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Le mouvement internationaliste en Euskal Herria _ boga! 2 _ Askapena

21 07 2008

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2008/VII/09
boga! -2-

Pakito Arriaran, militant de l'ETA et du FMLN est soigné après un combat au Salvador herrien mundurantz
euskalherria internazionalista

 

**boga! dans son second numéro examine les origines du mouvement internationaliste dans notre pays. Dans le numéro 4, nous complèterons cette chronique en évoquant la fondation d’Askapena.

Le mouvement internationaliste en Euskal Herria

Cet article cite des faits relatifs à l’origine du mouvement internationaliste en Euskal Herria, pour la période correspondant à la bien mal nommée Transition Démocratique, soit de 1978 à nos jours.

Ce retour en arrière est décliné en deux périodes différentes. La première concerne le Mouvement Internationaliste en général. On y évoque le contexte politique des années 70 car c’est à la fin de cette décennie que la première expression organisée d’un internationalisme à vocation nationale voit le jour. La seconde période s’étend de 1989 à 1987 et narre la fondation d’Askapena, comme expression de l’identité basque dans le cadre du mouvement internationaliste.

Références internationales

Les années 70 sont riches en événements pour les tenants de l’internationalisme dans le monde. Le Vietnam et le Chili sont les camps retranchés où la confrontation entre l’impérialisme et les forces anti-impérialistes est au plus fort. Dans le premier cas, les forces populaires neutralisent les ressources de toutes sortes utilisées par les USA. Au Chili, c’est l’inverse : le régime d’Union Populaire est victime d’un harcèlement croissant de la part de la CIA. Cette pression impérialiste sur l’État chilien débouche sur une répression sanglante des secteurs populaires après le coup d’État de septembre 1973. La majeure partie des Forces Armées chiliennes, sous le commandement de Pinochet, se soulève contre le régime constitutionnel, renversant et assassinant le président Allende.
L’amère expérience chilienne a un impact important sur le mouvement internationaliste mondial mais, deux ans plus tard, les événements du Vietnam viennent raviver les espoirs internationalistes. En effet, les forces populaires vietnamiennes infligent une défaite retentissante à l’impérialisme yankee. Les images des Marines abandonnant l’ambassade américaine de Saigon dans la hâte, suspendus à des hélicoptères, sont restées dans les mémoires. Après la libération, l’unification est formalisée et la République socialiste du Vietnam est fondée en 1976. Les nord-américains doivent quitter le Kampuchéa de la même manière, le 17 avril 1975.

Vaincu en Asie, l’impérialisme relève la tête en Amérique Latine. Le 24 mars 1976, les militaires argentins commettent un coup d’État similaire à celui du Chili. La même férocité est employée contre les secteurs populaires, et de nombreux militants d’organisation sont tués ou disparaissent. Un exil massif de militants de gauche fuyant la terreur émane du Chili et de l’Argentine.

Ces victoires traumatisantes de l’impérialisme ne découragent pourtant pas les secteurs populaires d’autres pays de la région qui décident de prendre les armes pour le freiner. La même décennie voit ainsi le Front Sandiniste du Nicaragua accumuler des forces malgré les grands moyens dont la Garde Nationale de Somoza fait étalage. L’expansion du mouvement sandiniste débouche, en 1975, sur une crise qui voit le mouvement diverger en trois tendances distinctes. La lutte populaire se poursuit malgré tout. Les trois tendances se réunifient grâce à un accord signé le 7 mars 1979. Cela permet aux Sandinistes de rentabiliser au maximum la révolte populaire qui, à cette époque, déborde les forces du dictateur. À la mi-juin 1979, Somoza quitte le pays, et tous les appareils d’État, qui dépendaient directement de sa personne, s’effondrent. Le Front Sandiniste se trouve confronté à la structuration d’un État sur de nouvelles bases. Mais cette opportunité exceptionnelle ne dure pas car, un an plus tard, la Contra commence à harceler les Sandinistes depuis ses bases installées derrière la frontière du Honduras.

Loin d’être en reste, le Guatemala est le théâtre d’un mouvement insurrectionnel. En 1975, l’Armée de Guérilla des Pauvres accomplit sa première action militaire. L’année 1976 est témoin d’un travail d’organisation de terrain centré sur le renfort du travail de masse. Puis, en 1982, l’unité révolutionnaire prend la forme de l’Unité Révolutionnaire Nationale du Guatemala (URNG), formée des organisations suivantes : les Forces Armées Révolutionnaires (FAR), l’Armée de Guérilla des Pauvres (EGP) et l’Organisation Révolutionnaire du Peuple en Arme (ORPA).

Par ailleurs, le Salvador est la proie, au cours des années 70, d’une effervescence révolutionnaire qui se décante progressivement en la fondation de plusieurs organisations. C’est ainsi que l’on assiste à la naissance des Forces Populaires de Libération (FPL). L’année suivante, c’est le tour de l’Armée Révolutionnaire du Peuple (ERP) et de son organisation de masses, le Front d’Action Populaire Unifié (FAPU). En 1975, les Forces Armées de Résistance Nationale (FARN) font leur apparition publique, suivie du Bloc Populaire Révolutionnaire (BPR). En 1976, c’est le Parti Révolutionnaires des Travailleurs d’Amérique Centrale (PRTC). En 1977, l’organisation de masses, Ligues Populaires 28 Février (LP- 28) est fondée, bientôt suivie de l’Armée Populaire de Libération (EPL), qui entame une guerre révolutionnaire de guérilla dans le centre du pays. En 1979, plusieurs organisations de tendance communiste forment la Coordination Révolutionnaire Politico-Militaire. 1980 est l’année de la convergence et des accords entre les différentes forces populaires, démocratiques et révolutionnaires, avec la fondation du Mouvement d’Unité Populaire (MUP) dirigé par la Coordination Révolutionnaire de Masses (CRM). Puis, le Front Démocratique Révolutionnaire fait son entrée en avril 1980, suivi, en mai, de la Direction Révolutionnaire Unifiée Politico-Militaire. Enfin, résultat de ce mouvement révolutionnaire émergent, c’est en octobre 1980 que le Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN) voit le jour.

 

Références nationales

L’Euskal Herria n’est pas en reste et vit une période politique pleine d’intensité. Au sud du pays, le dictateur est mort, et ses héritiers politiques tentent de contrôler la transition limitée vers la démocratie qu’ils ont mise en place. Ils réussissent à faire adhérer à ce processus d’importantes forces politiques, légalisées et reconnues après s’être engagées à soutenir le projet de transition néo-franquiste. Toutefois, de larges secteurs populaires et révolutionnaires rejettent ce modèle de transition pactisé. Ces mêmes secteurs s’organisent comme forces de gauche, empreintes d’une sensibilité internationaliste marquée.

Au sein de la gauche basque, l’Action Nationaliste Basque, parti fondé en 1930, est une référence incontournable ; à la suite d’un long processus de définition, le parti se définit comme socialiste et indépendantiste. Au cours de la période qui nous occupe, de nouveaux partis font irruption. Herriko Alderdi Sozialista Iraultzailea (HASI) est ainsi fondé le 13 mars 1977, et prend le relais d’Euskal Herriko Alberdi Sozialista (EHAS) qu’il remplace. HASI se définit comme un parti socialiste et révolutionnaire voulant alimenter, aux plans politique et d’organisation, la classe ouvrière d’Euskal Herria. Quelques années auparavant, en 1974, c’est Langile Abertzale Iraultzaileen Alderdia (LAIA) qui avait vu le jour : ses fondateurs avaient pour objectif de créer un parti ouvrier destiné à diriger les masses.

Depuis la fin des années 60, était présent dans la vie politique le Mouvement Communiste Basque, formation visant à la consolidation d’une gauche socialiste et révolutionnaire basque. Il regroupe en son sein différents courants de gauche et il définit ses alliances conformément à ses postulats idéologiques. En 1972, il converge avec d’autres forces similaires espagnoles pour former le Mouvement Communiste d’Espagne (MCE), dont la branche basque s’appelle Euskadiko Mugimendu Komunista (EMK). Ce parti participe aux mouvements sociaux et sectoriels et se déclare, dans les années 70, en faveur d’un État espagnol fédéré et revendique le droit à l’autodétermination. L’année 1970 voit la fondation de la Ligue Communiste Révolutionnaire basque (LKI), qui reprend à son compte les postulats de la IVe Internationale, à l’instar des autres partis trotskistes européens.

En 1975, Langile Abertzaleen Batzordeak (LAB) est fondé comme une organisation de masses qui deviendra plus tard un syndicat fonctionnant dans la mouvance de la gauche pro-souveraineté et partisan d’une solution négociée au conflit basque. En 1978, la coalition électorale Herri Batasuna (HB) est formée par plusieurs partis. À vocation électorale, elle naît avec la mobilisation populaire pour ligne d’action. Toutefois, étant donné la force dont elle fait preuve dès le départ, elle est appelée à devenir le référent politique le plus solide parmi les secteurs recherchant la rupture avec le régime précédent, et favorables à un projet national de gauche et pro-souveraineté.

Dans les années 70, le nord du Pays Basque connaît un élan de conscience nationale avec la naissance d’Iparretarrak, organisation armée luttant dans le nord du pays pour l’indépendance et le socialisme. Par ailleurs, Enbata, mouvement nationaliste à caractère politique et culturel apparu à la fin des années 60, prend de la force au cours de la décennie suivante. Tellement de force, que le gouvernement de Paris déclare l’organisation illégale, au prétexte du contact avec la communauté grandissante des réfugiés basques venant du sud.

 

Naissance du Mouvement Internationaliste Basque

Tous ces facteurs interagissent de manière complémentaire, et jouent un rôle déterminant dans l’apparition à la fin des années 70 du Mouvement Internationaliste Basque. Les nombreuses organisations de gauche qui naissent en Euskal Herria font preuve d’une sensibilité particulière envers les mouvements de répression et de libération vécus par d’autres peuples. Chacune de ces organisations tentent de conférer aux luttes nationales et sectorielles qu’elles mènent une conscience et une portée internationaliste. Les événements survenant ailleurs, en Amérique latine et centrale en particulier, sont suivis avec un grand intérêt. L’arrivée en Euskal Herria d’un contingent de réfugiés politiques chiliens et argentins donne lieu à la formation du Comité de Solidarité avec l’Amérique Latine (COSAL). Ce groupe devient une référence en la matière et stimule la forte conscience internationaliste de la gauche basque. Il existe également une organisation implanté sur Iruñea : Solidarité entre les Peuples et Soutien à leur Libération (SEPAL), regroupant des gens qui, sur la base d’un humanisme de gauche, s’identifient et désirent soutenir les luttes populaires d’Amérique Latine. Les deux organisations vivent un processus de convergence et apportent leur soutien au projet qui se développera en 1979-80 et auquel nous allons faire allusion ci-dessous.

Au cours de l’année 1979, une série d’activités internationalistes se déroulent en Euskal Herria, activités souffrant d’un manque total de coordination. Toutefois, ces activités solidaires permettent à des groupes et personnes mus par le même désir de se rencontrer. À cette époque, la Coordination espagnole de Solidarité envers le Nicaragua existait et fonctionnait. Cet espace de rencontre dans lequel se retrouvaient également différents groupes basques a permis à ces groupes de se rapprocher. Vers la fin 1979 et en 1980, l’Euskal Herria a également été le théâtre d’un rapprochement entre internationalistes. Époque de connaissance mutuelle et de volonté partagée de participer à la constitution d’un mouvement internationaliste basque. Un calendrier d’activités communes est ainsi planifié, ce qui permet d’approfondir les relations et de jeter les bases d’une organisation interne. À la fin 1980, la Coordination de Comités de Solidarité d’Euskadi est constituée. Cette coordination regroupe les groupes et tendances citées plus haut auxquels viennent s’ajouter des personnes ayant vécu une prise de conscience internationaliste et voyant dans la nouvelle organisation une référence valable.

Plurielle aussi bien dans sa composition que dans son idéologie, la coordination s’implante avec force. Elle est aussitôt reconnue par différentes sensibilités et organisations de gauche, par les secteurs de l’église populaire s’identifiant à la théologie de la libération et par une bonne partie de la population. C’est ainsi que naquit une plateforme unitaire qui devait durer jusqu’en octobre 1987.

Hamaika herri, borroka bakarra!
JoTaKe irabazi arte! ·



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