Madrid officialise l’espionnage des preso

22 04 2009

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Madrid officialise l’espionnage des preso

 

Une ordonnance interne du Gouvernement espagnol révélée le 15 avril dernier par le quotidien espagnol Publico officialise la pratique de l’espionnage des prisonniers basques. Le phénomène s’est répandu ces dernières années, comme le montrent les témoignages qui suivent et comme l’admettent les autorités espagnoles elles-mêmes

 

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22/04/2009 | Gari MUJIKA

 

Gari MUJIKA

Quiconque a rendu visite à un prisonnier basque dans n’importe quelle prison espagnole sait parfaitement que les propos échangés à cette occasion ont été contrôlés et enregistrés. Tout comme tout type de communication est intercepté par les gardiens de prison, cela depuis l’existence du Collectif des prisonniers politiques basques, qui compte aujourd’hui 740 personnes.

Aujourd’hui, dans la droite ligne du ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Perez Rubacaba, qui a reconnu il y a quelques mois les objectifs de la politique de dispersion, la pratique de l’espionnage est officiellement reconnue. Le journal Publico vient d’annoncer la création de groupes de gardiens de prison dédiés uniquement à l’espionnage des preso politiques basques, des prisonniers membres du GRAPO (Groupes de résistance antifasciste du premier octobre, ndrl) et des prisonniers islamistes.

Plusieurs personnes différentes, qui fréquentent assidûment les prisons espagnoles estiment qu’il n’y a là rien de nouveau, et qu’il s’agit de la reconnaissance publique d’une pratique courante. Elles ont confirmé que les visites aux Basques emprisonnés se déroulent toujours dans des locaux équipés pour les enregistrements. «Par exemple, je me souviens qu’à Valladollid, il y a quelques années, quelques minutes avant la visite, un fonctionnaire est entré, nous demandant de changer de cabine. Comme la cabine en question ne fonctionnait pas davantage que la première, on nous a installé un magnétophone pour toute la durée du parloir».

Utilisés pour interdire

La même chose s’est produite après la construction de la prison madrilène de Soto del Real, en 1995. «Elle venait d’être inaugurée, mais le câblage de surveillance des conversations n’était pas complètement terminé. Lors de notre première visite, à notre grande surprise, on nous a installé un magnétophone, parfaitement visible. Cela a duré plusieurs week-ends, puis un jour les magnétos et leurs cassettes ont disparu».

De fait, ces écoutes ont été utilisées pour appuyer des processus d’illégalisation de diverses formations politiques ou de regroupements électoraux. Sur la base d’une supposée conversation dans une prison espagnole, la plateforme électorale Aukera Guztiak a été interdite en mars 2005. Il est également de notoriété publique que les lettres qu’envoient ou reçoivent les prisonniers basques sont systématiquement ouvertes, et que leurs conversations téléphoniques sont écoutées. Ils sont informés que leurs tête à tête plus intimes sont surveillés.

Selon les informations publiées dans Publico, le ministère espagnol de l’Intérieur présente la pratique comme nouvelle. Ainsi, les documents classés «confidentiels» auxquels ils se réfèrent, portent le titre de «Protocole de création expérimentale des groupes de contrôle et de suivi des personnes incarcérées». Ce document de seize pages, daté du 31 juillet 2008, porte la signature du numéro deux du Secrétariat général des institutions pénitentiaires – qui dépend du ministère de l’Intérieur : Virgilio Valero Garcia.

Des gardiens «volontaires»

L’Exécutif n’ayant pas régi à l’information parue, il est aisé de conclure qu’il n’y est pas étranger, et qu’il a intérêt à ce que la mesure soit connue des preso et de leurs proches.

Selon Publico, le projet stipule que les groupes d’espionnage cités «agiront sous la direction et la coordination du directeur du centre pénitentiaire et du sous-directeur en charge de la sécurité». Ils seront formés par «un responsable», de préférence un chef de service et «deux ou trois fonctionnaires». Le texte indique que tous doivent être «volontaires».

Si l’organisation concerne toutes les prisons espagnoles, c’est le ministère de l’Intérieur qui est chargé de centraliser le résultat des écoutes et des fouilles au sein d’un groupe chargé de «centraliser, réceptionner, suivre et transmettre les informations collectées». Ce bureau central aura également pour tâche de s’occuper des «échanges d’informations» entre les policiers et les militaires espagnols. Cette «vigilance étroite» effectuée par Madrid sur les prisonniers politiques basques, islamistes et du GRAPO porte sur le contrôle de toutes leurs activités, depuis «leur participation aux activités culturelles, sportives, éducatives et religieuses» jusqu’à «leurs relations avec d’autres personnes incarcérées». Il est recommandé aux gardiens de prison d’élaborer des fiches sur les prisonniers espionnés. Ils devront y consigner le cas échéant les régimes qu’ils suivent, leurs changements d’aspect physique, leurs demandes de changement cellule, leurs relations familiales, leurs proches incarcérés, et une liste longue comme le bras, qui comprend également les livres et les publications qu’ils lisent, les vêtements qu’ils portent et les articles de toilette qu’ils utilisent.

C’est là la «nouveauté» de Madrid.

Sarean Zer, la nouvelle dans autres sites:

Diario Vasco – Un tercio de los presos de ETA cree que «esto se ha acabado y hay que cerrar», según las FSE
El Correo – Un tercio de los presos de ETA dice que «esto se ha acabado y hay que cerrar»


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