Le CSPB à la fête de l’Huma

11 10 2011

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Privé de stand à la Fête de l’Humanité, le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque de Paris a été fraternellement accueilli par l’USTKE (syndicat indépendantiste kanak) et son pendant politique : le Parti Travailliste.

  

Si nous n’avons pu, comme l’année dernière et faute d’espace, organiser de débat sur le stand , nous sommes intervenus dans des débats programmés par la fête.

  

Robert Badinter était l’invité vedette d’un débat  célébrant l’abolition de la peine de mort dans l’état français, et Juan a interpellé l’ancien ministre de Mitterrand, pour lui rappeler, ainsi qu’aux centaines de personnes présentes, qu’ à  la peine de mort, s’est  substitué l’allongement des peines, et que c’est la peine de mort lente qui est appliquée, qu’il y a un « suicide » tous les 3 jours dans les prisons de France, un taux six fois supérieur au taux de suicide dans le monde extérieur, que les gens crèvent de maladie derrière les barreaux. Bref, qu’abolir la peine de mort c’est bien mais aujourd’hui il y a comparativement plus de morts dans les prisons de France que du temps où l’on appliquait la peine de mort ! Rappeler, aussi, que les réponses de l’état français aux assassinats du GAL , aux 29 morts tués par balles ou dans des attentats à la bombe sous le nez de Mitterrand et de son gouvernement socialiste,  ont été les premières d’une longue série d’extraditions pour livrer les réfugiés basques aux tortionnaires de l’état espagnol. Rappeler à Robert Badinter qu’il était alors ministre de la justice et que  l’abolition de la peine de mort ne l’a pas affranchi de cette horreur : remettre un réfugié politique à une justice mise en place par les héritiers du franquisme.

  

Au cours d’un autre débat sur la torture, en particulier pendant la guerre d’Algérie, avec Henri  Alleg et Serge Portelli, Pablo a apporté son témoignage. Il a été écouté, lorsqu’il a dénoncé la pratique de la torture et du viol par la  police et l’armée espagnole. Il a dénoncé la justice française qui accepte des mandats d’arrêt européens basés sur des déclarations faites sous la torture et rappelé que c’est sur le territoire de l’état français que Jon Anza est mort il y a deux ans.  Nous nous sommes naturellement retrouvés à la fin du débat aux côtés d’ H. Alleg et de S. Portelli, qui dédicaçaient leurs livres,  pour présenter le numéro spécial d’Ekaitza sur la torture au Pays Basque.

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Un moment de solidarité partagé avec Kanaks et Corses

  

Sur le stand de l’USTKE, où Jacques Gaillot est venu nous apporter son soutien, était également présent à nos côtés l’Associu Sulidarità, association de solidarité avec les prisonniers politiques corses et leurs familles. L’occasion de rappeler que malgré une intense activité politique, incluant tous les partis de l’île mais largement impulsé par le mouvement national, le rapprochement des prisonniers corses n’est toujours pas définitivement réalisé. A plus forte raison, la libération de l’ensemble des prisonniers politiques corses, revendication première de l’Associu Sulidarità, est encore loin. D’autant plus que l’Etat français a, en cette année 2011, décidé de frapper fort sur la solidarité exprimée en Corse et ailleurs, en interpellant ou convoquant plusieurs responsables de l’association, mais aussi avec la saisie de produits destinés à être vendus afin de soutenir financièrement les activités de l’association (envoi de mandats, défraiement des avocats, aides aux familles…). Le risque d’une interdiction est clairement brandi, rappelant un schéma tristement connu chez nous, en Euskal Herria. Notre solidarité avec les prisonniers politiques corses et leurs familles ne faiblira pas ! 

  

Concernant la situation en Kanaky, le Parti Travailliste, fondé en 2007 afin de porter le discours engagé de l’USTKE sur le terrain institutionnel, a obtenu des scores électoraux encourageants et dispose de 4 élus au Congrès (plus haute instance de Kanaky) ainsi que de 7 élus provinciaux. Depuis quelques mois, le PT participe également à la coalition formant le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie et a hérité, dans ce cadre, de domaines aussi essentiels que l’emploi, l’insertion professionnelle ou encore l’identité kanak. Quant à l’USTKE, il demeure le second syndicat de l’archipel et un élément essentiel de la lutte d’émancipation nationale et sociale du peuple kanak, étant notamment l’unique syndicat signataire des accords de Matignon en 1988. La situation économique faite au peuple kanak continue de se dégrader et légitime tous les jours un peu plus le combat mené par l’USTKE et ses militants. 

  

Ces accords prévoyaient, en particulier, la tenue d’un référendum en 1998 afin que le peuple de Kanaky puisse exercer son droit à l’autodétermination et décider ainsi, librement, de son destin. Les rapports de forces de l’époque n’ayant permis que de retarder encore le référendum, celui-ci se tiendra entre 2014 et 2018. C’est pourquoi les années à venir seront essentielles pour le mouvement indépendantiste kanak, les modalités du référendum devant se décider au Congrès de Nouvelle-Calédonie à la prochaine mandature. Aussi, les propos de Jacques Wabete, représentant du Parti Travailliste à la Fête de l’Humanité, étaient alarmants. L’analyse effectuée au cours de deux débats menés sur le stand était clair : « L’indépendance en 2014 est indispensable, il n’y a pas d’autres chemins ». Le peuple kanak risque de ne pas survivre à un prolongement de la présence coloniale française sur sa terre. Il est de notre devoir de continuer à informer l’opinion publique quant à la réalité que vit ce pays afin de le soutenir dans son accession à la liberté. 

  

On le voit, malgré les kilomètres séparant le Pays basque de la Corse ou, encore plus, de la Kanaky, les réalités sont bien souvent les mêmes. Ici comme là-bas, des peuples, conscients de l’oppression nationale et sociale qu’ils subissent, sont en lutte pour leur libération. C’est pourquoi notre solidarité est active et s’est de nouveau exprimée, malgré les obstacles, lors de cette édition de la Fête de l’Humanité. Car, comme le disait Che Guevara dans la lettre d’adieu à ses enfants, « la plus belle qualité d’un révolutionnaire » est de « ressentir, au plus profond de [soi]-même, toute injustice commise contre quiconque en quelque partie du monde ». 

  

EUSKAL HERRIA / KANAKY / CORSICA  ELKARTASUNA !!! 


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