écoutes téléphoniques, en attendant que les écrits soient traduits.

Il est à noter l’attitude du procureur devant les documentations proposées par lui-même, qui ne prêta aucune attention à leur traitement, surtout face au fait que plusieurs de ces documents, comme l’a averti la défense, apparaissent comme répétitifs. “C’est parce que dans ceux-ci sont mentionnées plus d’une personne” justifia-t-il, sans se préoccuper de les identifier, pour éviter l’énervement que produisait la lecture répétitive, pendant qu’il continuait à travailler sur son ordinateur portable.

Le traitement de l’audition des écoutes téléphoniques s’initia avec celles pratiquées à l’encontre de Iñaki Reta, dans lesquelles il parlait avec d’autres compagnons sur l’organisation de conférences de presse, d’organisation de l’acte politique “Askatasunaren Taupadak” ou de l’acte de réception du corps du militant de ETA mort Ekain Ruiz.

 

27/05/08

Sessions 19 et 20

Une preuve documentaire incompréhensible

La continuation du traitement de la preuve documentaire présentée par le procureur et qui, on suppose, sera utilisée pour soutenir l’accusation, est en train de servir pour dévoiler le travail public et notoire que développait le Mouvement Pro Amnistie. Ainsi, les documents apportés sont des articles apparus dans le journal GARA qui se réfèrent à des situations de violations de droits de l’homme dérivés de la pratique de guerre sale, de l’application de la torture ou de la politique pénitentiaire. Les notes de presse reprennent des déclarations publiques réalisées par des responsables de ce mouvement – Julen Zelarain, Maite Diaz de Heredia, Josu Beaumont, Iker Zubia, Julen Larrinaga, Jagoba Terrones, Txema Olabarrieta…- dans lesquelles ils dénonçaient les faits ou leurs responsables politiques, montraient la solidarité avec la victime ou faisaient des propositions ou organisaient des campagnes d’activation sociale pour que ces faits ne se reproduisent pas.

Il faut souligner les difficultés de compréhension que génèrent ces articles entre les membres et le personnel du tribunal, démontré par la difficulté dans laquelle se trouve le secrétaire pour en faire une simple lecture cohérente, faisant référence à des termes politiques, processus de débat, slogans en euskera, campagnes -Alde Hemendik, Txapela metalika, Elkarrekin Eraiki…- de reconnaissance aisée dans le panorama politique basque, mais méconnus, sans doute, dans d’autres territoires et concrètement par le tribunal, qui prétend juger ce qu’il peine à comprendre.

 

26/05/08

Sessions 17 et 18

La lecture de documents se poursuit

La preuve documentaire a continué avec la lecture de la part du secrétaire, avec des erreurs continues d’interprétation et des difficultés de traduction, de plusieurs documents saisis dans les registres des locaux de Gestoras et Askatasuna. Dans ceux-ci sont reprises des campagnes référantes à la revendication du rapprochement de prisonniers basques et de la fin de la politique de dispersion, ainsi que des rapports sur la création du projet dénommé en interne “txapela metalika” qui consistait en une plate-forme de personnalités de reconnu prestige social, qui réclamait une scène démocratique de base. Ce projet se vu frustré avec l’opération menée en octobre 2001 contre Askatasuna.

A également été donnée lecture de plusieurs notes de presse dans lesquelles Juan Mari Olano, coordinateur national de Gestoras Pro Amnistie faisait des déclarations publiques sur des questions en relation avec la situation des prisonniers ou, par exemple, en référence à la mort de quatre militants de ETA dans le quartier Bolueta de Bilbo.

 

21/05/08

Session 16

Commence la pratique de la preuve documentaire

A ce moment du procès commença la lecture des documents qui servent au Parquet pour articuler leur accusation, parmi lesquels figurent des papiers aussi disparates comme des agendas avec des annotations de réunions, manifestations, conférences de presse, ou des documents sur la valorisation des activités et campagnes propres à Gestoras, comme l’est la “planification de solidarité pour Noël” qui concrètement, fut mentionnée. Aussi s’effectua la lecture de lettres publiques, envoyées à des responsables politiques ou institutionnels demandant leur réflexion ou agissement sur des problèmes tels que les droits des prisonniers basques dispersés dans des prisons de tout l’Etat, la situation de ceux qui ont accompli les ¾ de leur peine ou de ceux qui souffrent de maladies incurables et devraient être remis en liberté.

Des documents comptables furent visionnés sur un écran, dans lesquels, sans une explication rationnelle sur ce qui était visionné, ce qui donnait l’impression d’être un un galimatias, qui incluaient en réalité des recettes pour la mise en place de stands -barraques de fêtes-, pour des “tirages au sort solidaires” ou la distribution de coupons de loteries dans différents villages et quartiers.

 

20/05/08

Sessions 14 et 15

La fondation de Askatasuna

La dernière partie de la déclaration de l’expert de la Police Nationale porta sur le processus “Elkarrekin eraikiz” traduit comme “construisant ensemble” et qui mena à l’unification de l’organisme Gestoras Pro Amnistie, qui travaillait dans le sud d’Euskal Herria avec son homologue dans le nord Koordinaketa. Le dit processus de fusion, aboutit en décembre 2001, quelques jours après l’opération d’octobre qui se solda avec la détention de 14 responsables de Gestoras, avec la présentation publique de Askatasuna au palais Kursaal de Donostia. Un processus similaire fut mené par les organisations de familles de prisonniers de part et d’autre des Pyrénées, Senideak et Gureak, pour former l’organisation actuelle, qui englobe les familles dans Etxerat!. Selon l’interprétation de l’expert, ces processus de création d’organismes à caractère “national” ne seraient pas un acte spontané mais répondraient à “une directive de ETA fixant qu’il faut opérer en terme national, comme si la frontière franco espagnole n’existait pas”. Ainsi, si le processus de fusion n’avait pas pour objectif de “contourner l’interdiction d’activités de Gestoras”, comme indiquait le procureur, vu que ce processus était en marche longtemps avant l’intervention policière, “suivant l’instruction de ETA apparue dans le bulletin Zutabe de 1995”.

La session se termina avec l’intervention de deux membres de la Direction générale des Services d’Intelligence de la Garde Civile qui firent la lecture de notes de presse avec des déclarations de Juan Mari Olano, où ils assuraient qu’étaient “faites des menaces contre des partis politiques, fonctionnaires de l’Etat et autres institutions publiques”. La juge leur demanda qu’ils fassent une exposition des faits et qu’ils lui laissent à elle “ en faire la qualification juridique”.

 

19/05/08

Sessions 12 et 13

L’expert de l’UCI mélange les responsabilités

L’expert numéro 19.242 mentionna la responsabilité de Gestoras dans l’organisation d’actes en hommage à des membres de ETA morts, comme c’est le cas de Olaia Kastresana. Lors de la lecture du scénario du discours, saisi lors d’une perquisition d’un local, il a lu “nous faisons l’apologie de la résolution politique, nous faisons l’apologie de la paix”.

Dans un autre document sont mentionnées des responsabilités concrètes dans les différents secteurs de Gestoras, établissant celle de coordination nationale, des prisonniers, réfugiés, solidarité, libertés démocratiques, internationales, presse…en plus de celles dérivées de l’aire territoriale qu’elle soit provinciale, ou locale. Une mention indiquant que seulement en Bizkaia il y aurait 587 militants de l’organisme antirépressif, mena le procureur à douter sur le caractère de l’association: “cela en fait une organisation de masses ?”, demanda-t-il à l’expert voulant nier ce caractère pour considérer que c’est une organisation de cadres, cadres en plus dédoublés dans Ekin. Celui-ci répondit que “pour une population comme la basque et faisant référence à une seule province, c’est un chiffre respectable”.

Concernant les responsabilité qu’ils développent, il manifesta que celles-ci ne peuvent exister que “sous la stricte confiance d’autres organisations proches”, faisant le lien avec certains des accusés avec d’autres activité militantes qu’ils auraient développé antérieurement dans d’autres organisations, comme Jarrai, Kas ou Ekin, sans que ce fait ait toujours une relation avec la réalité.

 

14/05/08

Session 11

La “thèse” de l’accusation se poursuit

Comme lors des sessions précédentes, le numéro 19.242 de l’Unité Centrale d’Intelligence de la Police Nationale tenta d’expliquer le rôle de contrôle qu’avait KAS et ensuite Ekin sur “l’ensemble du Mouvement Basque de Libération Nationale”. Dans le dit organigramme, “des membres de Ekin contrôlaient les activités de Gestoras” telles que la campagne Alde Hemendik- qu’ils s’en aillent!!!, par laquelle était réclamé le retrait des Forces et Corps de Sécurité de l’Etat, où il seraient “dédoublés”.

De plus, interprétant des documents saisis au membre de ETA Dorronso Malaxetxebarria lors d’une opération à Paris en 1993, il concluait que “les avocats auraient servi de courrier entre ETA et les prisonniers politiques”. Il faut rappeler que l’activité des avocats n’est pas jugée, pourtant en ayant dédié à cette question une grande partie des sessions sans que la juge n’interrompe la déclaration, comme elle l’a fait dans des cas antérieurs.

 

13/05/08

Sessions 9 et 10

Experts policiers

Le policier 19.242, membre de l’UCI, a conduit la preuve présentée par le Ministère public. Après avoir confessé ouvertement que les connaissances qui l’habilitent comme expert -et donc comme expert scientifique et impartial- se réduisent à sa “participation pendant 25 ans dans la lutte antiterroriste” et avoir été actif dans l’investigation du présent dossier, ainsi que dans le dossier 18/98, il commença son récit. Dans celui-ci, conduit par les questions du procureur, il a reconnu que pendant l’instruction du dossier contre le mouvement pro-amnistie furent perquisitionnés les cabinets des avocats à Hernani et saisis des documents sur leurs clients, “clonés” par la police dans leurs ordinateurs et ensuite apportés au dossier.

En faisant référence aux origines de Gestoras, il remonta aux années 70 soulignant que dans ces dernières années du franquisme “existaient beaucoup d’organisations sociales et politiques interdites et le nombre de personnes emprisonnées pour des délits d’opinion ou pour des délits violents par motivations politiques était très élevé”.

Il signala qu’en Euskal Herria s’articula un large mouvement social à travers des commissions qui revendiquaient l’amnistie et la libération des prisonniers. Après l’amnistie de 1977 “ETA-militaire entendit que c’était une “fausse” amnistie, vu que le nouveau système juridique arborait un déficit démocratique en ne reconnaissant pas la territorialité et l’autodétermination” et continua à pratiquer la lutte armée pour obtenir que soient reconnues ses demandes de la part de l’Etat espagnol. Dans ce contexte, l’expert a dit “que les prisons rapidement se remplirent à nouveau de prisonniers” ceci expliquant que ressurgisse le mouvement pro-amnistie, mais il a soutenu qu’à partir de là “il n’était constitué que de personnes liées à la gauche abertzale et qu’ils réclamaient l’amnistie des prisonniers de ETA”.

Face à cet intérêt de ETA pour l’activité de ce mouvement, dans ses explications suivantes l’expert tenta d’expliquer comment, par l’intermédiaire de KAS et après de EKIN, Gestoras Pro Amnistia était contrôlée par ETA.

 

12/05/08

Session 8

Les 13 témoins présentés par les accusés finissent de déclarer _ Gestoras-Askatasuna

Lors de cette session ont participé six témoins qui ont transmis leur témoignage de violence étatique devant le tribunal présidé par Teresa Palacios. La première d’entre elles, Carmen Mañas, fit part de la détention des ses fils et de la situation “sans défense” dans laquelle se trouva sa famille à ce moment, ce pourquoi elle a indiqué avoir pris contact avec Gestoras Pro Amnistia pour “savoir que faire et comment affronter cette situation”. A cause de la répression contre les jeunes, et pour dénoncer les “montages policiers” qui étaient réalisés contre eux, pères et mères s’organisèrent autour de l’association Gurasoak. Mañas a déclaré que le 13 mars 2004 un Policier espagnol tua son mari Angel Berrueta car il l’avait identifié avec cette association, fait qu’elle a considéré comme un assassinat “politique” et “terrorisme d’Etat”.

Andoni Txasko commenta les faits du 3 mars 1976, quand la Police Armée tua 5 ouvriers qui réalisaient une assemblée dans une église de Gasteiz, étant lui-même blessé. Il a dit qu’il connaissait Gestoras, pour sa participation à la plate-forme qui demande encore aujourd’hui la reconnaissance et réparation pour les victimes de ces faits.

Kontxi Luna, compagne de Jose Maria Sagardui “Gazta” qui prochainement accomplira 28 ans en prison, considéra comme “vengeance” la politique menée contre son mari et contre les familles des prisonniers politiques. Elle se demanda, qui les aidera à “donner une voix aux violations des droits dont souffrent les prisonniers”, si disparait le mouvement pro amnistia. Elle a dit sentir de la “peur” face à une telle situation. Cette situation de violation des droits dans les prisons fut corroborée par Itsaso Idoiaga, médecin qui travaille dans l’assistance aux prisonniers malades.

En termes similaires s’exprima Mattin Troitiño, fils et frère de prisonniers politiques. La présidente du tribunal coupa son intervention, lui demandant de ne pas raconter de “films”.

 

07/05/2008

Déclarations des témoins présentés par les accusés

Les personnes jugées, qui avaient renoncé à la défense juridique, et par le fait à la grande majorité de leurs témoins, ont demandé à leurs avocats que déclarent 14 témoins qui pourraient montrer devant le tribunal la dimension de la répression de l’Etat et les fonctions qu’avaient face à ces cas les organismes jugés. Les 7 premiers témoins proposés ont parlé de leurs expériences dans des cas de torture, de conditions pénitentiaires inhumaines ou d’assassinats de la part du terrorisme d’Etat ou de corps policiers et forces de sécurité de l’Etat.

Ainsi, le directeur de “Euskaldunon Egunkaria”, Martxelo Otamendi, a dénoncé qu’il fut torturé par la Guardia Civil, tout comme Unai Romano. Edurne Brouard et Arantza Lasa ont évoqué la mort de leurs proches aux mains du GAL, de même que Goreti Ormazabal, soeur de Juan Mari Ormazabal mort par balles de l’Ertzaintza à Bilbo; Maria José Campos a évoqué les conditions de vie dans lesquelles se trouve son mari, malade incurable aujourd’hui en prison tout comme Esteban Nieto, dont la maladie contractée en prison le mena jusqu’à la mort.

La magistrat Teresa Palacios a éssayé d’éviter ces témoignages, interrompant les témoins et leur demandant qu’ils s’en tiennent à leur relation avec le mouvement pro-amnistie. En ce sens, les témoins ont évoqué que ce mouvement leur avait offert soutien et solidarité, en ces moments de “détresse, confusion et impuissance”, selon les paroles de Goreti Ormazabal. La fille de Santi Brouard, leader de Herri Batasuna assassiné par le GAL, a indiqué qu’il “existe tout un mouvement de solidarité qui dénonce et qui soutient ceux qui ont souffert la violence de près”.

06/05/2008

L’ERTZAINTZA EVOQUE DES SABOTAGES CONTRE LE POUVOIR JUDICIAIRE

Des agents de la police autonomique basque ont continué à présenter par vidéo-conférence leurs rapports de police en référence à différents sabotages contre des tribunaux de leur juridiction, la Communauté Autonome basque.

Avec ces témoignages, le procureur prétend étendre de façon générique la responsabilité morale de ces sabotages aux inculpés, qui ont dénoncé publiquement l’action de la justice espagnole en référence au conflit basque. Lors de ces témoignages, il n’y eut qu’une mention individuelle, pour Aratz Estonba, évoquant qu’il fut détenu après une manifestation en solidarité avec les prisonniers pour un délit d’attentat. Estonba, fut jugé pour ces faits et fut relaxé.

 

30/04/2008

Comparution des membres de l’Ertzaintza

Après le tour de la la Guardia Civil, des agents de la police Autonomique basque témoignent au procès à travers un système de vidéo conférence. Ainsi, treize agents se sont limité à faire part des rapports établis après les attaques avec des explosifs artisanaux qu’on subi les tribunaux de localités comme Ordizia

Oiartzun, Eibar, Villabona, Portugalete, Bergara, Zornotza, Leioa, Ondarroa et Durango.

En déclarant dans la pénombre pour éviter d’être reconnus, et avec une lamentable qualité technique, les agents montraient des rapports et reportages photographiques avec les dégâts matériels occasionnés dans les tribunaux. Ils ont aussi montré des données faisant référence à des graffitis ou des pancartes apparues dans les alentours des lieux des faits et sur la répercussion qu’eurent dans la presse les revendications des auteurs sur la raison des attaques. Toutes faisaient référence à la situation des prisonniers politiques, à des situations répressives concrètes ou au rôle répressif qui est attribué au pouvoir judiciaire.

De cette façon, on suppose que les accusations prétendaient démontrer le lien des accusés avec ces attaques, même indirectement, en ayant signalé ou critiqué ceux qui ont subi ces attaques.

29/04/08

Comparution des Gardes Civils

Quatre agents de la Guardia Cvil, qui avaient instruit les dossiers ouverts suite aux arrestations de Ibon Aranalde et Susana Atxaerandio, ont déclaré en qualité de témoins protégés de l’accusation lors d’une très brève session. Ils ont soutenu que les détenus avaient déclaré que Maite Diaz de Heredia était responsable en Araba de Gestoras pro Amnistía et Xabin Juaristi responsable en Gipuzkoa d’ Askatasuna -faits qu’ils ont reconnu lors de la première audience du procès-. Les gardes civils ont assuré que les détenus, dans leurs déclarations au commissariat, leur avaient “commenté” le système de financement et la structure interne des organismes antirépressifs. Ils ont dit que ces organismes se finançaient à travers des “loteries, tables -stands mobiles qui se préparent pour les fêtes- lots par tirages au sort et tirelires placées dans des bars”. Quant à la structure, ils ont parlé de l’existence de niveau “national, provincial, cantonal et local”.

Le Ministère Public et l’avocat de l’AVT ont essayé de démonter les dénonciations de torture réalisées la veille par les trois basques victimes de la répression qui ont déclaré comme témoins, suite à la proposition de l’accusation. Les trois gardes civils, dans le même sens que leur compagnon de la veille, ont dit que les déclarations des détenus furent réalisées avec la présence d’un avocat commis d’office et qu’ils furent informés de leurs droits. Qu’aucun d’entre eux n’avait eu la moindre procédure ou problème par rapport à ces faits. L’un d’eux, a assuré: “pas dans ce cas”.

Les avocats de la défense n’ont pas participé à l’interrogatoire, comme l’avaient sollicité les accusés.


28/04/08

Déclarations de témoins de l’accusation

La décision des personnes poursuivies de renoncer à la défense judiciaire, après la première session, a modifié le calendrier que le Tribunal avait conçu, réduisant le nombre et la durée des sessions.

Pendant le tour des témoins de l’accusation, ceux-ci ont appelé trois citoyens basques qui éclairciraient quelques unes des accusations présentées contre les membres du Mouvement pro Amnisite. Si dans le cas des déclarations de Susana Atxaerandio et de Ibon Aranalde, on ne prétendait seulement qu’à présenter la filiation à Gestoras-Askatasuna dans le cas de Maite Díaz de Heredia et Xabin Juarista –fait qu’eux-mêmes ont déjà reconnu publiquement- la déclaration de Jorge Olaiz a quant à elle, été plus significative, vu qu’il avait déclaré après sa détention que le responsable de Gestoras Josu Beaumont lui avait fait parvenir une lettre pour le mettre en contact avec ETA. Olaiz a décrit qu’après sa détention en décembre 2001, deux mois après la détention de 14 membres de Gestoras, la Garde Civile l’avait obligé au moyen de tortures, à réaliser la dite déclaration contre Josu Beaumont. Une fois devant le juge, Olaiz nia ce fait, dénonçant le traitement souffert. Maintenant en qualité de témoin, il a ratifié que ces déclarations “ne furent pas volontaires mais préparées au commissariat”.

Le juge Carlos Bautista, et l’avocat de l’AVT essayèrent de discréditer ses déclarations arguant du fait qu’il n’y ait eu aucun procès contre les agents qui avaient participé en leur jour à leur prise de déclaration.

Les trois témoins ont dénoncé que pendant les interrogatoires il avaient été torturés. Atxaerandio fit référence à “des coups, humiliations, abus sexuels et vexations”, Aranalde a dit que quand il avait déclaré il était “annulé psycologiquement” et en référence à l’investigation de ces faits, Olaiz a dit qu’il “avait déposé une plainte pour tortures, mais personne en l’a plus interpelé sur ces faits.

La session conclut avec la déclaration du garde civil qui avait pris la déclaration d’Olaiz pour assurer que ses manifestations avaient été “préparées de façon spontanée”. Devant ce lapsus, la présidente du Tribunal lui demanda de se corriger, ce après quoi, se rendant compte de l’erreur, il a assuré que les déclarations de Jorge Olaiz au commissariat avaient été “volontaires” et que jamais ils n’avaient eu de “problèmes judiciaires par rapport à ces faits”.

GARA 21/04/2008 logoa.gif

PROCÈS CONTRE GESTORAS ET ASKATASUNA

Les personnes jugées renoncent à leur défense juridique parce-que « la sentence est écrite »

Le procès contre le mouvement pro-amniste reprendra lundi prochain, une fois que les 27 citoyens basques poursuivis aient conclu aujourd’hui leur comparution. Les personnes poursuivies ont renoncé à leur défense « en termes de procès classique », vu que « nous ne reconnaissons au dit tribunal d’exception aucune légitimité » pour les juger. Ils ont fait remarqué que leur labeur dans le mouvement pro-amniste consistait à travailler en faveur des droits des prisonniers et faire connaître la dénonciation politique de la répression tant en Euskal Herria que dans le contexte international et ils ont souligné que la sentence contre eux « était écrite ».

 

DONOSTIA-. Les 27 citoyens basques poursuivis dans le procès contre le mouvement pro-amnistie ont repris le chemin de retour vers Euskal Herria, une fois que leurs comparutions devant le tribunal, initialement prévues jusqu’à mercredi, ont conclu dès aujourd’hui.

Les comparutions reprendront lundi prochain, avec les déclarations des témoins sollicités par le Ministère Public et par l’AVT. La défense ne présentera qu’un vingtaine de témoins des 270 qui avaient été proposés initialement, conformément à la volonté exprimée par les personnes poursuivies de renoncer à leur défense juridique, selon annonce faite par l’avocate Amaia Izko au terme comparutions.

La liste des témoins de la défense sera communiquée par écrit à la salle et sera connue demain.

Olano, le premier à déclarer

La première session du procès contre Gestoras pro Amnistía et Askatasuna a commencé à 10.20 ce matin au pavillon dont dispose l’Audiencia Nacional espagnole à la Casa de campo de Madrid.

Le premier à prendre la parole a été Juan Mari Olano, qui s’est nié à répondre aux questions du procureur Carlos Bautista ainsi qu’à celles de l’accusation popuplaire qu’exerce l’association de Victimes du Terrorisme (AVT), répondant seulement aux questions de sa défense.

Questionné par sa défense sur le pourquoi de sa négation à répondre au procureur et accusation, il a expliqué qu « ce tribunal est à des milliers de kilomètres de l’impartialité » et que « la sentence à leur encontre est écrite parce que l’instruction s’est déroulée avec un objectif politique ».

Olano a signalé qu’il n’attent « aucune sorte de justice » et s’est montré certain que le tribunal composé par les magistrats, Teresa Palacios, Carmen Paloma González Pastos et Juan Francisco Martel, « va le condamner ».

Pour ce motif, Olano, pour qui le procureur sollicite 10 ans de prison sous l’accusation « d’appartenance à organisation terroriste », comme pour le reste des accusés, il a décidé de renoncer à sa défense, bien qu’il a indiqué qu’il viendra toutes les fois qu’il sera appelé par le tribunal.

Défense des droits humains

Avant de faire part de son renoncement, la zaldibitarra a rappelé qu’il travaille depuis de nombreuses années pour le mouvement pro-amnistie et a assuré que pendant ce temps il s’est réuni avec des syndicats, institutions et organisations populaires pour « défendre les droits humains » des citoyens d’Euskal Herria.

En ces ens, il a dénoncé qu’en Esukal Herria « les droits civiques ne sont pas respectés, ni les politiques » et qu’il existe un « système pour maintenir la répression ».

Ainsi, il a déclaré que « par la voie répressive il n’y a pas de solution » car, à son avis, « il est nécessaire de repecter la décision d’Euskal herria à travers le dialogue et la négociation ».

Olano s’est intérrogé du pourquoi les citoyens basques ne sont pas consultés « sur ce qu’ils veulent » et a assuré que depuis le mouvement pro-amnistie ils ont essayé d’ «envoyer ce message » aux gouvernements espagnol et français.

« Vous me condamnerez mais vous ne me jugerez pas »

« avec les mesures répressives on ne fait qu’alimenter le conflit et il est de la responsabilité de tous de créer le contexte pour le dialogue; les eukaldunes veulent seulement cela », a t-il ajouté.

« Pour terminer je vais dire que ce tribunal me condamnera mais ne va pas me juger. Pour ces raisons, j’annonce que je vais me nier à la défense judiciaire, et celles-ci sont mes dernières paroles ici », a terminé Olano.

Les autres accusés, comme Juan Mari Olano, ont seulement répondu aux questions de leurs avocats. Ils ont expliqué le travail qu’ils exerçaient dans le mouvement pro-amnistie et aussi ils ont souligné le caractère politique du procès. Tous ont terminé leurs interventions en renonçant à leur défense.

La présidente du tribunal répond

Le dernier à comparaite a été Asier Birunbrales et, une fois qu’il a terminé, la présidente du tribunal, Teresa Palacios, a pris la parole pour répondre à la dénonciation politique du procès et l’impartialité du tribunal qu’ont réalisé les 27 basques mis en cause.

« On ne fait pas le procès de l’Audiencia Nacional, par rapport à ce que vous avez manifesté. Nous ne jugeons pas des idéologies mais des activités délictueuses ».

Manifeste

les accusés ont rendu public à travers le page web www.askatu.org un manifeste par lequel ils expliquent leur position face au procès qui a commencé aujourd’hui à Madrid. Ils y indiquent qu’ils sont « la conséquence directe de l’existence d’un collectif de milliers de victimes politiques de la répression dans notre peuple ». Ils ajoutent, « c’est cela et pas autre chose qu’ils veulent juger, condamner, interdire et incarcérer ».

« le Gouvernement espagnol sait qu’il a un grave problème avec l’ensemble des personnes victimes de la répression dont il est à l’origine. Le Gouvernement espagnol (et aussi le français) a un grave problème parce que reconnaitre l’existence de ce collectif c’est en reconnaitre leur usage (…), pour cela il est vital de nier l’existence des victimes de la répression », explique le manifeste.

Les accusés annoncent, qu’ils renoncent à se défendre en termes de procès classique, c’est à dire, ils se nieront pendant tout le procès à apporter des preuves, discuter les rapports, et en somme, « à participer à une farce judiciaire qui octroie une quelconque forme de crédibilité démocratique à ce tribunal ».

« Ils veulent rendre invisible la répression, ils veulent une totale impunité pour continuer pendant 30 ans de plus. Les milliers de victimes de la répression de ce peuple, nous serons les premiers à ne pas le permettre », termine le communiqué.

27 personnes poursuivies

Aratz Estonba, Maite Díaz de Heredia -actuellement en prison depuis l’opération d’octobre contre Batasuna-, Julen Zelarain, Jagoba Terrones, Julen Larrinaga, Jon Imanol Beaskoa, Ainhoa Irastorza, Gorka Zulaika, Iker Zubia Alex Belasko, Josu Beaumont, Juan Mari Olano, Gotzon Amaro, Jorge Txokarro, Gari Arriaga, Txema Olabarrieta, Jorge Luis Arredondo, Aitor Jugo, Maitane Mendez et Mitxel Sarasketa sont les 20 citoyens basques qui à partir d’aujourd’hui s’assoient sur le banc des accusés de l’Audiencia Nacional sous l’accusation d’appartenir aux Gestoras pro Amnistía. Quant à Asier Birunbrales, Xabin Juaristi et Iñaki Reta ils sont accusés par l’instructeur du dossier 33/01, Baltasar Garzón, d’être militants d’Askatasuna; l’avocat Julen Arzuaga, pour son appartenance à Behatokia; et tant Juan Antonio Madariaga, Ixone Urzelai comme Iñaki Loizaga pour leur participation à l’asociation Senideak.

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PROCES SOMMAIRE CONTRE UN MOUVEMENT IMPARABLE

Le banc de la Casa de Campo, tristement connu en Euskal Herria pour le « cas 18/98 », attend aujourd’hui 27 citoyens basques de plus. Ils s’agit, à nouveau, de personnes avec une trajectoire absolument publique et non seulement connue, mais reconnue. Leur travail basique n’a été autre que la défense des droits des prisonniers basques, réfugiés, déportés ou détenus. Ce n’est pas un travail différent de celui que développent des militants pour les droits humains dans d’autres points de la planète en conflit, au Tibet pour citer l’exemple le plus actuel, et en certaine occasions reçoit tous les encouragements du système. Il peut se concevoir, même, comme un travail de contrôle indispensable dans n’importe quel endroit qui se prétende démocratique. Et il doit l’être, sans doute, dans un pays comme Euskal herria qui accumule tous les records de la répression en Europe Occidentale: les condamnations les plus longues, le pourcentage le plus élevé de de prisonniers, le plus fort taux de présence policière, le régime de détention le plus dur, le pourcentage le plus élevé de dénonciations de tortures, le nombre le plus élevé d’illégalisations…

Un procès comme celui-ci, dans lequel on ne juge autre chose que ce travail de vigilance, dénonciation et solidarité, serait contemplé comme un scandale n’importe où dans le monde. Mais spain is different. Comme l’est également la position passive d’une bonne partie des agents basques. Des agents qui par contre, et seulement pour gagner du label et applaudissement facile de Madrid, n’hésitent pas à effacer à Zizurkil le signe en souvenir d’une personne morte au commissariat -Joxe Arregi- et une autre morte dans de très curieuses circonstances qu’ils n’ont jamais été éclaircies -Joselu Geresta-.

L’impunité espagnole et l’indifférence basque ont créé une situation telle que ces 27 basques arrivent sur le banc avec une conviction claire: il n’y a même pas de marge pour la défense judiciaire. Une constatation qui confirme la nécessité d’un mouvement qui dénonce ces abérrations et protège ses victimes; un mouvement par conséquent, que sans doute, ce procès ne liquidera pas, mais au contraire réalimentera.

traduit par cspb

 

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