Nouveau pas de ETA

21 10 2011

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ETA annonce l’arrêt définitif de ses activités armées dans un communiqué reçu en trois langues (basque, français, espagnol) aujourd’hui, 20 octobre 2011, par la rédaction du JOURNAL DU PAYS BASQUE. L’organisation armée invite, par ailleurs, les Etats français et espagnol à entamer des discussions sur « les conséquences du conflit ».  Elle appelle enfin la société basque à « agir avec responsabilité et courage » vis-à-vis du processus de résolution du conflit, « jusqu’à la construction d’un scénario de paix et de liberté ». 21/10/2011

Déclaration d’ETA

Euskadi Ta Askatasuna, organisation socialiste révolutionnaire basque de libération nationale, souhaite à travers cette Déclaration faire savoir sa décision au Peuple Basque :

ETA considère que la Conférence Internationale qui a récemment eu lieu en Pays Basque est une initiative de grande importance politique. La résolution accordée rassemble les ingrédients pour une solution intégrale au conflit et compte avec le soutien de larges secteurs de la société basque et de la communauté internationale.

Un nouveau cycle politique est en train de s’ouvrir en Pays Basque. Nous nous trouvons devant une opportunité historique pour trouver une solution juste et démocratique à ce conflit politique séculier. Face à la violence et à la répression, le dialogue et l’accord doivent caractériser le nouveau cycle. La reconnaissance du Pays Basque et le respect de la volonté populaire doivent l’emporter sur l’imposition. Tel est le désir de la majorité de la société basque.

Ces longues années de lutte ont permis cette opportunité. Le chemin n’a pas été facile. La dureté de la lutte a emporté à jamais de nombreux compagnons. D’autres subissent la prison ou l’exil. Nous leur adressons notre reconnaissance et notre hommage le plus sincère.

Dorénavant, le chemin ne sera pas pour autant plus facile. Face à l’imposition qui est toujours présente, chaque pas, chaque gain sera la fruit des efforts et de la lutte de la société basque. Tout au long de ces années, le Peuple Basque a accumulé l’expérience et la force nécessaires pour affronter ce chemin, et en a également la détermination.

Il est temps de regarder le futur avec espoir. Il est temps aussi d’agir avec responsabilité et courage.

Pour toutes ces raisons,

ETA a décidé l’arrêt définitif de son activité armée. ETA lance un appel aux gouvernements d’Espagne et de France pour ouvrir un processus de dialogue direct qui aura comme objectif la résolution des conséquences du conflit et, en conséquence, le dépassement de la confrontation armée. A travers cette déclaration historique, ETA montre son engagement clair, ferme et définitif.

Enfin, ETA lance un appel à la société basque pour qu’elle s’implique dans ce processus de résolution jusqu’à la construction d’un scénario de paix et de liberté.

Vive le Pays Basque libre ! Vive le Pays Basque socialiste !

Jo ta ke independentzia eta sozialismoa lortu arte !

En Euskal Herria, le 20 octobre 2011

Euskadi Ta Askatasuna

E.T.A.

EDITORIAL du JPB par Antton ETXEBERRI

Déclaration historique pour une nouvelle ère politique

Avec un communiqué ne souffrant d’aucune ambiguïté, l’organisation Euskadi Ta Askatasuna (ETA) annonce publiquement l’arrêt définitif de toute action armée, et réitère son appel aux gouvernements français et espagnol pour le dialogue politique. Trois jours à peine après la Conférence pour la Paix organisée à Donostia, ETA s’engage de manière unilatérale pour l’abandon définitif de la lutte armée, 52 années après sa création.

Ce faisant, l’organisation impulse un nouvel engagement des plus importants pour la mise en place de la résolution du conflit. Elle confirme également ses précédentes déclarations d’engagement en faveur de la paix, et confirme son adhésion complète au processus de réflexion appelé Zutik Euskal Herria, porté par la gauche abertzale dans son ensemble, qui a démarré par la Déclaration d’Altsasu le 14 novembre 2009. Réflexion qui a abouti aux accords de Gernika le 25 septembre 2010.

Les différents événements qui se succèdent les uns après les autres en Pays Basque ces dernières semaines révèlent la solidité du processus qui a été enclenché et également son caractère irréversible : communiqué du Collectif des Prisonniers Politiques Basques, dissolution d’Ekin, adhésion complète de la gauche abertzale à l’appel en cinq points lancé par les pointures internationales présentes à Donostia, et aujourd’hui, engagement public d’ETA à renoncer définitivement aux armes.

Après avoir accepté le 2 octobre dernier la mise en place de la commission internationale de vérification du cessez-le-feu, ETA signe aujourd’hui un pas historique qu’elle n’avait jamais effectué auparavant. Elle se veut une réponse constructive à la dynamique pour un processus de paix définitif en Pays Basque ; enfin, elle répond entièrement au premier des cinq points de la demande formulée par Kofi Annan, Jonathan Powell, Gerry Adams, Berthie Ahern, Gro Arlem Brundtland et Pierre Joxe lundi dernier.

Des pas attendus

Avec une telle déclaration, en répondant de manière responsable et courageuse, ETA déplace aujourd’hui le curseur sur les autres acteurs du conflit basque, les gouvernements français et espagnol.

C’est vers eux aujourd’hui que les regards vont se tourner : avec l’arrêt définitif des actions armées de la part d’ETA, la société basque et la communauté internationale ne comprendraient pas les raisons de la poursuite de l’immobilisme des Etats français et espagnol concernant la question basque. L’opportunité historique qui se présente aujourd’hui pour obtenir la paix en Pays Basque nécessite des pas concrets de la part des deux Etats, amenant à l’ouverture d’un dialogue nécessaire. L’excuse avancée de la lutte armée présentée par les deux Etats afin de justifier l’immobilisme et la répression n’étant plus valable aujourd’hui, ils se doivent à présent de répondre de manière positive aux experts internationaux et à la société basque, et s’engager dans la table des discussions traitant des conséquences du conflit.

Il est évident que cette présence nécessaire à la poursuite du processus se fera grâce au travail de la communauté internationale, mais aussi et surtout à l’engagement des différents acteurs de ce pays.

La présence remarquée et remarquable de représentants politiques de l’UMP, du Modem, du Parti Socialiste et du mouvement abertzale du Pays Basque Nord à la Conférence de Paix de Donostia est une avancée, car elle prouve à elle-seule que la résolution du conflit nécessitera la participation française aux négociations et au dialogue. Les déclarations prononcées ce jour-là par MM.Brisson, Ecenarro, Lasserre, Etchegaray montrent que les lignes semblent bouger ici aussi, même si elles n’impliquent pas encore les partis auxquels ils appartiennent.


Une mobilisation sociale nécessaire

Le gouvernement français, interpellé  directement d’une part par le groupe à Kofi Annan, et d’autre part par ETA, pourra difficilement continuer à taper en touche prétextant qu’il s’agit d’un problème espagnol. Si les relais locaux des partis politiques hexagonaux ont la responsabilité de convaincre leurs dirigeants parisiens de l’opportunité qui se présente, il n’en demeure pas moins que Paris n’évoluera sur la question basque que si le Pays Basque se fait entendre. Non plus avec les bombes, mais par l’engagement politique, social et militant de la société basque dans son ensemble.

La réconciliation en Pays Basque prendra sans doute du temps. Les bases d’une nouvelle ère politique viennent d’être posées en Pays Basque. Le droit à l’autodétermination du peuple basque, étape ultime du processus en marche, s’obtiendra par l’engagement sincère et complet de chacun. C’est le sens de l’appel lancé par ETA à la société basque dans son communiqué d’hier.


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