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boga! -3- « Les brigades internationalistes » _ Askapena

14 09 2008

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2008/IX/08
boga! -3- « Les brigades internationalistes »

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À cette époque de l’année, Askapena s’occupe de l’organisation des brigades : des dizaines de basques sont déjà parti(e)s ou partiront prochainement dans le double objectif de connaître la réalité de peuples en lutte pour leur libération sociale ou nationale, et de faire connaître l’existence d’un petit peuple habitant à cheval sur les Pyrénées et qui lutte pour instaurer le socialisme sur un territoire nommé Euskal Herria. C’est pourquoi ce numéro de boga! est consacré aux brigades.

De quand datent-elles? 

Dans le numéro précédent (et dans celui qui suivra) nous avons évoqué la naissance du mouvement internationaliste en Euskal Herria, et l’on peut dire que les brigades internationalistes sont une émanation de ce mouvement (au début, elle n’était pas organisées comme elles le sont aujourd’hui).
Les personnes sensibles aux luttes d’autres peuples désiraient, dans la limite de leurs possibilités, connaître ces luttes en direct et apporter leur aide à ces mouvements révolutionnaires. C’est ainsi qu’au cours des années 80, les luttes révolutionnaires d’Amérique Centrale sont devenues la référence principale : le Nicaragua, le Salvador, et le Guatemala.

Dès le départ, on a vu émerger une contradiction entre, d’une part, « l’identité » des brigadistes et, de l’autre, les tâches à effectuer chez le peuple de destination.
En ce qui concerne le premier point, les brigades étaient souvent organisées au niveau de l’Espagne, ce qui entraînait non seulement une certaine confrontation entre les membres des brigades, mais bloquait en outre l’instauration de relations peuple à peuple (Guatemala/Euskal Herria par exemple) une fois sur place.
Quant au second point, le problème était comment appréhender la solidarité entre les peuples et la fonction des brigades dans le cadre de ce travail solidaire. L’existence du « péché originel » (c’est comme ça que l’on nomme l’eurocentrisme dans le monde de l’action solidaire) est en effet à l’origine de la mauvaise habitude de penser qu’un(e) européen(ne) est plus apte à remplir une fonction quelconque qu’un(e) latino-américain(e), et d’autant plus s’il s’agit d’une personne d’un peuple d’origine.

C’est ainsi qu’il arrivait souvent que les brigadistes assument des travaux pour lesquels ils n’étaient absolument pas qualifiés (construire une maison, travailler les champs ou organiser travaux et activités). Plus tard, un autre problème est venu s’ajouter au premier. C’est la perte de prestige idéologique provoquée par l’apparition des ONG subventionnées par les pouvoirs « publics » et qui, pour avoir accès aux subventions, devaient se limiter à l’aide humanitaire en renonçant aux manifestations de soutien aux luttes révolutionnaires.

Les brigades aujourd’hui

Les brigades constituent une part importante du travail d’Askapena. Les brigadistes diffusent la situation de négation des droits fondamentaux qui est celle de l’Euskal Herria, son histoire, sa langue et sa culture et sa lutte pour la reconnaissance du droit à l’autodétermination et pour le projet politique de la gauche basque : le socialisme.
Par ailleurs, ils connaissent la réalité d’autres peuples en lutte contre l’impérialisme, reconnaissent la lutte du peuple basque chez les autres, et la nécessité de faire connaître et d’être solidaire avec la lutte des autres chez nous. Les brigades constituent donc un instrument irremplaçable pour prendre conscience de la nécessité de l’internationalisme pour les peuples en lutte contre l’impérialisme.

Les destinations

Les destinations choisies correspondent au travail effectué par Askapena au cours de l’année. On peut les classer en 4 axes.
En premier lieu, l’Europe. C’est le continent où se trouve l’Euskal Herria, et où sont recensées un grand nombre de nations sans État dont les membres luttent pour leurs droits nationaux. Sans oublier les personnes solidaires regroupées sous l’égide de « Euskal Herriaren Lagunak » (les Amis du Pays Basque), ni les luttes de gauche effectives en différents points de la géographie européenne.
Seconde destination importante : l’Abya-Yala. Il s’agit, d’une part, des peuples d’origine en lutte pour l’autodétermination, pour la récupération de leur langue et de leur culture, pour la mise en place d’un modèle politique spécifique, communautaire, pour la terre…
D’autre part, on y trouve le « processus bolivarien » et tout ce qu’il englobe : la lutte pour construire le socialisme, la lutte pour la souveraineté face aux transnationales et aux menaces de l’empire (yankee, espagnol…) et la compréhension des rapports entre les peuples latino-américains en termes de solidarité.

En dernier lieu, mais au premier rang par principe, la Palestine. La Palestine, en tant que modèle de résistance et de dignité d’un peuple qui, ayant tout contre lui, refuse de disparaître. La Palestine, à cause de la responsabilité et du devoir de susciter et d’affirmer la solidarité internationaliste et de freiner le génocide de tout un peuple.

Le profil

Le but d’Askapena étant de jouer le rôle d’un aiguillon pour imprégner d’internationalisme tout le projet de socialisme en Euskal Herria, il est clair que le travail sectoriel que nous menons dans chaque camp et sur chaque front de lutte, dans la reconstruction d’Euskal Herria, se doit d’être empreint d’internationalisme : la réhabilitation de notre langue, les luttes féministe, syndicale, institutionnelle, culturelle, des jeunes, la lutte pour la justice sociale, la lutte étudiante, les occupations…

C’est pourquoi les brigadistes présentent un profil correspondant en leur majorité aux personnes travaillant dans ces différents domaines. Il s’agit pour eux de rencontrer des membres d’autres peuples qui mènent des luttes similaires, afin de partager les expériences et les luttes, pour que l’internationalisme soit en prise directe sur ces différents domaines.

Le travail de la brigade

Le travail effectué avec les brigadistes s’articule en 3 périodes : la formation, la brigade en elle-même et le bilan au retour.

Au risque de sembler opiniâtres, nous insistons beaucoup sur la formation et sur la préparation de chaque brigade et de chacun de ses membres. C’est là un point essentiel pour ne pas faire d’impairs ou, plutôt, pour en faire le moins possible. De nombreux aspects doivent être abordés : l’histoire, la culture, les coutumes, les croyances, le moment politique du lieu de destination, le contexte politique environnant et dans le monde, les notions idéologiques concernant la manière d’appréhender la solidarité entre les peuples d’un point de vue socialiste. Il s’agit également que les brigadistes sachent transmettre la réalité de l’Euskal Herria, son histoire, sa culture, la situation et le moment actuel de la lutte qui est la nôtre.

Au cours du séjour de la brigade sur le lieu de destination, l’activité de ses membres est publique et elle est diffusée au moyen de chroniques, d’interviews, d’enregistrements, de photos envoyées par les brigadistes. Ces documents informent des réunions, entretiens avec la presse, séminaires et congrès, etc., auxquels la brigade a assisté (les nouvelles de cette année sont disponibles sur:

http://www.askapena.org/

Mais, comme Askapena aime à le répéter, la phase réellement importante commence au retour des brigadistes, car il s’agit alors de motiver les brigadistes pour qu’ils assument l’internationalisme dans leur milieu de travail, dans leur militance, dans leurs relations… et également dans la participation aux activités internationalistes d’Askapena, de l’organisation de campagnes de solidarité envers d’autres peuples en lutte jusqu’aux travaux militants les plus insignifiants, indispensables dans le cadre d’une association fondée sur le bénévolat.

À cet égard, il est très satisfaisant de constater que des centaines de brigadistes ont rendu visite à d’autres peuples grâce à l’action d’Askapena, et qu’ils restent actifs aujourd’hui dans la construction d’une Euskal Herria libre, socialiste et internationaliste.
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