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Communiqués Askatasuna : « Non au harcèlement! », « Cinq personnes en garde à vue à Bayonne »

10 02 2009

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14 Bourgneuf Karrika 64100 Baiona/
14 Rue Bourgneuf 64100 Bayonne
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NON AU HARCÈLEMENT!

L’ancien prisonnier politique basque Peio Fagan a été arrêté ce matin à son domicile de Bidart, où la police française a effectué une perquisition, dans ce qui semble être la suite de « l’enquête » sur les bars abertzale. Il a été emmené au commissariat de Bayonne peu après 8h.
Par ailleurs, au moins 6 personnes sont convoquées cette semaine au commissariat de Bayonne dans le cadre de la même procédure (dont deux aujourd’hui selon nos informations, peut-être plus), la plupart d’entre elles ayant déjà été soit convoquées soit arrêtées pour répondre aux mêmes
questions.


Nous rappelons ce que nous dénoncions à ce sujet dans une conférence de presse samedi dernier.
Au sujet de « l’enquête »: près de 90 personnes ont déjà été soit arrêtées, soit convoquées (et une bonne partie d’entre elles mises en garde-à-vue aussitôt), en tout cas interrogées sur toute la militance basque au prétexte de questions sur la gestion des bars. (Ce chiffre ne prend pas en compte les arrestations/convocations au sujet de Ducasse ni d’EHAK et l’affaire des comptes bloqués). La théorie de départ selon laquelle Batasuna financerait la lutte armée par le biais de ces bars s’étant effondrée – le Procureur Jean-Claude Marin lui-même l’a reconnu en novembre dernier, déclarant qu’aucun élément n’avait prouvé le lien entre ETA et Batasuna, les autorités françaises ont retourné l’hypothèse, cherchant maintenant à prouver que c’est la lutte armée qui finance ces bars! Il apparaît de plus en plus clairement que le Parquet est à la recherche de n’importe quel prétexte dans un but politique: criminaliser un mouvement politique, harceler ses membres et leurs proches, et détourner ces militants de leur travail quotidien, les obligeant à se justifier et à se débattre dans des procédures arbitraires.
Au sujet des bars: il s’agit de projets largement soutenus, de lieux populaires, euskaldun, ouverts à toutes les associations et partis, instruments indispensables à la mobilisation et à la solidarité. C’est en
cela aussi qu’ils sont dans la ligne de mire d’un pouvoir qui préfère largement le modèle individualiste du chacun chez soi. Des dizaines et des dizaines de personnes sont aujourd’hui inquiétées et parfois maltraitées (voir le témoignage joint de Marie-Jo Hirigoyen) pour un simple chèque de soutien!! Nous dénonçons ces procédures abusives, et déclarons que nous continuerons, comme nous l’avons toujours fait, à défendre les projets abertzale.
Au sujet des méthodes: la convocation est de plus en plus utilisée, et est présentée par la police comme une faveur, leur demandant s’ils préfèreraient être arrêtés et perquisitionnées à 6h du matin par trente
agents. Ce n’est pas une faveur, c’est un chantage et un piège, que nous dénonçons avec force. Nous rappelons que ces interrogatoires servent à un fichage massif du monde abertzale, et à préparer les prochains montages policiers et judiciaires (doit-on rappeler aussi l’affaire du Kalaka?).
Face à cela, nous invitons chacun à considérer toute question même anodine avec méfiance, et à toujours garder à l’esprit que contrairement à ce que dit la police aux personnes arrêtées, garder le silence est un droit.

Nous ajoutons à cela le véritable harcèlement auquel sont en train de se livrer la police et la gendarmerie françaises ces dernières semaines:
contrôles incessants, présence étouffante
interrogatoires politiques à l’occasion de soi-disant contrôles d’alcoolémie(notamment mercredi et vendredi derniers à D. Garazi)
convocations de jeunes sous des prétextes ridicules (comme par exemple: « nous avons retrouvé votre portefeuille devant un graffiti » avec prises d’empreintes, ADN et centaines de questions) (Cambo jeudi dernier)
contrôle d’une militante de SEGI avec fouille de son véhicule « sur ordre du procureur » selon les gendarmes (mercredi dernier à Larzabale à 1h du matin).
Et tous les faits dont n’avons pas connaissance…

Nous dénonçons avec force l’attitude des autorités françaises en Euskal Herria, et leur indiquons une fois encore qu’aveuglés par leurs intérêts personnels, ils mènent une politique brutale et imbécile qui ne peut que mener à la prolongation du conflit. Nous invitons également tous les acteurs politiques, sociaux, syndicaux, associatifs, à dénoncer cette situation et à participer à toutes les mobilisations à venir, parmi
lesquelles le rassemblement qui aura lieu aux feux rouges de Bidart ce soir à 19h.

Euskal Herria, le 10 février 2009

Témoignage de Marie-Jo HIRIGOYEN, 63 ans, convoquée et mise en garde-à-vue le 11 décembre dernier. (lu à la conférence de presse de samedi dernier)

Aussitôt arrivée, j’ai été prise en mains par un policier qui m’a amenée dans un bureau. En regardant sa montre, il m’a dit, il est 9h et quart, vous êtes en garde-à-vue et pourquoi? Pour association de malfaiteurs et terrorisme, là j’ai eu ma douche froide. On est descendus pour la fouille du sac à main et fouille au corps, là c’est l’humiliation complète, car on m’a fait me déshabiller complètement. Après ça je suis remontée à l’étage pour une nouvelle fouille de mon sac à main mais beaucoup plus minutieuse, le portable notamment, puis tous les numéros en me demandant qui était qui. On me demandait qui était telle personne ou telle autre, des noms de personnes que je ne connaissais pas. A 11h30, on me remet en cellule, ces messieurs devaient aller manger. Je n’avais pas de montre, je ne savais pas l’heure. Finalement quelqu’un vient me chercher, je pensais qu’il était tard mais non, il était 14h20. C’est la que commence mon interrogatoire. Ils me montrent la photocopie d’un chèque de 1500 € fait au mois d’octobre 2002. C’est un chèque que j’avais fait à mon fils; je ne vois pas où est le mal. Ils ont continué à me poser plein de questions, si je fréquente le Xilko, si je suis de Batasuna, etc, à quoi je réponds que
je ne sais pas. Ils me ramènent en cellule et encore au bout d’un long moment on revient me chercher et là, en montant les escaliers, un policier me dit: « Madame Hirigoyen, nous avons une mauvaise nouvelle pour vous,comme vous n’êtes pas très coopérante la juge a décidé de vous garder. »
Je réponds « eh bien gardez-moi ce soir, demain aussi si vous voulez, j’ai la conscience tranquille ». Ils me posent encore des questions, l’un après l’autre car ils étaient deux. Je redescends en cellule et là ils me prennent en photo, prennent mes empreintes et tout. Quand j’ai demandé à boire, on m’a montré la porte des wc, il fallait boire au robinet. On m’a libérée vers 19h30, ce que je peux dire ce que je n’ai rien signé sauf pour récupérer mes affaires. Je leur ai dit que c’était honteux de garder des gens dans des locaux aussi dégueulasses.

 

ASKATASUNA
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CINQ PERSONNES EN GARDE-A-VUE À BAYONNE

En plus de Peio Fagant, deux autres personnes ont été arrêtées ce matin:
Jeanine Tapia à Ziburu et Mathieu Tuya à Bidart. Tous trois sont toujours en garde-à-vue au commissariat de Bayonne. Par ailleurs, deux autrespersonnes convoquées ce matin ne sont toujours pas ressorties du même commissariat, tout laisse supposer qu’ils sont également en garde-à-vue, pour la seconde fois dans leur cas. Des rassemblements auront lieu ce soir à 19h à Bidart (feux rouges) et à Ziburu (port). ASKI DA!
Euskal Herria, le 10 février 2009


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