Jokin Aranalde refuse d’être extradé

2 11 2013

“J’ai décidé de choisir l’insoumission”, déclare Jokin Aranalde dans une lettre ouverte

 Le JPB  02/11/2013

Jokin Aranalde refuse d'être extradé dans Politique jokin

Son téléphone portable ne répond plus. Jokin Aranalde a choisi l’insoumission. Ce
représentant et porte-parole du Collectif des exilés politiques basques (CEPB)
vivant à Irissarry depuis de nombreuses années a pris cette décision
d’insoumission après le rejet par la Cour de cassation du pourvoi qu’il avait formé
contre l’arrêt de la cour d’appel de Pau favorable à l’application d’un mandat
d’arrêt européen émis à son encontre par Madrid. Depuis le 30 octobre dernier,
les autorités françaises ont donc dix jours pour remettre Jokin Aranalde à
leurs homologues espagnols.

Dans une lettre ouverte envoyée à plusieurs médias (voir page 2), Jokin Aranalde
explique : “J’ai décidé de choisir l’insoumission puisque, étant l’un des
porte-parole du CEPB, mon engagement est de continuer à travailler jusqu’à ce
que le dernier des exilés et déportés puissions vivre au Pays Basque en
liberté.”

Dans sa lettre, Jokin Aranalde rappelle qu’il a été torturé à trois reprises avant de
rejoindre le Pays Basque Nord : en 1976, 1978 puis en 2002. “J’ai 67 ans. Ces
derniers 50 ans, j’ai vécu l’une des périodes les plus sombres qu’ait connue
mon peuple à cause des États espagnol et français, en particulier celle du
franquisme au Pays Basque Sud. [...] Je suis, en fait, l’une des quelque 7 000
personnes torturées ces derniers 50 ans. C’est pour cette raison-là que j’ai
décidé de m’installer en Pays Basque Nord, car ni mon esprit ni mon corps ne
supporteraient d’être torturé une quatrième fois”, précise-t-il. Jokin Aranalde
rappelle les événements majeurs de ces deux dernières années : la Conférence
d’Aiete et l’arrêt de la lutte armée de la part d’ETA.

Il souligne qu’une feuille de route avait été établie par différentes personnalités
internationales et acteurs sociaux et politiques divers afin de “surmonter, une
fois pour toutes, le conflit politique armé” et instaurer des conditions pour
que le Pays Basque puisse mener son propre chemin. Jokin Aranalde affirme dans
sa lettre que force est de constater que “seule ETA a tenu parole à 100 %”. Et
de souligner “l’attitude négative” des deux États espagnol et français. “Devant
l’attitude négative des deux États, nous, Collectif des exilés-ées politiques
basques, avons décidé, comme beaucoup d’autres l’avaient déjà fait au Pays
Basque, que nous aussi devions nous activer afin que le processus de paix
puisse se développer”, poursuit Jokin Aranalde, faisant référence au 15 juin
dernier quand 300 exilés basques ont présenté publiquement à Biarritz une
proposition allant dans le même sens que celui de la conférence d’Aiete. Moins
de dix jours après cet acte public, Jokin Aranalde était arrêté sous le coup
d’un mandat européen. Aujourd’hui, tous les recours sont épuisés et Jokin
Aranalde devrait être remis à la justice espagnole. Il a donc fait le choix de
l’insoumission, lui qui nous déclarait dans une interview réalisée au début de
cette procédure (13/07/2013) “être très touché” par les marques de solidarité
dont il était l’objet, mais qu’il envisageait le pire et avait l’habitude de
vivre des situations extrêmes. “Mais la dignité, notre peuple, nos preso sont
au-dessus de tout. C’est cela le plus important”, concluait-il.


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