Barcina demande jusqu’à 9 ans de prison pour ses entarteurs !

28032013

Barcina demande jusqu'à 9 ans de prison pour ses entarteurs ! dans AHT tartazos_1-0c30e

Yolanda Barcina, présidente de la Communauté forale de Navarre[1] , cherche une porte de sortie à ses nombreux problèmes politiques. Mise en accusation dans plusieurs dossiers de détournement d’argent public, notamment au détriment de la Nafarroako Kutxa (ou Caja Navarra, l’ancienne caisse d’épargne locale ayant fusionné au sein de CaixaBank en 2012), elle a vu le Parlement de Navarre demander sa démission par le biais d’une motion adoptée le 13 mars dernier.

Un Parlement lui ayant apporté son soutien suite aux dernières élections forales (en 2011) qu’en raison d’un accord que seul le Pays basque peut provoquer dans l’Etat espagnol entre son parti UPN (Unión del Pueblo Navarro, droite « navarriste »), le Parti populaire (dont UPN fut longtemps le représentant en Navarre) et le Parti socialiste. Une majorité de circonstance aujourd’hui fragilisée par la défection partielle des socialistes. Partielle, car l’antenne locale du PSOE a déjà annoncé qu’il ne voterait pas la motion de censure présentée par la coalition indépendantiste de gauche Bildu (12 élus, second groupe au Parlement).

Il n’empêche que le fonctionnement du gouvernement autonome de Navarre est considérablement bloqué, de nombreuses propositions de lois n’ayant pas été adoptées dont le budget de l’année 2013 !

Ajoutons à cela la fracture existante au sein d’UPN entre les partisans de Yolanda Barcina et ceux du dirigeant historique du parti, Miguel Sanz. Fracture qui a éclaté au moment du congrès (16-17 mars) où la présidence a été emportée de peu par la liste Barcina : 51,78 %. Quand on connaît la grande démocratie régnant dans ces formations politiques…

Tout cela cause probablement beaucoup de frustrations à Yolanda, qui se trouve en plus être l’une des plus ferventes partisans du TAV, le TGV espagnol, dont la réalisation est fortement contestée par de larges secteurs de la société basque, notamment la gauche abertzale. C’est dans le cadre de ces protestations que le mouvement Mugitu[2] a entarté l’ancienne mairesse de Pampelune le 27 octobre 2011, dans les locaux du Conseil régional de Midi-Pyrénées, à Toulouse.

Si l’affaire a été classée sans suite par le parquet de Toulouse, elle a fait grand bruit dans l’Etat espagnol, le journal franquiste ABC en faisant même sa une, titrant : « Voici comment les amis de l’ETA font de la «politique» ».

Ainsi, quatre personnes seront jugées : Gorka Ovejero (élu municipal d’Arruazu), Ibon Garcia Garrido, Julio Martin Villanueva et Mikel Alvarez Forcada. Depuis leur mise en examen, ceux-ci doivent signer toutes les semaines au commissariat et se sont vus retirer leur passeport, mesure assortie d’une interdiction de sortie du territoire espagnol.

Dans l’Etat espagnol, les réquisitions du parquet et les demandes des parties civiles sont communiquées avant le procès. Le premier demande 5 ans de prison pour trois militants considérés comme « auteurs matériels d’attentat à l’autorité » et pour un autre militant, considéré comme « collaborateur nécessaire » à la réalisation dudit attentat, en réalité celui-ci n’a fait que participer à la conférence de presse revendiquant l’action. Peines de prison auxquelles il faut ajouter 2700 € d’amende pour chacun des accusés.

De son côté, Yolanda Barcina, réclame 6 ans de prison et 3600 € d’amende pour trois des accusés et jusqu’à 9 ans de prison et 5400 € d’amende pour Gorka, en raison de son mandat d’élu local ! 9 ans de prison pour un entartage !

Dans un long communiqué, Mugitu a souligné la volonté de vengeance politique d’une Barcina affaiblie, aidée en cela par un système judiciaire directement issue du franquisme. Le mouvement a également mis en ligne un dossier permettant de comprendre cette affaire, à télécharger ici.

De 5 ans à 9 ans de prison pour une triple tarte meringuée, c’est le tarif que réserve l’Etat espagnol aux résistants basques !

AHTRIK EZ ! NON A LA LGV !

ERREPRESIOA EZ ! NON A LA REPRESSION !

[1] Entité administrative créée par l’État espagnol et couvrant le territoire de la province basque de Navarre.

[2] Mouvement de désobéissance civile luttant contre le TAV. Voir leur blog (en euskara et castillan) : http://mugitu.blogspot.com.es/

Vidéo de l’action de Mugitu :

Image de prévisualisation YouTube



L’organisation armée ETA dénonce la fermeture de l’espace de dialogue

28032013

L’organisation armée ETA dénonce la fermeture de l’espace de dialogue  dans Lutte armée imagescabzp99j

LU DANS LE JOURNAL DU PAYS BASQUE DU 27/03/2013

Près de trois semaines après l’annonce, dans la presse espagnole, de la fermeture d’un espace de dialogue avec le gouvernement espagnol à Oslo en Norvège, ETA est sortie de son silence. Dans un communiqué de presse daté du 17 mars 2013 et publié hier dans son intégralité par le site d’information naiz.info, l’organisation armée est revenue sur cet événement en indiquant qu’il “retarde et complique la résolution du conflit”.

À travers la longue note rendue publique en fin d’après-midi, ETA retrace le parcours de cet espace de dialogue et explique les raisons de sa fermeture. “Le gouvernement espagnol n’a jamais montré aucun sérieux et a laissé mourir cet espace de dialogue quand il ne l’a pas directement attaqué avec ses services secrets”, déplore l’organisation qui rappelle que sa démarche est “sérieuse et constructive”.

Le communiqué de presse indique également que des “propositions précises et courageuses” ont été faites au gouvernement français dans le but de développer le processus de paix. Selon l’organisation armée, Paris aurait reconnu la “solidité des propositions” formulées, mais aurait “choisi de s’aligner” sur les positions de Madrid.

Prêt à parler du désarmement

Dans la seconde partie du communiqué, ETA s’oppose à une utilisation “malveillante” du thème du désarmement qui servirait aux États à “occulter leur entière responsabilité dans le blocage du processus de paix”. C’est pourquoi l’organisation armée a rappelé, comme l’ont indiqué à plusieurs reprises les acteurs internationaux, sa disposition à dialoguer autour de son désarmement, mais uniquement dans le cadre d’un débat qui viserait à “dépasser définitivement toutes les conséquences du conflit”.

Au mois de novembre, déjà, elle avait proposé un “agenda pour la paix” pour aborder les questions relatives au désarmement, mais aussi aux réfugiés, aux prisonniers, aux victimes ou encore à la démilitarisation.

La délégation reste “active”

Malgré la fermeture de l’espace de dialogue, l’organisation armée rappelle dans la dernière partie de son communiqué son engagement en faveur d’une résolution définitive du conflit. Elle indique notamment que la délégation qu’elle a nommée pour mener les discussions restera “active” et appelle “l’ensemble des acteurs” à se mobiliser. Et de conclure : “Nous n’allons pas céder face aux difficultés. Parce que le Pays Basque mérite la paix et la liberté.”




L’assassin de Yolanda González travaille pour la police espagnole !

18032013

Il y a quelques jours, le journal espagnol El Pais a publié une enquête au sujet d’un ancien membre du Batallon Vasco Español et du parti franquiste Fuerza Nueva. Celui-ci a été condamné pour l’assassinat d’une jeune basque, Yolanda Gonzalez. Le site La Horde a récemment publié un résumé en français de cette enquête, le voici :

Reconversion chez les flics pour l’assassin de Yolanda González

Le journaliste d’El País, José María Irujo, a récemment publié les résultats de son enquête sur Emilio Hollín Moro, membre du parti franquiste Fuerza Nueva et condamné pour le meurtre d’une jeune étudiante basque…

Dans la matinée du 2 février 1980, l’étudiante basque Yolanda González Martín, membre du Parti Socialiste des Travailleurs (petite formation trotskyste) et connue pour son fort engagement au sein de son école, était retrouvée morte dans la banlieue ouvrière de Madrid, à l’âge de 19 ans. Quelques jours plus tard, le Batallón Vasco Español revendiquait cette action en assurant lutter pour une Espagne « grande, libre et unie », comme le voulait la devise franquiste. Yolanda avait été séquestrée, torturée puis assassinée de trois balles dans la tête en raison de sa supposée appartenance à l’organisation indépendantiste basque ETA. Son nom s’ajouta à la longue liste des victimes du BVE, groupe armé d’extrême-droite ayant commencé ses activités peu après l’exécution du successeur désigné de Franco, Luis Carrero Blanco, revendiquée par ETA. Entre 1975 et 1981, le BVE a assassiné au moins 32 personnes, désignées en fonction de leur appartenance, réelle ou supposée, à ETA. A partir de 1982, le BVE est remplacé par une organisation plus connue : les Groupes Antiterroristes de Libération (GAL).

En 1982, l’Audience nationale condamne Ignacio Abad, José Ricardo Prieto et Félix Pérez Ajero, membres du parti franquiste Fuerza Nueva, à des peines de 4 à 26 ans de prison. Le policier Juan Carlos Rodas ainsi que le responsable de la sécurité de Fuerza Nueva, David Martínez Loza, furent également condamnés. Mais la peine maximum fut réservée à Emilio Hellín Moro, influent membre de Fuerza Nueva, considéré comme le principal exécutant, avec 43 ans de prison.

Malgré cette lourde peine pour des faits qualifiés de « terroristes », Hellín bénéficie, en 1987, d’une permission de six jours ! Il en profite alors, à l’aide d’un faux passeport, pour s’envoler en direction du Paraguay, accueilli les bras grands ouverts par le régime dictatorial d’Alfredo Stroessner. Il y fonde le Centre d’Etudes Professionnelles d’Asunción et y forme les services secrets paraguayens à l’installation de micros et aux écoutes téléphoniques. Trois ans plus tard, suite à une enquête d’un journaliste espagnol, il est finalement extradé vers l’Espagne avant d’être définitivement libéré en janvier 1996, après 14 ans de prison, soit la moitié de la peine maximum existant dans le Code pénal espagnol1. Notons également qu’il bénéficia de jours de permissions, malgré sa fuite de 1987.

A sa sortie, il change son nom en Luis Enrique Hellín Moro et se reconvertit dans l’informatique, plus précisément dans le secteur de l’investigation criminelle et judiciaire. Son entreprise florissante, New Technology Forensics, obtient plusieurs contrats dont les plus rentables avec le Service de Criminalistique de la Garde Civile (équivalent de la gendarmerie), la Police Nationale, le Ministère de la Défense ou encore les polices autonomes basque (Ertzaintza) et catalane (Mossos d’Esquadra). Parmi ses activités : la participation à des enquêtes, la formation d’agents ou encore la participation à des procès en tant qu’expert.

L’histoire de Emilio Hellín Moro nous confirme, si besoin était, que l’Etat espagnol continue d’être imprégné de son passé franquiste, protégeant ceux qui l’ont servi. Un passé qui, en revanche, semble avoir été oublié par le Parti Nationaliste Basque (PNV, droite basque), victime de la répression franquiste pendant 40 ans et qui collabore aujourd’hui avec les ennemis d’hier. Ainsi, alors que des habitants du quartier d’origine de Yolanda González avaient réalisé une fresque murale afin de commémorer les 33 ans de sa disparition, les services techniques de la ville de Bilbao (dirigée par le PNV) effaçait la fresque. Quelques jours plus tard, dans un contexte de forte mobilisation populaire pour connaître la vérité quant au soutien dont a bénéficié Hellín Moro, une nouvelle fresque était réalisée. Yolanda, nous ne t’oublions pas ! Yolanda gogoan !

L’article complet paru dans El País (en castillan)

1 Il ne s’agit évidemment pas de plébisciter les très longues peines de prison mais, dans ce type de dossier, ce type de remise de peines est très rare. Les militants de la gauche indépendantiste basque peuvent en témoigner, encore aujourd’hui…

http://lahorde.samizdat.net/wp-content/uploads/2013/03/Gonzalez-Fresque.jpg

Source : http://lahorde.samizdat.net/?p=1551




Rassemblement contre la « doctrine Parot »

11032013

Le 20 mars prochain, la Cour européenne des Droits de l’Homme analysera le recours déposé par l’Etat espagnol concernant la décision de juillet 2012 rendue par cette même cour. Il y a six mois, elle condamnait l’Espagne à libérer la prisonnière politique basque Inès Del Rio, à laquelle avait été appliquée la doctrine 197/2006, dite doctrine Parot. Cette pratique de la justice espagnole déclarée illégale et contraire aux droits humains permet l’allongement indéfini des peines infligées aux prisonnières et prisonniers politiques basques.

Depuis 2006, 91 prisonniers-ères ont été concernés-ées par la doctrine 197/2006. Aujourd’hui encore, 71 prisonniers-ères sont détenus-es alors qu’elles/ils ont purgé la peine qui leur avait été imposée.

La politique pénitentiaire que l’Etat espagnol applique aux prisonniers-ères politiques basques est une politique de vengeance destinée à les détruire physiquement et psychologiquement. Alors qu’un nouveau temps s’est ouvert au Pays basque suite à la décision d’ETA de ne plus pratiquer la lutte armée, les Etats espagnols et français refusent de respecter les droits du peuple basque et de celles et ceux qui se sont engagés-ées pour les défendre.

La résolution du conflit passera par la libération de tous les prisonnières-ers politiques basques, par le retour de tous les réfugié-ées politiques basques.

A court terme, nous exigeons :

- la confirmation de la décision de la Cour européenne des Droits de l’Homme ;
- la suppression de la doctrine 197/2006 et la libération immédiate des 71 prisonniers-ères concernés-ées ;
- la libération immédiate des 13 prisonniers-ères gravement malades ;
- la modification de la politique pénitentiaire des Etats espagnol et français, notamment en rapprochant les prisonniers-ères du Pays basque.

Pour cela, nous appelons à un rassemblement place Jacques Bainville, à proximité de la représentation à Paris de la Commission européenne et du Parlement européen, le jeudi 14 mars, à 19h.







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