80 ans de lutte pour un Pays basque libre !

9092016

INFO EUSKAL HERRIA / BULLETIN DU CSPB / 3e TRIMESTRE 2016

Alors que, en cette date anniversaire, beaucoup se souviennent de la lutte menée entre 1936 et 1939 contre le coup d’État fasciste mené par le général Franco, il nous semblait essentiel de rappeler que cette résistance avait également été le fait de Basques montés-ées au front pour défendre leur droit à vivre dignement en tant que Basques. Et que la gauche indépendantiste basque s’inscrit aujourd’hui dans la continuité.

Retrouvez notre bulletin en version PDF : fichier pdf 2016_03

1936-2016 : 80 ans de résistance pour un Pays basque libre

En 1936, la Seconde République espagnole est menacée par un coup d’Etat fasciste mené par le général Franco. Rapidement, la résistance s’organise afin de faire face à la volonté d’instaurer un nouveau régime autoritaire dans la péninsule ibérique,  quelques années après la prise de pouvoir d’Antonio Salazar au Portugal.

Les trois années de guerre furent particulièrement dures au Pays basque où les combats acharnés des gudari (soldats en langue basque) retardèrent la défaite. Le bombardement de Gernika le 26 avril 1937 est un symbole de la « guerre d’Espagne », immortalisé par Pablo Picasso. La petite ville entièrement détruite par les bombes des avions de la Légion Condor envoyée par l’Allemagne nazie et de l’Aviation Légionnaire italienne fasciste n’a pas été choisie au hasard. Outre les combats menés par les Gernikar (habitants de Gernika), cette ville est un emblème des libertés basques. C’est en effet sous le chêne de Gernika que les différents seigneurs venaient prêter serment, promettant de respecter les lois provinciales (fueros) et l’autonomie juridique et fiscale des provinces basques.

La victoire obtenue par les franquistes après trois ans de guerre a marqué le début d’un régime totalitaire dont la devise était « Une, Grande et Libre ». Celle-ci suppose une négation totale des libertés basque, catalane ou encore galicienne au profit de la construction d’une identité espagnole uniforme.

La résistance basque au franquisme a continué bien après 1939.

La création d’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) en 1959 a marqué une avancée considérable dans le combat mené par les forces antifascistes. Ainsi, la première action armée de l’organisation révolutionnaire basque a été d’exécuter Melitón Manzanas, collaborateur de la Gestapo pendant la Seconde Guerre mondiale, chef de la Brigade Politico-Sociale de Gipuzkoa, en 1968. Cinq ans plus tard, le successeur désigné du dictateur, Luis Carrero Blanco, trouvait la mort dans une opération militaire d’ETA. Le régime vacillait.

La mort de Franco et la mise en route d’une prétendue « Transition Démocratique » ne doit tromper personne. La désignation par Franco lui-même de Juan Carlos pour occuper le trône royal, la reconversion de hautes personnalités du régime dans les nouveaux partis « démocratiques » (Manuel Fraga, dernier ministre de l’intérieur du régime et créateur du Parti Populaire) et, surtout, l’amnistie offerte à tous les collaborateurs du régime ont permis que rien ne change.

Derrière une vitrine renouvelée, les structures de l’Etat fasciste sont toujours en place.

Les Basques ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en boycottant massivement le référendum devant approuver la nouvelle constitution en 1978, issue du « pacte de la Moncloa » réunissant ancien fidèles du régime franquiste et une partie de l’opposition socialiste et communiste. Ainsi, seuls 31 % des inscrits se sont prononcés en faveur de celle-ci dans tout le Pays basque sud.

Face à cela, la lutte pour l’indépendance et le socialisme de la gauche basque garde toute sa légitimité. Franco mort, l’Etat espagnol est resté une prison des peuples utilisant la torture, l’emprisonnement, la guerre sale contre la résistance basque.

Symbole de cette continuité entre l’Espagne franquiste et la monarchie espagnole, la constitution des Groupes Antiterroristes de Libération (GAL) au début des années 1980, alors que le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) est arrivé au pouvoir. Décidés à combattre la résistance basque jusqu’en Pays basque nord sous domination française, des policiers espagnols et français, des militants d’extrême-droite et des mafieux s’allient sous le commandement direct des plus hauts responsables du gouvernement de Madrid. Plus d’une vingtaine de personnes perdront la vie dans les actions du GAL.

Surtout, PSOE comme PP, les deux partis s’étant partagés le pouvoir, refusent d’avancer sur le droit à l’autodétermination des nations occupées par l’Espagne, le Pays basque en premier lieu. Prétextant de la lutte armée d’ETA, la répression contre la gauche indépendantiste basque est forte : arrestations de milliers de personnes, incarcérations pour plusieurs centaines d’entre elles et, à partir de 1989, dispersion systématique des prisonnières et prisonniers politiques basques. Cela obligeant les familles à parcourir des centaines de kilomètres pour visiter leurs proches.

Plus tard, les juges de l’Audience nationale en charge de la « lutte antiterroriste », héritière du Tribunal d’Ordre Public franquiste, élaborent une doctrine où toutes les organisations de la gauche indépendantiste basque seraient liées organiquement à ETA car partageant les mêmes objectifs : l’indépendance et le socialisme. Résultat : plusieurs partis politiques, associations de soutien aux prisonnières et prisonniers politiques, organisations de jeunesse, journaux et autres médias sont interdits. Le tout, sous le regard bienveillant des autoproclamés défenseurs des droits de l’Homme.

Malgré cela, le peuple travailleur basque n’a jamais cessé d’élaborer une société solidaire, féministe et internationaliste. A travers la création de moyens de communication autonomes, l’occupation de lieux autogérés ou la mise en pratique d’alternatives concrètes au capitalisme, l’Euskal Herria de demain se construit chaque jour.

En cela, le combat actuel de la gauche indépendantiste basque s’inscrit dans la continuité de la résistance au régime fasciste de Franco.

En 2011, ETA décidait unilatéralement la cessation définitive de son activité armée afin de permettre la résolution politique des causes et des conséquences du conflit basque. Les Etats espagnol et français, suivant leur ligne de conduite impérialiste, refusèrent d’avancer sur ce terrain.

Commémorer 1936 ne peut se faire qu’en empruntant le chemin tracé par les femmes et les hommes ayant lutté. Les militantes et les militants se reconnaissant dans la gauche indépendantiste basque s’inscrivent dans cet héritage, le faisant vivre au quotidien.

Combattre les héritiers du franquisme aujourd’hui, c’est soutenir le droit à l’autodétermination des peuples sous domination espagnole, le droit à construire une société débarrassée de l’impérialisme et du capitalisme.

LIBERTE POUR LES PRISONNIERES ET
PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES !

LIBERTE POUR LE PEUPLE BASQUE !




Lutte à la MAF de Fresnes

5062016
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Communiqué du CSPB : Solidarité avec la lutte des femmes incarcérées à la Maison d’Arrêt des Femmes de Fresnes!

20052016

Suite à une action de blocage le 2 mai  dernier,
Itziar Moreno est placée en isolement pour une durée indéterminée!

En avril dernier, les détenues de la Maison d’Arrêt des Femmes de Fresnes se mobilisaient pour demander le respect de leur droit : amélioration des conditions d’hygiène, respect vis-à-vis des femmes enceintes… Mais l’administration pénitentiaire a fait la sourde oreille.

Ainsi, le 2 mai, les détenues ont symboliquement bloqué le patio une dizaine de minutes, refusant de regagner leur cellule. Elles étaient aussi une quarantaine à signer et envoyer une lettre à la direction, faisant part de leurs sollicitations.

La direction a désigné la détenue basque Itziar Moreno comme l’instigatrice de la mobilisation. La jeune femme a été envoyée en isolement pour une durée qui pourrait s’allonger indéfiniment !  Cela est particulièrement inquiétant.

En réaction, les deux autres détenues basques de la MAF, Ekhiñe Izaguirre et Iratxe Sorzabal, ont forcé leur entrée au mitard.

La punition infligée à Itziar Moreno a aussi fait réagir du côté de la Maison d’Arrêt des Hommes, où les détenus basques ont entamé une grève de la faim jusqu’à ce que la situation d’Itziar Moreno se régularise.

L’isolement, a fortiori prolongé, entraîne de graves séquelles physiques et psychologiques pour celles et ceux qui y sont soumis, c’est la raison pour laquelle il est considéré par les organisations internationales de défense des droits humains comme de la torture blanche.

Nous dénonçons l’utilisation de ce type de pratiques brutales et arbitraires en réponse à de simples demandes de respect des droits essentiels des personnes, portées par un grand nombre de prisonnières.

Il est temps que cessent ces mesures répressives à Fresnes et dans l’ensemble des prisons de l’Hexagone !

Nous demandons que les requêtes des prisonnières soient entendues et mises en place immédiatement !

Nous exprimons également notre solidarité avec les détenues en lutte à la MAF de Fleury-Mérogis.

Le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque-Paris (CSPB)

Version en castillan sur le site d’Askapena

 

Vous pouvez soutenir les prisonnières en écrivant à :

M. Scotto
Directeur de la M.A. de Fresnes
3 allée des Thuyas
94261 Fresnes Cedex

Capture

 




Bagnolet : Soirée-discussion sur un quartier occupé et autogéré à Gasteiz (Pays Basque)

7012016

Le Rémouleur, local autogéré de Bagnolet, organise une soirée-discussion sur un quartier de Gasteiz.

Lundi 11 janvier à 19h30
Soirée-discussion sur un quartier occupé et autogéré à Gasteiz (Pays Basque)
« Errekaleor est un ancien quartier ouvrier des années 50, isolé et en retrait de la ville de Gasteiz (Vitoria), au Pays basque sud. En 2002, motivé par la spéculation immobilière, un nouveau plan d’urbanisme implique de démolir le quartier pour étendre la cité dortoir voisine. Les commerces et services de proximité sont fermés, des voisins sont relogés, d’autres refusant l’expulsion créent une plate-forme de lutte.
Quelques années après, alors que la bulle immobilière crève et que le plan de démolition est abandonné, le quartier n’a pas cessé de se vider, il ne reste plus que 3 voisins. En 2013, alors qu’il est quasiment inhabité et abandonné par les institutions, 10 étudiants décident de commencer un projet à cet endroit, en occupant un des ensembles vides.
Aujourd’hui, 100 personnes participent à faire revivre le quartier Errekaleor par le biais de l’autogestion. C’est cette expérience que nous souhaitons transmettre et discuter. »

Le Rémouleur
106, rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)




Déclarations de six militantes-ts basques jugées-és à Paris

26112015

Les prisonnières-ers politiques basques Iosu Urbieta, Xabi Goienetxea, Joseba Fernandez, Izaskun Lesaka, Mikel Karrera et Arkaitz Agirregabiria comparaissent devant la Cour d’assises spéciale de Paris pour leur appartenance à ETA et la mort d’un gendarme français en 2010.

Ils et elle ont tenu, à plusieurs reprises, à faire des déclarations afin de préciser leur lecture de la situation actuelle du Pays basque. Nous en reproduisons certaines ici :

LECTURE DE LA SITUATION POLITIQUE

La lutte pour la libération du Pays Basque vient de loin, elle est bien plus ancienne que la création de l’ETA et elle ne prendra fin que lorsque le but, sa libération, sera atteint.

Il est nécessaire de nous situer dans le contexte des faits pour saisir le sens et les enjeux de l’action que l’ETA comptait mener le 16 mars 2010. Pour cela nous allons analyser chronologiquement la période qui va de fin 2009 au début 2011.

La gauche abertzale était à l’époque traversée par les réflexions et les débats politiques qui allaient quelques années plus tard aboutir à un changement de stratégie. Dans le communiqué par lequel l’ETA répondit à la déclaration de Altsasu elle déclarait clairement: “la gauche abertzale s’est exprimée et l’ETA fait bloc avec elle”. Cette déclaration d’Altsasu mettait en avant un profond changement de stratégie. L’ETA arrêta provisoirement ses actions. Elle ne rendit pas l’arrêt publique mais fit part de sa décision aux gouvernements français et espagnol.

L’arrêt des actions armées supposait pour l’ETA un changement aussi dans son fonctionnement. Tout cela dans une contexte très difficile, sous une vague répressive exacerbée des forces armées espagnoles et françaises. C’est dans cette période de changement, dans le but de préparer les conditions pour la nouvelle phase que s’inscrit l’action d’approvisionnement en véhicules du 16 mars.

Le 3 mars, des personnalités reconnues internationalement font une déclaration qu’on connaitra comme la déclaration de Bruxelles.

Dans un communiqué du 10 mars l’ETA se dit prête à faire les changements politiques nécessaires.

Le 11 mars on apprend que le corps de Jon Anza est apparu à l’hôpital Purpan de Toulouse, en Occitanie. L’État français avait décidé de mettre fin à la disparition et rétention du corps de notre camarade.

Le 16 mars, action d’approvisionnement de véhicules. L’incursion de la police française fait échouer l’action. Le bilan est lourd, un camarade arrêté et un policier mort. Mais le bilan aurait pu être plus grave vu que les policiers ont tiré sur les militants avec l’intention de les atteindre.

24 juillet, lors de l’hommage rendu à Jon Anza, trois personnes encagoulées lurent un communiqué de l’ETA. Dans ce communiqué l’ETA montra sa disposition à chercher à dépasser le conflit par des voies démocratiques.

5 septembre l’ETA fait publique sa décision de cessez-le-feu de début d’année.

25 septembre 2010 signature de l’Accord de Gernika. Les signataires prennent le compromis de mener le combat politique par des voies politiques et démocratiques.

8 janvier 2011, l’ETA répond par un communiqué aux compromis adoptés à Bruxelles et Gernika en montrant son accord et déclare la mise en place d’un cesse-le-feu permanent et vérifiable.

Février 2011 un groupe d’experts internationaux mettent en place une commission de vérification du cesse-le-feu.

Il est clair que le rôle de l’ETA pendant tous ces mois fût clé et décisif pour faire avancer la situation. Son premier objectif a été de récréer les conditions nécessaires pour ouvrir la possibilité aux événements politiques postérieurs. Ce qui a suivi n’est que la confirmation de ses décisions.

25 septembre 2011 le Collectif des prisonniers politiques basques signe l’accord de Gernika.

17 octobre 2011, Conférence d’Aiete.

20 octobre l’ETA en accord avec les résolutions de la conférence d’Aiete fait connaître sa décision d’arrêter définitivement la lutte armée. L’Organisation met en œuvre les changements nécessaires  pour dissoudre les structures destinées à la lutte armée et commence un processus de démilitarisation.

Voyons ce que l’État français a fait pendant ce temps là:

  • Il a depuis début 2010 arrêté 67 citoyens basques, parmi eux un certain nombre de militants de l’ETA.
  • Il a depuis l’arrêt définitif de la lutte armée arrêté 41 personnes dans 21 opérations de police.
  • Il a dispersé d’avantage les prisonniers du collectif qui étaient déjà dispersés et éloignés. Le collectif se trouve aujourd’hui éparpillé en groupes de deux ou trois prisonniers.
  • Il n’a rien fait pour que les conditions de détention des prisonniers soient meilleures et les provocations et les agressions n’ont pas cessé.
  • Il empêche la libération des militants qui arrivent en fin de peine et les arguments des avocats de l’État sont de plus en plus rétrogrades, comme  jamais on n’a utilisé contre l’ETA.

Les dernières arrestations faites à Biarritz, Ortzaize et Baigorri nous montrent bien dans quelle démarche se trouve l’État français. Dans cette dernière opération ont été arrêtés quatre basques qui seraient liés à l’ETA. Encore une fois c’est le ministre de l’intérieur espagnol qui a fait connaître une opération policière qui a eu lieu territoire français. D’après lui cette opération a été menée par la Guardia Civil avec l’aide de la police française. Ils l’ ont nommé Opération Pardines.

 Cela montre clairement que:

  • C’est la Guardia Civil qui mène la lutte contre le Pays Baque au nom des deux États.
  • En nommant l’opération du nom du premier Gaurdia Civil mort dans un affrontement fortuit avec des militants de l’ETA ils cherchent à représenter un fin de cycle. Mais le parcours de l’ETA ne finit pas avec les événements de Viliers-en-Bière, comme il n’a pas débuté à Venta Handi. Mais le fait est que le premier et le dernier des morts dus à l’activité armée de l’ETA ont au lieu lors des affrontements fortuits, des affrontements non voulus.
  • La volonté notoire de la part de certains de diviser l’activité armée de l’ETA en deux parties distinctes. L’ETA aurait eu un sens sous Franco mais elle n’aurait plus de sens lors quelle s’attaque aux neo-franquistes de la mal appelée démocratie. On l’a même entendu dans cette salle de la bouche des procureurs qui nous accusent au nom de la République française. La Guardia Civil n’a pas de doute, par contre, pour elle il n’y a qu’une seule organisation et elle a toujours été son ennemie.
  • Que l’ETA pratique ou pas la lutte armée, qu’elle lutte contre une dictature ou une dictature de fait, cela ne change rien. C’est qui est interdit c’est la résistance, la lutte, Euskal Herria, le Pays Basque. Par contre la Guardia Civil est celle de toujours, elle est aujourd’hui la même que celle du franquisme. La même qui torture, qui répand la terreur, qui occupe le Pays Basque.

L’ETA a arrêté la lutte armée il y a quatre ans. Et malgré tout types d’obstacle, provocation, involution et réfutation que le processus a eu à surmonter l’ETA reste ferme sur ses positions. Le souci le plus profond de notre organisation a été d’encourager, alimenter et promouvoir le processus politique qui apportera à notre pays la liberté et la paix.

Les partis politiques malgré leurs premières déclarations non fait aucun pas pour aller à la source du problème et avancer dans la résolution. Les États ont ajouté à leur refus de négociation, ce qui est depuis le point de vu des standards internationaux, une virulence incompréhensible. Au lieu de faire des pas pour soulager les conséquences du conflit ils essayent de changer les lois pour bloquer   même des avancées prévues dans la loi.

Lors des événements de Villiers-en-Bière ETA était cherchait à avancer dans le chemin de la paix. Elle le fait toujours.

Par contre les États espagnol et français n’ont pas cessé de empêcher cette démarche. Ils ont mis tous leurs moyens en ouvre pour le faire. Ce tribunal fait partie aussi. Regarder de l’avant ne veut pas dire oublier le passé. Il est indispensable de regarder en arrière pour que les erreurs du passé ne se répètent pas. Le chemin qui amènera la paix au Pays Basque ne passe pas par cette salle. Mais ces tribunaux ont aussi leur responsabilité, ils peuvent aider à faire ce chemin et surtout éviter que des nouvelles raisons pour la révolte ne se produisent.

La question reste toujours ouverte, est-ce que la France se limite à suivre la stratégie de l’Espagne ou le fait-elle tout en cachant derrière les demandes espagnoles ses propres intérêts stratégiques?

Il serait intéressant de savoir quelle des deux est majoritaire. Mais pour nous les conséquences sont claires: les deux États maintiennent historiquement  une stratégie de guerre contre le Pays Basque -et contre nombreux autres pays du monde-  qu’ils pérennisent et qu’il n’y a aucun indice pour croire qu’ils comptent changer et chercher des les voies d’une solution.  C’est ce que leur pratique politique nous a montré clairement ces dernières années et c’est ce qui nous montre ce procès tronqué qui à lieu dans cette salle.

A PROPOS DES PERSONNES AYANT SUBI DES CONSÉQUENCES DU CONFLIT

Il est dans l’air du temps de parler de La Mémoire, des victimes ou des conséquences du conflit.

Toute nation construit le récit de sa mémoire et de ses mythes pour le transmettre aux générations suivantes, mais cette narration est souvent jalonnée de périodes sombres ou des passages à vide.

Nous, qui sommes assis sur les bancs des accusés, savons de quoi on parle quand on parle de zones d’ombre dans l’Histoire. Ce que nos grands-parents, survivants de la guerre de 36-39 nous ont transmis sur cette période est minime. Nous comprenons pourquoi, tout d’abord parce que le fait de remémorer les souffrances vécues pendant la guerre leur supposait les revivre; mais aussi parce que la terreur répandue par les forces franquistes était toujours-là. Terreur qui a été et qui est toujours présente et en pleine vigueur.

La campagne de terreur contre le Pays Basque n’a jamais cessé.

Nous avons vu, il y a peu, l’Europe fêter le 70 anniversaire de la Paix. L’Espagne, sans aucun scrupule, s’y est invitée sans tenir compte de l’affront que pour les victimes supposait sa présence. De quel droit elle était là? D’après des experts et des historiens lors des 79 dernières années le chiffre de personnes disparues de force au Pays Basque, si on se réfère au pourcentage de population, dépasse celui des disparus en Argentine ou au Chili. On parle de la disparition forcée de 12.000 personnes.

Les vainqueurs et ceux qui s’y identifient nous répètent que ce ne sont que « des vielles histoires » ou « des vielles blessures » à oublier. Mais non, ces blessures saignent encore aujourd’hui. Il est impossible d’avancer si on ne s’attache pas à régler les conséquences du conflit, et surtout si on ne s’attarde pas sur les causes qui sont à l’origine. Il est impossible de recréer la paix sur l’injustice léguée par la répression.

Un grand effort est en train d’être fait par la population civile pour récupérer et rendre publique la mémoire effacée. Travail méprisé et pas soutenu par les institutions et qui est souvent entravé. C’est grâce au crowfoundig, qui renouvelle l’ancienne tradition du travail communautaire, que les ossements des assassinés en 36 sont en train d’être mis au jour et identifiés pour être mis sous terre dignement.

De sa part, l’Etat espagnol et ses comparses, après avoir décrété que la violence n’est apparue qu’avec l’ETA, a mis en place des listes de victimes de la lutte armée tout en mettant en scène des actes d’hommage en leur mémoire. Par des décrets successifs des listes de victimes ont été rédigées    en les classant par catégories tout en ajoutant un prix à la souffrance et aux sentiments. Il semblerait que cela va de paire avec la mode ou l’esprit capitaliste de la société dans laquelle nous vivons.

L’intérêt pour les victimes est nouveau. Les institutions n’en ont montré d’ intérêt jusqu’aux années 90. Aujourd’hui, par contre, le respect dû aux victimes est devenu l’excuse pour refuser toute avancée dans le règlement du conflit. Il y a un clair refus à s’attaquer aux causes de l’affrontement. L’existence même de l’affrontement est niée.

À ce jour, seule une partie restreinte et très spécifique des personnes ayant subi des conséquences du conflit est mise en avant et traité comme unique victime d’injustice.

Il faut aller à la racine, il est indispensable de mettre en place le moyen pour surmonter les causes du conflit sinon on ne fera que l’alimenter.

Dans cette bataille pour le récit du passé, même les mots ont perdu leur sens. C’est pour cela qu’il faut mettre au clair certains points.

Des institutions crées par l’État et qui prétendent travailler pour la paix nous parlent d’enquettes à mener pour mettre au clair quelques actions faites par l’ETA. Pourtant l’ETA a toujours revendiquée ses actions par la voie de ses communiqués publiques. Ce qu’ils font en réalité est légitimer tous les dossiers crées grâce aux tortures infligées à des milliers de militants, légitimer les condamnations qui ont suivi ces aveux extorqués. Qu’est qu’ils proposent comme méthode pour éclaircir ces dossiers? Qui vont-t-ils torturer cette fois-ci? Ou, vont-t-ils peut-être faire comme ces derniers temps et prendre au choix des militants pour les inculper sans aucune preuve?

Par contre il y a de quoi s’occuper dans les égouts ou chez les responsables des États. Qui a donné l’ordre et qui a couvert les actions de guerre contre les citoyens basques? On commence à entendre dire qu’il y a eu des tortures. Mais où sont ces fonctionnaires de l’état qui ont torturé 10.000 basques? Où sont les responsables politiques qui ont permis que ces fonctionnaires perpètrent cette sale besogne? Où tous ceux qui ont applaudi ou qui ont regardé ailleurs?

On nous parle d’autocritique. L’autocritique est la lecture critique et personnelle de ses agissements que chacun fait de son propre gré. Les militants de l’ETA ont l’obligation de la faire dans le sein de son organisation. L’ETA le fait publiquement en informant de ce qui a été fait tout en ajoutant les raisons et les objectifs de chaque action. Les autocritiques imposées, le chantage qui se cache derrière cette demande d’autocritique n’a comme objectif que l’anéantissement du militant, mais qui a encore un objectif plus ambitieux: la destruction d’un projet politique. La demande d’autocritique n’est qu’un nouveau obstacle qui fait de celui qui s’acharne à trouver des solutions le porteur exclusif du poids de la responsabilité.

L’ETA ne pratique plus de lutte armée, elle ne la pratiquera plus. La situation n’est pas pourtant plus distendue aujourd’hui. Ceux qui étaient sous la menace de l’ETA oui, ils ont vu sa situation changer complètement, mais la répression structurelle qui subissait le Pays Basque est maintenue fermement. C’est cette répression qui est à la source de la violence du conflit. Comment peut-on qualifier le fait de maintenir les prisonniers qui ont décidé de suivre le combat pour ses idées par des voies pacifiques dans des conditions extrêmes de survie et qu’on leur demande de faire une lecture critique de son passé?

C’est le monde à l’envers. On empêche l’ETA de mettre à terme son processus de désarmement. On fait de la politique sur le dos des victimes. Les prisonniers, otages dans les prisons des États, souvent dans des conditions pires à celles des années les plus dures de l’affrontement armé, subissent le chantage de la demande d’autocritique.

Les militants de l’ETA ont toujours gardé l’esprit critique envers ces faits, sur ce qu’ils étaient en train de faire et sur ce que ils allaient faire. Critiques envers tout, même sur la pratique de la lutte armée.

Nous aimerions vous faire entendre les paroles que notre camarade Jose Migel Beñaran Ordeñana, “Argala”, a enregistré en 1978 juste quelques jours avant d’être assassiné à Anglet par des barbouzes payés par l’Etat espagnol. Nous tenons à signaler que cet attentant a eu lieu sur ce que les français considèrent comme leur territoire et que 37 ans plus tard reste toujours sans éclaircir. Ainsi disait donc Argala par rapport à la violence, sur le côté humain de lutte armée:

« Je sais par expérience propre que les militants de l’ETA n’aiment pas la violence…. personne n’aime la lutte armée, elle est désagréable, elle est dure, à cause d’elle on peut finir en prison, en exil, être torturé, mourir, elle peut mener à tuer quelqu’un d’autre, elle endurcit la personne, lui fait du mal, mais la lutte armée est incontournable pour aller de l’avant. »

Les militants de l’ETA avons eu recours à la lutte armée pour mettre fin à une situation de répression et de violence, dans le but d’aller en avant dans le chemin de notre liberté. Elle a été un instrument incontournable pour que notre nation survive. Nous avons commis de faits graves. Cela ne nous a pas pris par surprise, mais la réalité dépasse largement toute prévision en gravité. Tuer n’est pas agréable, en aucun cas! Tuer est terrible. Il l’est encore plus lorsque c’est de manière involontaire.

Mais, il nous semble obscène de faire de cette souffrance infligée aux autres et à nous-mêmes un spectacle. Si par le spectacle de cette souffrance c’est l’humiliation et la reddition de l’ennemi qui est recherché, tout en sachant sciemment que cela ne fera que pérenniser le conflit, on est face à un crime.




AlterJT : reportages sur Jon Anza et la LGV en Pays basque

14052015

Le 23 avril dernier, l’AlterJT consacrait deux reportages à l’action entreprise par la famille de Jon Anza contre l’Etat français ainsi qu’à la lutte de Bizi contre la LGV. A retrouver en début de vidéo :

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Reportage sur Ibon Fernandez Iradi

12112014

Il est l’un des dix prisonniers politiques basques gravement malades. Atteint d’une sclérose en plaque, sa maladie ne peut être efficacement combattue que s’il est libéré, et certainement pas en prison. C’était la conclusion des médecins experts, pour autant la Cour demande de nouveau aux médecins de redire ce qui est un fait déjà avéré, plus de 2 années se sont écoulées depuis la première demande d’Ibon. Une nouvelle fois, le gouvernement français suit le gouvernement espagnol dans son refus du moindre geste en faveur du processus de paix. Cette ligne de conduite l’amène à refuser une mesure comme la suspension de peine d’Ibon qui n’est pourtant qu’une exigence humanitaire des plus élémentaires. Cette ligne de conduite va aussi à l’encontre de la demande massivement exprimée en Pays Basque : l’Etat français – comme l’Etat espagnol – doit s’engager dans le processus de paix, doit amorcer le dialogue dans le nouveau contexte qui est né il y a déjà 3 ans avec la conférence d’Aiete et l’arrêt définitif de la lutte armée par l’ETA.

Nous n’acceptons pas le maintien en détention d’Ibon Fernandez Iradi. Chaque jour supplémentaire en prison est un jour de plus qui ne lui permet pas d’être soigné dans de bonnes conditions ! Chaque jour supplémentaire d’Ibon en prison est un jour de trop ! Nous poursuivrons et intensifierons la mobilisation, pour Ibon et pour toutes et tous les autres prisonnier-e-s!

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24 octobre 2014 – Déclaration de Bayonne

6112014

Depuis plusieurs mois, plusieurs élus et membres d’organisations politiques ou syndicales se sont retrouvés en Pays basque nord afin de réaliser une contribution au « processus de paix ».

Parce que ce document nous semble important afin de comprendre les enjeux actuels en Pays basque, et plus particulièrement en Iparralde, nous avons choisi de le mettre en ligne, sans que cela n’engage plus en avant le CSPB-Paris.

Déclaration de Bayonne 2014

 Groupe de dialogue dans le Pays Basque de France

La Conférence internationale d’Aiete s’est déroulée le 17 Octobre 2011 à San Sebastian. La conclusion de cette conférence a été la «Déclaration d’Aiete» signée par des leaders internationaux reconnus dans le domaine du traitement et de la résolution des conflits dans le monde.

Représentant-e-s élu-e-s du Pays Basque de France(1) pour certains ou en représentation de leur parti pour d’autres, nous avons approuvé, à titre personnel ou au nom de nos organisations la Déclaration d’Aiete et les points qu’elle contient, comme une feuille de route transitoire et valable pour apporter la paix. C´est la raison qui nous a poussé à nous rencontrer et à travailler depuis, unis par un fort engagement en vue d’apporter une contribution au processus de paix initié après la déclaration du cessez le feu de l’activité armée par l’ETA le 20 Octobre 2011.

Durant ce processus de dialogue nous avons développé les points de la Déclaration d’Aiete et analysé quelle pourrait être notre contribution à ce processus de paix. Le document que nous présentons reflète le consensus adopté sur divers points. Il contient des propositions qui peuvent à notre avis recueillir un large consensus dans la société du Pays Basque de France.

Notre volonté est d’apporter une contribution positive au processus en cours, d’identifier les opportunités réelles pour engager des mesures favorisant la vie en commun et de fixer les bases d’une paix durable dans l’ensemble du Pays Basque.

 Ont signé le document

  •  Jean-René Etchegaray, maire de Bayonne (centriste).
  • Kotte Ecenarro, maire d’Hendaye et vice-président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques (PS)
  • Max Brisson, conseiller général, conseiller municipal à Biarritz
  • Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques (PS)
  • Jean-Jacques Lasserre, sénateur des Pyrénées-Atlantiques, conseiller général et président du Conseil des élus du Pays Basque (centriste)
  • Xabi Larralde, responsable de Sortu Lapurdi/Baxe-Nafarroa/Xiberoa
  • Jakes Bortayrou, responsable d’Abertzaleen Batasuna
  • Michel Larralde, secrétaire général de la CFDT Pays Basque
  • Jean Lissar, porte-parole d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV) Pays Basque
  • Marc Oxibar
  • Jean-Pierre Etcheverry, membre du bureau de la CFDT-Pays Basque

Document final

 1. Dialogue Gouvernement français-ETA

 Au regard de la nécessaire participation de la France dans la résolution du conflit, le gouvernement français doit être partie prenante d’un dialogue avec l’ETA. Dans un premier temps et afin de faciliter son déroulement, ce dialogue devrait être mené de façon confidentielle. Dès qu’auront été constatées des avancées significatives, il pourrait être rendu public.

Les questions à aborder dans ce processus de dialogue pourraient être les suivantes:

 A) Mesures pouvant être prises dans le cadre juridique actuel et le respect des Droits de l’Homme :

  • Rapprochement, regroupement et application sans restriction des droits de la personne en détention pour tous les prisonniers déjà jugés et les détenus en attente d’un jugement.
  • Élargissement des personnes remplissant les conditions pouvant bénéficier d’une mesure de liberté conditionnelle ou provisoire, des prisonniers malades et en fin de peine…
  • Élaboration par les institutions publiques d’un plan de réinsertion sociale des prisonniers (aide à l’emploi,  logement,  accès à un revenu de retraite…)

B) Mesures nécessitant un consensus politique et un cadre juridique nouveau:

  • Mise en place d’une Instance ad hoc pour statuer sur:
  • Les conditions de libération des prisonniers condamnés ne pouvant demander une mesure de libération conditionnelle et des détenus en attente de jugement ne pouvant bénéficier d’une mesure de liberté provisoire.
  • L’application aux réfugiés du libre choix de leur lieu de résidence.
  • La suspension des procédures juridiques et policières à l’encontre des militants d’ETA et la prise en compte de leur situation au cas par cas.
  • L’exclusion des délits politiques dans la mise en œuvre du MAE.
  • L’application d’un régime transitoire dérogatoire dans l’application du MAE pour les affaires liées au conflit basque
  • L’élaboration à terme d’une loi d’amnistie pour les affaires liées au conflit basque.

C) Mesures concernant la fin de l’activité armée de l’ETA

  • Accord entre le gouvernement et l’ETA, sous contrôle international, pour définir et mettre en œuvre les conditions et les procédures de désarmement et de démantèlement des infrastructures de l’ETA en France.

Une commission d’experts de type «Vérité et Réconciliation» devrait être mise en place afin de mettre en lumière les faits liés au conflit, d’établir une reconnaissance réciproque de la souffrance de toutes les victimes et de définir les différentes formes de réparation (sociale, économique …).

2. Les conséquences du conflit et la réconciliation

La question de la  réconciliation devrait être abordée dès le départ du processus de paix et menée dans le respect des rythmes de chacun des acteurs impliqués.

Ce processus nécessitera l’engagement des gouvernements.

3. Cadre juridique, politique et institutionnel du Pays Basque de France

Le débat ouvert en France autour de l´Acte III de la décentralisation a permis  de fixer le cadre institutionnel le plus adéquat pour le Pays Basque de France: une collectivité territoriale à statut particulier. Cette proposition de collectivité territoriale a bénéficié d’un consensus politique large et d’une implication forte de la société civile.

Aujourd’hui, alors que des modifications législatives importantes sont encore à venir en ce qui concerne l’organisation des différents niveaux institutionnels, d’autres options sont mises en débat.

En tout état de cause, doter le Pays Basque de France d’un cadre institutionnel spécifique contribuera de manière positive à la réussite d’une paix durable.

Souscrit à Bayonne, le 24 octobre 2014

(1) Pays basque français, Pays Basque de France, Pays Basque Nord, Iparralde… Les dénominations du territoire sont diverses et reflètent les visions et les projets politiques différents des acteurs concernant les 7 provinces basques historiques. Si aucune ne satisfait pleinement l’ensemble des acteurs réunis, la dénomination “Pays Basque de France” a été retenue dans ce document comme étant la moins clivante.

 




LA POLICE CHARGE LE MUR POPULAIRE

23092014

 ET LES INCULPES DENONCENT LES TORTURES SUBIES

loila ertz 22sep14   le 22 septembre au soir, la Ertzaintza aux ordres de l’Audience Espagnole de Madrid relayée par le PNV ont été chercher les 5 militants de SEGI  entourés d’un millier de personnes formant le mur populaire. La presse a été écartée pour tenter de cacher la violence de la charge qui a fait plusieurs blessés. La Ertzaintza, police autonome (!!..) basque a réussi ainsi à enlever et emmener en prison Imanol Salinas, Xabier Arina, Jazint Ramirez, Igarki Robles et Irata Tobar, malgré les protestations, la population qui tentait d’occuper la route pour empêcher le passage des fourgons.

Pendant ce temps, les sept premiers inculpés qui ont comparu dans ce macro-procès politique de Madrid conte SEGI ont témoigné des violences et tortures subies :  sacs en plastique sur la tête, coups répétés, écrasement des testicules qui a valu à Egoi Irisarri d’être transporté aux urgences de l’ hôpital, et cela pendant les cinq jours d’incommunication. Tous les témoignages ont montré que les déclarations on été arrachées sous les tortures physiques et psychologiques. Des coupables de ces actes ont été identifiés, et la photo de l’un d’entre eux, chef de la « brigade d’information » d’Iruñea (Pampelune) a été montrée à la Juge qui n’a pas jugé opportun de la prendre ni de traiter cette question qui n’était pas à son ordre du jour – ni à celui du pouvoir espagnol qui mène la danse…

Segi

 




Nouveau procès contre la jeunesse basque

21092014

Demain, lundi 22 septembre, 28 jeunes indépendantistes basques seront assis sur les bancs de l’Audience nationale espagnole, accusés d’être membres de Segi, organisation de jeunesse de la gauche abertzale.

Ils ont publié un manifeste, nous le reproduisons ici :

LES 28 JEUNES LIBRES

-manifeste-

Encore une fois, nous sommes confrontés à un grave événement. 28 jeunes basques seront jugés par  la Cour nationale espagnole, sur la base de déclarations faites sous la torture. Ils risquent une peine de six ans de prison ferme. Dans une  «démocratie», cela est totalement inacceptable,  il est  temps d’affirmer à nouveau la désobéissance aux lois injustes.

Cette affaire n’a pas de sens. Ni juridiquement, ni politiquement, notamment au Pays Basque. Ce procès est totalement injuste. L’année dernière, ce tribunal a acquitté 40 jeunes, et maintenant ils veulent utiliser les mêmes accusation contre 28 autres. Quand ce cauchemar va-t-il se terminer ? La réponse est entre nos mains. Nous devons renforcer les “murailles humaines”.

Que proposons-nous?

Au Pays Basque, au cours des dernières années, nous avons constaté à plusieurs reprises que nous voulons une solution démocratique au conflit politique. Des jugements politiques fondés sur des lois injustes sont complètement hors de propos. Ils veulent à tout prix écraser notre choix vers la paix. Mais nous allons en avant. Nous avons fait le choix de la résolution, de ne pas rester les bras croisés. Et ils le savent.

Nous devons mettre fin aux procès politiques. C’est notre but.

Au cours des dernières années, nous avons appris de chaque initiative contre les procès politiques. Nous sommes nombreux entre nous à penser que cette situation doit prendre fin. Nous avons besoin de plus en plus de renforcer les “murailles humaines”. Nous devons leur rendre difficile procéder à des arrestations, sinon nous n’arriverons pas à les faire cesser.

1 Pour certains d’entre nous, nous irons à Madrid pour dénoncer cette farce de procès. Beaucoup d’entre nous allons nous trouver face à ceux qui nous ont torturés. Comment accepter cela dans une société juste ?

2-D’autres ne vont pas y  aller. Nous ne bougerons pas d’ici, nous n’assisterons à aucun  procès. Nous tenons à exprimer qu’il faut résoudre ce problème structurel pour avancer dans le processus. Sachant que nous allons être arrêtés en restant ici, ceci est notre contribution à la résolution. C’est le  temps à nouveau de la « muraille humaine » et nous avons besoin de l’aide de tout le monde.

La contribution de chacun est essentielle pour obtenir une solution. Chacun d’entre nous dans la mesure du possible. Nous serons tous les bienvenus. Nous aurons besoin de tous pour faire face aux attaques de Madrid.

Il est temps d’unir nos forces, il est temps d’agir. En tant que nation, nous avons la possibilité de répondre. Unissons-nous!

Nous gagnerons!

Pays Basque, Septembre 2014

loila

Concentración de los 28 jóvenes imputados ante un nuevo juicio.

Certains des 28 jeunes convoqués lundi 22 septembre à l’Audience Nationale, n’ iront pas à Madrid et organisent un mur de résistance populaire à Loiola (photos ci-dessus) pendant la durée du procès.







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