« Nous n’avons pas de nouvelle du procès contre Udalbiltza et cela rend les choses plus difficiles « 

10 01 2009

 Pays Basque

« Nous n’avons pas de nouvelle du procès contre Udalbiltza et cela rend les choses plus difficiles « 

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10/01/2009

ENTRETIEN/ Ixabel ETXEBERRIA / Conseillère municipale d’Urrugne

La date n’est pas encore définie, mais, depuis 2003, près de 22 membres d’Udalbiltza sont dans l’attente d’un procès qui peut leur coûter entre 10 et 23 ans de prison. L’élue abertzale urruñar Ixabel Etxeberria nous présente la situation de ses confrères. Elle aussi appartient à cette assemblée des élus des sept provinces du Pays Basque.

Quelle est la raison pour laquelle l’élue urruñar que vous êtes participe à Udalbiltza ?

Les élus abertzale d’Urrugne participent à cette institution depuis sa création. Lorsque j’ai été élue à mon tour, j’ai poursuivi dans cette voie. Notre travail en tant qu’élus municipaux est bien sûr encré dans la commune et nous devons répondre aux problématiques inhérentes à celle-ci.

Ceci dit, certains champs de travail sont liés aux problématiques de l’ensemble du Pays Basque, par exemple, l’euskara, les relations entre les communes, les orientations économiques, le projet de la LGV ou l’élargissement de l’autoroute.

Par ailleurs, Udalbiltza porte le souhait de la reconnaissance de la nation et de la nationalité basque et, en tant qu’élue abertzale, je considère que cette idée doit être menée au bout.

Qu’est-ce qu’Udalbiltza a réalisé d’autre à ce jour ?

Elle a développé des relations internationales, puis des projets concrets ; le plan d’aide au développement économique de la Soule en est l’illustration. Effectivement, nous considérons que le développement de l’intérieur du Pays Basque est devenu un sujet prioritaire ses trente dernières années.

En résumé, cette assemblée des élus traite les affaires qui nous occupent au quotidien et permet de les aborder à une plus grande échelle, au niveau des sept provinces basques. Sa création fut une première dans ce domaine.

Aujourd’hui, 22 élus et membres d’Udalbiltza sont inculpés dans un procès. Vous ne faites pas partie de la liste, toutefois, un élu lapurtar y apparaît. Le dossier judiciaire a dépassé les frontières.

C’est ainsi car le projet d’Udalbiltza n’a pas de frontière. L’objectif d’Udalbiltza est de rassembler les conseillers municipaux. Toute personne a le droit d’être élue et de travailler dans sa commune. Et lorsque nous avons décidé d’intégrer Udalbiltza, nous n’avions d’autre dessein que de travailler pour le programme pour lequel nous avons été élus. Savoir qu’un conseiller municipal peut être mené en justice pour la seule raison qu’il a mené en avant ses projets me paraît incroyable. Ces initiatives sont toutes à fait légales, d’autant plus qu’elles ont été présentées au public et aux médias.

Mais le problème n’est pas là. En réalité, la légitimité d’Udalbiltza a été décidée par un état. Un état auquel nous ne nous identifions pas. Comme c’est le cas avec Euskal Herriko Laborantza Ganbara que l’État français ne veut pas reconnaître. Ce qui laisse penser que le procès qui nous occupe répond à des décisions prises ailleurs.

Les peines vont de 10 à 23 ans de prison… quelles sont les accusations ?

On les accuse «d’intégration à organisation terroriste», et plus précisément d’intégrer l’ETA et l’organisation Ekin. Mais il n’existe aucune preuve de cela. Près de 1 000 élus étaient l’origine de ce projet en 2000 ; telle est la réalité. Il n’y a donc aucune raison pour nous empêcher de faire notre travail.

Quand cette affaire a-t-elle débuté ?

L’affaire judiciaire avait commencé en 2003 et cela fait 16 mois que les personnes inculpées n’ont aucune nouvelle, soit, depuis que le procureur a présenté ses demandes de peine. Des peines qui peuvent aller jusqu’à 23 ans de prison, alors que certains ont des enfants en bas âge, d’autre ont près de 60 ans… alors qu’on ne leur reproche aucun délit particulier.

Quel soutien avez-vous reçu ?

Nous avons reçu, entre autres, le soutien du Parlement de la Communauté autonome basque au mois de décembre. La motion a été présentée par Ezker Abertzale, Aralar et Eusko Alkartasuna et votée par les parlementaires de ces mêmes groupes ainsi que ceux du PNV et d’Ezker Batua. Cela est bien entendu une bonne nouvelle. Les parlementaires ont ainsi rappelé que le Pays Basque, comme tout autre pays, a le droit de développer ses institutions.

Cependant, au Pays Basque nord il nous est très difficile de sensibiliser les élus sur ce procès. Ici, Udalbiltza manque de reconnaissance, pourtant, elle s’est fait connaître auprès de tous les élus. Les réunions publiques réalisées dernièrement avaient pour objectif, précisément, d’informer les gens. Mais le fait que nous n’ayons pas de nouvelle ces derniers mois rend plus difficile le traitement médiatique de ce procès, malgré sa gravité.

Nous nous croyons dans cette institution. Elle doit être l’outil de tous et non celui d’un parti ou un autre. Si nous souhaitons l’indépendance de ce pays, nous ne pouvons pas écarter cette structure, bien que cela soit parfois difficile.

Du reste, actuellement, nous poursuivons notre travail, puisqu’une délégation va se rendre à l’ONU afin de présenter les signatures d’élus revendiquant la nationalité et la nation basque.

Goizeder Taberna

Sarean Zer, la nouvelle dans autres sites:

Le JPB – Le dialogue politique sur le banc des accusés dès aujourd’hui
Le JPB – Sérénité et EHLG : la Chambre en 2009


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