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Procès de Lorentxa Beyrie : Jurez-vous de dire la vérité, de parler sans haine et sans peur ? Je le jure

22 10 2008

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Procès de Lorentxa Beyrie : Jurez-vous de dire la vérité, de parler sans haine et sans peur ? Je le jure

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12726torturasunairomano.jpgUnai Romano

22/10/2008

 

Janine CHEMBERO BEYRIE

Mikel a été appelé comme témoin de la défense. Pendant de longues minutes il a témoigné de son arrestation par la garde civile, des heures et des jours qui ont suivi dans les dépendances d’un commissariat à Madrid, témoigné des coups et des insultes, du supplice du sac plastique, des électrodes, des visites du médecin légiste pour contrôler sa résistance, puis de son hospitalisation, parce qu’ «aller plus loin, ça aurait été aller trop loin !!!»

Mikel témoigne aussi des hurlements de sa compagne dans la pièce attenante, des infos que les tortionnaires lui distillaient : les coups qu’ils lui donnaient, où, comment, de sa tolérance à la poche plastique bien serrée autour du cou, des viols !! «Ça ne nous amuse plus, on est allé chercher un noir !!!»

Et dans son témoignage, les aveux, la déclaration dictée et apprise par coeur, son auto inculpation, la mise en cause d’autres personnes, puis sa rétractation devant le juge.

«J’ai pu le faire, parce que pendant deux jours à l’hôpital, j’avais pu un peu récupérer».

Mikel et sa compagne ont été incarcérés deux ans, et ce, jusqu’à l’arrestation des auteurs de l’attentat qui avaient avoué.

Ce lundi, en face de Mikel, un jury de magistrats (7 femmes et l’avocat général). Une écoute attentive, une émotion palpable, aucune question. «Merci Monsieur.»

Les jours qui avaient précédé, nous avaient convaincus que personne dans ce tribunal n’ignorait ni même ne niait l’utilisation de la torture en Espagne. La Présidente elle-même avait donné lecture de la dénonciation d’Iratxe Sorzabal.

Lorentxa Beyrie, dans ce procès était mise en examen sur la base d’aveux de deux militants arrêtés en Espagne, aveux obtenus par la torture pendant une garde à vue de cinq jours, avec des sévices avérés (rapports médicaux), aucune autre preuve, RIEN. «Il a été supposé que»

Peine encourue : 30 ans. Condamnation : sept ans d’emprisonnement.

Ceci n’est pas un verdict de clémence. Par ces sept ans, la Cour reconnaît le montage policier, la pratique de la torture et reconnaît implicitement n’avoir aucune preuve de l’implication de Lorentxa.

Le verdict est politique

Le tribunal est resté solidaire de la politique répressive des Etats espagnols et français et n’a pas eu le courage de dire non aux pratiques tortionnaires.

Ce lundi 13 octobre 2008, on a accepté la torture pour la constitution de dossiers contre des militants, quels qu’ils soient, pour quoi que ce soit.

Madame le Juge L…, Madame ou Monsieur le ministre de… Monsieur l’inspecteur… pourront à l’avenir passer commande à l’Espagne. Il leur suffira de fournir quelques renseignements ; Française, 25 ans, mince… le reste sera fait !

Un ami français présent au procès me disait sa consternation et son ahurissement.

«En Algérie, on justifiait la torture pour obtenir des renseignements. Ici on l’utilise pour faire signer des déclarations pré-écrites. C’est un détournement des finalités de la torture.»

Il y a quelques mois, je signais avec des amis un article «L’Espagne torture, la France collabore». C’est toujours notre actualité, avec ces derniers mois, une dérive répressive galopante ; arrestations, mises en examen, incarcération, interdictions… on tire sur tout ce qui bouge.

Pour ce qui est de Lorentxa, ça a été laborieux mais ils y sont arrivés !!

Il aura quand même fallu constituer cinq dossiers, six ans d’instruction, 7 ans de préventive pour obtenir une condamnation de 32 ans :

5 + 5 + 5 + 10 + 7

Ces 32 ans ne sont pas la preuve d’une criminalité c’est l’évidence d’une criminalisation.

Nos militants ne sont pas condamnés pour ce qu’ils sont censés avoir fait, mais pour ce qu’ils sont.

En prenant le stylo, je voulais m’adresser au citoyen lambda, à l’abertzale endormi, aux représentants du peuple qui n’ont d’autres préoccupations que les indices boursiers, à ceux qui pensent que ça n’arrive qu’aux autres. Je voulais aussi m’adresser à tous ceux qui refusent de toutes leurs tripes l’ignominie de la torture. Je voulais leur dire qu’il fallait continuer à gueuler pour que cela s’arrête.

En finissant, je sais que j’ai écrit pour tous ceux qui ont été torturés, pour ceux qui le seront et aussi pour leurs proches.


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