• Accueil
  • > Recherche : liste prisonniers basques

Déclarations de six militantes-ts basques jugées-és à Paris

26112015

Les prisonnières-ers politiques basques Iosu Urbieta, Xabi Goienetxea, Joseba Fernandez, Izaskun Lesaka, Mikel Karrera et Arkaitz Agirregabiria comparaissent devant la Cour d’assises spéciale de Paris pour leur appartenance à ETA et la mort d’un gendarme français en 2010.

Ils et elle ont tenu, à plusieurs reprises, à faire des déclarations afin de préciser leur lecture de la situation actuelle du Pays basque. Nous en reproduisons certaines ici :

LECTURE DE LA SITUATION POLITIQUE

La lutte pour la libération du Pays Basque vient de loin, elle est bien plus ancienne que la création de l’ETA et elle ne prendra fin que lorsque le but, sa libération, sera atteint.

Il est nécessaire de nous situer dans le contexte des faits pour saisir le sens et les enjeux de l’action que l’ETA comptait mener le 16 mars 2010. Pour cela nous allons analyser chronologiquement la période qui va de fin 2009 au début 2011.

La gauche abertzale était à l’époque traversée par les réflexions et les débats politiques qui allaient quelques années plus tard aboutir à un changement de stratégie. Dans le communiqué par lequel l’ETA répondit à la déclaration de Altsasu elle déclarait clairement: “la gauche abertzale s’est exprimée et l’ETA fait bloc avec elle”. Cette déclaration d’Altsasu mettait en avant un profond changement de stratégie. L’ETA arrêta provisoirement ses actions. Elle ne rendit pas l’arrêt publique mais fit part de sa décision aux gouvernements français et espagnol.

L’arrêt des actions armées supposait pour l’ETA un changement aussi dans son fonctionnement. Tout cela dans une contexte très difficile, sous une vague répressive exacerbée des forces armées espagnoles et françaises. C’est dans cette période de changement, dans le but de préparer les conditions pour la nouvelle phase que s’inscrit l’action d’approvisionnement en véhicules du 16 mars.

Le 3 mars, des personnalités reconnues internationalement font une déclaration qu’on connaitra comme la déclaration de Bruxelles.

Dans un communiqué du 10 mars l’ETA se dit prête à faire les changements politiques nécessaires.

Le 11 mars on apprend que le corps de Jon Anza est apparu à l’hôpital Purpan de Toulouse, en Occitanie. L’État français avait décidé de mettre fin à la disparition et rétention du corps de notre camarade.

Le 16 mars, action d’approvisionnement de véhicules. L’incursion de la police française fait échouer l’action. Le bilan est lourd, un camarade arrêté et un policier mort. Mais le bilan aurait pu être plus grave vu que les policiers ont tiré sur les militants avec l’intention de les atteindre.

24 juillet, lors de l’hommage rendu à Jon Anza, trois personnes encagoulées lurent un communiqué de l’ETA. Dans ce communiqué l’ETA montra sa disposition à chercher à dépasser le conflit par des voies démocratiques.

5 septembre l’ETA fait publique sa décision de cessez-le-feu de début d’année.

25 septembre 2010 signature de l’Accord de Gernika. Les signataires prennent le compromis de mener le combat politique par des voies politiques et démocratiques.

8 janvier 2011, l’ETA répond par un communiqué aux compromis adoptés à Bruxelles et Gernika en montrant son accord et déclare la mise en place d’un cesse-le-feu permanent et vérifiable.

Février 2011 un groupe d’experts internationaux mettent en place une commission de vérification du cesse-le-feu.

Il est clair que le rôle de l’ETA pendant tous ces mois fût clé et décisif pour faire avancer la situation. Son premier objectif a été de récréer les conditions nécessaires pour ouvrir la possibilité aux événements politiques postérieurs. Ce qui a suivi n’est que la confirmation de ses décisions.

25 septembre 2011 le Collectif des prisonniers politiques basques signe l’accord de Gernika.

17 octobre 2011, Conférence d’Aiete.

20 octobre l’ETA en accord avec les résolutions de la conférence d’Aiete fait connaître sa décision d’arrêter définitivement la lutte armée. L’Organisation met en œuvre les changements nécessaires  pour dissoudre les structures destinées à la lutte armée et commence un processus de démilitarisation.

Voyons ce que l’État français a fait pendant ce temps là:

  • Il a depuis début 2010 arrêté 67 citoyens basques, parmi eux un certain nombre de militants de l’ETA.
  • Il a depuis l’arrêt définitif de la lutte armée arrêté 41 personnes dans 21 opérations de police.
  • Il a dispersé d’avantage les prisonniers du collectif qui étaient déjà dispersés et éloignés. Le collectif se trouve aujourd’hui éparpillé en groupes de deux ou trois prisonniers.
  • Il n’a rien fait pour que les conditions de détention des prisonniers soient meilleures et les provocations et les agressions n’ont pas cessé.
  • Il empêche la libération des militants qui arrivent en fin de peine et les arguments des avocats de l’État sont de plus en plus rétrogrades, comme  jamais on n’a utilisé contre l’ETA.

Les dernières arrestations faites à Biarritz, Ortzaize et Baigorri nous montrent bien dans quelle démarche se trouve l’État français. Dans cette dernière opération ont été arrêtés quatre basques qui seraient liés à l’ETA. Encore une fois c’est le ministre de l’intérieur espagnol qui a fait connaître une opération policière qui a eu lieu territoire français. D’après lui cette opération a été menée par la Guardia Civil avec l’aide de la police française. Ils l’ ont nommé Opération Pardines.

 Cela montre clairement que:

  • C’est la Guardia Civil qui mène la lutte contre le Pays Baque au nom des deux États.
  • En nommant l’opération du nom du premier Gaurdia Civil mort dans un affrontement fortuit avec des militants de l’ETA ils cherchent à représenter un fin de cycle. Mais le parcours de l’ETA ne finit pas avec les événements de Viliers-en-Bière, comme il n’a pas débuté à Venta Handi. Mais le fait est que le premier et le dernier des morts dus à l’activité armée de l’ETA ont au lieu lors des affrontements fortuits, des affrontements non voulus.
  • La volonté notoire de la part de certains de diviser l’activité armée de l’ETA en deux parties distinctes. L’ETA aurait eu un sens sous Franco mais elle n’aurait plus de sens lors quelle s’attaque aux neo-franquistes de la mal appelée démocratie. On l’a même entendu dans cette salle de la bouche des procureurs qui nous accusent au nom de la République française. La Guardia Civil n’a pas de doute, par contre, pour elle il n’y a qu’une seule organisation et elle a toujours été son ennemie.
  • Que l’ETA pratique ou pas la lutte armée, qu’elle lutte contre une dictature ou une dictature de fait, cela ne change rien. C’est qui est interdit c’est la résistance, la lutte, Euskal Herria, le Pays Basque. Par contre la Guardia Civil est celle de toujours, elle est aujourd’hui la même que celle du franquisme. La même qui torture, qui répand la terreur, qui occupe le Pays Basque.

L’ETA a arrêté la lutte armée il y a quatre ans. Et malgré tout types d’obstacle, provocation, involution et réfutation que le processus a eu à surmonter l’ETA reste ferme sur ses positions. Le souci le plus profond de notre organisation a été d’encourager, alimenter et promouvoir le processus politique qui apportera à notre pays la liberté et la paix.

Les partis politiques malgré leurs premières déclarations non fait aucun pas pour aller à la source du problème et avancer dans la résolution. Les États ont ajouté à leur refus de négociation, ce qui est depuis le point de vu des standards internationaux, une virulence incompréhensible. Au lieu de faire des pas pour soulager les conséquences du conflit ils essayent de changer les lois pour bloquer   même des avancées prévues dans la loi.

Lors des événements de Villiers-en-Bière ETA était cherchait à avancer dans le chemin de la paix. Elle le fait toujours.

Par contre les États espagnol et français n’ont pas cessé de empêcher cette démarche. Ils ont mis tous leurs moyens en ouvre pour le faire. Ce tribunal fait partie aussi. Regarder de l’avant ne veut pas dire oublier le passé. Il est indispensable de regarder en arrière pour que les erreurs du passé ne se répètent pas. Le chemin qui amènera la paix au Pays Basque ne passe pas par cette salle. Mais ces tribunaux ont aussi leur responsabilité, ils peuvent aider à faire ce chemin et surtout éviter que des nouvelles raisons pour la révolte ne se produisent.

La question reste toujours ouverte, est-ce que la France se limite à suivre la stratégie de l’Espagne ou le fait-elle tout en cachant derrière les demandes espagnoles ses propres intérêts stratégiques?

Il serait intéressant de savoir quelle des deux est majoritaire. Mais pour nous les conséquences sont claires: les deux États maintiennent historiquement  une stratégie de guerre contre le Pays Basque -et contre nombreux autres pays du monde-  qu’ils pérennisent et qu’il n’y a aucun indice pour croire qu’ils comptent changer et chercher des les voies d’une solution.  C’est ce que leur pratique politique nous a montré clairement ces dernières années et c’est ce qui nous montre ce procès tronqué qui à lieu dans cette salle.

A PROPOS DES PERSONNES AYANT SUBI DES CONSÉQUENCES DU CONFLIT

Il est dans l’air du temps de parler de La Mémoire, des victimes ou des conséquences du conflit.

Toute nation construit le récit de sa mémoire et de ses mythes pour le transmettre aux générations suivantes, mais cette narration est souvent jalonnée de périodes sombres ou des passages à vide.

Nous, qui sommes assis sur les bancs des accusés, savons de quoi on parle quand on parle de zones d’ombre dans l’Histoire. Ce que nos grands-parents, survivants de la guerre de 36-39 nous ont transmis sur cette période est minime. Nous comprenons pourquoi, tout d’abord parce que le fait de remémorer les souffrances vécues pendant la guerre leur supposait les revivre; mais aussi parce que la terreur répandue par les forces franquistes était toujours-là. Terreur qui a été et qui est toujours présente et en pleine vigueur.

La campagne de terreur contre le Pays Basque n’a jamais cessé.

Nous avons vu, il y a peu, l’Europe fêter le 70 anniversaire de la Paix. L’Espagne, sans aucun scrupule, s’y est invitée sans tenir compte de l’affront que pour les victimes supposait sa présence. De quel droit elle était là? D’après des experts et des historiens lors des 79 dernières années le chiffre de personnes disparues de force au Pays Basque, si on se réfère au pourcentage de population, dépasse celui des disparus en Argentine ou au Chili. On parle de la disparition forcée de 12.000 personnes.

Les vainqueurs et ceux qui s’y identifient nous répètent que ce ne sont que « des vielles histoires » ou « des vielles blessures » à oublier. Mais non, ces blessures saignent encore aujourd’hui. Il est impossible d’avancer si on ne s’attache pas à régler les conséquences du conflit, et surtout si on ne s’attarde pas sur les causes qui sont à l’origine. Il est impossible de recréer la paix sur l’injustice léguée par la répression.

Un grand effort est en train d’être fait par la population civile pour récupérer et rendre publique la mémoire effacée. Travail méprisé et pas soutenu par les institutions et qui est souvent entravé. C’est grâce au crowfoundig, qui renouvelle l’ancienne tradition du travail communautaire, que les ossements des assassinés en 36 sont en train d’être mis au jour et identifiés pour être mis sous terre dignement.

De sa part, l’Etat espagnol et ses comparses, après avoir décrété que la violence n’est apparue qu’avec l’ETA, a mis en place des listes de victimes de la lutte armée tout en mettant en scène des actes d’hommage en leur mémoire. Par des décrets successifs des listes de victimes ont été rédigées    en les classant par catégories tout en ajoutant un prix à la souffrance et aux sentiments. Il semblerait que cela va de paire avec la mode ou l’esprit capitaliste de la société dans laquelle nous vivons.

L’intérêt pour les victimes est nouveau. Les institutions n’en ont montré d’ intérêt jusqu’aux années 90. Aujourd’hui, par contre, le respect dû aux victimes est devenu l’excuse pour refuser toute avancée dans le règlement du conflit. Il y a un clair refus à s’attaquer aux causes de l’affrontement. L’existence même de l’affrontement est niée.

À ce jour, seule une partie restreinte et très spécifique des personnes ayant subi des conséquences du conflit est mise en avant et traité comme unique victime d’injustice.

Il faut aller à la racine, il est indispensable de mettre en place le moyen pour surmonter les causes du conflit sinon on ne fera que l’alimenter.

Dans cette bataille pour le récit du passé, même les mots ont perdu leur sens. C’est pour cela qu’il faut mettre au clair certains points.

Des institutions crées par l’État et qui prétendent travailler pour la paix nous parlent d’enquettes à mener pour mettre au clair quelques actions faites par l’ETA. Pourtant l’ETA a toujours revendiquée ses actions par la voie de ses communiqués publiques. Ce qu’ils font en réalité est légitimer tous les dossiers crées grâce aux tortures infligées à des milliers de militants, légitimer les condamnations qui ont suivi ces aveux extorqués. Qu’est qu’ils proposent comme méthode pour éclaircir ces dossiers? Qui vont-t-ils torturer cette fois-ci? Ou, vont-t-ils peut-être faire comme ces derniers temps et prendre au choix des militants pour les inculper sans aucune preuve?

Par contre il y a de quoi s’occuper dans les égouts ou chez les responsables des États. Qui a donné l’ordre et qui a couvert les actions de guerre contre les citoyens basques? On commence à entendre dire qu’il y a eu des tortures. Mais où sont ces fonctionnaires de l’état qui ont torturé 10.000 basques? Où sont les responsables politiques qui ont permis que ces fonctionnaires perpètrent cette sale besogne? Où tous ceux qui ont applaudi ou qui ont regardé ailleurs?

On nous parle d’autocritique. L’autocritique est la lecture critique et personnelle de ses agissements que chacun fait de son propre gré. Les militants de l’ETA ont l’obligation de la faire dans le sein de son organisation. L’ETA le fait publiquement en informant de ce qui a été fait tout en ajoutant les raisons et les objectifs de chaque action. Les autocritiques imposées, le chantage qui se cache derrière cette demande d’autocritique n’a comme objectif que l’anéantissement du militant, mais qui a encore un objectif plus ambitieux: la destruction d’un projet politique. La demande d’autocritique n’est qu’un nouveau obstacle qui fait de celui qui s’acharne à trouver des solutions le porteur exclusif du poids de la responsabilité.

L’ETA ne pratique plus de lutte armée, elle ne la pratiquera plus. La situation n’est pas pourtant plus distendue aujourd’hui. Ceux qui étaient sous la menace de l’ETA oui, ils ont vu sa situation changer complètement, mais la répression structurelle qui subissait le Pays Basque est maintenue fermement. C’est cette répression qui est à la source de la violence du conflit. Comment peut-on qualifier le fait de maintenir les prisonniers qui ont décidé de suivre le combat pour ses idées par des voies pacifiques dans des conditions extrêmes de survie et qu’on leur demande de faire une lecture critique de son passé?

C’est le monde à l’envers. On empêche l’ETA de mettre à terme son processus de désarmement. On fait de la politique sur le dos des victimes. Les prisonniers, otages dans les prisons des États, souvent dans des conditions pires à celles des années les plus dures de l’affrontement armé, subissent le chantage de la demande d’autocritique.

Les militants de l’ETA ont toujours gardé l’esprit critique envers ces faits, sur ce qu’ils étaient en train de faire et sur ce que ils allaient faire. Critiques envers tout, même sur la pratique de la lutte armée.

Nous aimerions vous faire entendre les paroles que notre camarade Jose Migel Beñaran Ordeñana, “Argala”, a enregistré en 1978 juste quelques jours avant d’être assassiné à Anglet par des barbouzes payés par l’Etat espagnol. Nous tenons à signaler que cet attentant a eu lieu sur ce que les français considèrent comme leur territoire et que 37 ans plus tard reste toujours sans éclaircir. Ainsi disait donc Argala par rapport à la violence, sur le côté humain de lutte armée:

« Je sais par expérience propre que les militants de l’ETA n’aiment pas la violence…. personne n’aime la lutte armée, elle est désagréable, elle est dure, à cause d’elle on peut finir en prison, en exil, être torturé, mourir, elle peut mener à tuer quelqu’un d’autre, elle endurcit la personne, lui fait du mal, mais la lutte armée est incontournable pour aller de l’avant. »

Les militants de l’ETA avons eu recours à la lutte armée pour mettre fin à une situation de répression et de violence, dans le but d’aller en avant dans le chemin de notre liberté. Elle a été un instrument incontournable pour que notre nation survive. Nous avons commis de faits graves. Cela ne nous a pas pris par surprise, mais la réalité dépasse largement toute prévision en gravité. Tuer n’est pas agréable, en aucun cas! Tuer est terrible. Il l’est encore plus lorsque c’est de manière involontaire.

Mais, il nous semble obscène de faire de cette souffrance infligée aux autres et à nous-mêmes un spectacle. Si par le spectacle de cette souffrance c’est l’humiliation et la reddition de l’ennemi qui est recherché, tout en sachant sciemment que cela ne fera que pérenniser le conflit, on est face à un crime.




29 mai : Soirée de solidarité avec les prisonnières-ers politiques basques à La Courneuve

21052015

Le peuple basque, en lutte contre les dominations impérialistes des Etats français et espagnol, pour sa libération sociale et sa souveraineté en tant que peuple, est aujourd’hui a un tournant de son histoire.

Malgré la décision d’ETA de mettre fin aux actions armées et les multiples pas de la gauche indépendantiste destinés à trouver une solution politique au conflit basque, les Etats français et espagnol refusent toujours de s’engager dans la voie du dialogue. En témoignent les arrestations des militants-es de la gauche indépendantiste, ainsi que la forte répression subie par le mouvement social basque.

En témoignent également les près de 500 prisonniers et prisonnières politiques basques, dispersés-ées dans 77 prisons françaises et espagnoles et des centaines de réfugiés-ées aux quatre coins du monde.

Nous dénonçons les juridictions d’exception et les traitements dégradants auxquels sont soumis-es les prisonniers-ères politiques basques !

Nous dénonçons la politique d’éloignement infligée aux militants-tes incarcérés-ées ! En raison de cette double peine, l’éloignement s’ajoutant à la privation de liberté, leurs proches doivent parcourir des milliers de kilomètres chaque année pour de courtes visites, voyages au coût financier et humain intolérables !

Nous dénonçons le maintien en détention des prisonniers-ères malades, ainsi que des prisonniers-ères éligibles à une libération conditionnelle !

La question des prisonniers-ères politiques est centrale dans le contexte politique actuel. Ils et elles sont des parties du conflit, ils et elles doivent faire partie de la solution !

Cette solution politique passant par la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple basque devra inclure l’amnistie pour toutes et tous !

Immédiatement, nous revendiquons :

  • le rapprochement géographique des prisonniers-ères
  • la libération des prisonniers-ères malades
  • la libération des prisonniers-ères qui ont effectué les 2/3 de leur peine.

Pour exiger la reconnaissance des droits des prisonnières et prisonniers politiques basques:

Retrouvons nous le vendredi 29 mai à partir de 18h

13 rue des Francs-Tireurs à La Courneuve (RER B La Courneuve-Aubervilliers)

EH_29maicourneuve

 




25 ANNEES DE DISPERSION

5012015

 

http://mediabask.naiz.eus   le 5 janvier 2014

C’est en 1989 que s’est mise en place la politique de dispersion pour les prisonniers  basques. Cette politique fut annoncée publiquement par le ministre de la justice socialiste Enrique Mugica Herzog. Avec l’accord du lehendakari de l’époque José Antonio Ardanza (PNB) qui était à l’époque à la tête du gouvernement de Gasteiz en coalition avec le PSE (Parti socialiste d’Euskadi).Aujourd’hui cette politique persiste pour  les 465 prisonniers  basques répartis dans 76 prisons.

foto-rapproch-janv14-150x95[1]

« Nous sommes punis  uniquement car nous sommes les familles de prisonniers. Une punition aux nombreuses conséquences : physiques, psychologiques, sociales et familiales.  »

Ce 10 janvier prochain la plateforme Sare  appelle à manifester dans les rues de Bilbo en faveur des droits  des prisonniers basques. Manifestation silencieuse et sans pancartes. La clameur sera dans les coeurs. Le thème de la manifestation sera Euskal Presoak Euskal Herrira (Les prisonniers à Euskal Herria, ahora, now, maintenant, orain !).  Pour Sare il est désormais urgent que cesse cette politique de dispersion qui  représente « une double peine » pour les familles obligées de faire des milliers de kilomètres souvent au péril de leurs vies. De fait, 16 personnes sont mortes sur les routes depuis la mise en place de cette politique de dispersion.

Condamnation du Parlement Européen

La politique de dispersion du gouvernement espagnol appliquée aux prisonniers basques a été condamnée par le Parlement Européen le 19 janvier 1996. Lors de ce vote le PSOE et le PP avaient voté  contre cette condamnation. Amnesty  International demandera  en 1999 la fin de la dispersion comme dernièrement le Parlement Basque de Gasteiz qui s’est prononcée  dans ce sens (PNB et Bildu) avec les votes contre du PSE, PP et UPyD. L’argument juridique mis en avant par  les tenants de la fin de la dispersion est que la propre Constitution espagnole stipule que tout prisonnier a le droit de purger sa peine près de sa famille et de son environnement social afin de faciliter ses possibilités de réinsertion à sa sortie. Un principe  rappelé par le Tribunal Européen des Droits Humains et par le chargé de la question de la torture  aux Nations-Unies , Theo Van Boven qui déclarera  que la dispersion  n’a pas de base juridique et s’applique de manière arbitraire. Pour Theo Van Boven la dispersion ne permet pas aux détenus de préparer leur défense, leurs avocats et familles étant éloignés, ce qui occasionne d’énormes frais et de fait constitue une discrimination. Ce que confirme  le collectif Etxerat composé de familles et d’amis des prisonniers basques : « Nous sommes punis  uniquement car nous sommes les familles de prisonniers. Une punition aux nombreuses conséquences : physiques, psychologiques, sociales et familiales. Sans oublier les sommes astronomiques dépensées lors de nos déplacements qui nous font parcourir en moyenne 1500kms par semaine. » A noter aussi  qu’un Livre de la Dispersion a été édité à 500. 000 exemplaires. Rédigé en basque, espagnol, français et anglais il sera distribué dans le monde entier.

Chiffres

456 prisonniers dans 76 prisons

356 prisonniers dans 44 prisons de l’Etat espagnol

98 prisonniers dans 28 prisons de l’Etat français

3 prisonniers basques dans 3 prisons d’Euskal Herri

1 prisonnier en Angleterre

1 prisonnier au Portugal

1 prisonnier en Allemagne

6 prisonniers en régime aménagé : prisonniers à leurs domiciles avec de strictes mesures de sécurité en raison de la grave maladie dont ils souffrent.

 




28 et 29/11 : Week-end de soutien aux prisonniers politiques basques à Paris

15112014

Solidarité avec les prisonnières et
prisonniers politiques basques !

VENDREDI 28 NOVEMBRE
18h30
MENILMONTANT

bilboetxerat030109.jpg

La peuple basque, en lutte contre les dominations impérialistes des Etats français et espagnol, pour sa libération sociale et sa souveraineté en tant que peuple, est aujourd’hui a un tournant de son histoire.

Malgré la décision d’ETA de mettre fin aux actions armées et les multiples pas de la gauche indépendantiste destinés à trouver une solution politique au conflit basque, les Etats français et espagnol refusent toujours de s’engager dans la voie du dialogue. En témoignent les arrestations de membres d’ETA en clandestinité et des militants-es de la gauche indépendantiste, ainsi que la forte répression subie par le mouvement social basque.

En témoignent également les près de 500 prisonniers et prisonnières politiques basques, dispersés-ées dans 77 prisons françaises et espagnoles et des centaines de réfugiés-ées aux quatre coins du monde.

Nous dénonçons les juridictions d’exception et les traitements dégradants auxquels sont soumis-es les prisonniers-ères politiques basques !

Nous dénonçons la politique d’éloignement infligée aux militants-tes incarcérés-ées ! En raison de cette double peine, l’éloignement s’ajoutant à la privation de liberté, leurs proches doivent parcourir des milliers de kilomètres chaque année pour de courtes visites, voyages au coût financier et humain intolérables !

Nous dénonçons le maintien en détention des prisonniers-ères malades, ainsi que des prisonniers-ères éligibles à une libération conditionnelle !

La question des prisonniers-ères politiques est centrale dans le contexte politique actuel. Ils et elles sont des parties du conflit, ils et elles doivent faire partie de la solution !

Cette solution politique passant par la reconnaissance du droit à l’autodétermination du peuple basque devra inclure l’amnistie pour toutes et tous !

Immédiatement, nous revendiquons :

  • le rapprochement géographique des prisonniers-ères
  • la libération des prisonniers-ères malades
  • la libération des prisonniers-ères qui ont effectué les 2/3 de leur peine.

Pour exiger la reconnaissance des droits des prisonnières et prisonniers politiques basques,
à Paris comme partout au Pays basque :

Rassemblement vendredi 28 novembre
à partir de 18h30 à Ménilmontant !

Organisé par le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque avec le soutien de : Anarchist Black Cross – Paris Banlieue, Association Marocaine des Droits de l’Homme (section Paris/IDF), Nouveau Parti Anticapitaliste, Révolution !, Secrétariat International de la CNT, Sortir du colonialisme, Terre et Liberté pour Arauco, Voie démocratique-Paris IDF.

SAMEDI 29 NOVEMBRE 2014

Concert à Paris le 29 novembre 2014

Concert à Paris le 29 novembre 2014




Asier Guridi ou la persécution politique

9012014

Ne laissons pas le Venezuela extrader le militant indépendantiste Basque Asier Guridi Zalona. Asier Guridi ou la persécution politique:

Lorsque Asier Guridi a été arrêté au Venezuela un profond sentiment de tristesse saisit les indépendantistes basques ainsi que les militants internationalistes. Asier est arrété au Venezuela, lui qui apportait d’Europe son soutient à la révolution Bolivarienne. A force de mobilisations populaires, le gouvernement Vénézuélien de Hugo Chavez améliorera les conditions de détentions.

Plus tard, Nicolas Maduro décide de le libérer.

Asier vit actuellement avec sa partenaire vénézuélienne Maria Alejandra et son fils Iban. Cependant, les États espagnol et français maintiennent une pression permanente sur le Venezuela pour exiger son arrestation ainsi que son extradition. Seul le droit d’asile et le statut de réfugié politique pourraient empêcher le processus d’extradition réclamé par les États espagnol et français. L’État espagnol ne respecte pas les droits des prisonniers et utilise la torture.

Devons nous le rappeler ?

Devons nous rappeler la doctrine Parot ?

Devons nous rappeler la politique de dispersion ?

Ce n’est jamais un choix que de s’expatrier loin de sa terre.

L’État espagnol a déjà torturé Asier Guridi à de multiples reprises.

Très engagé politiquement, Asier deviens très jeune un militant de la gauche Abertzale Basque. Choqué par les traitements inhumain infligés aux prisonniers politiques Basques, à la répression et aux violations des droits de l’homme ainsi que par l’ensemble de la politique espagnole, il s’engage dans la lutte indépendantiste socialiste.

Il sera arrêté le 15 Décembre 1992 par des agents de la Guardia Civil suite à l’opération « anti-terroriste » et dénoncé par un ami torturé au poste.

Dès son arrestation, il est battu, cinq minutes lui sont accordé pour parler puis il est traîné devant une baignoire rempli d’eau et dont les côtés sont marqués de traces de vomi de son amis qui l’avait précédé. Ses mains sont attachés avec un tissu dans le dos et il est couché face contre terre sur un matelas qui est placé sur la baignoire, la police lui plonge la tête dans l’eau jusqu’à étouffement puis recommence… Ceci ce reproduira à plusieurs reprises. Cette forme de torture a d’ailleurs coûté la vie à Mikel Zabala retrouvé mort dans une rivière près de Bidasoa. Asier est également soumis à la torture appelée « du sac », un sac en plastique est placé sur la tête afin de provoquer l’étouffement . De même, il subira la « gégene »sur certaines parties du corps. Engin de torture qui envois des décharges électriques…

_Liste des tortures subis non exhaustive…_

Une autre torture plus psychologique consiste en des menaces d’arrêter et de maltraiter sa famille… Après 5 jours de torture constante, Asier est déféré devant le juge Baltasar Garzón à la Haute Cour. Le juge ne tiendra pas compte des tortures, il sera incarcéré jusqu’en décembre 97.

Durant cette période, il a encore subi des violences multiples. Lors des transfert il est battu. En 95 il est agressé verbalement puis physiquement à la prison de Valdemoro. Le 16 avril 96, plusieurs gardiens l’agressent à la prison de Ceuta, provocant de multiples blessures dont un coroner.

Bien entendu, la politique de dispersion est à rajouté aux violences faites, non seulement à lui, mais aussi à l’ensemble de ses proches, de sa famille… Il faut encore rajouter à cela le régime d’isolement ainsi que les restrictions de communications. Asier Guridi est libéré le 22 Décembre 1997, après avoir purgé la moitié de la peine prononcée par la Haute Cour et suite à un appel à la Cour suprême d’Espagne. Quoi qu’il en soit Asier Guridi subira après sa sortie la pression et le harcèlement constant de la police et des milices civiles de l’état espagnol. Il est observé et suivi tout le temps. La situation devient insupportable, suivi et persécuté pour ses activités politiques, et suite à l’aggravation du conflit Basque, Asier Guridi décide s’exiler. Il est caché pendant une longue période sans mobilité possible. Puis il fuit au Venezuela il ya 9 ans.

Depuis, il s’est marié et a fondé une famille au Vénézuela.

Nous ne pouvons pas laisser faire de telles injustices sans réagir, nous devons soutient et appuis à Asier, à sa femme et à son fils. Asier à dédié sa vie à ces idées et à la liberté, chacun de nous lui est redevable. Ne laissons pas le Venezuela l’extrader. Ne laissons la répression des États espagnols et français faire leurs basses besognes colonialistes.

Asier a été arrêté par Interpol le 20 septembre 2013, il est maintenant au Venezuela en liberté « hautement conditionnelle » et nous savons que la Cour suprême du Venezuela a déjà nommé un magistrat pour la procédure d’extradition, l’autre partie a demandé l’asile politique et procédera à la demande de statut de réfugié politique.

PAS D’EXTRADITION ! DROIT D’ASILE IMMÉDIAT POUR ASIER !

ASKATU !




La CEDH condamne fermement Madrid et ordonne la libération d’Ines Del Rio

22102013

La CEDH condamne fermement Madrid et ordonne la libération d'Ines Del Rio dans Politique portada_irudia11 Deux ans et un jour après la décision d’ETA
d’abandonner les actions armées, la Cour européenne des droits de l’homme
(CEDH) a envoyé un signal fort à l’etat espagnol concernant sa politique
pénitentiaire. La décision de la Grande Chambre de l’instance suprême
européenne rendue publique hier sonne le glas de la doctrine 197/2 006 alias
“doctrine Parot” (jurisprudence qui permet l’allongement de la durée
d’incarcération, cf. encadré). Accueillie favorablement au Pays Basque, la
décision a été déplorée par certaines associations de victimes d’ETA et des
partis politiques espagnols (voir p. 4-5) et par le gouvernement espagnol.
Celui-ci a annoncé qu’il revenait à la justice de se prononcer sur son
application et que les autres recours déposés par des prisonniers basques
contre la doctrine 197/2006, seraient examinés au cas par cas.

La Grande Chambre de la CEDH a donc confirmé l’arrêt
rendu public le 10 juillet 2012 par la Cour européenne dans lequel elle
ordonnait la remise en liberté de la prisonnière basque Ines del Rio Prada et
estimait que la doctrine 197/2 006 violait la convention européenne des droits
de l’homme.

p005_021 dans Prisonnier(e)s politiques basques

Par 15 voix contre deux les 17 magistrats composant la
Grande Chambre ont confirmé qu’il y avait dans ce cas violation de l’article 7
de la Convention. Un article qui indique qu’il ne peut y avoir de peine sans
loi : “il n’est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable
au moment où l’infraction a été commise” est il écrit dans cet article. Cet
arrêt conforte donc tous ceux, mouvements de défense des droits des prisonniers
basques mais aussi juristes, qui dénonçaient le caractère rétroactif de la
“doctrine Parot” (cf. encadré).

De plus c’est à l’unanimité que les magistrats de la
CEDH ont jugé qu’Ines del Rio faisait “l’objet d’une détention non régulière”
depuis le 3 juillet 2008 (date à laquelle elle aurait du être libérée sans
l’application de la doctrine) et donc d’une violation de l’article 5 § 1 de la
Convention (droit à la liberté et à la sécurité). Enfin, à 16 voix contre une
ils ont estimé “qu’il incombe à l’Etat défendeur d’assurer la remise en liberté
de la requérante dans les plus brefs délais.”

La Grande Chambre a également confirmé le montant de
30 000 euros qui avait été accordé à la prisonnière pour les dommages et
intérêts.

Lire la suite… »




MADRID FRAPPE HERRIRA

2102013

MADRID FRAPPE HERRIRA dans Politique portada_irudiaLe JPB 01/01/2013

La justice espagnole attaque frontalement le mouvement Herrira

La défense des droits des prisonniers a motivé les manifestations les plus
remarquées de ces 30 dernières années au Pays Basque. En 2012 et en 2013, à
Bilbo, plus de 100 000 personnes étaient sorties dans la rue à l’appel de
Herrira. Hier matin, ce même mouvement a fait l’objet d’une opération policière
d’envergure qui s’est déroulée dans les quatre provinces du Pays Basque Sud.
Elle a été ordonnée par le juge Eloy Velasco de l’Audience nationale espagnole.

En plus d’avoir fermé les locaux du mouvement à Hernani, Iruñea, Bilbo et Gasteiz,
les agents de police ont Interpellé 18 personnes, dont “dix qui étaient réunies
au siège du groupe à Hernani”, a précisé le ministère de l’Intérieur dans un
communiqué. Parmi les personnes ne participant pas à cette réunion, cinq se
trouvaient en Gipuzkoa, une en Bizkaia, une en Nafarroa et une en Araba.

Comptes et sites bloqués

La justice espagnole les accuse d’avoir fait “l’apologie du terrorisme” et d’avoir
“intégré” et “financé une bande armée”. Herrira assure qu’aucune d’entre elles
n’a été placée au secret.

Dans le cadre de cette opération, l’Audience nationale a bloqué les comptes
bancaires de Herrira et a ordonné la fermeture de “32 profils sur Twitter, 125
profils sur Facebook et 38 pages Web. Les comptes bancaires utilisés par
Herrira sont bloqués”. Hier après-midi, le site herrira.org affichait encore
son dernier article, publié le 26 septembre et intitulé “La doctrine 197/2006
peut engendrer un traitement dégradant et inhumain”. Les propos étaient
attribués à Mauro Palma, ancien président du Comité européen pour la prévention
de la torture et des traitements dégradants et inhumains.

Précisément, Herrira est dans l’attente de la réponse de la Cour européenne des droits de
l’homme sur la doctrine 197/2006 (aussi dite “Parot”), qui prolonge les peines
de détention des prisonniers basques. “L’État espagnol a d’une certaine façon
donné sa réponse à ce procès [par le biais de cette opération]”, affirme Émilie
Martin, porte-parole de Herrira.

Il a aussi voulu montrer, selon elle, “qu’il ne veut pas participer au processus de
paix” engagé au Pays Basque et aurait voulu “frapper le mouvement populaire en
faveur des droits des prisonniers”.

Créé il y a un an et demi, Herrira a centré son travail sur la reconnaissance des
droits des prisonniers issus du conflit basque. Aujourd’hui, la justice
espagnole l’accuse notamment d’avoir “pris la relève d’Askatasuna/Gestoras
Pro-Amnistia dans la convocation et le soutien de manifestations faisant
l’apologie des prisonniers de l’ETA et de leurs idéaux”. Les précédentes
illégalisations débutaient ainsi…

Les  exilés maintiennent leur engagement sur la voie de la paix

Lire la suite… »




INFOS EUSKAL HERRIA 2EME TRIMESTRE 2013

3042013

fichier pdf INFO EH AVRIL2013

Au sommaire :

- La semaine internationale de solidarité avec les prisonniers politiques

- La déclaration du prisonnier politique basque Aitzol Iriondo

- Le décès du prisonnier politique basque Xabier Lopez Peña

- Présentation de Harrera, association d’aide aux anciens prisonniers et réfugiés politiques basques

- La liste des prisonnières et prisonniers politiques basques incarcérés-ées dans l’État français




Aurore Martin appelle à poursuivre la mobilisation en manifestant à Bilbo

9012013

Lu dans Le Journal du Pays Basque 09/01/2013

 Aurore Martin appelle à poursuivre la mobilisation en manifestant à Bilbo dans Politique aurore

“J’ai hâte de reprendre ma militance.” Ni sa remise aux autorités espagnoles ni son incarcération ne semblent avoir affecté la détermination d’Aurore Martin.

Plus de deux semaines après avoir quitté la prison de Soto del Real, où elle a été incarcérée pendant 52 jours, la militante abertzale a appelé hier à poursuivre la mobilisation en faveur du processus de paix au Pays Basque.

“Si je suis de retour au Pays Basque, c’est grâce à la mobilisation.” Seule face à une flopée de journalistes, Aurore Martin a tenu à remercier les personnes qui se sont impliquées pour obtenir sa libération : “Il y a la participation exceptionnelle des responsables politiques”, a-t-elle expliqué “mais aussi celle de la société”.

“Je voudrais également remercier le Collectif des prisonniers politiques basques.” Après avoir rejoint le collectif pendant plus de sept semaines, la jeune femme espère que ces anciens compagnons “puissent, à leur tour, bénéficier de la même solidarité”. Samedi, elle participera, à Bilbo, à la manifestation en faveur des droits des prisonniers basques convoquée par le mouvement Herrira. Et espère bien que nombre de secteurs de la société feront de même.

“Paris pourrait être une clé”

“Il est temps que le gouvernement français s’engage dans le processus.” Le message est directement destiné à Paris. Jugé “responsable” de sa remise (cf. encadré), Paris “pourrait être une clé” dans la résolution du conflit alors que les démarches sont “toujours unilatérales” et que la position de Madrid reste bloquée.

Reste que le gouvernement français ne s’est jamais démarqué de son homologue espagnol. Mais Aurore Martin ne désespère pas de voir la position de Paris évoluer : “Les choses changent grâce à la mobilisation.” La militante abertzale est sans doute bien placée pour en témoigner.

Lire la suite… »




Communiqué de ETA 15 novembre 2012

15112012

Communiqué de ETA 15 novembre 2012 dans Lutte armée ETA-Euskadi_Ta_Askatasuna

ETA a adressé au Pays Basque un communiqué envoyé au quotidien GARA pour indiquer qu’il est prêt à négocier sa dissolution. Il fixe à trois les thèmes de la négociation exclusive : le retour des prisonniers au Pays Basque, les formules et délais du désarmement et la dissolution de ses structures, et l’adaptation des forces policières au Pays Basque à une situation de fin de confrontation armée.

Communiqué de ETA à Euskal Herria

A la suite de la conférence de Aiete et un an après l’annonce de l’arrêt de la pratique de la lutte armée ETA organisation socialiste révolutionnaire de libération nationale veut faire part à Euskal Herria de ses réflexions et de ces propositions.

Tout d’abord, ETA veut dénoncer la régression qui a lieu depuis la décision d’arrêt de la lutte armée. Ceux qui avant cette déclaration étaient favorables au processus de paix à travers un dialogue et un accord sont en train de faire marche arrière.

En plus de fermer la porte au dialogue les gouvernements français et espagnol suivent la route contraire au règlement du conflit, à l’intérieur d’un agenda de destruction de la paix. La manière d’agir avec les prisonniers et réfugiés politiques basques, les actions répressives des dernières semaines, les menaces et les déclarations des deux ministres de l’intérieur sont éclairantes.

Certaines organisations politiques n’ont pas davantage adopté d’attitude constructive. Souvent les intérêts des partis politiques passent avant la volonté de la société. Ainsi pour des calculs électoraux ou pour maintenir une attitude d’imposition, les tentatives de ralentir et de défigurer le processus ont été nombreuses et prolongent les souffrances.

ETA veut faire remarquer que par le passé ces mêmes attitudes ont éloigné le règlement du conflit. Et aujourd’hui le risque de laisser le processus sans issue est évidente. ETA veut souligner que la voie de la répression est stérile. Les états peuvent détruire les possibilités de paix, mais ainsi ils ne pourront jamais résoudre le conflit.

Lorsque la seule proposition est la fermeture et une répression cruelle, lorsque se refusent les solutions démocratiques pour dépasser le conflit, on alimente la confrontation.

C’est cela qui est en jeu: la possibilité d’obtenir un règlement solide et durable du conflit. La possibilité de construire un avenir en paix et en liberté pour Euskal Herria.

Malgré tout, ETA pense que nous disposons de forces suffisantes pour faire face au blocus et amener le processus en avant. Mais nous devons donner des pas pour éviter l’installation du blocus et que la déception ne s’installe. Nous devons redoubler d’efforts. Pour ETA, la société basque, ses acteurs, tous les citoyens doivent être les protagonistes majeurs du processus. La communauté internationale ne devrait pas renoncer devant le blocus. Une partie du conflit a répondu favorablement à la proposition d’Aiete, elle a le soutien de la majorité de la société basque, c’est suffisant pour aller de l’avant. Après un long cycle d’élections ETA espère que les partis politiques agiront de manière responsable et constructive. Pour sa part ETA veut affirmer sa volonté de travailler à la résolution du conflit, pour casser le blocus, dans le but de trouver des issues efficaces dans le développement du processus.

Il faut un agenda pour la paix.

Devant les agressions des états, les obstacles et les attitudes négatives, sur la base de la feuille de route de Aiete, ETA pense qu’un agenda pour la paix est nécessaire. En partant de l’engagement de chacun nous devons avancer vers un renforcement des efforts communs en faveur du processus. Le but de cet agenda serait d’amener les états au règlement du conflit et à une structuration du processus de paix.

Il faudrait construire l’agenda pour la paix sur trois colonnes

  • répondre a la situation d’exception: la répression, le non respect des droits civils et politiques et surtout de manière urgente répondre à la situation des prisonniers politiques basques.
  • faire entendre la revendication en faveur du règlement du conflit, depuis tous les coins d’Euskal Herria faire parvenir jusqu’à Paris et Madrid la volonté de paix
  • élargir les voies du dialogue, créer des espaces pour atteindre des accords.

Proposition de ETA

Durant cette année ETA s’est efforcé d’engager un dialogue avec les gouvernements français et espagnol. En effet, ces gouvernements sont au courant de l’engagement sincère de ETA pour l’ouverture d’un dialogue. De la même manière ETA veut présenter ses propositions persuadée qu’il existe des raisons suffisantes pour avancer. Cette proposition est basée sur la volonté de mettre fin de manière durable et ordonnée à la confrontation armée, pour déposer une base saine à la paix de façon complémentaire au processus démocratique qui doit s’instaurer en Euskal Herri.

Pour ETA le processus pour dépasser le conflit devrait avoir deux objectifs

Il faut résoudre le problème des prisonniers et de tous ceux qui ont du quitter leur famille en raison de la confrontation.

Les forces qui ont participé à la confrontation armée doivent s’adapter à la nouvelle situation, amener la normalisation démocratique, pour que le processus démocratique en Pays Basque se développe sans menace, en toute liberté.

Pour atteindre ces objectifs ETA propose un agenda pour le dialogue.

  • des délais et des formules pour que tous les prisonniers et réfugiés basques rentrent en Euskal Herria
  • des délais et des formules pour le désarmement, pour défaire la structure militaire et engager la démobilisation
  • des délais en adaptant la fin de la présence des forces de confrontation armée qui se trouvent en Pays basque.

Il faudrait ajouter trois remarques sur l’agenda:

Il est connu que dans la confrontation les états ont utilisé la force et provoqué des crimes ( torture, guerre sale, exécution de militants de ETA…) et pour cela il n’y a pas de prisonnier car les forces des états ont agit dans impunité totale. Ainsi ETA ne renonce pas à la nécessité de reconnaissance de la vérité et de la responsabilité des états.

En ce qui concerne les personnes ayant décidé de partir d’Euskal Herria en raison de l’action armée, ETA pense qu’à la suite de sa décision ce problème est en voie de règlement.

La confrontation a provoqué des victimes. C’est une conséquence du conflit que le processus de paix doit étudier. Il faut envisager cela de manière différente et aborder ces problèmes de point de vues différents, cela demande de nombreuses démarches, et dépasse donc cet agenda. De toute façon ETA est prête à intégrer cette problématique à l’agenda sur la voie de la vérité et la reconnaissance de chacun.

Ceci étant la proposition de ETA nous affirmons que nous sommes prêts à écouter et étudier les propositions de la France et de l’Espagne.

Si nous atteignons un accord sur les points abordés plus haut, une voie serait ouverte pour poursuivre dans ce sens. La poursuite de l’accord, le dépassement du conflit amènerait la fin définitive de la confrontation armée.

Dans ce contexte, au-delà des pas donnés pour atteindre un accord, ETA prendra des décisions pour s’adapter à la nouvelle situation en fonction de nos objectifs politiques, du processus de paix et de ce que demande le moment politique lui-même.

Pour tout cela, ETA en réaffirmant sa bonne foi, veut faire savoir qu’elle continuera à œuvrer en faveur de la possibilité du règlement du conflit de manière déterminée.

En Euskal Herria le 15 novembre 2012







Jeunesse et Développement |
RELATOS DE EDGAR |
Politique buzz en Eure-et-Loir |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Luisant Pour Tous
| Collectif antilibéral de Ch...
| Blog de Michel Issindou