TROISIÈME ACCIDENT DE L’ANNÉE SUR LES ROUTES DE LA DISPERSION

23042013

Ipar Euskal Herriko ETXERAT Pays Basque nord

Samedi dernier 20 avril, la fille et le frère du prisonnier politique de Bilbao Bigarren Ibarra ont eu un accident en allant lui rendre visite à la prison de Monterroso (Lugo). L’accident s’est produit à la mi-journée à Lopidana (Gasteiz), quand ils ont heurté une autre voiture à un cédez-le-passage. Le frère d’Ibarra en est sorti indemne, mais sa fille a été blessée au thorax par la ceinture de sécurité. Ils ont quand même pu se rendre à la visite.

 

Il s’agit du troisième accident de l’année 2013 sur les routes de la dispersion, et 7 personnes en tout ont déjà été touchées. Depuis la mise en place de la politique de dispersion des prisonniers, 16 personnes ont été tuées en se rendant ou en revenant de la visite. Ces accidents sont une conséquence directe de cette politique. C’est pourquoi nous demandons l’arrêt immédiat de la dispersion et le regroupement des prisonniers politiques basques en Euskal Herria. Parce que c’est leur droit et aussi le nôtre !

 

Euskal Herria, le 22 avril 2013




Arrestation par la Ertzaintza des jeunes de Donostia

22042013

Six jeunes, parmi les huit condamnés (voir article précédent), ont été arrêtés vendredi matin, à l’aube. 800 personnes étaient là pour ralentir, à défaut de pouvoir empêcher, leur arrestation.

Il est à noter qu’un des jeunes encore en liberté, Nahikari Otaegi, a annoncé qu’il se rendrait à la prison accompagné de son fils de 7 mois.

Voici les vidéos des arrestations et de l’agression d’un journaliste :

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Résistance de la jeunesse basque

17042013

Des centaines de personnes sont réunies à Donostia en soutien à huit jeunes condamnés à six ans de prison pour appartenance à Segi, ancienne organisation de la jeunesse indépendantiste basques.

Hier, mardi 16 avril, l’Audience nationale a ordonné leur arrestation. La solidarité se renforce au sein de l’Aske Gunea (« lieu libre« ).

Une vidéo sous-titrée en français (cliquez sur « CC » puis « French ») :

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Interview réalisée par le Journal du Pays basque :

« La situation est dure, mais la solidarité réconforte »

16/04/2013

Entretien avec Nahikari OTAEGI / Ex-militante de Segi, condamnée à six ans de prison

Giuliano CAVATERRA

Le 8 avril, huit jeunes de Donostia ont été condamnés à six ans de prison pour leur appartenance au mouvement de jeunes indépendantistes Segi. Nahikari Otaegi est l’une d’entre eux. Âgée de 29 ans et mère de deux enfants (trois ans et sept mois), elle va devoir partir en prison pour une durée de quatre ans et demi (elle a déjà passé un an et demi en préventive). Il lui est reproché sa militance au sein du mouvement de jeunes. Mouvement considéré comme organisation terroriste dans l’État espagnol depuis 2007.

Vous venez d’être condamnée à six ans de prison pour avoir milité au sein de Segi. Pouvez-vous nous rappeler l’origine de cette affaire ?

À l’automne 2007, une opération policière vise des jeunes indépendantistes à Donostia. Les personnes qui sont alors arrêtées font une garde à vue sous le régime de la mise au secret. Ils dénonceront après avoir été torturés. Elle sera suivie quelques jours après d’une seconde vague d’arrestations. Une vingtaine de personnes sont recherchées et six sont détenues qui dénoncent aussi avoir été torturées. Je faisais partie des personnes qui n’étaient pas chez elles au moment de l’arrestation.

À quel moment avez-vous été arrêtée ?

Ceux d’entre nous qui avions échappé aux arrestations avons manifesté notre désir de rencontrer le juge d’instruction, Fernando Grande-Marlaska. Nous avons été à Madrid, mais nous avons été arrêtés en nous rendant au tribunal. Nous n’avons pas été mis au secret et dans les 24 heures, nous avons rencontré le juge. La plupart d’entre nous ont été placés en détention. J’ai fait un an et demi de prison préventive et je suis libre depuis 2009.

Pourquoi avez-vous été mise en examen ?

Nous l’avons été pour appartenance à une organisation terroriste. Certains seulement pour avoir fait partie de Segi qui a été déclarée organisation terroriste en 2007 par l’État espagnol. À d’autres, on a reproché aussi des actes de kale borroka.

Puis vous avez été jugée…

En tout, nous étions 18 mis en examen. Un était en prison dans l’État français et n’a pas été jugé avec nous. Les 17 autres, nous avons eu un premier procès en 2010. Comme je venais d’avoir mon premier enfant, je n’ai assisté qu’au premier jour du procès. Nous avons refusé de nous exprimer, sauf ceux qui ont subi des tortures qui ont répondu aux questions de nos avocats. Le procès a été très dur pour eux car les policiers qui venaient témoigner disaient qu’il n’y avait eu aucun mauvais traitement. L’un des jeunes a même fait une crise d’angoisse à ce moment-là. À l’issue du procès, deux d’entre nous ont été acquittés. Pour les autres, nous avons été condamnés à six ans. Nous avons fait appel auprès du Tribunal suprême. Celui-ci a cassé le jugement et le procès a donc été refait très vite après. Mais la sentence était exactement la même. Il y a eu quelques phrases rajoutées au jugement, mais globalement, c’était le copier-coller du premier jugement, fautes d’orthographe incluses.

Qu’avez-vous fait alors ?

Nous avons de nouveau fait appel. Le procès a eu lieu en février et la sentence rendue il y a quelques jours. Sur 15 personnes, sept ont été acquittées. Je fais partie des huit condamnés.

Sur quelles bases ?

La déclaration d’une autre personne lors de son arrestation qui me désigne comme responsable de Segi dans mon quartier et la découverte chez moi d’un DVD intitulé “Kaiolatik At!” sur lequel apparaît le logo de Segi. Pour d’autres les “preuves” qu’on a trouvées chez eux sont des tee-shirts, des posters ou des disques ! La sentence n’a pas vraiment de fondements. Nous n’acceptons pas cette sentence. Surtout dans le contexte actuel au Pays Basque. Elle démontre une fois de plus l’immobilisme des États. Nous allons sans doute faire appel auprès du Tribunal constitutionnel, mais ça n’est pas suspensif et dans les prochaines semaines, nous allons donc être incarcérés.

Un mouvement de solidarité important s’est mis en place…

Oui, il y a eu une magnifique réponse populaire à Donostia. Notre situation est très difficile, mais cette solidarité est d’un grand réconfort. Au centre de Donostia, nous avons monté Aske Gunea (“l’espace libre”). Tous les matins, des colonnes partent de chaque quartier où il y a un condamné pour l’accompagner jusqu’à Aske Gunea et le retour se fait de la même façon. Des rassemblements ont lieu tous les soirs. La société a mis en place un véritable mur de protection autour de nous. C’est un véritable mouvement de désobéissance civile.




PROJECTION LE 19 AVRIL

17042013

Vendredi 19 avril
19h00 : Soirée de solidarité avec les prisonniers politiques basques

Projection du film documentaire Barrura Begiratzeko Leihoak (Fenêtres sur intérieur) suivie d’une discussion avec le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque.

Le film est sous-titré en français.

Espace Louise Michel
42ter rue des Cascades, Paris 20e
Métro : Jourdain (L11)

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Barrura Begiratzeko Leihoak, ce sont cinq metteurs en scène qui dressent le portrait de cinq prisonniers basques, “cinq histoires racontées en lettres minuscules à la recherche de la personne qui reste cachée derrière les barreaux, derrière les évènements, derrière les clichés”. Josu Martinez, Txaber Larreategi, Mireia Gabilondo, Enara Goikoetxea et Eneko Olasagasti apportent chacun leur regard sur la question, et ont choisi de suivre la trajectoire d’un prisonnier. Le long-métrage montre Irati qui compte les jours jusqu’à sa détention, Jon qui réintègre la société après 17 ans de réclusion, Gotzone emprisonné depuis 22 ans et dont la mère est disparue en 2004, Jexux Mari un intellectuel professeur de journalisme qui se cherche dans la solitude de sa cellule et enfin Mikel un ex-dirigeant d’ETA qui retrouve son ami de jeunesse Eneko Olasagasti, devenu cinéaste. Ou la question des prisonniers basques abordée sous l’angle d’une perspective fondamentalement humaine.

Retrait de subvention, censure, Barrura Begiratzeko Leihoak ne s’est pas vu déployer le tapis rouge… Alors qu’une subvention de la ville de Donostia était initialement accordée à hauteur de 9000 euros, la boîte de production Zinez se voit dans l’obligation d’y renoncer en juin. En effet, l’opposition dénonce cette subvention, accusant le maire Juan Karlos Izagirre et donc Bildu (coalition indépendantiste de gauche) d’apporter son soutien à “un film sur les activités du groupe terroriste ETA”. Le Parti Populaire ayant affirmé qu’une telle subvention pourrait être “un motif d’illégalisation pour la coalition abertzale Bildu”. Face à une telle menace, Zinez renonce à ladite subvention et anticipe en annonçant qu’elle n’en acceptera aucune, dénonçant “une limite et une atteinte à la liberté de création” de la part du ministère de l’Intérieur du gouvernement espagnol. Une souscription est alors lancée sur la page web de Zinez aux “amoureux de la culture, et ce, quelle que soit leur idéologie”. Une initiative qui permet aux cinq réalisateurs de récupérer l’intégralité des fonds et de mener le projet à bien, grâce à une forte  mobilisation populaire.

En septembre dernier, alors que le film doit être présenté au Zinemaldia de Donostia, il est écarté de la sélection officielle.  À quelques semaines du festival de cinéma donostiar, le 9 septembre, le documentaire est largement censuré, le gouvernement du Pays Basque sollicitant auprès de l’Audience nationale espagnole son interdiction. Après une projection privée par Zinez au Théâtre Victoria Eugenia, Carlos Urquijo, délégué du gouvernement basque a rappelé au maire de la capitale gipuzkoar les responsabilités administratives et pénales encourues s’il autorisait la projection de Barrura begiratzeko Leihoak et ne rejoignait pas les signataires de la pétition l’interdisant.

“La meilleure manière d’en finir avec les soupçons, les accusations, les polémiques et les menaces autour du documentaire est de le diffuser dans les salles. La société se rendra alors compte du non-sens de cette persécution ” assure la production.

Cécile Vignau
Article publié dans Le Journal du Pays basque du 2 novembre 2012




Le CSPB sur Radio Libertaire

4042013

A partir du 18 avril

Nous serons tous les 3èmes jeudis du mois

de 19 heures 30  à 20 heures 30

pour une nouvelle émission sur RADIO LIBERTAIRE !

Le CSPB sur Radio Libertaire  dans Cspb askatasunak-copie-1-300x214




INFOS EUSKAL HERRIA 2EME TRIMESTRE 2013

3042013

fichier pdf INFO EH AVRIL2013

Au sommaire :

- La semaine internationale de solidarité avec les prisonniers politiques

- La déclaration du prisonnier politique basque Aitzol Iriondo

- Le décès du prisonnier politique basque Xabier Lopez Peña

- Présentation de Harrera, association d’aide aux anciens prisonniers et réfugiés politiques basques

- La liste des prisonnières et prisonniers politiques basques incarcérés-ées dans l’État français




SEMAINE INTERNATIONALE DES PRISONNIERS POLITIQUES

3042013

SEMAINE INTERNATIONALE DES PRISONNIERS POLITIQUES dans Cspb 17avril-2013-affiche1-200x300

En 2004, réunies à l’occasion de la Première Conférence Internationale sur les Prisonniers Politiques à Donostia (Euskal Herria), plusieurs organisations ont adopté une déclaration faisant du 17 avril la Journée Internationale des Prisonniers Politiques. Cette date, choisie en référence à la Journée du Prisonnier Palestinien instituée en 1975, permet de rappeler à l’opinion publique que des femmes et des hommes sont encore détenus-es pour leurs idées politiques.

Aujourd’hui encore, des dizaines de milliers de militants-es politiques sont incarcérés-ées dans les geôles britanniques, irlandaises, marocaines, françaises, espagnoles, étasuniennes, israéliennes, mexicaines, sri lankaises, turques et autres…

Ceux/celles-ci sont confrontés-ées quotidiennement aux brimades, aux traitements dégradants, à la torture et aux procès d’exception, auxquels s’ajoutent les conditions inacceptables de tout enfermement.

Les prisonniers et prisonnières politiques sont les parties et les conséquences de conflits politiques causés par le non-respect des droits nationaux et sociaux des peuples. C’est pour cela qu’il est nécessaire de construire de larges mouvements de solidarité en leur direction.

A Paris, depuis 2008, différentes organisations participent à la mise en place de cette solidarité en exigeant la reconnaissance du statut de prisonnier politique partout dans le monde mais aussi, et surtout, leur libération.

Cette année, conscients-es que la mobilisation se doit d’être large et prendre en compte la diversité des situations, nous avons décidé de consacrer une semaine entière à la question des prisonnières et prisonniers politiques. Celle-ci se déroulera du 14 au 20 avril dans différents lieux.

LA SOLIDARITE EST UNE ARME, UTILISONS-LA !

LIBERTE POUR LES PRISONNIERES ET PRISONNIERS POLITIQUES DU MONDE ENTIER !

PROGRAMME COMPLET MIS A JOUR SUR http://17avril2013.unblog.fr




Décès du prisonnier politique basque Xabier Lopez Peña

2042013

Dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 mars, le prisonnier politique basque Xabier Lopez Peña est décédé à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). Sa famille n’a été prévenue qu’à 13h le samedi et a subi un traitement odieux de la part des différents services concernés.

Voici les différentes interventions de la Une conférence de presse a été organisée à Baiona le lundi 1er avril, afin de rendre publique la chronologie des évènements. Nous exigeons la vérité et le respect des droits des prisonnières et prisonniers politiques basques ! TOUTES ET TOUS A LA MAISON !

Décès de Xavier Lopez Pena – Soutien du Comité « Libérez-Les ! » #Herrira

 

Yolanda Molina – avocate

Pour commencer, je veux dire un mot et tout ce qu’on peut donner comme chaleur humaine à une personne à Ainhoa Ozaeta, la compagne de Xabier, qui est à Fleury, qui a vécu ces trois semaines, jour après jour, dans l’impuissance, l’horreur et la révolte.

Tout s’est passé en trois semaines.

La première semaine commence par le transfert de Xabier qui était à la prison de Fleury-Mérogis à l’hôpital de Corbeil pour un contrôle et pour la mise en place d’un stent ou également si c’était possible pour faire un pontage. Pendant cette première semaine, absolument personne ni la famille ni l’avocat n’a été informé de l’hospitalisation ni de l’état dans lequel il se trouvait. Ce sont les prisonniers politiques basques de son bâtiment qui ont alerté la famille pour dire qu’il n’était plus là depuis une semaine.

Deuxième semaine, lundi 18 mars, je téléphone au service médical de Fleury-Mérogis qui me dit : « je ne peux rien vous dire ». Je téléphone à la direction de la prison qui ne me répond pas. Je téléphone aux services sociaux qui ne me répondent pas. J’envoie des mails, des fax,  je leur dis : « je ne comprends pas, j’ai le droit de savoir où il est. Je Veux le voir, demain 19 mars,  il a un parloir avec sa famille, nous allons à Paris et nous voulons savoir où il est.  Je passe toute la journée pour apprendre par le service des parloirs et non par la direction qu’il se trouve à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Le mardi 19 mars avec Idoia, la sœur d’Aihnoa qui est là, nous somme à Paris, nous allons à l’hôpital Salpêtrière. L’hôpital était immense, on dirait une ville.

Nous demandons au service de cardiologie où se trouve M. Lopez Peña. Ils me disent « il est à l’hôpital, nous ne pouvons pas vous dire où ». Nous allons à la prison qu’il y a à l’intérieur de l’hôpital et ils nous disent : « il n’est pas là ». Nous nous tournons en rond, à tous les accueils ils nous disent : « nous ne pouvons pas vous dire où il est ».  Je contacte la directrice de Fleury-Mérogis, pour lui dire « ils refusent de nous dire où il est, c’est à vous de nous le dire ». Elle me dit : «  il n’est pas sous mon autorité, il est sous l’autorité du préfet de police de Paris ». Nous allons à la préfecture. Là-bas, on nous dit qu’on ne peut pas nous recevoir et de laisser un courrier. Nous laissons un courrier pour dire que nous sommes là pour savoir où il est. Nous retournons à l’hôpital Salpêtrière au service de cardiologie, car nous savions qu’il avait été traité pour cette maladie. En cardiologie, tout le monde refuse de nous répondre. Nous visitons tous les étages, toutes les chambres, pour le chercher. Quand nous partons, une infirmière nous dit « allez dans ce bureau, peut-être que là-bas… » et là on nous dit : « effectivement, il est là, je vais appeler pour savoir si vous êtes autorisés à rentrer ». La famille n’est pas autorisée à rentrer, moi je le suis, et je le trouve dans une chambre, mal, mal. Xabier n’était pas le même, il était mal, avec trois policiers armés devant la porte. Le lendemain, je parle avec le docteur qui me dit qu’il a fait un AVC et que pour récupérer, il a besoin de rééducation. Je lui dis clairement que cette rééducation, en prison, il ne l’aura jamais. Cette même semaine, nous sommes restés la famille et moi-même jusqu’à samedi, et nous avons fait une demande de mise en liberté vu l’état dans lequel il se trouvait.

Lundi, j’étais ici. Aucune information ne nous a été donnée spontanément, on nous a même dit que même dans l’état où il était, il pouvait rester emprisonné. Il tenait à peine debout, il était mal. Je téléphone à l’avocate générale qui s’occupe de son dossier, je lui demande de me dire où il est. Et elle, magistrat, juge, me répond qu’elle en a assez de perdre son temps pour un assassin. Ils se sont comportés comme des enragés, tous, l’administration pénitentiaire, l’avocate générale, la police, jusqu’au dernier moment. Elle a dit « vous me faites perdre mon temps ».  Je lui ai dit « je veux savoir où il est ». Et j’avais raison, parce qu’il n’était plus au service de cardiologie, ils l’avaient mis à la prison qui est à l’intérieur de l’hôpital. Dans l’état où il était. C’était le lundi 25. Lorsque, le jeudi, je me rends à la prison de l’hôpital, on me dit : « il n’est pas là, il a été transféré d’urgence aux soins intensifs de neurologie. Il a fait un accident grave hier dans cette prison ». Là encore personne n’a été informé, personne n’a été averti d’une nouvelle complication médicale grave. Je suis allée aux soins intensifs de neurologie et je l’ai trouvé mal, pire. Le neurologue m’a dit : « il a fait une hémorragie cérébrale, il lui faudra beaucoup de rééducation pour récupérer ». Je lui ai demandé : « il peut mourir ? ». Il m’a dit : « il est en situation stable, nous attendons une évolution correcte mais ici rien n’est exclu ». Le lendemain la famille est arrivée. Une personne de la prison de l’hôpital Salpêtrière m’a appelée sur mon portable pour me dire que la famille devait venir au service de la maison d’arrêt avant d’aller aux soins intensifs pour le voir. Ils se sont comportés comme des chiens. Les personnes venues le voir ont été fouillées de haut en bas, il y avait trois policiers dans la chambre. Trois ERIS nous ont escortés avec des gilets pare-balles dans tout l’hôpital. Ça c’était le vendredi.

Le lendemain samedi 30 mars, la famille avait parloir à 13h pour le voir, nous y allons et nous voyons de loin que les policiers n’étaient plus là. Nous demandons dans un bureau et ils nous disent : « vous n’avez pas été avertis ? Il est décédé cette nuit. On nous a interdit d’avertir la famille, c’était l’administration pénitentiaire qui devait le faire ». Plus de 12 heures étaient passées entre le moment du décès à 1h du matin et ce moment. « Attendez, le directeur de la prison veut vous voir. » Nous avons répondu : « nous, nous ne voulons plus le voir ». Nous sommes partis à la morgue où nous attendait la police qui voulait auditionner la famille, qui nous interdisait de voir le corps parce qu’il y a une enquête judiciaire. Ils ne nous ont même pas donné le numéro de téléphone du parquetier qui s’occupait de l’affaire. Ils nous ont dit : « vous pourrez le voir demain à l’institut médico-légal ». Nous nous y sommes rendus le lendemain, hier, mais on ne nous a pas laissé le voir parce que c’était férié. Il n’y a pas de mots. Ça a été l’horreur la plus totale. Les demandes de mise en liberté étaient fixées pour les 3 et 5 avril.

J’ai vu Ainhoa en prison et elle m’a dit : « ils ne le laisseront pas sortir vivant ». Et elle avait raison. Ils ont réussi. Quand j’ai demandé de quoi il était mort puisque sa situation était stable, le médecin des soins intensifs m’a répondu : « je n’ai pas d’explication, nous ne comprenons pas ce qui s’est passé ». Je lui ai demandé : « est-ce que quelqu’un est entré dans cette chambre ? ». Parce que ce n’est pas possible. Et depuis que la nouvelle s’est répandue, les vautours étaient là, les vautours, français et espagnols. Et moi je pense que tout est possible, que toutes les possibilités sont ouvertes sur ce qu’ils ont fait à Xabier.

Pour finir sachez que Xabier a été un militant toute sa vie, depuis ses 16 ans jusqu’à mourir dans ce putain d’hôpital. Un militant, dominé par personne, libre.

 

Itsaso Idoiaga – médecin de prisonniers politiques basques

 

Origine de la maladie. Il a été hospitalisé pour la première fois en décembre 2009, à l’hôpital de Corbeil-Essonnes parce qu’il avait des douleurs thoraciques. Avec un scanner, on lui a découvert une coronopathie sévère très serrée sans possibilité de canalisation par angioplastie. À cette époque-là, le cardiologue qui faisait le suivi médical a préconisé une discussion chirurgicale mixte coronale et aortique à faire début janvier 2010.

Finalement le cardiologue a décidé de mettre en place un stent c’est-à-dire une sorte de ressort pour déboucher l’artère coronaire, mais on se demande si cette décision a été la bonne, si elle a été bien réfléchie par rapport à son état de santé complet ou si elle a été prise parce que c’est plus facile qu’un pontage, sachant qu’il est prisonnier, pour avoir le moins d’embarras possible.

Finalement le stent n’a pas marché, donc il a été transféré à la Pitié-Salpêtrière où on lui a fait un pontage. Pendant une intervention ou l’autre, on ne sait pas exactement à quel moment, il a eu un accident cérébro-vasculaire ischémique, un ACV. Il n’a pas été placé en soins intensifs, il a été maintenu dans un centre normal de l’hôpital puis envoyé dans l’aire pénitentiaire de l’hôpital. C’est une aire où l’on place les prisonniers pour qu’ils attendent leur fin.

On se demande pourquoi il n’a pas été placé en soins attentifs depuis le début. Parce que quand on fait une opération cardiologique de cette importance, on place la personne en soins intensifs, on ne la laisse pas dans l’aire pénitentiaire.

Ce qu’on a constaté pendant toutes ces années, c’est que les soins médicaux des personnes qui sont en prison ne sont pas les mêmes que les soins médicaux des personnes qui sont en liberté. Pour un prisonnier politique basque, c’est plus difficile d’avoir un diagnostic. Pour M. Lopez le premier diagnostic a été fait en 2009, il y a un délai très important entre le diagnostic et le traitement. Les traitements ne sont pas les mêmes non plus. On fait primer la sécurité sur les soins médicaux. Ce n’est pas le premier cas et on espère que ce sera le dernier.

 

Etxerat – Muriel Lucantis, Nagore Lopez de Luzuriaga

 

Pour commencer, nous voulons faire parvenir nos condoléances et notre entière solidarité à la famille et aux amis de Xabier Lopez Peña. La situation et le traitement dont ils ont fait l’objet sont honteux et inacceptables et nous les dénonçons avec force. Nous exigeons que la vérité soit faite sur les responsabilités de chacun. Une fois encore, la violence de l’administration a durement frappé une famille, portant la cruauté jusqu’à des sommets. Nous trouvons important de souligner le manque d’information et de transparence autour de la mort de Xabier Lopez Peña. Il est entré à l’hôpital le 11 mars pour un simple contrôle et il est mort 19 jours plus tard. Sa famille n’a été informée de l’hospitalisation que 9 jours après. On peut supposer qu’il a fait un AVC à la suite d’une opération qui a mal tourné, mais on ne peut rien savoir avec certitude, la famille n’a pas pu voir Xabier et n’a reçu aucune information. Ils n’ont pas laissé le médecin de confiance assister à l’autopsie, et ils n’ont pas informé la famille du décès de Xabier, elle l’a appris 13 heures plus tard en venant à la visite. Ce manque d’information et tous les obstacles renccontrés nous montrent un panorama très sombre. La difficulté à obtenir des informations et tous les doutes laissés par ce décès sont intolérables et aggravent encore la douleur des proches.

Avec nos condoléances, nous voulons aussi exprimer la peine et l’immense colère que nous ressentons. Depuis des années, nous dénonçons avec force la politique pénitentiaire qui nous mène à de telles situations. Depuis des années, nous demandons la désactivation des mesures d’exception, avant que d’autres drames se produisent. Et nous revivons sans cesse de tels drames, dans le silence et le mépris des deux États.

En prison, les longues peines, les conditions indignes et les mesures d’exception provoquent ou aggravent des maladies. Et le prisonnier, une fois malade, ne peut pas se soigner comme il le faudrait en raison des conditions, des mesures d’exception et de l’ensemble des obstacles mis par la prison. Il doit subir, de plus, une énorme pression de la part des fonctionnaires à chaque minute de chaque journée. Pour cette raison, nous demandons depuis très longtemps le respect des droits des prisonniers – parmi lesquels celui d’avoir un suivi médical sérieux- et la libération immédiate des prisonniers gravement malades.

Cette revendication est de plus en plus étendue dans les sociétés basque et internationale. Mais elle laisse l’État français aussi sourd et amorphe que son voisin. Il continue d’appliquer tous les éléments de ce plan bien dessiné de façon froide et cruelle.

Ces façons de priver les prisonniers de leur droit à être suivis et soignés correctement, combinées à l’allongement infini des peines, transforment la peine de prison en peine de mort. La politique de d’éloignement et de dispersion participent amplement à ce plan, en rendant plus difficile encore la situation des familles, des avocats et des médecins de confiance, comme cela est encore arrivé dans le cas de Xabier Lopez Peña.

La mort, il y a deux semaines, d’Angel Figeroa, a porté à 16 le nombre des hommes et femmes morts en détention et 9 juste après leur sortie. Et Xabier cette semaine. Qui continuera de nier que la politique qu’ils nous appliquent est criminelle ?

Entre autres exemples, nous avons dénoncé ce mois-ci le cas d’Ibon Fernandez, à la prison de Lannemezan, à qui une sclérose en plaques vient d’être diagnostiquée après deux ans de souffrance, situation incompatible avec la prison. Quelques semaines plus tôt, nous dénoncions le cas de Jon Bienzobas, que la prison de Châteauroux avait laissé se vider de son sang durant une nuit entière. Tout cela orchestré directement par les autorités françaises. ÇA SUFFIT. Ça suffit d’entendre de belles paroles et de continuer à vivre cet enfer sans le moindre changement.

Le gouvernement français a une énorme responsabilité. Il doit cesser immédiatement de jouer avec nos vies et celles de nos proches qui sont prisonniers. Il doit en finir avec cette politique cruelle et criminelle MAINTENANT. C’est très facile, s’il le veut, il peut régler les situations les plus graves en quelques jours :

  • Tous les prisonniers qui sont gravement malades dans des prisons françaises et espagnoles doivent être libérés immédiatement, de même que ceux qui sont assignés à leur domicile avec de strictes mesures de sécurité. Les droits, parmi lesquels celui de se soigner correctement doivent être respectés maintenant.
  • Toutes les mesures destinées à allonger les peines doivent disparaître.
  • Et toutes les autres mesures d’exception, particulièrement la dispersion, l’éloignement, toutes les formes d’isolement doivent être désactivées immédiatement, pour en finir avec la situation insupportable qui nous est imposée.

Pour finir et pour tout résumer : NOUS LES VOULONS VIVANTS ET À LA MAISON !

 

Herrira – Garbiñe Eraso, Nagore Garcia

 

Bonjour.

Herrira souhaite tout d’abord présenter ses condoléances et exprimer son soutien à la famille et à tout l’entourage de Xabier López Peña. Nous souhaitons également dénoncer le traitement et le manque d’informations qu’ont subi les proches de Xabier de la part de l’hôpital parisien dans lequel il était affecté.

15 prisonniers politiques basques souffrent actuellement de maladies graves. Nous parlons de maladies telles que le cancer, la sclérose en plaques ou encore la schizophrénie. La libération de ces personnes est la seule garantie qu’elles bénéficient d’un traitement médical adéquat et que des situations comme celles de Figueroa et López Peña ne se reproduisent pas. La société basque exige des solutions, le respect des Droits de l’Homme, un changement de la politique pénitentiaire et construire de manière conjointe la résolution et la paix. Le maintien de la politique pénitentiaire actuelle représente un immense obstacle et provoque des conséquences tragiques. A l’image des impressionnantes mobilisations de Bayonne et de Bilbao, Herrira considère indispensable de continuer d’activer différents engagements et de répondre par de grandes mobilisations sociales aux vulnérations des Droits de l’Homme qui frappent en plein cœur des milliers de personnes et bloquent le processus. Portant le souhait de la société basque, Herrira continuera de travailler sans répit pour que des cas comme ceux d’Angel Figueroa ou de Xabier López Peña ne se reproduisent plus jamais et que la cruelle politique pénitentiaire actuelle disparaisse.

Herrira appellera à différentes mobilisations dans les prochains jours. Cinq rendez-vous sont d’ores et déjà prévus ce vendredi en Pays Basque nord à Bayonne, Saint-Jean-de-Luz, Saint-Jean-Pied-de-Port, Hasparren et Mauléon. Nous vous communiquerons de plus amples informations dans les prochains jours.

Milesker. Merci.

[Mise à jour 02/04/2013 à 21h]

D’après une information publiée par Naiz, les proches de Xabier ont pu voir le corps à l’Institut Médico-Légal de Paris, aujourd’hui mardi, mais seulement à travers une vitre ! Le traitement inhumain dénoncé par la famille continue…

D’autre part, l’Audience nationale espagnole a diligenté une enquête pour « apologie du terrorisme » au sujet de déclarations de Pernando Barrena (Sortu) et Patxi Zabaleta (Aralar). Le premier avait déclaré que Xavier Lopez Peña était un « prisonnier politique », le second qu’il avait « lutté pour ses convictions ».







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