LES PRISONNIERS POLITIQUES BASQUES EN LUTTE
15082012
Plus de 400 prisonniers protestent pour obtenir la libération de I. Uribetxebarria
Le Journal du Pays Basque 14 Août
Les mobilisations se poursuivent en solidarité avec le prisonnier basque Iosu Uribetxebarria et les autres prisonniers gravement malades. I. Uribetxebarria, qui entame son septième jour de grève de la faim, a dénoncé avoir subi insultes et menaces de la part de policiers dans la nuit de samedi à dimanche alors que des milliers de personnes avaient manifesté à Donostia dans l’après-midi. Alors que de plus en plus de mobilisations ont lieu, ce sont aujourd’hui 420 prisonniers qui mènent des actions de protestation dans plusieurs dizaines de prisons, tant dans l’Etat espagnol que dans l’Etat français.
Hier, les médecins de l’hôpital de Donostia ont pratiqué des examens sur le prisonnier en phase terminale de cancer et qui entame aujourd’hui son septième jour de grève de la faim. Selon la note qu’ils ont publiée, l’état du prisonnier est stable. D’autres examens devraient être pratiqués aujourd’hui.
Devant l’hôpital de Donostia, où ce sont maintenant dix personnes qui jeûnent en solidarité avec le prisonnier arrasatear, son frère a informé dimanche que les membres de l’ertzaintza (police de la Communauté autonome basque, CAB) chargés de le surveiller l’avaient empêché de dormir dans la nuit de samedi à dimanche. Ainsi, entre 23 heures et 1 heure du matin, ils auraient “empoisonné” la vie du malade. D’abord en ouvrant et fermant les stores puis, toujours selon son frère, ils l’auraient menacé et insulté. L’intervention d’une infirmière aurait permis de faire revenir le calme. Ces incidents ont eu lieu alors que plusieurs milliers de manifestants avaient battu le pavé de la capitale gipuzkoar samedi après-midi. La famille devait déposer plainte hier.
Tandis que le mouvement Herrira a annoncé des mobilisations qui allaient aller “crescendo”, dans les prisons, ce sont aujourd’hui 420 personnes qui participeraient à des actions de protestation selon l’association Etxerat. Une majorité d’entre eux se serait déclarée en grève de la faim, mais d’autres formes de protestation ont lieu : rassemblements dans les cours de promenades, refus de sortir de cellule, lettres aux autorités, refus de la nourriture de la prison, etc.
A l’extérieur, à partir d’aujourd’hui, des rassemblements sont organisés dans les quatre capitales de provinces du Pays Basque Sud. A Donostia, ils auront lieu tous les jours à midi et à 19 heures devant l’hôpital. A Bilbo, Gasteiz et Iruñea à 12 heures devant les délégations du gouvernement espagnol.
En réponse à cette mobilisation, le secrétaire général de l’administration pénitentiaire espagnole, Angel Yuste, a, lui, déclaré hier que “ni le chantage, ni la transaction, ni la concession n’ont leurs places dans l’application des peines et toutes ces initiatives destinées à faire pression sur l’administration pénitentiaire ne vont donc logiquement avoir aucun effet”. Le haut fonctionnaire a déclaré que la décision concernant la libération ou non d’Uribetxebarria dépendra “de la loi et de son état” de santé. Selon A. Yuste, 108 prisonniers étaient en grève de la faim dimanche et 51 autres devaient l’être hier dans les prisons de l’Etat espagnol. Depuis le début des mouvements de protestation dans les prisons, l’administration pénitentiaire espagnole est entrée dans une guerre des chiffres avec les mouvements de soutien aux prisonniers et tente de relativiser le mouvement. Curieusement, la presse espagnole et certaines agences de presse, telle l’AFP, se contentent de se faire écho de la version gouvernementale.
Par ailleurs, Antonio Basagoiti, président du Parti populaire dans la CAB, a déclaré sur les ondes de Punto Radio que “la grève de la faim des etarras” passait inaperçue pour la “grande majorité des Basques”.
LIBE FR 13 Août
La grève de la faim des détenus de l’ETA prend de l’ampleur
Portraits de prisonniers membres de l’ETA et logo de l’organisation, lors d’une rencontre du mouvement à Guernica en juin dernier. (Photo Vincent West. Reuters)
Plus de 100 prisonniers du groupe armé basque ETA étaient en grève de la faim, lundi en Espagne, une cinquantaine devant rejoindre le mouvement le même jour, par solidarité avec un autre détenu, malade et qui réclame sa libération.
«La journée de dimanche s’est terminée avec 108» grévistes de la faim, a déclaré lundi à la radio publique Angel Yuste, secrétaire général de l’administration pénitentiaire espagnole. «En outre, nous avons reçu 51 déclarations» de détenus dimanche soir annonçant de nouvelles grèves de la faim pour lundi, a-t-il ajouté.
Dimanche, le dirigeant indépendantiste basque Arnaldo Otegi (ici lors de son procès à Madrid. Photo Reuters), en prison depuis 2009, a annoncé qu’il commençait à jeûner, donnant une nouvelle ampleur au mouvement du fait de sa notoriété.
Les grévistes de la faim veulent montrer leur solidarité avec Iosu Uribetxeberria, condamné en 1998, entre autres peines, à 32 ans de prison pour l’enlèvement d’un fonctionnaire pénitentiaire, José Antonio Ortega Lara, qui avait été retenu en otage pendant 532 jours.
Gravement malade, Iosu Uribetxeberria a entamé une grève de la faim mercredi pour réclamer sa liberté conditionnelle, «en raison de la gravité de son état», selon le mouvement de défense des prisonniers Herrira.
L’association de familles de détenus de l’ETA Etxerat avait indiqué la semaine dernière que plusieurs membres du groupe détenus en France étaient également en grève de la faim.
Cette vague de grèves de la faim place au coeur de l’actualité la question des prisonniers de l’ETA. Un point crucial puisque aujourd’hui seuls quelques dizaines de membres actifs du groupe seraient encore en liberté alors qu’environ 700 militants sont sous les verrous, 600 en Espagne et une centaine en France.
Le groupe armé avait annoncé le 20 octobre 2011 mettre fin définitivement à la violence.
Mais il fait de l’amnistie pour les prisonniers la condition d’un éventuel calendrier de désarmement, qu’il se refuse à envisager pour le moment. Les gouvernements espagnol et français, au contraire, réclament la dissolution sans conditions du groupe.
Le rapprochement des détenus et la libération des malades sont en outre des revendications de longue date des familles de prisonniers de l’ETA, qui dénoncent leur éloignement du Pays basque et leur isolement dans des prisons espagnoles ou françaises.
«Ni le chantage, ni la transaction, ni la concession n’ont leurs places dans l’application des peines et toutes ces initiatives destinées à faire pression sur l’administration pénitentiaire ne vont donc logiquement avoir aucun effet», a lancé Angel Yuste lundi.
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