Conférence de presse Askatasuna _ Donibane Garazi, 2008-09-13

14 09 2008

CONFÉRENCE DE PRESSE
D. Garazi, 2008-09-13

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Le montage policier contre le Kalaka a un an. On se rappelle bien de la rafle spectaculaire de septembre dernier et de la mobilisation énorme qui avait suivi. Peut-être qu'on se rend moins compte, parce que le temps passe vite dehors, que ça fait déjà un an que Xabier Susperregi, Cédric Garai, Mizel Barnetxe et Pantxo Flores sont prisonniers et presque aussi longtemps que Joan Bidart est assigné à résidence, sous la pression de cette procédure, tout cela sur la base d'un montage policier pur et simple. Nous voulons citer aussi Gorka Betolaza et Urtzi Garcia, envoyés en Espagne en conséquence de cette procédure et qui sont toujours, eux aussi, en prison.


Aujourd'hui, malgré toutes les pressions des juges, il n'y a toujours aucun élément sérieux qui relie ces prisonniers aux “attentats contre Ducasse”. Et ces pressions sont nombreuses. Parmi elles, l'interdiction
qui frappe Mizel, Pantxo et Cédric de se trouver avec d'autres prisonniers basques, ce qui les prive, eux et leurs proches, du soutien et de la solidarité des autres. Cet isolement est encore augmenté par le sale petit jeu des juges avec le courrier et les visites. Une autre forme de pression, tous les interrogatoires qu'ils subissent (plus ils sont loin de Paris, plus le voyage est pénible) et les convocations et interrogatoires réalisés en grand nombre dans leur entourage.

Ce dossier va franchir une nouvelle étape dans les jours qui viennent. Ils devront comparaître devant le Juge des Libertés et de la Détention (JLD),qui devra décider, à la demande des juges d'instruction, s'il prolonge ou s'il met fin à leur détention. Cette comparution, qui se répète tous les quatre mois dans une procédure normale (correctionnelle), n'a lieu pour eux qu'une fois par an parce qu'en plus, ils ont été mis dans une procédure criminelle (ils devraient être jugés aux Assises). On verra à nouveau la vraie nature de cette procédure: si la décision est purement politique, comme c'est le cas depuis le début, cette injustice va continuer de la même façon.
C'est la clé de ces procédures. Grâce à leur arme la plus puissante, les lois anti-terroristes, ils font ce qu'ils veulent. Et dans ce cas,qu'est-ce qu'ils veulent? Frapper une dynamique abertzale. Le Kalaka est
un lieu populaire, euskaldun, ouvert aux mouvements politiques, sociaux et culturels abertzales. Cela les dérange, ils ont voulu le frapper durement et le placer dans une stratégie d'illégalisation, sous n'importe quel prétexte. Le gouvernement français veut couper les dynamiques, les projets, les alternatives développées ici, parce que c'est ça qui l'arrange.

Nous avons beaucoup d'exemples de cela. Entre autres, la procédure qui est ouverte en Iparralde contre les membres de Batasuna. Les comptes bancaires de 7 d'entre eux (ainsi que leurs proches et quelques associations) avaient été bloqués au printemps dernier. Maintenant, ce sont ceux d'entre eux qui ont la nationalité espagnole, Zigor Goiaskoetxea et Jon Goio qui sont convoqués devant l'Audience Nationale, et qui risquent le mandat d'arrêt européen, avec toutes les graves conséquences que ça peut avoir, parce qu'ils refusent ce tribunal politique. Parmi les risques, ils courent celui d'être condamnés à une longue peine pour leur militance politique. Nous situons la procédure qui frappe Laborantza Ganbara exactement dans la même stratégie.

Ils veulent faire disparaître nos droits civils et politiques, et ils sont en bonne voie. Nous voyons que les lois anti-terroristes sont une de leurs armes puissantes pour cela. Une autre de leurs armes, c'est quelque chose dont tout le monde parle beaucoup ces temps-ci, c'est le contrôle social, le fichage, la pression policière qu'ils essaient d'étendre à toute la société. Et de ça aussi nous avons beaucoup d'exemples en Baxe-Nafarroa cette année, liés à cette affaire. Une présence policière permanente, y
compris en civil et parmi nous, à faire un travail de renseignement sur nous; la procédure incroyable, pour un bombage et un refus de donner son ADN (donc d'être fiché à ce niveau-là aussi), et la façon dont le droit à la défense a été piétiné dans cette affaire; les interrogatoires de mineurs, et les pressions incroyables que les gendarmes leur ont fait subir pour les obliger à dénoncer des participants à la manif de novembre. Et maintenant le fichier EDVIGE, pour rendre ça et tout le reste officiel!
Nous avons ce fichage depuis longtemps dans la pratique, maintenant ils essaient de le rendre légal. C'est très dangereux. Tous les militants que nous avons cités ici ont agi pour la défense de nos droits et c'est pour ça qu'ils sont durement frappés aujourd'hui. Nous leur devons notre soutien, et nous devons faire tout ce que nous pouvons pour nous opposer au monde qu'ils sont en train de nous préparer. Nous
avons parlé de leurs plus grandes armes. Parmi ces armes, il y a aussi notre sentiment d'impuissance, notre fatalisme, notre découragement ou notre indifférence. Toutes ces attaques sont politiques, nous devons leur donner une réponse politique. Pour cette raison, nous continuerons notre travail de dénonciation, d'interpellation et de mobilisation. Nous appelons à une manifestation le 20 septembre prochain à D. Garazi, 17h devant la mairie.

Euskal Herria, le 13 septembre 2008


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