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6 avril à Osny : Marche pour les prisonnier.e.s politiques basques

27032017

6 avril à Osny : Marche pour les prisonnier.e.s politiques basques dans Politique EH_Osny-20170406-1-1-212x300EH_Osny-20170406-2-1-212x300 dans Prisonnier(e)s politiques basques

Avertissement : Texte féminisé. L’ensemble des prisonnières et prisonniers politiques basques, notamment celles et ceux qui étudient, est concerné par cette marche.

Les groupes de soutien aux prisonnières du mouvement d’étudiantes ont organisé une marche à Osny pour le 5 et le 6 avril.

Il y a quelques mois les groupes de soutien aux prisonnières ont commencé à se ressembler conscients du manque qu’il y a sur cette question au niveau national. Nous avons décidé que dans le contexte actuel nous devons répondre de façon unitaire aux problèmes des étudiantes prisonnières et revendiquer leur statut politique. Nous croyons que, en ce qui concerne les prisonnières, nous oublions très souvent la problématique de celles qui sont étudiantes et l’importance de l’éducation est laissée de côté, même si elle est essentielle pour que les prisonnières puissent être fortes psychologiquement et puissent se former et passer leur temps.

La situation des prisonnières étudiantes est pénible. Seulement les prisonnières qui se trouvent dans l’état français peuvent étudier à l’UPV (université du pays basque) et seulement quelques filières. Dans l’état espagnol elles ne peuvent pas étudier à UPV, elles doivent le faire dans des universités à distance comme UNED. Pourtant, elles trouvent des nombreuses difficultés pour faire leurs études. Les conditions qu’elles subissent ne sont pas dues juste à la vengeance; il s’agit d’un choix politique de la part des Etats. Ce sont des attaques contre leur militance politique, pour ce qu’elles ont fait pour faire face à notre oppression de classe et nationale, et les conditions pénibles où elles se trouvent font partie de ces oppressions.

Elles ont des problèmes pour faire les examens, elles ne peuvent pas avoir les documents nécessaires pour étudier, UPV et les autres institutions sont passives face à ceci, elles doivent payer le prix de l’inscription entière, elles ne peuvent pas avoir des réunions avec les professeures… voilà les difficultés que les prisonnières étudiantes ont pour faire leurs études. Il faut ajouter à cela le mauvais traitement qu’elles reçoivent de la part des fonctionnaires de la prison qui très souvent les découragent et leur font du mal psychologique.

Mais la situation des prisonnières étudiantes ne peut pas être comprise sans un regard plus général. En Pays basque nous sommes dans une ère spéciale. Il n’y a pas de lutte armée et il est clair que ceci a changé quelques conditions dans le contexte politique. La situation des prisonnières et des exilées est très grave et c’est une conséquence du conflit politique que nous avons. Dans le système capitaliste, la bourgeoisie a utilisé tous les moyens pour faire taire les mouvements révolutionnaires et faire disparaître leur pratique politique. On veut nous faire croire que c’est l’ère de la solution et de la paix, pourtant, plus que jamais, la répression contre le peuple travailleur basque, l’oppression de classe que reproduit le système et la dépolitisation du conflit sont présentes de la part des Etats espagnol et français ainsi que plusieurs agents et institutions basques font. Il n’y aura pas de paix si le capitalisme est en vie; il n’y aura pas de solution jusqu’à ce que le peuple travailleur basque n’atteigne sa libération totale. Pour obtenir les objectifs du chemin commencé il y a quelques décennies, il est essentiel que toutes les prisonnières sortent à la rue, et créer les conditions pour qu’il n’y ait plus de représailles politiques dans le futur. Nous savons néanmoins que si la lutte contre le capitalisme continue il continuera à y avoir des prisonnières, parce que ceci dépend des forces répressives des Etats capitalistes.

Quelques étudiantes qui sont en prison ont été arrêtées pendant qu’elles étudiaient, d’autres ont commencé à étudier en prison, mais c’est pour avoir lutté contre ce système qu’elles ont été incarcérées, et pour détruire le système capitaliste nous avons besoins d’elles ici; en même temps, si nous détruisons le système, nous détruirons les prisons et nous pourrons les libérer.

Il y a quelques heures nous avons su qu’on a bloqué les matériaux pour étudier de Julen Mendizabal et David Pla, prisonniers à Osny, et qu’on leur a menacé de leur enlever leur droit à étudier. Ça fait des mois que Julen et David luttent pour avoir ce matériel et il n’ont reçu que des mauvaises réponses et des difficultés. De même, nous croyons que ceci marque un précèdent pour le reste de prisonnières étudiantes.

Pour tout ceci, le 5 avril nous remplirons toutes les autobus pour aller à Osny, et le 6 avril nous dénoncerons cette situation et montrerons notre solidarité envers les prisonniers qui se trouvent à Osny. Montrons que dans nos classes il y a des personnes qui manquent, qu’il y a ici un problème très grave, et que les étudiantes prisonnières méritent d’être reconnues et soutenues.

 

Apirilak 6 ikasleok Osny-ra!

Ikasle mugimenduko Presoen Sostengurako Taldeek apirilak 5 eta 6an Osny-ko kartzelara martxa egingo dutela jakinarazi dute Gasteizen eginiko agerraldian.

Ikasle presoak klasean nahi ditugulako, Apirilaren 6ean denok Osny-ra!

 

Gaur, hemen bildu gara Ikasle mugimenduko Presoen sostengurako talde ezberdinak, ikasle presoek, eta batez ere, Osny-ko presoek ikasteko jasaten ari dituzten arazoak eta jezarpena salatzeko, eta Apirilaren 5 eta 6 bitartean gure elkartasuna adierazteko Osny-ra egingo dugun kartzela-martxaren berri emateko.

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Les prisonniers politiques basques de Villepinte en lutte

19122016

Depuis le 18 novembre les prisonniers basques incarcérés à la prison  de Villepinte (93) sont au mitard pour demander des conditions dignes de détention. Ils nous ont fait parvenir une lettre d’information sur leur situation. Aujourd’hui, en soutien, famille et ami-es souhaitons apporter notre soutien et dénoncer cette situation lamentable en envoyant massivement une lettre à la Directrice de la prison et au Ministre de la Justice.

Modèles de lettres : fichier pdf herriaren gutuna

arka igor_fr

Lettre des prisonniers politiques basques de Villepinte

Maison d’arrêt de Villepinte, décembre 2016

Kaixo Euskal Herria,

Par cette lettre , nous, Arkaitz Agirregabiria et Igor Uriarte, membres du Collectif des prisonnier-es politiques basques (EPPK) , incarcérés à la Maison d’Arrêt de Villepinte, souhaitons vous informer de notre situation carcérale. En effet, cela fait déjà un an suite à l’arrivée de la nouvelle Direction de Villepinte que nous subissons des attaques à nos droits fondamentaux. Dès leur arrivée , ils ont souhaité restreindre nos conditions de visite , que nos camarades incarcérés avaient obtenus par la lutte. Une fois de plus , c’est grace à la lutte que nous avons mené à l’intérieur de la prison ( refus de quitter la cellule, blocage, mitard), à la solidarité du Pays Basque notamment par un envoi massif de lettres que ces restrictions exigées par la Direction soient moins , et à maintenir des conditions de visites dignes. Cependant , ces restrictions des droits fondamentaux se sont poursuivies, affectant différents aspects de notre vie quotidienne, comme:

  • La santé: ils nous ont supprimé les douches médicales. Ce certificat médical nous permettait une douche quotidienne, aujourd’hui réduite à trois fois par semaine. Nous avons de grandes difficultés pour obtenir des rendez-vous avec les différents spécialistes des services médicaux. On se demande où disparaissent nos courriers de sollicitation de rendez -vous?
  • Les activités: les horaires des promenades ont été réduits (de 3 heures à 2h30) et de sport (de 4 heures à 3 heures maintenant). Refus d’accès à différentes installations et ressources (comme la Bibliothèque). Difficultés d’accès au Service scolaire, restriction d’activités…
  • La communication extérieure: difficultés constantes d’accès à la cabine téléphonique du module, retard injustifié du courrier (de 10-15 jours à 5 semaines à 1 mois aujourd’hui).
  • Le service de cantine: gestion et services déficients de l’entreprise GEPSA, absence de cantine extérieure, détérioration dans les quantités et qualités alimentaires, conditions d’hygiène déplorable lors de la distribution…

A cette liste il faut rajouter la dernière atteinte à nos conditions de vie, l’imposition de partager la cellule. Les Maisons d’Arrêts reçoivent essentiellement des personnes en détention préventive, n’ accomplissant pas de longues peines (1,2 ou 3ans ), on peut les définir comme des prisons de transit. En aucun cas, ces lieux n’ont été conçu pour maintenir en détention des personnes sur une longue durée. Cependant les prisonniers politiques basques y passons souvent de nombreuses années . Il est alors d’autant plus indispensable lorsque l’on passe 21 heures dans des cellules de même pas 9m², d’être seul pour un minimum de dignité.

Depuis les actions jihadistes perpétrées dans l’Etat français, cet Etat a profité de cette situation pour restreindre des droits et des libertés au nom de la sécurité. Ils font la guerre au delà de leurs frontières et assigne à la discipline la classe ouvrière à l’intérieur de leur pays par la restriction de ses droits. L’Etat de Droit s’est converti en Etat d’exception,dont la prison est le reflet.

Qualques chiffres représentatifs sur les prisons dans lequelles nous sommes en préventive: il y a 46.075 prisonniers pour une capacité de 33.263. Ceci est révélateur de la situation honteuse des prisons françaises, d’un pays qui se prétend être à l’origine de la Déclaration des Droits de l’Homme. L’Etat et ses geôliers n’ont aucun intérêt à mettre fin à cette situation. Les prisons sont devenus un véritable négoce public- privé. Plus il y a de prisonniers , plus il y a de bénéfices.

Face à cette situation nous, prisonniers nous sommes obligés de limiter ces abus afin que nos droits et notre dignité soient respectées. C’est pour toutes ces raisons que nous refusons d’être regroupés en cellule. Il faut d’ailleurs préciser qu’une loi française datant de 1958 confirme ce droit à une cellule individuelle, bien que ce droit ne soit pas souvent respecté. C’est grâce à la lutte que les prisonniers politiques basques ont perpétué ce droit.

Pour poursuivre , voici le texte que nous avons lu devant un membre de la Direction lors d’une Commission Disciplinaire.

“Nous comparaissons devant cette commission pour expliquer les motifs de notre refus d’être regroupé en cellule. Depuis 2010 , la surpopulation carcérale n’est que la suite logique des années précédentes mais lourde de de conséquences, par exemple: des personnes dormant par terre, des bagarres entre co-détenus… Nous sommes en novembre 2016 et cette situation se poursuit. Quelques chiffres données par la Direction Interregionale de Paris en ce mois de novembre 2016 : la surpopulation à Fleury-Merogis est de 154%, à Nanterre de 174,8%, à Osny de 156,5%, à Villepinte de 184,7%, à Bois d’Arcy de 178,8%, à Fresnes de 184,9%,
à Meaux de 185,7%. Selon les mêmes sources 1.422 personnes dorment parterre. Dans les prisons en préventive de Paris et alentours, la capacité opérationnelle est de 7.050 prisonniers alors qu’il y en a 11.751, donc 166,7% de surpopulation. L’Etat français et sont mal nommé Ministère de la Justice violent les droits des prisonniers et nous pousse aux limites en tant qu’être humain. Cette
situation qui perdure depuis de nombreuses années refléte bien le peu d’intérêts portés par l’Etat français aux personnes incarcérés. Nous sommes les encombrants de la société qu’ils veulent nous imposer, et tout ce qui passe à l’intérieur des murs ne transparaît pas à l’extérieur, tout le monde s’en fiche.

Durant de nombreuses années , tous ces différents responsables appliquant la Justice sont restés indifférents face à cette situation inhumaine. Aujourd’hui, les 2 prisonniers politiques basques incarcérés à Villepinte sommes châtiés car nous revendiquons notre droit à rester seul en cellule (jusqu’à présent de par notre profil nous avons toujours été seul en cellule). Parce nous réclamons que notre dignité soit respectée , parce que nous demandons que vous appliquiez votre loi.

Nous sommes convaincus qu’à cette heure, cette prison est plus rentable que jamais, car il n’y a jamais eu autant de “consommateurs”. Comment est-il possible face à une violation permanente des droits, que l’administration et une entreprise privée fassent des bénéfices? Cela nous paraît lamentable!

Ils ont converti les prisonniers en des numéros. Là où il peut y en avoir qu’un seul on en place 2, là où c’est 2 on en met 3, là où c’est 4… Quand les prisonniers que nous sommes, ne sommes plus que de simples numéros et marchandises, la situation est très grave! Madame la Directrice la responsabilité de cette situation est celle de l’Etat , la votre, mais en aucun cas celle des prisonniers qu’ils demeurent seul ou pas en cellule. Demander à un prisonnier “s’il n’a pas honte d’être seul en cellule alors que d’autres dorment parterre?” , comme l’a fait la Directrice Mme Poplin, c’est de la pure hypocrisie! Vous êtes aveuglés par le pouvoir et en oubliez que nous défendons nos droits et notre dignité.

L’un d’entre nous a déjà passé 6 ans et demi seul en cellule, enfermé 21 heures dans un espace de même pas 9 m² ( surface à laquelle il faut enlever la place du lit, des WC, de l’armoire, de la table et du lavabo) à 950 km de chez nous, sans aucune possibilité d’intimité avec nos compagnes. L’un d’entre nous, est qualifié de DPS (Détenu Particulièrement Surveillé qui pour raison de sécurité, selon votre loi, devrait être seul encellule), il est depuis 6ans et demi en préventive et doit encore attendre un an avant d’être à nouveau jugé et ce alors que la France a déjà été condamné par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour avoir violé les délais pour l’un des nôtres. Mais cela aussi vous êtes égal!

Tout cela pour dire que nous connaissons bien les dures conditions carcérales, et nous savons que des personnes doivent parfois dormir parterre en cellule. Dans l’Etat français on peut incarcérer des personnes pour quelques jours, quelques mois… Nous, nous restons là…Madame la Directrice, si de votre point de vue, vous souhaitez que nous soyons tous au même niveau , nous n’avons pas la même vision des choses. Qui se préoccupe de notre situation?Vous, certainement pas. Vous êtes venus nous imposer votre décision s’en prendre en compte notre situation. Vous êtes venus par la force revendiquer que c’est votre droit. Ce ne sont pas deux lits qui vont résoudre un problème structurel. Mais vous avez encore procédé sans dialogue, sans respect.

La Sous Directrice a essayé de nous convaincre que nous n’avons aucun droit à désobéir aux ordres du personnel pénitentiaire, remarque à laquelle nous avons répondu que “nous accomplirions ces ordres tant qu’ils n’attentent pas à notre dignité. Et de poursuivre, bien que notre dignité soit mise à mal nous n’avons “aucun droit à la désobéissance”, notre réponse fut alors des plus claire: oui, Madame la Sous Directrice nous avons des droits. En prison, on nous enlève la liberté, mais pas la liberté de prendre des décisions, dont nous assumons les conséquences, et cela les prisonniers politiques basques l’avons toujours fait .

C’est vous qui n’assumez pas les conséquences de ce système judiciaire malade, car vous continuiez à remplir les prisons sans aucune limite. CETTE SITUATION DOIT PRENDRE FIN! Car si ce n’est nous mêmes qui défendons nos droits, personne ne le fera. Nous défendons nos droits de la seule façon qui nous est possible , en désobéissant aux ordres qui ne respectent pas nos droits , sans
violence, sans insulte, mais avec des arguments et une attitude fermes. Nous vous sollicitons à nouveau afin de respecter notre droit à une cellule individuelle , ici et ailleurs, comme à tous nos camarades dans la même situation à Fleury, fresnes, Osny et Meaux… que ce droit soit respecté.”

Pour le moment , ce problème nous affectent à ceux qui sommes incarcérés à Villepinte. Les autres camarades de lutte doivent supporter la surpopulation d’une autre manière, mais pour l’instant il semblerait que le droit à la cellule individuelle soit maintenu. Mais nous savons aussi que les conditions de vie carcérale se dégradent de jour en jour. C’est pour tout cela que nous encourageons la société basque à participer à toutes les initiatives en faveur du respect des droits des prisonnier-es , qu’ils soient malades, éloignés, ayant accompli les ¾ de leur peine, à tout ceux et celles qui luttent pour des conditions de vie décentes… et bien sur! En faveur de notre retour à la maison. La clé est dans le travail en commun entre le Collectif EPPK et la société basque. C’est par l’engagement et la lutte que nous allons y parvenir! Enfin , pour terminer nous lançons un appel à tout Euskal Herria pour participer à la manifestation de janvier 2017 organisée par Sare, pour remplir les rues de Bilbo et à partir de cette date à rester mobilser dans les diffrentes dynamiques pour la liberté de notre peuple et notre retour chez nous.

JO TA KE! Aurrera Bolie!!

AMNISTIA ETA AUTODETERMINAZIOA

EPPK de la maison d’arrêt de Villepinte , décembre 2016




Free Nekane !

19122016

L’Espagne torture encore

Free Nekane ! dans Répression Espagne-Torture

Pour la neuvième fois, les juridictions internationales viennent de condamner l’Espagne pour sa pratique de la torture et pour ne pas mener d’enquêtes suite aux plaintes des prisonniers basques détenus dans ses prisons. Le gouvernement régional basque a récemment révélé un rapport qui précise les faits : plus de 4000 personnes auraient été torturées entre 1960 et 2013, certaines à plusieurs reprises. L’Etat espagnol nie se livrer à la torture, mais s’en sert effectivement pour obtenir des aveux, ce qui lui permet à la fois de contourner ses propres lois contre cette pratique et de condamner les militants de la cause basque à de lourdes peines.

Le cas de Nekane Txapartegi illustre cette situation scandaleuse. Cette journaliste basque, détenue à Zurich, fait l’objet d’une demande d’extradition déposée par l’Espagne. La Suisse pourrait céder à cette demande pour éviter un gel diplomatique avec l’Espagne, qui reproche à Nekane d’avoir collaboré avec l’ETA en 1999. Mais sa condamnation est fondée sur des aveux prononcés sous la torture, alors qu’elle était détenue dans les sous-sol d’un commissariat de Madrid, sans contacts avec ses proches et ses avocats. Comble de l’horreur, Nekane a été asphyxiée, frappée, dénudée et violée à plusieurs reprises par les agents espagnols.

La prison et la torture sont des moyens utilisés par l’Etat espagnol pour maintenir une chape de plomb sur la société basque, qui est majoritairement favorable à l’auto-détermination. Cette répression est inacceptable. Nous apportons notre soutien à Nekane comme à tous les prisonniers politiques basques, dont nous exigeons la libération. La jeunesse basque aspire à une vie sans répression.

Free Nekane !

Source : http://marxiste.org/international/europe/espagne/2078-l-espagne-torture-encore




17 décembre : Soirée de solidarité avec les prisonnier.e.s politiques basques et corses

1122016

affichepetite

Ils et elles sont encore 361 prisonniers-ères politiques basques et 15 prisonniers politiques corses.

Les prisonniers-ères et réfugiés-ées politiques font partie du conflit, ils et elles doivent faire partie de la solution !

La question des prisonniers-ères politiques est centrale dans le contexte politique actuel alors que les mouvements indépendantistes basque et corse se sont clairement engagés pour la résolution du conflit, notamment avec l’arrêt des activités armées d’ETA et du FLNC.

La seule réponse à ce jour des gouvernements impérialistes français et espagnol est une répression sans merci à l’encontre des militants-es. Les gouvernants nient à tous ces militants-es enfermés-ées dans leurs geôles, leurs droits les plus fondamentaux.

La solution politique passera par la reconnaissance du droit à l’autodétermination des peuples corse et basque et devra inclure l’amnistie pour toutes et tous !

Immédiatement, nous revendiquons :
• Le rapprochement géographique des prisonniers-ères ;
• La libération des prisonniers-ères malades ;
• La libération des prisonniers-ères qui ont effectué les 2/3 de leur peine ;

Pour exiger la reconnaissance des droits des prisonnières et prisonniers politiques basques et corses, le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque de Paris et l’Associu Sulidarita organisent une soirée de soutien au CICP samedi 17 décembre 2016.

Nous serons présents-tes dès 14h au Marché Solidaire. Nous débuterons la soirée à 19h avec un état des lieux de la situation avec un temps d’échange avec la salle, puis ouverture du bar avec un buffet corso-basque solidaire et le concert du groupe corse, Scontru.

Entrée prix libre.

Tables de presse et ventes de tee-shirts, produits traditionnels, dessins des camardes détenus.es, livres…

Tous les bénéfices de la soirée seront reversés aux prisonniers-ères.

Plus que jamais nous avons besoin de vous !

A bas les prisons et les États oppresseurs ! Vive la solidarité internationaliste !




80 ans de lutte pour un Pays basque libre !

9092016

INFO EUSKAL HERRIA / BULLETIN DU CSPB / 3e TRIMESTRE 2016

Alors que, en cette date anniversaire, beaucoup se souviennent de la lutte menée entre 1936 et 1939 contre le coup d’État fasciste mené par le général Franco, il nous semblait essentiel de rappeler que cette résistance avait également été le fait de Basques montés-ées au front pour défendre leur droit à vivre dignement en tant que Basques. Et que la gauche indépendantiste basque s’inscrit aujourd’hui dans la continuité.

Retrouvez notre bulletin en version PDF : fichier pdf 2016_03

1936-2016 : 80 ans de résistance pour un Pays basque libre

En 1936, la Seconde République espagnole est menacée par un coup d’Etat fasciste mené par le général Franco. Rapidement, la résistance s’organise afin de faire face à la volonté d’instaurer un nouveau régime autoritaire dans la péninsule ibérique,  quelques années après la prise de pouvoir d’Antonio Salazar au Portugal.

Les trois années de guerre furent particulièrement dures au Pays basque où les combats acharnés des gudari (soldats en langue basque) retardèrent la défaite. Le bombardement de Gernika le 26 avril 1937 est un symbole de la « guerre d’Espagne », immortalisé par Pablo Picasso. La petite ville entièrement détruite par les bombes des avions de la Légion Condor envoyée par l’Allemagne nazie et de l’Aviation Légionnaire italienne fasciste n’a pas été choisie au hasard. Outre les combats menés par les Gernikar (habitants de Gernika), cette ville est un emblème des libertés basques. C’est en effet sous le chêne de Gernika que les différents seigneurs venaient prêter serment, promettant de respecter les lois provinciales (fueros) et l’autonomie juridique et fiscale des provinces basques.

La victoire obtenue par les franquistes après trois ans de guerre a marqué le début d’un régime totalitaire dont la devise était « Une, Grande et Libre ». Celle-ci suppose une négation totale des libertés basque, catalane ou encore galicienne au profit de la construction d’une identité espagnole uniforme.

La résistance basque au franquisme a continué bien après 1939.

La création d’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) en 1959 a marqué une avancée considérable dans le combat mené par les forces antifascistes. Ainsi, la première action armée de l’organisation révolutionnaire basque a été d’exécuter Melitón Manzanas, collaborateur de la Gestapo pendant la Seconde Guerre mondiale, chef de la Brigade Politico-Sociale de Gipuzkoa, en 1968. Cinq ans plus tard, le successeur désigné du dictateur, Luis Carrero Blanco, trouvait la mort dans une opération militaire d’ETA. Le régime vacillait.

La mort de Franco et la mise en route d’une prétendue « Transition Démocratique » ne doit tromper personne. La désignation par Franco lui-même de Juan Carlos pour occuper le trône royal, la reconversion de hautes personnalités du régime dans les nouveaux partis « démocratiques » (Manuel Fraga, dernier ministre de l’intérieur du régime et créateur du Parti Populaire) et, surtout, l’amnistie offerte à tous les collaborateurs du régime ont permis que rien ne change.

Derrière une vitrine renouvelée, les structures de l’Etat fasciste sont toujours en place.

Les Basques ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en boycottant massivement le référendum devant approuver la nouvelle constitution en 1978, issue du « pacte de la Moncloa » réunissant ancien fidèles du régime franquiste et une partie de l’opposition socialiste et communiste. Ainsi, seuls 31 % des inscrits se sont prononcés en faveur de celle-ci dans tout le Pays basque sud.

Face à cela, la lutte pour l’indépendance et le socialisme de la gauche basque garde toute sa légitimité. Franco mort, l’Etat espagnol est resté une prison des peuples utilisant la torture, l’emprisonnement, la guerre sale contre la résistance basque.

Symbole de cette continuité entre l’Espagne franquiste et la monarchie espagnole, la constitution des Groupes Antiterroristes de Libération (GAL) au début des années 1980, alors que le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) est arrivé au pouvoir. Décidés à combattre la résistance basque jusqu’en Pays basque nord sous domination française, des policiers espagnols et français, des militants d’extrême-droite et des mafieux s’allient sous le commandement direct des plus hauts responsables du gouvernement de Madrid. Plus d’une vingtaine de personnes perdront la vie dans les actions du GAL.

Surtout, PSOE comme PP, les deux partis s’étant partagés le pouvoir, refusent d’avancer sur le droit à l’autodétermination des nations occupées par l’Espagne, le Pays basque en premier lieu. Prétextant de la lutte armée d’ETA, la répression contre la gauche indépendantiste basque est forte : arrestations de milliers de personnes, incarcérations pour plusieurs centaines d’entre elles et, à partir de 1989, dispersion systématique des prisonnières et prisonniers politiques basques. Cela obligeant les familles à parcourir des centaines de kilomètres pour visiter leurs proches.

Plus tard, les juges de l’Audience nationale en charge de la « lutte antiterroriste », héritière du Tribunal d’Ordre Public franquiste, élaborent une doctrine où toutes les organisations de la gauche indépendantiste basque seraient liées organiquement à ETA car partageant les mêmes objectifs : l’indépendance et le socialisme. Résultat : plusieurs partis politiques, associations de soutien aux prisonnières et prisonniers politiques, organisations de jeunesse, journaux et autres médias sont interdits. Le tout, sous le regard bienveillant des autoproclamés défenseurs des droits de l’Homme.

Malgré cela, le peuple travailleur basque n’a jamais cessé d’élaborer une société solidaire, féministe et internationaliste. A travers la création de moyens de communication autonomes, l’occupation de lieux autogérés ou la mise en pratique d’alternatives concrètes au capitalisme, l’Euskal Herria de demain se construit chaque jour.

En cela, le combat actuel de la gauche indépendantiste basque s’inscrit dans la continuité de la résistance au régime fasciste de Franco.

En 2011, ETA décidait unilatéralement la cessation définitive de son activité armée afin de permettre la résolution politique des causes et des conséquences du conflit basque. Les Etats espagnol et français, suivant leur ligne de conduite impérialiste, refusèrent d’avancer sur ce terrain.

Commémorer 1936 ne peut se faire qu’en empruntant le chemin tracé par les femmes et les hommes ayant lutté. Les militantes et les militants se reconnaissant dans la gauche indépendantiste basque s’inscrivent dans cet héritage, le faisant vivre au quotidien.

Combattre les héritiers du franquisme aujourd’hui, c’est soutenir le droit à l’autodétermination des peuples sous domination espagnole, le droit à construire une société débarrassée de l’impérialisme et du capitalisme.

LIBERTE POUR LES PRISONNIERES ET
PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES !

LIBERTE POUR LE PEUPLE BASQUE !




Txalaparta / Emission du 13 février 2016

24022016

Le sommaire

0’00 : L’Arcusgi – Askatasunera

4’14 : Présentation de l’émission et du colloque « Les prisonniers et le processus de paix » en Sorbonne, le 27/01/2016

7’09 : Colloque Sorbonne / Intervention de Joana Haramboure, fille d’un prisonnier incarcéré plus de 25 ans

13’31 : Colloque Sorbonne / Intervention de Gabi Mouesca, ancien prisonnier politique basque, porte-parole de l’EPPK (collectif des prisonnières/ers politiques basques)

26’47 : Colloque Sorbonne / Intervention de Xantiana Cachenaut, avocate au barreau de Bayonne

36’33 : Musique / Sahara Kantari (solidarité avec les Sahraouis)

40’15 : Informations sur le procès visant Askapena, organisation internationaliste basque

49’50 : Musique / Internazionala

32’48 : Angela Davis à Bilbo (anglais et euskera)

57’50 : Musique / Joan Baez – No nos moveran

1’00’24 : Angela Davis devant la prison de Logroño (anglais et euskera)

1’05’45 : Chanson pour la libération d’Arnaldo Otegi et l’ensemble des prisonnières/ers basques

 




Txalaparta : Emission du 2 janvier 2016

5012016

Suite à la disparition de Radio Pays, le CSPB anime une nouvelle émission sur Radio Fréquence Paris Plurielle. Tous les 2ème et 4ème samedis du mois, retrouvez donc une émission d’actualité sur le Pays basque entre 18h et 19h30. Les 1ers et 3ème samedis seront consacrés aux émissions corses de nos amis de Radio Paese.

Tous les samedis, de 19h à 19h30, des messages aux prisonnières et prisonniers politiques basques et corses seront diffusés.

Émission du 2 janvier 2016

0:00 : L’Arcusgi – Askatasunera

4:13 : Présentation de la situation politique en Euskal Herria et du Comité de Soutien au Peuple Basque de Paris

14:03 : Interview de Walter Wendelin, en procès pour son travail au sein d’Askapena, organisation internationaliste basque

36:24 : Anje Duhalde – Kantuz

39:40 : Présentation de la situation politique en Corse et discours de Jean-Guy Talamoni, président de la nouvelle Assemblée de Corse (traduction en français ici)

1:02:50 : L’Arcusgi – Resistenza

1:06:20 : Mago de Oz – Maite Zaitut

Les équipes de Txalaparta et de Radio Paese avons décidé de ne pas diffuser les messages aux prisonniers sur Internet mais seulement en direct.

Prugrammu di u 2 di ghjennaghju di l’annu 2016 by Radiopaese on Mixcloud

 

 




Déclarations de six militantes-ts basques jugées-és à Paris

26112015

Les prisonnières-ers politiques basques Iosu Urbieta, Xabi Goienetxea, Joseba Fernandez, Izaskun Lesaka, Mikel Karrera et Arkaitz Agirregabiria comparaissent devant la Cour d’assises spéciale de Paris pour leur appartenance à ETA et la mort d’un gendarme français en 2010.

Ils et elle ont tenu, à plusieurs reprises, à faire des déclarations afin de préciser leur lecture de la situation actuelle du Pays basque. Nous en reproduisons certaines ici :

LECTURE DE LA SITUATION POLITIQUE

La lutte pour la libération du Pays Basque vient de loin, elle est bien plus ancienne que la création de l’ETA et elle ne prendra fin que lorsque le but, sa libération, sera atteint.

Il est nécessaire de nous situer dans le contexte des faits pour saisir le sens et les enjeux de l’action que l’ETA comptait mener le 16 mars 2010. Pour cela nous allons analyser chronologiquement la période qui va de fin 2009 au début 2011.

La gauche abertzale était à l’époque traversée par les réflexions et les débats politiques qui allaient quelques années plus tard aboutir à un changement de stratégie. Dans le communiqué par lequel l’ETA répondit à la déclaration de Altsasu elle déclarait clairement: “la gauche abertzale s’est exprimée et l’ETA fait bloc avec elle”. Cette déclaration d’Altsasu mettait en avant un profond changement de stratégie. L’ETA arrêta provisoirement ses actions. Elle ne rendit pas l’arrêt publique mais fit part de sa décision aux gouvernements français et espagnol.

L’arrêt des actions armées supposait pour l’ETA un changement aussi dans son fonctionnement. Tout cela dans une contexte très difficile, sous une vague répressive exacerbée des forces armées espagnoles et françaises. C’est dans cette période de changement, dans le but de préparer les conditions pour la nouvelle phase que s’inscrit l’action d’approvisionnement en véhicules du 16 mars.

Le 3 mars, des personnalités reconnues internationalement font une déclaration qu’on connaitra comme la déclaration de Bruxelles.

Dans un communiqué du 10 mars l’ETA se dit prête à faire les changements politiques nécessaires.

Le 11 mars on apprend que le corps de Jon Anza est apparu à l’hôpital Purpan de Toulouse, en Occitanie. L’État français avait décidé de mettre fin à la disparition et rétention du corps de notre camarade.

Le 16 mars, action d’approvisionnement de véhicules. L’incursion de la police française fait échouer l’action. Le bilan est lourd, un camarade arrêté et un policier mort. Mais le bilan aurait pu être plus grave vu que les policiers ont tiré sur les militants avec l’intention de les atteindre.

24 juillet, lors de l’hommage rendu à Jon Anza, trois personnes encagoulées lurent un communiqué de l’ETA. Dans ce communiqué l’ETA montra sa disposition à chercher à dépasser le conflit par des voies démocratiques.

5 septembre l’ETA fait publique sa décision de cessez-le-feu de début d’année.

25 septembre 2010 signature de l’Accord de Gernika. Les signataires prennent le compromis de mener le combat politique par des voies politiques et démocratiques.

8 janvier 2011, l’ETA répond par un communiqué aux compromis adoptés à Bruxelles et Gernika en montrant son accord et déclare la mise en place d’un cesse-le-feu permanent et vérifiable.

Février 2011 un groupe d’experts internationaux mettent en place une commission de vérification du cesse-le-feu.

Il est clair que le rôle de l’ETA pendant tous ces mois fût clé et décisif pour faire avancer la situation. Son premier objectif a été de récréer les conditions nécessaires pour ouvrir la possibilité aux événements politiques postérieurs. Ce qui a suivi n’est que la confirmation de ses décisions.

25 septembre 2011 le Collectif des prisonniers politiques basques signe l’accord de Gernika.

17 octobre 2011, Conférence d’Aiete.

20 octobre l’ETA en accord avec les résolutions de la conférence d’Aiete fait connaître sa décision d’arrêter définitivement la lutte armée. L’Organisation met en œuvre les changements nécessaires  pour dissoudre les structures destinées à la lutte armée et commence un processus de démilitarisation.

Voyons ce que l’État français a fait pendant ce temps là:

  • Il a depuis début 2010 arrêté 67 citoyens basques, parmi eux un certain nombre de militants de l’ETA.
  • Il a depuis l’arrêt définitif de la lutte armée arrêté 41 personnes dans 21 opérations de police.
  • Il a dispersé d’avantage les prisonniers du collectif qui étaient déjà dispersés et éloignés. Le collectif se trouve aujourd’hui éparpillé en groupes de deux ou trois prisonniers.
  • Il n’a rien fait pour que les conditions de détention des prisonniers soient meilleures et les provocations et les agressions n’ont pas cessé.
  • Il empêche la libération des militants qui arrivent en fin de peine et les arguments des avocats de l’État sont de plus en plus rétrogrades, comme  jamais on n’a utilisé contre l’ETA.

Les dernières arrestations faites à Biarritz, Ortzaize et Baigorri nous montrent bien dans quelle démarche se trouve l’État français. Dans cette dernière opération ont été arrêtés quatre basques qui seraient liés à l’ETA. Encore une fois c’est le ministre de l’intérieur espagnol qui a fait connaître une opération policière qui a eu lieu territoire français. D’après lui cette opération a été menée par la Guardia Civil avec l’aide de la police française. Ils l’ ont nommé Opération Pardines.

 Cela montre clairement que:

  • C’est la Guardia Civil qui mène la lutte contre le Pays Baque au nom des deux États.
  • En nommant l’opération du nom du premier Gaurdia Civil mort dans un affrontement fortuit avec des militants de l’ETA ils cherchent à représenter un fin de cycle. Mais le parcours de l’ETA ne finit pas avec les événements de Viliers-en-Bière, comme il n’a pas débuté à Venta Handi. Mais le fait est que le premier et le dernier des morts dus à l’activité armée de l’ETA ont au lieu lors des affrontements fortuits, des affrontements non voulus.
  • La volonté notoire de la part de certains de diviser l’activité armée de l’ETA en deux parties distinctes. L’ETA aurait eu un sens sous Franco mais elle n’aurait plus de sens lors quelle s’attaque aux neo-franquistes de la mal appelée démocratie. On l’a même entendu dans cette salle de la bouche des procureurs qui nous accusent au nom de la République française. La Guardia Civil n’a pas de doute, par contre, pour elle il n’y a qu’une seule organisation et elle a toujours été son ennemie.
  • Que l’ETA pratique ou pas la lutte armée, qu’elle lutte contre une dictature ou une dictature de fait, cela ne change rien. C’est qui est interdit c’est la résistance, la lutte, Euskal Herria, le Pays Basque. Par contre la Guardia Civil est celle de toujours, elle est aujourd’hui la même que celle du franquisme. La même qui torture, qui répand la terreur, qui occupe le Pays Basque.

L’ETA a arrêté la lutte armée il y a quatre ans. Et malgré tout types d’obstacle, provocation, involution et réfutation que le processus a eu à surmonter l’ETA reste ferme sur ses positions. Le souci le plus profond de notre organisation a été d’encourager, alimenter et promouvoir le processus politique qui apportera à notre pays la liberté et la paix.

Les partis politiques malgré leurs premières déclarations non fait aucun pas pour aller à la source du problème et avancer dans la résolution. Les États ont ajouté à leur refus de négociation, ce qui est depuis le point de vu des standards internationaux, une virulence incompréhensible. Au lieu de faire des pas pour soulager les conséquences du conflit ils essayent de changer les lois pour bloquer   même des avancées prévues dans la loi.

Lors des événements de Villiers-en-Bière ETA était cherchait à avancer dans le chemin de la paix. Elle le fait toujours.

Par contre les États espagnol et français n’ont pas cessé de empêcher cette démarche. Ils ont mis tous leurs moyens en ouvre pour le faire. Ce tribunal fait partie aussi. Regarder de l’avant ne veut pas dire oublier le passé. Il est indispensable de regarder en arrière pour que les erreurs du passé ne se répètent pas. Le chemin qui amènera la paix au Pays Basque ne passe pas par cette salle. Mais ces tribunaux ont aussi leur responsabilité, ils peuvent aider à faire ce chemin et surtout éviter que des nouvelles raisons pour la révolte ne se produisent.

La question reste toujours ouverte, est-ce que la France se limite à suivre la stratégie de l’Espagne ou le fait-elle tout en cachant derrière les demandes espagnoles ses propres intérêts stratégiques?

Il serait intéressant de savoir quelle des deux est majoritaire. Mais pour nous les conséquences sont claires: les deux États maintiennent historiquement  une stratégie de guerre contre le Pays Basque -et contre nombreux autres pays du monde-  qu’ils pérennisent et qu’il n’y a aucun indice pour croire qu’ils comptent changer et chercher des les voies d’une solution.  C’est ce que leur pratique politique nous a montré clairement ces dernières années et c’est ce qui nous montre ce procès tronqué qui à lieu dans cette salle.

A PROPOS DES PERSONNES AYANT SUBI DES CONSÉQUENCES DU CONFLIT

Il est dans l’air du temps de parler de La Mémoire, des victimes ou des conséquences du conflit.

Toute nation construit le récit de sa mémoire et de ses mythes pour le transmettre aux générations suivantes, mais cette narration est souvent jalonnée de périodes sombres ou des passages à vide.

Nous, qui sommes assis sur les bancs des accusés, savons de quoi on parle quand on parle de zones d’ombre dans l’Histoire. Ce que nos grands-parents, survivants de la guerre de 36-39 nous ont transmis sur cette période est minime. Nous comprenons pourquoi, tout d’abord parce que le fait de remémorer les souffrances vécues pendant la guerre leur supposait les revivre; mais aussi parce que la terreur répandue par les forces franquistes était toujours-là. Terreur qui a été et qui est toujours présente et en pleine vigueur.

La campagne de terreur contre le Pays Basque n’a jamais cessé.

Nous avons vu, il y a peu, l’Europe fêter le 70 anniversaire de la Paix. L’Espagne, sans aucun scrupule, s’y est invitée sans tenir compte de l’affront que pour les victimes supposait sa présence. De quel droit elle était là? D’après des experts et des historiens lors des 79 dernières années le chiffre de personnes disparues de force au Pays Basque, si on se réfère au pourcentage de population, dépasse celui des disparus en Argentine ou au Chili. On parle de la disparition forcée de 12.000 personnes.

Les vainqueurs et ceux qui s’y identifient nous répètent que ce ne sont que « des vielles histoires » ou « des vielles blessures » à oublier. Mais non, ces blessures saignent encore aujourd’hui. Il est impossible d’avancer si on ne s’attache pas à régler les conséquences du conflit, et surtout si on ne s’attarde pas sur les causes qui sont à l’origine. Il est impossible de recréer la paix sur l’injustice léguée par la répression.

Un grand effort est en train d’être fait par la population civile pour récupérer et rendre publique la mémoire effacée. Travail méprisé et pas soutenu par les institutions et qui est souvent entravé. C’est grâce au crowfoundig, qui renouvelle l’ancienne tradition du travail communautaire, que les ossements des assassinés en 36 sont en train d’être mis au jour et identifiés pour être mis sous terre dignement.

De sa part, l’Etat espagnol et ses comparses, après avoir décrété que la violence n’est apparue qu’avec l’ETA, a mis en place des listes de victimes de la lutte armée tout en mettant en scène des actes d’hommage en leur mémoire. Par des décrets successifs des listes de victimes ont été rédigées    en les classant par catégories tout en ajoutant un prix à la souffrance et aux sentiments. Il semblerait que cela va de paire avec la mode ou l’esprit capitaliste de la société dans laquelle nous vivons.

L’intérêt pour les victimes est nouveau. Les institutions n’en ont montré d’ intérêt jusqu’aux années 90. Aujourd’hui, par contre, le respect dû aux victimes est devenu l’excuse pour refuser toute avancée dans le règlement du conflit. Il y a un clair refus à s’attaquer aux causes de l’affrontement. L’existence même de l’affrontement est niée.

À ce jour, seule une partie restreinte et très spécifique des personnes ayant subi des conséquences du conflit est mise en avant et traité comme unique victime d’injustice.

Il faut aller à la racine, il est indispensable de mettre en place le moyen pour surmonter les causes du conflit sinon on ne fera que l’alimenter.

Dans cette bataille pour le récit du passé, même les mots ont perdu leur sens. C’est pour cela qu’il faut mettre au clair certains points.

Des institutions crées par l’État et qui prétendent travailler pour la paix nous parlent d’enquettes à mener pour mettre au clair quelques actions faites par l’ETA. Pourtant l’ETA a toujours revendiquée ses actions par la voie de ses communiqués publiques. Ce qu’ils font en réalité est légitimer tous les dossiers crées grâce aux tortures infligées à des milliers de militants, légitimer les condamnations qui ont suivi ces aveux extorqués. Qu’est qu’ils proposent comme méthode pour éclaircir ces dossiers? Qui vont-t-ils torturer cette fois-ci? Ou, vont-t-ils peut-être faire comme ces derniers temps et prendre au choix des militants pour les inculper sans aucune preuve?

Par contre il y a de quoi s’occuper dans les égouts ou chez les responsables des États. Qui a donné l’ordre et qui a couvert les actions de guerre contre les citoyens basques? On commence à entendre dire qu’il y a eu des tortures. Mais où sont ces fonctionnaires de l’état qui ont torturé 10.000 basques? Où sont les responsables politiques qui ont permis que ces fonctionnaires perpètrent cette sale besogne? Où tous ceux qui ont applaudi ou qui ont regardé ailleurs?

On nous parle d’autocritique. L’autocritique est la lecture critique et personnelle de ses agissements que chacun fait de son propre gré. Les militants de l’ETA ont l’obligation de la faire dans le sein de son organisation. L’ETA le fait publiquement en informant de ce qui a été fait tout en ajoutant les raisons et les objectifs de chaque action. Les autocritiques imposées, le chantage qui se cache derrière cette demande d’autocritique n’a comme objectif que l’anéantissement du militant, mais qui a encore un objectif plus ambitieux: la destruction d’un projet politique. La demande d’autocritique n’est qu’un nouveau obstacle qui fait de celui qui s’acharne à trouver des solutions le porteur exclusif du poids de la responsabilité.

L’ETA ne pratique plus de lutte armée, elle ne la pratiquera plus. La situation n’est pas pourtant plus distendue aujourd’hui. Ceux qui étaient sous la menace de l’ETA oui, ils ont vu sa situation changer complètement, mais la répression structurelle qui subissait le Pays Basque est maintenue fermement. C’est cette répression qui est à la source de la violence du conflit. Comment peut-on qualifier le fait de maintenir les prisonniers qui ont décidé de suivre le combat pour ses idées par des voies pacifiques dans des conditions extrêmes de survie et qu’on leur demande de faire une lecture critique de son passé?

C’est le monde à l’envers. On empêche l’ETA de mettre à terme son processus de désarmement. On fait de la politique sur le dos des victimes. Les prisonniers, otages dans les prisons des États, souvent dans des conditions pires à celles des années les plus dures de l’affrontement armé, subissent le chantage de la demande d’autocritique.

Les militants de l’ETA ont toujours gardé l’esprit critique envers ces faits, sur ce qu’ils étaient en train de faire et sur ce que ils allaient faire. Critiques envers tout, même sur la pratique de la lutte armée.

Nous aimerions vous faire entendre les paroles que notre camarade Jose Migel Beñaran Ordeñana, “Argala”, a enregistré en 1978 juste quelques jours avant d’être assassiné à Anglet par des barbouzes payés par l’Etat espagnol. Nous tenons à signaler que cet attentant a eu lieu sur ce que les français considèrent comme leur territoire et que 37 ans plus tard reste toujours sans éclaircir. Ainsi disait donc Argala par rapport à la violence, sur le côté humain de lutte armée:

« Je sais par expérience propre que les militants de l’ETA n’aiment pas la violence…. personne n’aime la lutte armée, elle est désagréable, elle est dure, à cause d’elle on peut finir en prison, en exil, être torturé, mourir, elle peut mener à tuer quelqu’un d’autre, elle endurcit la personne, lui fait du mal, mais la lutte armée est incontournable pour aller de l’avant. »

Les militants de l’ETA avons eu recours à la lutte armée pour mettre fin à une situation de répression et de violence, dans le but d’aller en avant dans le chemin de notre liberté. Elle a été un instrument incontournable pour que notre nation survive. Nous avons commis de faits graves. Cela ne nous a pas pris par surprise, mais la réalité dépasse largement toute prévision en gravité. Tuer n’est pas agréable, en aucun cas! Tuer est terrible. Il l’est encore plus lorsque c’est de manière involontaire.

Mais, il nous semble obscène de faire de cette souffrance infligée aux autres et à nous-mêmes un spectacle. Si par le spectacle de cette souffrance c’est l’humiliation et la reddition de l’ennemi qui est recherché, tout en sachant sciemment que cela ne fera que pérenniser le conflit, on est face à un crime.




29 mai : Soirée de solidarité avec les prisonnières-ers politiques basques à La Courneuve

21052015

Le peuple basque, en lutte contre les dominations impérialistes des Etats français et espagnol, pour sa libération sociale et sa souveraineté en tant que peuple, est aujourd’hui a un tournant de son histoire.

Malgré la décision d’ETA de mettre fin aux actions armées et les multiples pas de la gauche indépendantiste destinés à trouver une solution politique au conflit basque, les Etats français et espagnol refusent toujours de s’engager dans la voie du dialogue. En témoignent les arrestations des militants-es de la gauche indépendantiste, ainsi que la forte répression subie par le mouvement social basque.

En témoignent également les près de 500 prisonniers et prisonnières politiques basques, dispersés-ées dans 77 prisons françaises et espagnoles et des centaines de réfugiés-ées aux quatre coins du monde.

Nous dénonçons les juridictions d’exception et les traitements dégradants auxquels sont soumis-es les prisonniers-ères politiques basques !

Nous dénonçons la politique d’éloignement infligée aux militants-tes incarcérés-ées ! En raison de cette double peine, l’éloignement s’ajoutant à la privation de liberté, leurs proches doivent parcourir des milliers de kilomètres chaque année pour de courtes visites, voyages au coût financier et humain intolérables !

Nous dénonçons le maintien en détention des prisonniers-ères malades, ainsi que des prisonniers-ères éligibles à une libération conditionnelle !

La question des prisonniers-ères politiques est centrale dans le contexte politique actuel. Ils et elles sont des parties du conflit, ils et elles doivent faire partie de la solution !

Cette solution politique passant par la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple basque devra inclure l’amnistie pour toutes et tous !

Immédiatement, nous revendiquons :

  • le rapprochement géographique des prisonniers-ères
  • la libération des prisonniers-ères malades
  • la libération des prisonniers-ères qui ont effectué les 2/3 de leur peine.

Pour exiger la reconnaissance des droits des prisonnières et prisonniers politiques basques:

Retrouvons nous le vendredi 29 mai à partir de 18h

13 rue des Francs-Tireurs à La Courneuve (RER B La Courneuve-Aubervilliers)

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25 ANNEES DE DISPERSION

5012015

 

http://mediabask.naiz.eus   le 5 janvier 2014

C’est en 1989 que s’est mise en place la politique de dispersion pour les prisonniers  basques. Cette politique fut annoncée publiquement par le ministre de la justice socialiste Enrique Mugica Herzog. Avec l’accord du lehendakari de l’époque José Antonio Ardanza (PNB) qui était à l’époque à la tête du gouvernement de Gasteiz en coalition avec le PSE (Parti socialiste d’Euskadi).Aujourd’hui cette politique persiste pour  les 465 prisonniers  basques répartis dans 76 prisons.

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« Nous sommes punis  uniquement car nous sommes les familles de prisonniers. Une punition aux nombreuses conséquences : physiques, psychologiques, sociales et familiales.  »

Ce 10 janvier prochain la plateforme Sare  appelle à manifester dans les rues de Bilbo en faveur des droits  des prisonniers basques. Manifestation silencieuse et sans pancartes. La clameur sera dans les coeurs. Le thème de la manifestation sera Euskal Presoak Euskal Herrira (Les prisonniers à Euskal Herria, ahora, now, maintenant, orain !).  Pour Sare il est désormais urgent que cesse cette politique de dispersion qui  représente « une double peine » pour les familles obligées de faire des milliers de kilomètres souvent au péril de leurs vies. De fait, 16 personnes sont mortes sur les routes depuis la mise en place de cette politique de dispersion.

Condamnation du Parlement Européen

La politique de dispersion du gouvernement espagnol appliquée aux prisonniers basques a été condamnée par le Parlement Européen le 19 janvier 1996. Lors de ce vote le PSOE et le PP avaient voté  contre cette condamnation. Amnesty  International demandera  en 1999 la fin de la dispersion comme dernièrement le Parlement Basque de Gasteiz qui s’est prononcée  dans ce sens (PNB et Bildu) avec les votes contre du PSE, PP et UPyD. L’argument juridique mis en avant par  les tenants de la fin de la dispersion est que la propre Constitution espagnole stipule que tout prisonnier a le droit de purger sa peine près de sa famille et de son environnement social afin de faciliter ses possibilités de réinsertion à sa sortie. Un principe  rappelé par le Tribunal Européen des Droits Humains et par le chargé de la question de la torture  aux Nations-Unies , Theo Van Boven qui déclarera  que la dispersion  n’a pas de base juridique et s’applique de manière arbitraire. Pour Theo Van Boven la dispersion ne permet pas aux détenus de préparer leur défense, leurs avocats et familles étant éloignés, ce qui occasionne d’énormes frais et de fait constitue une discrimination. Ce que confirme  le collectif Etxerat composé de familles et d’amis des prisonniers basques : « Nous sommes punis  uniquement car nous sommes les familles de prisonniers. Une punition aux nombreuses conséquences : physiques, psychologiques, sociales et familiales. Sans oublier les sommes astronomiques dépensées lors de nos déplacements qui nous font parcourir en moyenne 1500kms par semaine. » A noter aussi  qu’un Livre de la Dispersion a été édité à 500. 000 exemplaires. Rédigé en basque, espagnol, français et anglais il sera distribué dans le monde entier.

Chiffres

456 prisonniers dans 76 prisons

356 prisonniers dans 44 prisons de l’Etat espagnol

98 prisonniers dans 28 prisons de l’Etat français

3 prisonniers basques dans 3 prisons d’Euskal Herri

1 prisonnier en Angleterre

1 prisonnier au Portugal

1 prisonnier en Allemagne

6 prisonniers en régime aménagé : prisonniers à leurs domiciles avec de strictes mesures de sécurité en raison de la grave maladie dont ils souffrent.

 







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