Arrestations : Askatasuna témoigne

10 07 2009

  

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Arrestations : Askatasuna témoigne

Machja Nicci

Askatasuna a tenu à s’exprimer publiquement hier sur les interpellations de ces dernières semaines. Le comité anti-répressif a parlé au nom des personnes appréhendées, pour envoyer plusieurs messages aux personnes qui les ont soutenues, aux autorités, aux médias et à tous ceux qui pourraient se faire arrêter un jour, “soit tout le monde aujourd’hui avec les lois anti-terroristes” ont précisé ses portes paroles. D’après eux, ces arrestations ont été caractérisées par trois points : “Violences, mensonges et manipulations”.

La violence, tout d’abord, dès l’interpellation de Xan Beyrie à Cambo, le 27 juin. Le jeune homme aurait été attrapé par les cheveux par les agents qui lui auraient cogné la tête contre une voiture avant de le jeter à terre. Puis, dans le véhicule en direction du commissariat, alors qu’il se plaignait de ne pas avoir assez d’air, un policier lui aurait mis une poche en plastique sur le visage “pour avoir une bonne raison de ne pas bien respirer”.

Menaces
“La France est reconnue pour ses tortures psychologiques en garde à vue et en prison”, explique Askatasuna ; “aujourd’hui, nous sommes à la limite de la torture physique comme elle se pratique communément de l’autre côté de la frontière et en Espagne”.

Les personnes appréhendées auraient été menacées d’être envoyées en Espagne “où l’on torture”, ou directement “de tortures à l’électricité dans les sous-sols du commissariat de Bayonne”. Ces intimidations auraient parfois été accompagnées de remarques violentes comme “il n’y a que cela qui marche pour un connard comme toi !”.

Le fait de “mentir aux interpellés en vue de mieux les manipuler” a également été déploré. “Nous avons des preuves contre toi, tes amis t’ont dénoncé, etc.”, seraient autant de fausses allégations utilisées pour “faire parler”, voire “faire avouer n’importe quoi”, précise Askatasuna. Le Comité a d’ailleurs rappelé que “se taire” était un droit. Or, les policiers auraient affirmé le contraire à certains interpellés en leur expliquant que “s’ils ne parlaient pas, c’est qu’ils étaient des terroristes et qu’ils allaient au moins en prendre pour cinq ans”.

Pour Askatasuna, ces témoignages “sont révélateurs des objectifs d’un état qui utilise des méthodes fascistes pour casser des projets, établir le fichage massif de la population à partir de relevés ADN et de profils psychologiques”.

L’association a ensuite envoyé trois messages. Son premier, à l’adresse des autorités, était particulièrement direct : “Pour qui vous prenez-vous ? Où vous croyez-vous ? Cette politique est imbécile et dangereuse (…) Laissez Euskal Herri en paix !”. Aux médias, elle a juste demandé “de ne pas prendre pour argent comptant les messages du ministère de l’Intérieur et de la Justice”. Elle faisait notamment référence à l’information donnée par une radio locale qui parlait, concernant ces arrestations, “de trois etarras emmenés à Paris”, alors même qu’ils n’ont pas été interpellés dans une affaire liée à l’ETA.

Les portes-parole d’Askatasuna, Anaiz Funosas et Muriel Lucantis ont rappelé que demain, samedi, une manifestation est organisée par Segi. Elle aura lieu à Saint-Jean-de-Luz, à 17 heures. Par ailleurs, quinze gaztetxe, neuf groupes de musique et le comité Lagundu de Baïgorry et Ideiak Zabaldu ont soutenu l’appel.


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